La « zone grise » du consentement sexuel expliquée simplement

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Quand le consentement, en matière de sexualité, n'est pas clair... le point sur cette notion de « zone grise ».

La « zone grise » du consentement sexuel expliquée simplement

L’Espace Santé Étudiants de l’université de Bordeaux et Kedge Campus Bordeaux ont décidé de collaborer pour proposer un spot percutant sur la question du consentement.

Comment reconnaître le consentement ?

Le spot est structuré en deux parties. Dans la première, on passe d’une personne à une autre rapidement. Les seuls mots prononcés, « oui » et « non », sont tranchés : on ne peut avoir aucun doute sur l’avis de ces protagonistes.

Et puis soudainement, un gars semble hésiter et prononce un « euh… Ouais… ». Celles et ceux qui suivent semblent encore moins certain•es de ce qu’ils/elles veulent. Il y a aussi cette fille qui dit qu’elle le fait « vraiment pour faire plaisir (à son/sa chéri•e) ».

Enfin, beaucoup gardent le silence.

La scène s’assombrit, se recouvre d’un filtre gris. Le message est alors clair :

« Quand vous n’êtes pas sûr•e des envies de l’autre, demandez-lui. »

Posez-lui la question, afin d’être certain•e de ne pas outrepasser son consentement.

La « zone grise » du consentement

Le filtre gris à la fin de la vidéo rappelle ce que l’on nomme souvent la « zone grise »En 2014, Clémence Bodoc résumait dans son article Culture du viol, consentement et « zone grise » qu’il s’agit d’un rapport entre deux protagonistes :

« – une personne qui n’est pas à l’aise dans la situation, mais ne s’y oppose pas verbalement ni physiquement
– une personne qui, n’ayant pas rencontré d’opposition verbale ni physique, présuppose que l’autre est d’accord. »

Cette « zone grise » est donc le fruit de l’absence de communication entre deux partenaires. L’un•e ne s’exprime pas suffisamment clairement (par honte ou parce qu’on ne lui a pas appris qu’il/elle en avait le droit), l’autre fonce, sans se questionner.

Juliette Villenave est la coordinatrice des étudiant•es à l’origine de ce clip. Elle m’explique le message que l’équipe a souhaité faire passer :

« Il faut prendre conscience que le consentement, ce n’est pas juste savoir dire non et l’entendre, ce qui peut sembler la base (même si du travail reste à faire).

Le consentement, c’est aussi de déconstruire tous les moments de la sexualité qui sont flous, même s’ils peuvent sembler normaux. »

Alors, restez alerte et demandez-vous : est-ce que l’autre a vraiment envie ? Creusez, encouragez-le/la à s’exprimer et surtout, ne jugez pas.

Et si le doute persiste, il vaut mieux s’arrêter là : le pire qui puisse arriver alors est d’être frustré•e, ce qui n’est pas bien grave.

Un clip sur le consentement qui fait suite à une autre campagne

À l’origine de ce spot se trouve donc l’Espace Santé Étudiants Bordeaux. Il s’agit d’un centre dédié aux élèves de l’agglomération bordelaise qui propose des consultations avec des professionnels de santé.

Cet endroit vise également à faire de la prévention, notamment sur les questions touchant à la sexualité. Des élèves sont recruté•es et payé•es pour cette tâche, on les nomme étudiant•es relais sexualité.

Juliette Villenave me raconte l’origine de ce clip.

« En novembre dernier, on a fait une campagne sur le consentement et on voulait continuer à la faire vivre autrement.

Notre article sur cette campagne ici 

Il se trouve que l’école Kedge Business School et son service Wellness nous a contacté car elle voulait organiser une journée autour de la sexualité et du consentement sur son campus. On a alors décidé de mobiliser les étudiant•es sur l’événement et de tourner un clip sur ce sujet dans leur campus

Il fallait un scénario qui permette d’impliquer des étudiant•es sans que ça les mette trop en danger, que ça leur prenne trop de temps ou sans que ça ne les mette trop mal à l’aise. 

L’équipe Sexualité des Étudiants Relais Santé a pensé à ce format et le thème a été approuvé par les professionnel•les de l’espace santé. »

Les jeunes que l’on voit dans le clip sont des étudiant•es de l’école de commerce. Ils/elles ont été invité•es à participer.

L’idée derrière cette action ? Les impliquer et leur donner une vision plus positive du consentement après leur première campagne. 

Après tout, la vidéo a une fin positive : elle montre que cette « zone grise » a une sortie, la communication.

Pour suivre l’Espace Santé Étudiants Bordeaux sur Facebook, cliquez-ici !

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Commentaires
  • Yuyunaâ
    Yuyunaâ, Le 23 mars 2017 à 20h30

    Perso je trouve cette campagne très bien faite !

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