Souvenirs de rentrée des classes

Je vous le dis franco les filles, ça pue. Quand on a fini la dernière semaine d’août, c’est que les problèmes sont pas très loin, et qu’il ne manque qu’un inch pour que le monde qui nous entoure commence à sentir l’objet neuf. Pour ne pas se trouver dépourvue le jour de la reprise, je […]

Souvenirs de rentrée des classes

Je vous le dis franco les filles, ça pue. Quand on a fini la dernière semaine d’août, c’est que les problèmes sont pas très loin, et qu’il ne manque qu’un inch pour que le monde qui nous entoure commence à sentir l’objet neuf.
Pour ne pas se trouver dépourvue le jour de la reprise, je propose qu’on se fasse une session « souvenirs de rentrée ». C’est parti pour un flash back façon « 13h45 le 3 septembre, j’ai envie de mourir ».

Sonneries, principal et profs sous anti-déprésseurs

C’est fou comme on peut vite oublier le bruit de la sonnerie en deux mois. Celle du collège a la particularité de refiler des infarctus aux sensibles du myocarde, c’est un peu comme ça que la sélection naturelle se fait entre les profs trop vieux et ceux qui en ont encore un peu sous la pédale.

Quand on entend la sonnerie-test du jour de la rentrée, c’est que le principal est dans les parages, et ça c’est comme squatter dans le couloir blanc de l’administration, c’est jamais bon signe. Ce qui est déprimant quand on regarde le principal un 3 septembre, c’est qu’il a l’air content. Ravi même. Genre « et voilàààà bande de p’tits bâtards, vous avez bronzé de l’entre-sandalette pendant deux mois, moi ça fait déjà une semaine que j’ai repris pour mettre au point vos emplois du temps de latinistes à la con, à vous de déguster maintenant ! »

En plus de cette vision désespérante de la jouissance sadique, il faut se taper la vue tourneboulante de TOUS les profs réunis, ce qui n’arrive jamais de la vie, même pour l’alerte incendie. Ils sont là, alignés, se persuadent encore qu’ils peuvent tenir dans le public et sans anti-dépresseur, et ils ont l’air de ceux qui en savent plus que nous.

Et effectivement, ils savent QUI va être avec QUI en classe. L’angoisse Numéro UN de la rentrée, à mon avis, c’est ça. Genre, « Putain, pourvu que je sois pas avec Amandine Schelcher, je peux pas la saquer en plus elle a tout le temps des glaires ».

Les parents sont relous

C’est pas tous les jours que le staff éducatif peut se montrer ainsi uni, beaux comme une remise de diplôme à Saint Cyr. Du coup les parents présents sont impressionnés, et dès que le principal aborde les notions de discipline et de travail, les gamins accompagnés sont bons pour se prendre une pichenette dans l’épaule, du genre « eh, t’as entendu hein ? Faut TRA-VA-ILLER cette année ».

En même temps c’est pas comme si on s’attendait à arriver dans un camp d’éducation Méthode Steiner, avec atelier poterie le matin et découverte du corps l’après-midi… Ils sont cons des fois les parents. En attendant ces p’tits salauds sont contents de nous placer, parce que deux mois avec les gamins dans les pâturons ça fait long. (Quand je pense qu’il vont peut-être faire l’amour quand on sera en cours, ça me dégoûte).

Les nouveaux sont pas beaux

Une fois que les classes sont formées, reste à visualiser les tronches des nouveaux dont on a entendu le nom à l’appel. Y’a l’air d’avoir un beau gosse blond en 3ème Victor Hugo, mais quand il se retourne, il s’avère que non : il a un gros nez.

Retranchement vers le plan B, un mec avec un nom un peu grec, exoticas les bananas. Mais notre Nikos Aliagas est aussi grec que moi je suis une salade juive, et puis il a des baskets neuves ATEMI que sa mère a dû prendre deux-trois tailles plus grandes parce que « c’est fou ce qu’ils poussent vite à cet âge là ».

J’veux dire on n’est pas encore à l’âge où il est facile de faire des concessions dans sa tête, tomber amoureuse est donc un projet remis à demain.

Le bâtiment A est vert

L’année dernière, le bâtiment de sciences naturelles était neutre. Genre blanc. Mais voilà, y’a eu subvention et des esprits éclairés ont décidé qu’il était temps de le repeindre, du coup maintenant, il est vert. Pas genre vert D&CO, nan, vert blouse d’infirmier, vert « ta mamie ne va pas bien ».

Et aujourd’hui, jour de la rentrée, tu suis ta classe pour la première heure de cours et 1/ c’est pas drôle comme procession 2/ tu vas devoir te respirer les vapeurs de propylène et c’est dangereux et 3/ ton PP (prof principal) c’est monsieur Friedrich, un professeur de technologie qui se lave les cheveux de manière hebdomadaire, c’est pas assez.

Donc voilà, c’est un peu une rentrée VDM parce que les tables de Sciences Nat, tout le monde le sait, ça couine, et comme elles sont en carrelage, quand tu vas écrire dessus, y’a des bouts de phrases qui vont slider à cause des joints d’entre-carreaux.

Et toi, tu es en quelle cinquème ?

‘Tain, fais chier. Ta meilleure copine est en 4ème Albert Einstein et toi tu te tapes la 4ème Maréchal Pétain. Ok, pourquoi pas la 4ème Joseph Goebbels hein ? On n’a jamais compris pourquoi certaines écoles avaient commencé à nommer leurs classes avec des noms de personnages historiques, mais j’me dis qu’un mec comme Jack Lang aurait pu lancer le projet.

