Teeth

Teeth comme son nom l’indique, c’est une histoire de dents… Enfin, une histoire de dents mais pas une histoire de bouche… Et c’est là tout l’intérêt du film : ces dents sont au bord du vagin de Dawn. Lycéenne dans un village du fin fond des États-Unis, Dawn est une des militantes les plus engagées […]

Teeth

Teeth comme son nom l’indique, c’est une histoire de dents… Enfin, une histoire de dents mais pas une histoire de bouche… Et c’est là tout l’intérêt du film : ces dents sont au bord du vagin de Dawn. Lycéenne dans un village du fin fond des États-Unis, Dawn est une des militantes les plus engagées du club de chasteté. Mais à l’âge des premiers émois sexuels, son engagement est difficile à tenir. Alors qu’elle apprend à découvrir progressivement son corps, elle remarque que son vagin a des dents. Dans une Amérique où dans les livres de biologie le sexe des filles est cachée, où la théorie darwinienne est réfutée, le réalisateur nous fait vivre pendant une heure trente l’initiation à la sexualité d’une jeune fille totalement paumée entre ses idéaux et ses envies.

Une critique juste du puritanisme américain

Entre comédie et horreur, Teeth aborde un sujet 1000 fois traité avec un oeil pertinent et plein d’ironie.
Loin de la vulgarité d’American Pie, Teeth traite de la sexualité adolescente dans une société américaine tiraillée par la morale et le libertarisme. Le ton léger, permet de se moquer sévèrement du puritanisme sans jamais tomber dans les clichés. Le recours au mythe du vagin denté permet d’illustrer les peurs de Dawn, et de les tourner en dérision. La réactivation du mythe du vagina dentata (mythe de la femme castratrice dans la civilisation latine) sert de prétexte au réalisateur pour mettre en jeu les rouages d’une société sexiste où la sexualité féminine est subordonnée aux envies du sexe opposé. En prenant progressivement le contrôle de son intimité et des pouvoirs associés à son vagin, l’expérience de Dawn est un moyen de questionner les plus grands tabous de nos sociétés : le viol, l’inceste, sans jamais tomber dans le voyeurisme.

Des acteurs inégaux

Remarquable prestation de Jess Weixler. La blonde au visage angélique joue le rôle de jeune fille totalement paumée, touchante dans sa naïveté et sa pureté. Pour son premier grand rôle, l’actrise est la pièce maîtresse du scénario et donne la crédibilité au film.

La prestation de Jess Weixler est d’autant plus remarquable que les autres personnages sont souvent trop clichés pour être crédibles.
Ainsi, le frère de Jess, pervers psychopathe, joué par John Hensley, est bien peu crédible. Et les autres personnages étudiants sont trop fades pour donner le change de manière équitable au personnage de Dawn.

Malgré quelques longueurs, le scénario est bien tenu. L’alliance entre comédie et horreur (même si les fans du genre seront sûrement déçues : il ne s’agit pas d’un film gore) tient en haleine jusqu’au bout.

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