Spécial Fête des mères : les cadeaux les plus pourris

Même si on a tendace à essayer de le faire oublier, on a toutes été petites un jour. Qu’on ait été une sale gamine pleine de boue ou une petite fille modèle en robette à smocks, voire les deux à la fois, il y a une chose qu’on n’a jamais réussi à faire correctement, et […]

Spécial Fête des mères : les cadeaux les plus pourris

Même si on a tendace à essayer de le faire oublier, on a toutes été petites un jour. Qu’on ait été une sale gamine pleine de boue ou une petite fille modèle en robette à smocks, voire les deux à la fois, il y a une chose qu’on n’a jamais réussi à faire correctement, et ça vaut pour n’importe laquelle d’entre nous : un cadeau décent pour la fête des mamans. Petit retour en arrière sur les pires idées, qu’on avait pourtant trouvé géniales sur le coup…

1 Le cadeau récup

C’est dimanche matin, il est 6h42, l’heure à laquelle tu te lèves tous les week ends pour ne pas rater les rediffusions du Club Dorothée. Avant de te précipiter dans la cuisine pour chiper une boîte de Lucky Charms, tu jettes un oeil à ton calendrier des Chevaliers du Zodiaque (ce mois ci c’est Shun, le plus naze) pour t’apercevoir avec stupeur que la date d’aujourd’hui est marquée d’une pierre blanche (ou d’un sticker Barbie, depuis au moins trois semaines à en juger par son état) : c’est la fête des mamans. Avec ta mémoire vive de poisson rouge (c’est normal, tu as 6 ans), tu as complètement oublié cette date pourtant si importante aux yeux de ta chère génitrice (tu ne comprends pas encore ce mot). Bon, par chance, ta mère dort avec des boules Quies et n’émèrge pas avant 9h30 le week end (elle mérite bien ça). Cela te laisse donc approximativement 2h45 pour lui trouver un zoli cadeau. Bien sûr, tu as le pouvoir d’achat d’une huitre et tu n’as pas la permission de sortir de chez toi. Tu décides donc de faire avec les moyens du bord, vu le bordel qu’il y a chez toi tu trouveras bien de quoi faire un zoli cadeau.

– Le collier de nouilles de la veille

Celui-là, c’est entièrement la faute de Madeleine, ton institutrice de GSM. Franchement, ça ne te serait jamais venu à l’esprit d’enfiler des coquillettes recouvertes de gouache sur un fil.

Ta mémoire de poisson rouge étant également sélective, tu trouves fondamentalement astucieux de ressortir cette idée géniale, que ta maman avait absolument adoré l’année dernière. Quel dommage que Choupi le chien des voisins ait mangé le joli collier que tu lui avais fabriqué avec amour. Elle sera ravie d’en avoir un neuf.

Tu pars donc à l’aventure, direction la cuisine. Les pâtes sont rangées dans le placard du haut, celui que ta mère n’arrive pas à atteindre sans tabouret. Tu mesures approximativement 1m18. Après avoir empilé les n premiers volumes de l’encyclopédie Universalis sur le sus-dit tabouret, tu n’arrives plus à monter dessus. Il te faudra donc une solution de secours.

Bon, tu as peut-être 6 ans, mais tu n’es pas complètement stupide : les pâtes, c’est de la nourriture, et la nourriture, ça va dans le frigo. Tu ouvres donc le frigo, pour découvrir une surprise qui te ravit : là, dans le plat en forme de canard, sous le film plastique, ce sont des pâtes. Bon, ce ne sont pas des coquillettes, mais ça fera l’affaire.

Tu déballes le contenu du doggy bag sur la toile cirée et t’empresses de te munir de ta boîte de peinture à l’eau gagnée à la kermesse. C’est un peu plus difficile que dans tes souvenirs, les pâtes sont plus grosses et surtout elles sont molles, mais après tout ça ne rendra ton cadeau que plus original. Tu te laisses aller à un petit rire de fierté. Comme tu es super minutieuse, tu t’astreins à peindre également les penne rigatte à l’intérieur, d’une couleur différente, ce sera plus joli.

