Le Taï-Do, un art martial à découvrir

Le Taï-do (??) est un art martial de self-défense, basé sur l'esquive et la maîtrise de soi, encore trop peu connu en France !

Le Taï-Do, un art martial à découvrir

— Photo d’illustration via la page Facebook Taï-Do

madmoiZelle aime le sport et les découvertes. Voilà donc une nouvelle rubrique sur les sports à la mode comme sur les sports inconnus ! Nous commençons cette semaine par un art martial de self-défense.

Le Taï-Do, art martial français

Le Taï-Do ne doit pas être confondu avec le « Taido (??) », ni avec le « Taido (??) », deux autres arts martiaux japonais.

Le Taï-do français est un art martial de self-défense (et non un sport de combat !) créé en 1976 par Maître Robert Cassol. Diplômé d’État en judo, jiujitsu, karaté et aïkido, Maître Cassol s’est inspiré de ces différents arts martiaux non pas pour en créer une synthèse, mais pour utiliser des morceaux choisis à adapter comme des outils pour chaque situation où l’auto-défense peut être requise.

Le Taï-Do se base principalement sur l’esquive, donc le déplacement, et en devient l’art de la mobilité, soit, en traduction littérale du terme : la voie du corps.

Le Taï-Do revendique un certain état d’esprit : garder ses distances face aux évènements. L’esquive est l’un de ses préceptes mais il prépare également à la confrontation du quotidien en utilisant des techniques d’immobilisation et de désarmement que l’on est censé pouvoir appliquer dans la « vraie vie » où l’adversaire sera souvent plus grand et plus fort que vous.

Le but final est d’acquérir des réflexes efficaces pour sa propre sécurité. C’est pourquoi le Taï-Do un art martial sans compétitions.

Le Taï-Do, art de l’esquive et de la maîtrise

Le Taï-Do est un art martial qui se pratique en dojo. Il est basé sur le respect de l’autre, et surtout celui du maître. Le salut comporte trois parties : le salut avant d’entrer sur le tatami, puis, lors du salut général, le salut envers le Maître et le salut envers l’enseignant. Entre taïdokas, le respect reste évidemment de mise.

Le Taï-Do travaille essentiellement autour de la conception de l’espace : zone verte (où le danger est moindre ou inexistant), et zone rouge (zone de danger où l’on peut travailler). Réel art du déplacement, il enseigne la gestion ces deux zones pour se mettre hors de danger et/ou mettre son ennemi•e hors d’état de nuire. Apprendre ces subtilités passe par la mise en pratique d’exercices pré-arrangés, les katas, qui sont appliqués lors de simulations d’attaques.

Étant également une philosophie, le Taï-Do prépare au discernement de son propre corps (savoir où se placer, comment se déplacer, comment utiliser sa force) et de sa personnalité (savoir se respecter et respecter l’autre, appréhender les épreuves de la vie…).

Application du Taï-Do en situation « réelle »

Outre les katas, nommés peut-être un peu chichement « exercice d’esquive n°1 », « exercice au bâton n°1 », « exercice respiratoire n°1 » etc., la philosophie du Taï-Do s’apprend au travers de contes et légendes d’origine japonaise, tel le Conte de l’Étrange Technique du Vieux Chat ou Boduken et ses trois fils, que certains clubs interprètent avec des exercices.

En plus des entraînements hebdomadaires, le Taï-Do se considère comme une grande famille et organise régulièrement des rencontres entre clubs. Loin de la compétition, ces réunions permettent à tou•te•s de se connaître et de pratiquer avec des partenaires nouveaux, pour se former aux changements de situation autant que pour renforcer les liens entre taïdokas.

Le Taï-Do et ses spécificités

Comme tout art martial, le Taï-Do permet une évolution via des ceintures. La ceinture blanche du débutant se décline en jaune, orange, vert, bleu, marron, et noir au plus haut niveau. Seul le fondateur et son héritière portent la ceinture rouge et noire, et rouge et blanche.

Le Taï-Do se spécialise dans l’esquive mais apprend également à rouler, à maîtriser une arme blanche, à savoir quand s’enfuir et quand aller à la confrontation, où placer ses coups, et à accepter la défaite (en tant qu’agresseur factice). Il se pratique à mains nues mais également au bâton, au couteau (en bois, en cours), avec des boken (épées en bois) et même des katanas (épées longues) lorsque le niveau le permet (vers la ceinture verte pour les bokens, à la noire pour les katanas).

