States of Grace, un film optimiste contre vents et marées

States of Grace (Short Term 12 en V.O.) est un film indépendant traitant d'un centre pour mineurs en difficulté, et des gens qui le peuplent. Entre rire et larmes, c'est un petit bijou de cinéma.

States of Grace, un film optimiste contre vents et marées

Le film Short Term 12 fait le ravissement de toute la critique américaine depuis sa première présentation il y a un an au festival South By SouthWest. Entre pluie de récompenses et critiques dithyrambiques, on en a entendu parler jusqu’ici !

Aux États-Unis, le film est sorti au cinéma en août, puis en vidéo dès la mi-janvier, mais il aura fallu faire preuve de beaucoup de sang-froid pour tenir bon jusqu’à la sortie française, ce 23 avril, sous le titre States of Grace. Il nous a semblé bon de vous en parler enfin, tant cette oeuvre sait toucher là où ça fait mal, mais avec douceur et bienveillance.

States of Grace raconte l’histoire du Short Term 12, un établissement social pour mineurs à la dérive en attente d’un placement en famille d’accueil. La pension est principalement supervisée par Grace et son petit ami, Mason. Sous leur garde, on trouve plusieurs jeunes, allant du délinquant en colère au dépressif ayant une fâcheuse tendance à fuguer.

Grace a tout sous contrôle, y compris ses habitudes et rituels pour maintenir l’ordre au sein du Short Term 12. Mais l’arrivée de Jayden, une jeune fille de 15 ans portée sur l’automutilation et en froid avec son père, réveille des choses en Grace, des souvenirs d’adolescence qu’elle pensait avoir enfouis dans un endroit inaccessible de son esprit.

Du court au long, du héros à l’héroïne

Au départ moyen-métrage de fin d’études inspiré des expériences du réalisateur Destin Daniel Creston dans le social, States of Grace a été retourné en une version longue. Le casting a eu lieu entre auditions sur Skype et petites annonces sur Craiglist (l’équivalent américain du Bon Coin), ce qui n’empêche pas de retrouver des têtes connues comme Brie Larson (vue dans 21 Jump Street ou Scott Pilgrim) et John Gallager (Jim dans The Newsroom).

Mais la plus grosse différence entre le court et le long, c’est le changement de genre du personnage principal, devenu Grace, et dont l’expérience de vie en tant que femme joue un rôle majeur dans l’intrigue. Du début du film, annonciateur d’une grossesse, jusqu’aux moments les plus durs, il ne fait qu’aucun doute que States of Grace est un film sur une femme, sur son rapport aux hommes, son rapport au monde.

Et c’est pour cela qu’il faut le voir ; ça et le fait que ce soit vraiment bien fait, nuancé, touchant, humain, entre le rire et les larmes.

Des sujets graves enrobés dans beaucoup de douceur

On aimerait vous mettre en garde contre quelques trigger warnings, mais ce serait un peu gâcher le film et ses surprises. Et surtout, ce serait passer à côté d’une oeuvre qui fait du bien. On pourrait reprocher à States of Grace d’être peut-être trop doux, trop optimiste, mais on a besoin, parfois, de regarder un film qui traite de sujets durs sur le ton de l’espoir, de la reconstruction, de l’entraide. Si les thèmes sont violents, le traitement, lui, est tout en douceur.

Vous l’aurez compris : vous devriez vraiment regarder States of Grace/Short Term 12. Que ce soit pour les acteurs, chevronnés ou débutants, pour la réalisation, chaude et qui prend son temps, ou (surtout) pour les sujets abordés et la façon dont ils sont traités, je vous le recommande, vraiment.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Ana-Esperanza
    Ana-Esperanza, Le 19 mai 2014 à 23h43

    très beau film...
    mais j'ai été flouée par l'article, tout au long du film je m'attendais à un "changement de genre du personnage", et rien n'arrivait...
    quand je relis l'article je le comprends encore comme ça! Il y a un énorme contresens dans un des paragraphes =)

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