Je suis devenue blonde… et ça n’a pas eu que du bon

Il y a quelques mois, Pauline est devenue blonde. Si pour elle ce n'était qu'une nouvelle couleur capillaire, cela a eu des répercussions importantes sur son quotidien.

Je suis devenue blonde… et ça n’a pas eu que du bon

J’ai toujours aimé me teindre les cheveux. À la base châtain, je suis passée par toutes les couleurs allant du roux au noir. Je trouvais ça marrant, c’était un peu comme changer de robe : au fond ça ne modifiait rien mais ça me faisait plaisir.

Il y a quelques mois, après un an d’abstinence capillaire, j’ai eu une envie folle : avoir les cheveux blancs. Poussée par des vidéos YouTube et quelques articles madmoiZelle, je me suis lancée dans l’aventure. Après des cris, des larmes et toute une palette de couleurs improbables, je suis aujourd’hui d’un blond très très clair, à la limite du blanc (qui viendra, je vous le promets !).

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Devenir blonde aux yeux des hommes

Le point important est qu’aux yeux du monde, et des hommes en particulier, je suis devenue blonde. Ayant toujours été « classée » dans les brunes, je ne m’attendais pas à ce que les comportements envers moi changent aussi radicalement que la colorimétrie de ma chevelure.

Tout d’abord, il y a les personnes que je rencontre pour la première fois. Depuis que je suis blonde, au premier abord, les gens considèrent a priori mon QI comme étant inférieur à la moyenne. Si si, je vous jure ! Je ne m’y attendais vraiment pas mais dans mon travail ou dans la vie de tous les jours, les gens s’expriment plus simplement, me demandent souvent si j’ai bien compris le sujet.

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Heureusement après quelques échanges, ces personnes se rendent bien compte que mon intellect va bien et les discussions reprennent une tournure normale. Je n’aurais jamais cru que les blagues sur les blondes aient un tel impact sur les représentations des femmes à la chevelure platine !

Un harcèlement de rue particulièrement envahissant

Viennent ensuite les interactions de rue. Depuis que je suis blonde, je suis beaucoup, beaucoup, beaucoup (oui tout ça !) plus interpellée, accostée, sifflée dans la rue. J’aurais du mal à quantifier le phénomène mais je dirais que ça m’arrive au moins cinq fois plus souvent. Ajoutons que j’ai un physique que la société qualifierait de « moyen » et que je vis dans une ville tranquille de province.

Avant, ça devait m’arriver une à deux fois par mois ; aujourd’hui, lorsque je me promène dans la rue, c’est au moins une fois sur deux. En plus d’être plus régulier, ce harcèlement de rue est également plus insistant, avec des hommes qui veulent mon numéro, qui me parlent et me suivent un moment.

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Ce phénomène s’est amplifié dans ma phase Pokémon Go. Je sortais alors deux à trois heures tous les jours dans les rues du centre-ville, dans les parcs.

Bizarrement, un certain nombre d’hommes croisés dans la rue se sont soudainement intéressés au jeu, me demandant de leur en expliquer le fonctionnement. D’autres ont profité de voir mon téléphone sorti pour me demander mon numéro ; enfin beaucoup se sont contentés de me gratifier d’un compliment (quel honneur…).

J’ai vraiment eu du mal à faire face à toute cette attention non désirée, et cela a en partie contribué à faire diminuer mon intérêt pour le jeu.

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Sentiment d’insécurité et auto-censure

Ce harcèlement de rue m’a beaucoup agacée. Primo, bien qu’étant féministe dans l’âme, j’ai tout de même préféré moins sortir que d’affronter ces interpellations. Deuzio, alors qu’au début j’avais gagné du mollet avec mes trois heures de marche quotidienne, depuis mon changement de couleur ma musculature s’est donc envolée. Tertio, je me suis rendu compte que la ville n’est pas faite pour les femmes, et encore moins pour les blondes.

Je ne suis pas une trouillarde, mais depuis que je suis blonde, il m’arrive plus souvent de penser au risque d’être agressée physiquement dans la rue. Ça a créé un sentiment d’insécurité que je n’avais pas et qui me révolte, car je me vois comme une femme forte, battante et prête à montrer à tous que l’espace public m’appartient autant qu’à n’importe quel homme.

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Je pense rester blonde encore quelques temps, parce que j’espère toujours arriver à ce blanc parfait. Je m’aime bien comme ça et je n’ai pas envie de changer. Mais je sais aussi que bientôt je retournerai malgré tout au brun et à la sécurité qu’il procure.

Pour conclure, je voudrais dire bravo à toutes les blondes et à toutes les femmes, ainsi qu’à tous les hommes qui ouvrent les yeux sur le sujet. Gardez la tête haute et un jour, nous serons vraiment tous égaux.

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Et vous, avez-vous testé différentes couleurs de cheveux ? Avez-vous ressenti un changement de comportement à votre égard ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Cantor Métrique
    Cantor Métrique, Le 24 octobre 2016 à 19h56

    @riemags :
    Je ne pense pas que ce soit une façon de dire que les personnes pas blondes sont généralement pas ou moins harcelées, c'est juste de voir qu'il y a des comportements qui deviennent différents en fonction de certains critères. Ça ne tient pas que du fait d'être blond.e, c'est plusieurs choses dans le physique... Par exemple, le fait d'être visiblement teinté.e va peut-être influer encore différemment sur l'image que l'autre perçoit, et si les cheveux sont longs ou courts. Tout ça est basé sur des stéréotypes, notamment le fait que la blondeur est associé à la candeur, donc quelque part l'ingénuité...

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