/!\ Même un boken peut être mortel. Les exercices au katana sont aussi assez rares, cela dépend du club et de l’enseignant.

Les différents exercices (« de respiration », « d’esquive », etc.) permettent de structurer l’apprentissage de l’auto-défense autour d’un cadre un peu plus rigide. Même s’il reste relativement « doux », le Taï-Do est un art martial qui enseigne aussi l’attaque, parfois nécessaire pour se tirer d’une mauvaise situation.

Le Taï-Do en France

Le Taï-do est relativement récent. Créé il y a une quarantaine d’années, il est assez disséminé en France. On trouve des clubs dans le Nord-Pas de Calais, en Picardie, en Rhône-Alpes, en Languedoc-Roussillon et à la Réunion. Pour le moment, le manque d’enseignants ne permet pas une expansion plus large.

Le prix dépend des clubs mais en général il faut payer l’adhésion à l’année à la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées (FFKADA anciennement FFKAMA, dont le Taï-Do dépend), puis une adhésion au club, rarement très élevée. Il faut également acheter le kimono réglementaire (noir en haut, pantalon blanc).

Relativement tout le monde peut pratiquer le Taï-Do. C’est un sport ouvert aux enfants et aux adolescent•e•s, qui se préparent aux ardeurs de la vie tout en faisant du sport et en s’amusant. C’est également un excellent art martial pour les adultes, même plutôt âgé•e•s, car cela maintient en forme et redonne une certaine assurance pour la vie extérieure. Le seul mot d’ordre est « chacun ses limites, dans le respect de l’autre ».

Témoignage d’une madmoiZelle pratiquant le Taï-Do

« J’ai commencé le Taï-Do à 11 ans, dans un club tout petit à côté de chez moi. Ma sœur et mon père s’y sont également inscrits. J’y suis restée jusqu’à mes 14 ans, quand je suis tombée malade. J’ai atteint la ceinture orange, deuxième degré.

Ce que j’adorais, c’est ce sentiment de sécurité et de « fluidité » pendant les exercices. Chaque geste s’enchaîne avec naturel, on apprend à suivre le mouvement, à rouler quand il le faut, à bloquer les attaques… Cet art martial rend plus serein•e, plus sûr•e de soi.

Le contact avec les partenaires, les autres taïdokas donne l’impression d’une famille agrandie. Le respect et l’amour de l’enseignant est vraiment là. La philosophie du Taï-Do, basée sur le yin et le yang et le respect de tous, aide aussi à avoir une vision stable de la vie. Les cours sont adaptés au niveau de chacun : les enfants comme les adultes ont leur manière d’appréhender les valeurs du Taï-Do mais au final tout le monde est égal devant le Maître.

Ce que j’ai retiré de ce sport : une bonne endurance, une souplesse certaine, et de l’assurance, de la gestion de stress. J’ai eu à utiliser deux fois des techniques dans la vraie vie. Elles marchent si on ne s’affole pas. Évidemment, en pleine panique, on ne pense pas forcément à les appliquer. Mais quand c’est le cas, c’est plutôt efficace : l’agresseur ne s’attend pas à une riposte de la part d’une jeune fille frêle, et surtout il ne s’attend pas à ce qu’on lui tienne tête et qu’on réussisse à s’en aller. »

Pour en savoir plus…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Romilly
    Romilly, Le 7 octobre 2014 à 9h09

    mookiea;4953804
    romilly;4953754
    J'en ai fait à la Réunion, mais on a eu des rencontres avec Villeneuve, on s'y est peut-être croisées ? ^^
    Pareil, je voulais reprendre le taï-do mais y en avait pas à Strasbourg et encore moins en Allemagne... Je suis de retour à la Réunion pour quelques mois, j'espère avoir le temps de revoir certains taïdoka, voire m'y remettre...
    J'étais dans le club entre 2001 et 2008 du coup, cela remonte un peu... Mais j'ai bien participé à des échanges avec la Réunion !
    Malheureusement le voyage de V d'Ascq à la Réunion qu'on préparait n'a jamais eu lieu :crying: c'était autour de 2005 je crois ?
    Ce serait drôlement cool qu'on se soit croisées en fait !
    Moi 2002 - 2006 ...

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