Le Sziget 2015 vu par madmoiZelle — Des Ting Tings à une fin de festival en fanfare

Pour la 23ème édition du Sziget Festival, à Budapest, madmoiZelle était dans la place ! Sarah vous raconte sa rencontre avec les Ting Tings… et une clôture de festival explosive.

Le Sziget 2015 vu par madmoiZelle — Des Ting Tings à une fin de festival en fanfare

Maintenant qu’on a bien vu à quel point le Sziget, c’est pas un festival comme les autres, et que l’évènement est l’occasion de découvrir une multitude de scènes et activités différentes en se relaxant… Je tenais à préciser que pour un•e journaliste qui court partout dans l’espoir de tout voir tout couvrir, c’est aussi l’aventure. Oui madame. (Et je me la pète si je veux, dans ma tête je suis une reporter de l’extrême, kestuvafer.)

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Le plus dur, c’était de s’orienter toute seule sur l’île, parce que Marine n’était pas toujours là pour me servir de guide en plus de photographe. Je ne compte plus les scènes alternatives que j’ai découvertes en cherchant la Main Stage. L’autre plus dur, c’était de revenir en courant au point Presse depuis l’autre bout de l’île pour essayer de choper une interview à temps. Et il y avait du monde sur le coup.

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© Marine Stieber

Mais vous savez quoi ? Même si je trouvais plus facilement le coin toilettes que le point Presse, j’ai quand même fait de chouettes rencontres au cours de ce drôle de festival. En voici une (et justement, ils aiment bien les toilettes).

Les Ting Tings, disco, toilettes et rock’n’roll au Sziget

De quoi ? Mais si, ils aiment les toilettes. Enfin, tout le monde aime bien ça, surtout quand ils ont besoin d’y déposer quelque chose. Pour Katie White et Jules de Martino, le fameux duo des Ting Tings, ça m’a tout l’air d’être une évidence : à peine ai-je le temps de leur demander ce qu’ils pensent du festival que Katie s’enthousiasme sur la propreté des toilettes. Sachez-le donc : au Sziget, on tient à l’hygiène de vos petites fesses.

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Allez, en vrai, ils n’aiment pas jouer au Sziget Festival que pour la propreté des toilettes en backstage. C’était la deuxième fois qu’ils montaient sur la Main Stage, et le groupe, un peu entre les White Stripes et The Gossip, a encore tout donné. Pour eux et leur style éclectique qui joue aussi bien sur l’indie pop que le disco-punk, la performance et la façon de jouer une de leur chanson sur scène peut tout changer.

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© Marine Stieber

Quand je leur demande s’il leur arrive d’en avoir marre de jouer certains titres, rapport au fait que That’s not my name et Shut up and let me go sont toujours leurs gros succès qu’on attend au tournant, ils se concertent du regard mais savent déjà qu’ils sont du même avis :

Katie — Pour nous, non, parce que… That’s not my name par exemple, c’est une chanson assez répétitive et on pourrait s’en lasser. Mais on ne la joue jamais de la même manière sur scène, on travaille toujours sur une performance différente. Et puis on est très attachés à cette chanson, tu sais. On l’avait composée pour personne, dans notre chambre essentiellement, et on l’a vue faire le tour du monde. On ne pouvait juste pas y croire ! Je devais avoir 23 ans à l’époque, et c’est un peu la chanson qui nous a poussés vers l’avant, nous a aidés à prendre confiance en nous. Alors on en est très fiers. Mais on aime toujours ce qu’on vient tout juste de créer. Je pense que c’est pareil pour tous les groupes : ta dernière chanson va toujours être ta préférée sur le moment.

Il faut savoir que lorsque les Ting Tings sortent un album, c’est leur bébé du début à la fin. Chacune de leur chanson a une genèse différente, que l’inspiration divine leur tombe subitement dessus et les fait composer une soirée, ou qu’ils passent des semaines à tester des trucs, l’un à la guitare, l’autre au piano et puis on alterne.

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© Marine Stieber

Katie — On a bien composé cinquante versions différentes avant que That’s not my name ne devienne That’s not my name. Par contre, Shut up and let me go, on l’a écrite en une soirée.

…et des Ting Tings à la fanfare

Mais elles ont beau être les plus connues, ces deux chansons sont loin de résumer tout le style et les affinités musicales de Katie et Jules. En ce moment, ils me confient que leur petite préférée, c’est Hands. Issue de leur second album sorti en 2012, Sounds from Nowheresville, le titre a un petit côté pop et dance à la fois qu’ils aiment bien exploiter sur scène.

Jules — Il y a des chansons qu’on préfère écouter, en voyage par exemple, dans notre coin, avec les écouteurs. Et puis il y a les chansons qu’on préfère jouer en live. Comme Hands (…).

Katie — Qui vient de notre deuxième album que personne ne connaît ! [rires] [NdlR : elle ne figure même que dans les bonus] Mais, à la façon dont on la joue, c’est celle qui nous vaut la meilleure réaction de la part du public. Encore meilleure qu’avec That’s not my name, parce qu’on la joue un peu en mode DJ, et on s’éclate dessus. Ça fait une ambiance plutôt électrique.

Katie est la plus bavarde du duo, et je dois admettre que ça m’arrange, parce que même s’ils sont adorables tous les deux, Jules me perd un peu quand il me parle technique avec son bel accent londonien (et dans sa barbe, disons-le).

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À la question sur les inspirations musicales du groupe, il me raconte leur quête d’inspiration pour leur dernier album, Super Critical, sorti en 2014. Comment pour cela, ils sont partis à la découverte des clubs d’Ibiza, leur intérêt pour la dance culture, et les rencontres folles qu’ils ont pu y faire.

Jules — D’une certaine manière, notre dernier album s’appuie sur une influence de la dance music. […] On a rencontré des DJ à Ibiza, et beaucoup joué en remixant nos titres. Et puis on s’est vachement intéressés au style disco-punk de la fin des années 1970, des clubs américains, type Diana Ross au Studio 54 ou le CBGB, plein de clubs vraiment cool qui jouaient des styles de dance music vraiment différents. On a même fini par rencontrer Andy Taylor, [l’ancien guitariste] de Duran Duran […]. Le courant est super bien passé, et il a même fini par co-produire l’album.

Quelque part, c’était une bien belle coïncidence que de rencontrer deux musiciens aussi éclectiques et dynamiques que les Ting Tings le soir même de mon arrivée au Sziget. On pouvait difficilement faire meilleure entrée en matière avant de se lancer dans la folie de cet immense évènement culturel. C’est du moins ce que je me dis le tout dernier soir, dimanche 17 août, assise à même le sol sous la tente de l’A38.

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Oui, pour le show final, le Sziget a invité Martin Garrix sur la Main Stage, mais au bout de quelques dizaines de minutes d’effets sons et lumières, moi et ma nouvelle pote de festival avons préféré aller voir Passenger à côté. Ou plutôt : on s’est mis dans la tête, telles des reporters de l’extrême, de braver les milles issues bloquées en attendant les feux d’artifices. Puis de les braver dans l’autre sens pour voir lesdits feux.

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On est des oufs, mais ça valait le coup.

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Après une cérémonie de clôture à la hauteur de la réputation du Sziget, une tempête éclata qui fit chuter la température caniculaire de 10°C. Et nous rentrâmes à trouze mille, tous•tes bien piteux en short sous la pluie, en attendant les derniers trains qui pourraient nous ramener au sec…

Le Sziget Festival 2015, épique jusqu’au bout.

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