Après la troisième penne, un éclair de lucidité te remet en tête ta chanson préférée de Bobby Lapointe : la peinture à l’huile, c’est bien plus beau que la peinture à l’eau. C’est donc parti pour l’huile d’olive du placard du bas. Décidémment il avait des goûts bizarres ce Bobby, toi tu trouves ça plutôt impraticable la gouache à l’huile d’olive, mais après tout c’est ton chanteur préféré, donc il doit avoir raison.

Une fois les pennes dégoulinantes d’huile et la toile cirée transformée en Pollock, tu pars à la recherche d’un fil pour assembler le tout. Tu n’as pas le droit d’ouvrir la boîte à couture parce que ça pique, encore moins la boîte à bricolage.

Deuxième éclair de génie : puisque tu veux faire un collier, pourquoi ne pas te tourner du côté de la boîte à bijoux ! La jolie chaîne en or qui brille à laquelle ta maman accroche ce tout petit diamant sera beaucoup mieux mise en valeur avec ta création. Tu te faufiles dans la chambre sur la pointe des pieds et subtilises discrètement l’objet. Quelques dizaines de minutes plus tard, tu as fini d’enfiler tes grosses pâtes colorées en tirant la langue. Il est 9h22 : un gros coup d’éponge sur la table, et c’est prêt. Bonne fête maman !

– Autres variantes :
le t-shirt de ta mère customisé à coups de stabilo fluo; le scrap-book de photos de vacances découpées; l’objet directement subtilisé du placard et emballé grossièrement dans le papier cadeau de Noël dernier (tu n’as pas encore compris le concept de cadeau).

Le cadeau embarrassant est souvent connu sous le nom de "cadeau moche". Mais si tout cadeau de la fête des mères qui se respecte est moche, celui-là a en plus la particularité de s’imposer à la mère en question.

Le collier de nouilles (classique ou version du dessus), le t-shirt "bonne fête maman", pourraient être qualifiés d’embarrassants. Toutefois, leur portée est très limitée : dès que le gosse a le dos tourné, hop on l’enlève ni vu ni connu. Personne n’obligera maman a porter son collier de nouilles au bureau.

Non, le cadeau embarrassant est bien plus traitre que ça. Conçu pour être disposé de telle manière à ce que le sale gosse puisse le surveiller (salon, cuisine, jardinet), il s’impose à la vue de tous les visiteurs, et, dans une action désespérée des parents pour échapper à une honte suprême, les plonge dans un coma social en les forçant à ne plus inviter personne, incapables de briser le coeur de leur rejeton.

– La poule qui caquète

Si comme moi, tu fais tes heures sup le portable sur les genoux devant Disney Channel, tu es probablement déjà tombée au moins huit fois sur cet épisode de Phénomène Raven où le petit frère de Raven achète une alarme détecteur de mouvement. Si l’on fait abstraction de la médiocre prestation des acteurs et des rires enregistrés, cet épisode s’avère particulièrement intéressant pour illustrer notre propos.

Le petit Cory achète une invention très sophistiquée pour placer dans la cuisine familiale : une alarme "la poule qui caquète", soit une sorte de poule représentant le summum du mauvais goût à clouer au mur, qui caquète dès qu’elle détecte un mouvement. Ce n’est pas une histoire de cadeau de fête des mères, mais le résultat est le même : les pauvres parents n’osent pas vexer leur petit garçon, lui assurent que "ce cadeau est formidable, ils l’adorent, woohoo !", et déploient des stratagèmes à visée comique (pas drôles du tout, en fait, mais ce n’est pas notre propos) pour "malencontreusement" détruire la chose.

C’est hélas le destin de tout cadeau embarrassant. Et oui, ce n’est pas le chat qui a renversé ton Batman géant en pâte à modeler qui durcit, ce n’est pas une innondation qui a foutu en l’air ton beau clown acnéïque peint à la gouache sur carton d’emballage, le directeur de l’école primaire n’a pas non plus réclamé ton vase de sable coloré pour le ranger dans le hall d’honneur des plus beaux travaux d’élèves.

