Je suis stewardess sur un yacht de luxe, et je kiffe ma vie

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Maëlis est stewardess sur des yachts de luxe. À quoi ressemble sa vie au quotidien ? Elle raconte tout dans ce témoignage !

Je suis stewardess sur un yacht de luxe, et je kiffe ma vie

C’est le coeur de l’hiver, c’est la reprise, et les vacances te semblent loin ? Laisse moi te présenter Maëlis, une lectrice de madmoiZelle dont le job va te faire voyager – autant qu’elle voyage.

Non, cette jeune bretonne qui aux crêpes privilégie les pâtes aux fromage n’est pas commerciale ou auditrice, en revanche, elle travaille sur un bateau. Ou sur des bateaux plus précisément.

« Je suis stewardess (on peut aussi dire hôtesse) sur les yachts de luxe. À ne pas confondre avec les paquebots de croisière où le métier est bien différent !

Moi je travaille sur des bateaux plus petits et généralement privés. »

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Stewardess sur un yacht de luxe ?

Si tu as comme moi du mal à visualiser ce dont il s’agit, eh bien c’est en somme un personnel hôtelier, mais naviguant.

« Mon métier se « résume » à m’occuper de l’intérieur du bateau (du moins de la partie habitable, je laisse l’entretien des machines aux ingénieurs).

Donc en gros je m’occupe du ménage et de l’entretien des cabines, du services des clients (qui peut parfois être 24/24) et aussi de la lingerie qui est une partie plus ou moins importante suivant la taille du bateau.

Mais je peux aussi filer un coup de main en cuisine, sur le pont, là où il y a besoin en fait, un équipage c’est une équipe ! »

Vous me dites si je me trompe mais cette personne semble avoir trouvé les ingrédients nécessaires à son bonheur, non ?

Hôtesse sur un yacht de luxe, c’est loin d’être monotone

Sur les yachts, chaque journée est différente. L’avantage, c’est qu’en changeant de structure régulièrement, la monotonie n’a pas réellement le temps de s’installer selon Maëlis :

« C’est le côté très chouette de ce métier : je vais avoir des tâches à effectuer quotidiennement, mais elles ne vont pas forcément être dans le même ordre tous les jours car il faut s’adapter aux clients et à leur programme !

La taille de l’équipage à également de l’importance, si je suis toute seule pour m’occuper de tout (cela arrive sur les petits bateaux) mon organisation et ma précision ne seront pas les mêmes que si nous sommes cinq personnes responsables de l’intérieur.

Dans ces cas là l’équipe est généralement chapeautée par une Cheffe et une Seconde stewardess – il faut savoir que les hommes sont encore assez peu présents aujourd’hui.

Ça fonctionne un peu comme dans une brigade de cuisine en fait ! »

Stewardess, c’est comme de l’hôtellerie

Ce job n’est pas le premier de Maëlis, avant, elle est passée par différents postes dans l’hôtellerie :

« Avant de commencer cette activité, je travaillais dans un hôtel 4 étoiles et j’adorais ça mais j’étais un tantinet frustrée du manque de proximité avec la clientèle.

Difficile de créer une vraie relation alors qu’on voit plus de 200 personnes dans la journée.

Désormais, en étant sur un bateau, je suis au plus proche des clientes et clients (dont le nombre varie mais c’est en moyenne autour d’une dizaine) et je peux créer une vraie relation rapidement tout en conservant un niveau de standard très élevé ! »

Pour arriver là, Maëlis a donc suivi une formation en hôtellerie standard après avoir tenté pendant un an la fac d’histoire de l’art à Rennes – une expérience non concluante sauf pour ce qui concerne la vie étudiante :

« Après ça, j’ai fait une mise à niveau de cuisine en alternance au CFA de Vannes pendant un an et j’ai poursuivis sur un BTS hôtellerie-restauration toujours en alternance pendant 2 ans.

Donc ma formation est en parfaite adéquation avec ce métier mais il faut savoir que ce n’est absolument pas obligatoire (même si ça aide pas mal, on ne va pas se mentir), beaucoup ne viennent pas de la restauration mais on su saisir les bonnes opportunités ! »

Il y a tout de même une formation spécifique à passer que « tous les employeurs sérieux demanderont » selon Maëlis : une formation de sécurité à bord des bateaux appelée CBS STCW10.

