Typologie des sportives dans les séries pour enfants

Les sportives, dans les séries animées pour enfants, semblent se suivre et... se ressembler : garçons manqués, petite fille à papa ou amoureuse des chevaux, pourquoi tant de stéréotypes ?

Typologie des sportives dans les séries pour enfants

Quand d’autres enfilent leurs skis et dévalent des pistes, je me fais des marathons de séries. Eh oui, je suis une sportive de canapé clic-clac et je l’assume ! Pourtant, ce que je vois à l’écran devrait me motiver, car outre les envahissants Jeux Olympiques, beaucoup de séries parviennent à rendre le sport très attrayant. Notamment les séries pour enfants, esclaves dévouées de la secte du Manger Bouger.

J’ai grandi devant le petit écran et les petites sportives en herbe m’ont certainement inspirée, m’ont aidée à forger l’idée que je me fais de la féminité et du sport. Un petit décryptage des sportives de séries pour enfants s’impose donc !

Le « garçon manqué » qui bat les mecs à la course

On le connaît, cet archétype : cette fille a beau avoir des couettes, elle n’est pas girly pour un sou et bat les garçons à plate couture quand il s’agit de sport, revendiquant un fort esprit de compétition et de véritables compétences. Citons Spinelli dans La Cour de récré, Lor dans Les Weekenders, Reggie dans Rocket Power, Jessica dans Wheel Squad, Rainbow Dash dans My Little Pony Friendship is Magic ou encore la divine Helga Pataki dans Hé Arnold.

Ces personnages sont souvent opposés aux « vraies » filles plus « girly » et choupinettes, qui savent, elles, comment parler aux garçons et les séduire.

Ainsi, dans Wheel Squad, Jessica, la seule fille de l’équipe, passe son temps à se disputer avec Emilie, la petite fille riche un peu boulet et neuneu qui veut intégrer la bande. Dans Les jumelles s’en mêlent, la sportive Mary-Kate passe son temps à se disputer de façon super caricaturale avec Ashley qui ne pense qu’à se vernir les ongles et à s’épiler les jambes avec le rasoir de papa (true story).

L’époque où il était facile de distinguer les soeurs Olsen.

Souvent, on oppose Helga, jamais la dernière sur le terrain de baseball, à la douce Lila qui ne laisse pas Arnold insensible. Ceci dit, dans le cas d’Helga, on comprend aisément qu’Arnold ait du mal à chavirer pour elle…

Heureusement, qu’il existe des petites sportives comme Sakura de CardCaptor Sakura pour montrer qu’on peut battre les garçons à la course ET aimer les fanfreluches ! Parce que, eh oui, le girly n’empêche de courir que quand il est assimilé à une paire de stilettos…

D’ailleurs, pour souligner le potentiel de CardCaptor Sakura, je tiens à préciser que si Lionel/Shaolan, le rival de Sakura, perd la course, c’est parce que le garçon dont lui et Sakura sont amoureux lui fait signe : ça le distrait et il se croûte. C’est mignon.

La « fille de l’équipe »

La fille de l’équipe, elle, n’a pas nécessairement le souci des garçons manqués dans le sens où elle est la Schtroupmfette du village : elle porte souvent tout l’attirail féminin et sa seule caractéristique se résume à être LA fille du dessin animé.

Par exemple, dans Olive et Tom, hélas, les seules filles sont dans les gradins…

En France, on a eu récemment des dessins animés mettant en scène des équipes de football mixtes (mais avec une écrasante majorité de mecs quand même, faut pas déconner). Je veux parler bien sûr de Galactik Football qui ne comptait pas une mais DEUX filles, dont l’une était une fifille à sa maman et l’autre… une fifille à papa… parce que les personnages de dessins animés sportifs ne sont généralement pas ceux qui ont les plus fortes personnalités.

Notons que si les filles se démerdaient aussi bien que les mecs au football (il me semble), elles servaient surtout d’intérêts amoureux aux personnages masculins.

Sportive, oui, mais toujours sexy. Si elles avaient vécu dans notre monde dégénéré et non dans un futur lointain, elles auraient sans doute déjà posé pour des calendriers

Et puis bien sûr, il y a Foot 2 rue (que celles qui ont encore ce générique de merde en tête lèvent la main : sachez que je compatis) ! Dans l’équipe, on commence avec un seul élément féminin, Eloïse, une petite fille riche, gentille et belle, donc deux garçons sont amoureux…

Mais dans la saison 2, que je n’ai pas regardée parce qu’elle a été moins re-re-re-diffusée sur la 3, ou que les horaires m’arrangeaient moins, et de toute façon je ne la regarderai jamais parce que ce générique me hantera toute ma vie et que ça suffit comme ça…

http://youtu.be/Tot6Zc8NvxM

PARTAGE ! FAIRPLAY ! FOOT2RUE !!

…bref : dans la saison 2, apparemment, il y a une deuxième fille dans l’équipe. Je ne peux rien dire de sa personnalité mais s’ils nous ont ressorti le coup de la pauvre petite fille riche, je hurle !

Les filles jouent le ventre à l’air. C’est indispensable pour la bonne adhérence du ballon au pied.