Et encore, ce n’est rien comparé au sort des cadeaux achetés après des mois d’économies. Ceux-là donnent nettement moins de scrupules; les mamans ont beaucoup plus de mal à accepter que les créations de leurs bambins, faites avec leurs petites mimines, sont définitivement et inexorablement moches.

Ces cadeaux que tu t’étais donné tant de mal à faire furent sans doute source d’un sentiment mitigé : d’un côté, la fierté de te voir enfin réaliser quelque chose, après trois ans à barboter au fond de la classe pendant que les autres jouaient aux Lego; de l’autre la fatalité de ton absence de talent génial, dont pourtant ta mère rêvait tant, et surtout, surtout, la trop grande honte que provoquerait l’exposition au grand jour de ton oeuvre. Bien sûr, ça ne vaut que pour quand c’est vraiment très moche, hein, ta maman a sûrement trouvé magnifique la plupart de tes dessins avec les mains.

Alors, pourquoi la poule qui caquète remporte-t-elle la palme des cadeaux embarrassants? Et bien, pour trois raisons cumulatives : 1/ c’est moche et beauf, 2/ ça se place dans un endroit stratégique de la maison, 3/ et ça produit des nuisances sonores. Ce dernier point est particulièrement important.

En classe de 6ème, on avait fabriqué une mini alarme en cours de techno (tu sais, ce cours hebdomadaire où un mécano aux cheveux gras t’obligeait à brûler ton voisin avec un fer à souder), c’était une merveilleuse idée de cadeau de fête des pères (ça coïncidait mieux, en termes de calendrier). Les soudures ressemblaient à un pâté de sable, la sonnerie à une sirène de police, et pour couronner le tout le boîtier était orné d’un ersatz cheap de tête d’Einstein.

Inutile de dire que mon idée de la placer stratégiquement dans le frigo n’a pas remporté l’unanimité. Mon père m’a expliqué qu’elle était tombée du haut de la table à repasser avec la même expression que quand mon chat était parti vivre à la campagne, ou dans un cirque, selon les versions.

En cumulant les trois points stratégiques du dessus, donc, tu es sûre d’offrir un magnifique cadeau que tu auras toutes les chances de retrouver, trois jours plus tard, dans la poubelle de l’immeuble.

– Autres variantes : la truite qui chante (autre version très populaire aux States de la poule qui caquète), le nain de jardin peint à la main

Bien sûr, je ne parle pas d’un cadeau réellement empoisonné, comme le gâteau d’Astérix et Cléopatre (si tu as réllement fait un gâteau empoisonné pour la fête des mères, que les gens trouvent qu’il fait froid quand tu rentres dans une pièce et que tu n’as jamais réussi à apercevoir ton reflet dans un miroir, il paraît qu’il font un remake de l’Exorciste prochainement).

Le cadeau empoisonné atteint un niveau de nuisance supérieur aux précédents : il n’est pas seulement énervant, ou horripilant, mais franchement désagréable. Il part d’une bonne intention, mais oblige l’heureuse réceptrice à passer un sale moment.

– Le petit déjeuner au lit

La situation de départ est la même que dans le scénario "Le cadeau récup", sauf que tu n’as aucune imagination et crois savoir utiliser les appareils bizarres qu’il y a dans la cuisine.

Il est donc 6h42, voire un peu plus tard puisque tu estimes ne pas avoir le temps de faire quelque chose de tes mains, et un éclair de génie te traverses : un petit déjeuner au lit, voilà qui ferait très plaisir à ta maman chérie ! Tu tentes quelque chose d’un tant soit peu élaboré, dans l’esprit d’une fillette de 6 ans : jus d’orange avec une paille rouge, toasts chauds beurrés, café au lait, confiture du frigo. Et des fleurs, pour la déco, c’est joli les fleurs.

Le principal souci, c’est que c’est la première fois que tu utilises un grille-pain et a fortiori une machine à café. D’habitude, le petit déjeuner est déjà prêt sur la table quand tu te lèves, c’est la petite souris du jardin qui l’a préparé. Mais après tout, ça ne doit pas être si compliqué.