Imagine la scène, Jack en charentaises allume la Télé pour une pièce de théâtre en VHS, et il tombe sur le Bigdil avec Lagaf’. Abasourdi, il appelle sa femme qui se cache les yeux au bout de quelques secondes. Jacko tape du poing sur la table et commence à rédiger une note (ça fait genre de dire ça hein ?!). Je sais pas ce que tu penses de cette hypothèse, moi j’aime bien.

Sortez vos cahiers [prononcer cah’iais]

Appel à témoins : si quelqu’un sait pourquoi au lieu de dire « grands carreaux », un jour un mec a décidé qu’on utiliserait le mot « Seyes », qu’il me maile. Au-delà de mes profondes interrogations étymologiques, je me souviens avoir souvent ressenti de l’effroi en recevant l’enveloppe du collège qui contenait la liste des fournitures. En ouvrant la boîte aux lettres verte je me disais « OH MON DIEU, comment c’est possible de recevoir une heure de colle, puisqu’on est en vacances depuis une semaine ! » + sueur de la racine des cheveux.

Etude sociologique en trousse

Y’a trois sortes d’élèves. 1/ ceux qui ont un stylo plume, 12 000 cartouches et un effaceur. C’est les bons. 2/ les élèves qui ont un stylo plume genre Tom et Jerry avec la cartouche fournie, et un effaceur. C’est les opportunistes. Et puis y’a ceux qui ont un stylo Bic avec le capuchon déjà mordillé. Ceux là faut rester copains avec eux si tu vois qu’ils s’accrochent en cours, parce que s’ils réussissent dans ces conditions, ils vont passer à Capital c’est quasi certain.

L’effaceur quand t’aspires, ça sent la pisse.

Aujourd’hui, jour de la rentrée, tu es presque motivée avec ton effaceur brand new. Sauf que quand il sera tout vieux et qu’il effacera aussi bien qu’une dame ménopausée lubrifie sans assistance, en faisant « prikii prikii prikiii », t’auras l’air con. Entre temps tu auras découvert que mâcher le capuchon du côté effaceur, ça renseigne sur la saveur pisse du produit. Mais ça n’arrivera pas avant les vacances de Toussaint au moins, c’est une autre histoire.

p.s : je parle pas du Tipp-ex parce que ça me fait remonter un traumatisme : j’avais un tipp-ex pinceau, alors que mes camarades CSP ++ possédaient les prototypes de chez Ruc à 65 francs le modèle. It hurts.

Et en plus, il pleut.

Le jour de la rentrée, il ne peut pas faire un beau ciel bleu, ça rendrait les élèves joyeux et merde on n’est pas là pour ça. Pour éviter que les gamins ne se fassent saucer, Charlemagne a doté chaque école d’un préau (nowadays on dit hall mais à l’époque tu comprends le mot « hall » ça n’existait pas). A la base c’est une idée noble, mais y’a eu comme un glissement de terrain et le préau est devenu l’endroit le plus déprimant du monde après Uckange-en-Moselle. Moi ça me fait comme ça dans la tête quand je me trouve sous un préau :

Et voilà, t’es foutue, t’as re-signé le règlement, tu en reprends donc pour un an. Mais courage, les vacances « Paye ta déprime de la Toussaint » ne sont pas loin et si t’es tombée avec un prof de langue avec encore un peu d’altruisme en lui, qui sait tu pourras peut-être passer deux trois jours à Berlin ou Barcelone…

Force et robustesse sur ton esprit, et si vraiment t’en peux plus je connais un faussaire de carnets de correspondance pas cher. (C’est toujours utile d’avoir deux carnets de correspondance dans sa scolarité : un pour les parents et autre pour les « maux de ventre »)

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 28 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Loulou33
    Loulou33, Le 3 septembre 2013 à 12h02

    Pitain ça me manque tout ça!!

    On peut parler des "fiches de renseignements"?? Oui celles que TOUS les profs te font remplir en début d'année pour savoir, ce que font tes parents dans la vie, taille de jean et pointure presque comprises???

    Je n'ai jamais compris l'utilité de cette manœuvre...
    Je plussoie les deux carnets de corres', hyper pratique pour la fraude.

    La rentrée c'était aussi le jour où TOUT ton matos est encore neuf, et que tu es encore pleines de super méga bonnes résolutions à base de "cette année c'est décidé, je bosse!".

    Deux mois plus tard, tes cahiers c'est des torchons, ton agenda : un journal intime plus qu'un agenda, tes stylos puent la bave, et tes notes elles sont ras les pâquerettes, tu sers les fesses car c'est le first conseil de classe et que se faire déchirer au 1er trimestre c'est pas bon pour ton karma, car pire que tout, les 1er boom (ouais à mon époque on disait encore boom) les premières boom vont commencer, et tes parents ces sales tyrans ils sont cap de te punir de boom si tes notes sont merdiques...
    Et ça se "s'rai" trop la fin de ta vie, car "y'a Jean-Kevin" qui sera de la partie et t'as déjà prévus de mettre tes "plateformes'shoes" avec ton pantalons 4 boutons de chez pimkie, un haut 'brassière, hyper classe, à base de paillettes, croisés dans le dos avec des ficelles et verts pommes, ton super vernis à paillettes (pour faire raccord) et une queue de cheval avec deux mèches qui tombent sur la face...
    Tu espère rouler une pelle à Jean-Kevin sur un slow de Mariaaaa cawey pendant le 1/4 d'heure améwicain, et au pire lui taper un smack au jeu de la bouteille...
    Alors dans un ultime effort 15 jours avant le conseil de classe tu met un coup de cravache, histoire de sauver la face ... Et d'aller à la boom de Pauline pour pecho Jean Kevin... Y'a quand même des priorités dans la life... Mais ça? tes parents ces relou ils ne peuvent pas comprendre...


    Si je pouvais refaire une marche arrière je me referais bien une session collège, juste un petit mois, pour le fun!

Lire l'intégralité des 28 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)