« Elle est absolument indispensable pour exercer cet emploi. Elle coûte 1500 euros et peut être financée par pôle emploi ! »

Pour devenir stewardess, il faut accepter quelques contraintes

Être stewardess a énormément de gros avantages sur lesquels nous reviendront en détail, tels que le fait de passer sa vie entre la mer Méditerranée (l’été) et les Caraïbes (l’hiver) – oui c’est un travail saisonnier.

Mais il faut savoir que ce n’est pas un choix anodin, ça peut sembler « précaire » comme situation.

« J’ai choisi de me lancer dans cette aventure à la fin d’un CDD, et honnêtement j’ai galéré pendant un temps parce que c’est un monde assez dur à intégrer et que j’étais au chômage.

Pas facile de m’accrocher depuis chez moi alors que tout se passe dans le sud de la France [NDLR : je rappelle que Maëlis est bretonne]. »

Une fois lancée, il faut encore prendre en compte un certain nombre de « détails » qui ne sont pas communs :

« Même si on travaille de temps en temps avec des Français, les bateaux ne sont pratiquement jamais enregistrés en France. Je travaille alors pour l’étranger, ce qui veut dire que je ne suis pas déclarée en France.

Il faut alors dire au revoir au chômage mais aussi à la retraite ! Et ne comptez même pas sur un conseil des prud’hommes car dans le yachting vous pouvez vous faire renvoyer du jour au lendemain sans raisons vraiment apparentes.

L’avantage c’est que vous avez aussi la liberté de partir très facilement même si vous êtes engagée à l’année. Par exemple cet été je ne voulais pas travailler et aller passer mon mois de juillet à Seattle… Et ben je l’ai juste fait ! »

Le classique paradoxe de la sécurité, contre la liberté donc ?

Ce genre de moments a donc un prix.

Quelques travers du métier de stewardess

Outre le sentiment d’instabilité qui peut accompagner son métier, Maëlis évoque surtout quelques côtés « moins positifs » :

« Je travaille pour des gens très, très riches, qui ne vivent pas dans le même monde que moi. Sans être tous irrespectueux, le fossé nous séparant se fait très souvent sentir.

Ensuite, c’est un milieu d’apparence, tout se montre : le bateau, les clients et… l’équipage. Je me suis donc déjà vu refuser un poste parce que j’étais trop grosse et je dois toujours préciser que mes tatouages ne sont pas visibles.

Honnêtement, moi et mon féminisme on ne le vit pas toujours bien… Surtout que les capitaines sont pratiquement toujours des hommes et que malheureusement les remarques sexistes sont monnaie courante. »

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Stewardess sur des yachts de luxe, un métier de rêve ?

Mais si Maëlis s’épanouit tout de même dans ce métier, c’est bien parce qu’il a aussi beaucoup de belles choses à offrir.

Comme ce type de paysages, par exemple.

Lorsque je lui demande quel est le « petit bonheur » qui fait qu’elle surkiffe son job, elle me répond qu’elle va difficilement pouvoir n’en choisir qu’un.

« Déjà je vis sur un bateau et c’est un grand kiff : imaginez, vous pouvez vous endormir dans un endroit le soir, naviguer dans la nuit et vous réveiller dans un endroit totalement différent le matin.

Pas plus tard qu’il y a un mois par exemple je me suis endormie à Bonifacio et je me suis réveillée à Naples avec le lever de soleil sur le Vésuve. Et ben j’en ai encore une fracture de l’oeil ! »

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Ce métier comporte en effet l’avantage non négligeable – en tous cas pour Maëlis – de pouvoir voyager beaucoup, et de voir de nombreux endroits dans lesquels elle n’aurait sans doutes pas mis les pieds sinon.

« Il faut aussi noter les dauphins et autres animaux marins qui jouent avec le bateau en navigation, et la fois où je me suis retrouvée à nager seule autour du bateau avec une tortue deux mètres en dessous de moi, au large de St Barthelemy. Ça restera un de mes plus beaux souvenirs.