Tu ne sais pas encore très bien lire, les instructions en tout petit sur la boîte de café sont donc impénétrables : tu verses son contenu intégralement dans le pot à café, le remplit avec de l’eau et appuie sur le bouton qui brille. Pendant ce temps, tu beurres les tartines de pain de mie froid avant de les placer dans le grille pain. Puisque tu veux qu’elles soient bien chaudes, tu mets le grille-pain au max. Le temps que tout ça soit prêt, tu t’occupes d’ouvrir la brique de jus d’orange avec des ciseaux à ongles, ce qui te semble bien difficile. C’est l’inondation. Au moins, le pot de confiture et les jolies fleurs piquées dans le pot-pourri des toilettes seront parfaits, ça tu ne risques pas de le rater.

Ton plateau petit déjeuner au lit ressemble donc à ça : une tasse de liquide translucide brun avec de petits grains noirs qui flottent, des toasts brûlés qui suintent le beurre liquide baignant dans une mare de jus d’orange, une paille rouge, un pot de confiture fermé dont tu n’as pas réussi à faire sauter le couvercle malgré ton acharnement, et un parfum de déodorant pour WC.

Tu es ravie du résultat, apparemment ta maman aussi, puisqu’elle a tout mangé. Dommage que son mal de tête lui ait fait faire la grimace. Ah, et la cuisine est un vrai champ de bataille aussi. Heureusement que la petite souris du jardin est là pour tout nettoyer.

– Autres variantes :
le gâteau au yaourt, la sculpture en terre du jardin.

Celui-là se passe de commentaires.

– Maman, tu peux me cueillir des fleurs dans l’arbre ? Jsuis trop petite !
– Bien sûr ma chérie
(15 minutes et deux égratignures plus tard)
– Voilà ma puce (la maman sélectionnée pour le rôle est très gentille). Mais dis-moi, c’est pour quoi faire toutes ces jolies fleurs ?
– Pour toi! Bonne fête maman !

Autres variantes : Maman, je peux avoir dix euros pour acheter un cadeau pour la fête des mères?

Toi aussi, viens partager tes meilleures expériences de cadeaux pourris pour la fête des mères ! Et si tu es une maman toi-même, raconte-nous cette merveilleuse journée catastrophe de ton point de vue !
 

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 18 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Silver's Hands
    Silver's Hands, Le 9 juin 2009 à 17h09

    Excellent article! J'ai beaucoup rit!!!

    Moi je me rappelle d'un truc pour mettre au mur et y planter aiguilles, épingles, qui pourraient servir à autre chose que la couture dans la cuisine. C'était une grosse fleur en carton qu'on a dû peindre à la main, j'étais en maternelle, et au milieu, la maîtresse avait collé une éponge (pour planter les épingles). Je me souviens que ma mère l'a gardé un petit temps dans la cuisine.

    Par contre, j'avais fait un autre cadeau beaucoup plus réussi : la maîtresse avait donné à tout le monde de petites planches en bois, on avait du peindre dessus, j'étais déjà plus âgée, ça allait mieux, puis sur notre paysage peint, la maîtresse a collé un coeur en feutrine et sur le coeur, une photo de nous, enfin moi, une photo de moi, ma photo de classe ;) Puis la maîtresse a ajoûté des crochets au truc en bois et c'est devenu un machin pour suspendre les clés dans le couloir. Il est toujours à côté de la porte :P

    Faut regarder les sketches de François Pirette pour les cadeaux nuls :
    - un collier de coquilles de moules
    - un termos de voyage mou incassable, fait à partir d'une bouillotte décorée avec un vieux pull en laine
    - tu demandes 2 pièces de 50 centimes à ta mère et tu lui amènes une pièce d'un euro "spéciale porte bonheur qu'elle devra toujours garder sur elle"
    - avec une jupe plissée et quelques bouts de ficelles, tu fais un abat-jour
    - amène ton vieux chauve-biberon en cachette à l'école, et t'offres à ta mère un service à fondue pour une personne:yawn:

Lire l'intégralité des 18 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)