Bon, je critique, mais dans Foot 2 Rue, on avait aussi pas mal de joueuSES de foot parmi les personnages secondaires. C’était pas si mal.

Et comme les Français sont des foutus obsédés du ballon rond, on a aussi produit une série qui s’appelle Kung-Foot et que j’ai dû regarder trois secondes, mais bon : il y avait quatre filles dans l’équipe et ça c’est plutôt sympa. Elles se multiplient !

La fille parmi les filles

Sinon, la sportive peut aussi se faire une place dans une équipe… de filles. Et ça arrive même beaucoup plus fréquemment.

Que ce soit dans des sports peu genrés, comme le volley avec Jeanne et Serge ou les Attaquantes, ou dans des sports qui sont apparemment réservés aux femmes pour nos amis marketeux (équitation, gymnastique ou danse), les filles restent assez souvent entre elles.

Côté dada, on a Grand Galop, Heartland, Horseland et ses chevaux aux mèches fluo, et plus récemment Le ranch. Et comme les chevaux, ça inspire les artistes, voilà deux belles chansons rien que pour vous, les madZ… c’est de toute beauté :

Mmhh… Christophe Maé…

Mmmh… ça se passe de commentaires.

Bref, si les enfants avaient un cerveau (ça se saurait !), il y aurait de quoi les dégoûter à vie des canassons, mais comme leur mauvais goût n’est plus à prouver, il y a encore des valeureux bambins pour tourner au trot enlevé sur des shetlands. Youpi !

Côté gymnastique, je pense à Cynthia et le rythme de la vie, fil conducteur de cette chronique vidéo du Joueur du Grenier :

Citons également une série de Gulli, Championne à tout prix, ou les filles passent leur temps à se critiquer, à se faire des coups fourrés et à être méchantes. La gymnastique, c’est dangereux. Je tiens à dire que je n’ai un peu regardé la série que parce qu’une des pestes héroïnes s’appelle comme moi : mon ego me perdra.

http://youtu.be/Kkem8JOyGb0

Si les actrices étaient doublées pendant les scènes sportives ? Meuh bien sûr que nooon !

Côté danse, on a un tas de séries Disney Channel, mais là, on a vécu assez de traumatismes musicaux pour le moment, alors pensons plutôt à un énième dessin animé créé uniquement pour promouvoir une ligne de jouets improbables. Je parle bien sûr de Sky Dancers !

Tellement efficace ! Je pourrais hocher la tête en rythme sur cette musique jusqu’à ma mort !

Bon ok, ce qui compte surtout dans Sky Dancers, ce sont leurs pouvoirs magiques, mais le contexte c’est quand même qu’ils sont danseurs ! Ils nous gratifient même parfois de superbes démonstrations.

Ça commence vers 1 minute 50… vous noterez les bruitages grandioses pour appuyer la grâce de leurs mouvements.

Tout ça pour dire que dans les séries pour enfants, si tu es une fille sportive, soit tu pratiques un sport « féminin » et les crocodiles seront bien gardés, soit tu es la fille de la bande, ta principale caractéristique sera ton genre et ce qui y est traditionnellement associé, soit… bah, soit tu es un garçon manqué.

C’est un peu limité mais bon… j’ai presque l’impression que dans la vraie vie, c’est pire. Et vous ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Freehug
    Freehug, Le 7 avril 2014 à 20h43

    sugart;4684009
    freehug;4683133
    Non mais il y a quand même des relations amoureuses super malsaines dans Sakura. La mère de Tomoyo amoureuse de sa propre cousine, passe encore. Le père de Sakura qui épouse son élève de 16 ans... Booon. Sakura amoureuse de Yukito qui est lycéen, ok, mais laisser croire qu'ils vont effectivement sortir ensemble, euh Sakura a HUIT ans hein! Et cerise sur le gâteau, la copine de classe de Sakura (HUIT ans donc) qui sort avec...l'instit'? Sérieusement? Et dans la classe tout le monde le sait, on peut supposer que des parents/collègues profs sont aussi au courant, mais tout le monde trouve ça normal et même mignon. WTF??

    (NB: tout ça c'est dans le manga, j'ai jamais regardé l'anime)
    Sakura / Yukito, c'est impossible. Déjà parce qu'il y a une relation sous-entendue entre Yukito et Toya :cretin: (dites moi que c'est pas que dans ma tête :pray:), et puis parce que (attention spoiler)
    Spoiler

    Non mais de toute façon, je refuse que Yukito finisse avec quelqu'un d'autre que Toya.
    (Wouhou, je suis en train de retomber dans le yaoi je crois :rotate:)
    Non t'as pas rêvé, Yukito et Toya sont grave in love. Mais on ne l'apprend pas tout de suite, et à un moment dans le manga y a Yukito qui fait à Toya "est-ce que je peux parler à ta soeur", en fait il veut juste lui dire que c'est pas vraiment de l'amour qu'elle ressent pour lui, mais sur le coup t'as vraiment l'impression qu'il va lui dire qu'il l'aime aussi et c'est glauuuuque... Enfin pas autant que l'instit qui offre une bague de fiançailles à son élève de huit ans certes.

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