Ah et n’oublions pas le fait d’avoir un chef privé à bord qui s’occupe de TOUS les repas, ceux des clients mais aussi ceux de l’ équipage ! »

Nom-nom-nom

Maëlis explique qu’elle pourrait en citer plein d’autres, « mais c’est généralement à ce moment là que je m’attire des regards agacés ».

(Et non, je vous jure que ça n’a rien à voir avec mon regard à moi quand elle m’a raconté ça, c’était par mail de toutes façons – rapport qu’elle est en ce moment dans les Caraïbes pour celles et ceux qui ne suivent pas !)

Quel est le salaire d’une stewardess sur un yacht de luxe ?

Maintenant qu’on vous a placé le cadre, rappelons tout de même que le métier nécessite plusieurs qualités indispensables :

« Il faut de l’endurance, malgré l’environnement idyllique les journées peuvent être très longues et les jours de congés ne sont pas réguliers voir inexistants.

Et il faut absolument pouvoir travailler en équipe et être capable de vivre en communauté, car sur un bateau la notion d’intimité est toute relative ! »

Maëlis ajoute également que savoir parler anglais n’est pas une option.

Et tout ça, c’est en contrepartie d’un salaire moyen de 2500€ net par mois – même si cela varie beaucoup d’un bateau à l’autre.

« Les pourboires sont aussi très importants (davantage sur les yachts en location que sur les yachts privés) et font donc un très bon complément de salaire.

Il faut aussi prendre en compte qu’en vivant à bord vous êtes nourris, logés et blanchis. Beaucoup d’avantages donc ! »

Alors, comment tu te positionnes de ton côté sur ce métier ? Tu le vois plutôt comme un paradis, ou les inconvénients mentionnés sont rédhibitoires de ton côté ?

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Et toi, tu fais quoi maintenant que tu es grande ?

Je me suis longtemps interrogée sur ce que je voulais faire plus tard (et je me questionne toujours). Alors, je pars à la rencontre des madmoiZelles qui kiffent leur vie, pour savoir ce qu’elles font et comment elles en sont arrivées là.

Raconte-moi !

  1. Qui es-tu et d’où viens-tu ?
  2. Avant d’attaquer sur ton travail, est-ce que tu as une passion ou un kif dans la vie (parce que c’est important de faire aussi autre chose) ?
  3. Et ton job alors, c’est quoi ?
  4. Comment tu l’expliquerais à ta petite sœur hypothétique en quelques mots ?
  5. Pourquoi tu aimes ce que tu fais ? / Pourquoi tu as choisi de faire ce travail ?
  6. Est-ce que c’est le domaine que tu avais choisi dès le départ ou tu t’es retrouvée ici après une ou des réorientations ?
  7. Est-ce que tu as dû arbitrer entre deux visions du travail, « liberté, je fais ce qu’il me plaît et tant pis pour la précarité » VS « sécurité, je préfère m’assurer un salaire stable même si ce n’est pas le job de mes rêves » ?
  8. C’est le fruit d’un parcours longuement réfléchi ou du hasard ?
  9. Qu’est-ce que tu as eu comme formation ?
  10. Est-ce que tu as une journée type ?
  11. Ton petit bonheur qui fait que tu kiffes ton boulot ?
  12. La qualité indispensable pour s’épanouir dans ce job ?
  13. Et pour finir, en commençant, tu gagnais combien ? (parce que c’est important de savoir à quoi s’attendre !)

Envoie-moi un mail à jaifaitca[at]madmoizelle.com avec en objet « Maintenant que je suis grande, je suis [le nom de ton métier] ».

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Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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Commentaires
  • Nonmadee
    Nonmadee, Le 20 février 2018 à 18h38

    C'est génial ces témoignages "vis mon orientation"; ça donne plein d'idées et beaucoup de motiv' je trouve (surtout quand on est perdue comme moi, ahem)
    Du coup j'ai une question : est ce que ladite stewardess Maëlis a un compte madmoizelle, et si oui, accepterait-elle (accepterais-tu) de répondre à quelques questions en mp ? :hello:
    En fait, même si je n'ai rien à voir avec le monde de la mer, ça m'intéresse à fond ce métier, mais j'ai l'impression que c'est un peu un secteur de "niche" et je trouve vraiment peu d'infos sur le net...
    Merci pour ces articles en tout cas, une vocation est (peut-être) née ! :supermad:

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