Sous le Soleil, une série qui a marqué les années 90

Sous le Soleil est une de ces séries françaises qui ont marqué la fin des années 90. Et Sophie-Pierre Pernaut aussi, par la même occasion.

Sous le Soleil, une série qui a marqué les années 90

Quand j’étais petite, j’avais un rituel le samedi après-midi : je m’installais devant la télévision et je glandais en regardant une série finalement peu adaptée à l’enfant que j’étais, ou à la case horaire à laquelle elle était diffusée sur une chaîne de l’ampleur de TF1. Une série à base de meurtres et de vengeances, d’histoires d’amour et de complot, le tout sous le soleil de Saint-Tropez.

D’ailleurs, ça s’appelle Sous le Soleil, c’est pas pour rien.

Lui c’est Alain. Il était très méchant mais il avait le coeur brisé et il était toujours moins méchant que sa femme Valentine qui l’avait fait interner alors du coup, ça va. On lui pardonne.

Mine de rien, j’aurais pu devenir un peu zozo, avec cette histoire. Heureusement que j’avais un environnement familial sain qui m’a permis de garder les pieds bien ancrés sur la terre ferme, dites !

Aujourd’hui, de vieux épisodes de Sous le Soleil sont rediffusés sur la TNT. J’en ai revu un, une fois. J’ai cru voir trente-six chandelles. À la nostalgie des samedis après-midis sur le canapé de la maison qui m’a vu grandir s’est ajoutée une autre sensation, moins agréable : l’impression d’avoir fumé des cigarettes à la ciboulette en mangeant des champignons périmés.

Alors la mélancolie des années 90 bien kitsch m’a sauté à la gorge comme une angine en hiver et j’ai eu l’envie irrépressible de me souvenir de tous les aspects de Sous le Soleil qui me marquent encore aujourd’hui.

Ce mythique générique

En tout premier lieu, je citerai bien évidemment ce qui a grandement aidé à créer l’identité de la série : son générique. Ralentis sur les visages des acteurs, gens en maillot de bain, plans sur les vagues et le bar de la plage, sur des couples qui se roulent des grosses pelles, sur une fille en robe de mariée qui plonge dans la mer… Déjà, t’as envie d’y vivre, à Saint-Tropez. Tout le monde est à poil, tout le monde a quelqu’un à aimer (toujours d’une folle passion, sinon c’est pas télégénique), ça a l’air sympa.

Au même titre qu’Alerte à Malibu m’a donné envie de porter un maillot de bain rouge, d’être pote avec David Charvet et de devenir sauveteuse des mers (tant pis si je sais même pas nager la brasse correctement), Sous Le Soleil m’a donné envie d’être blindée de thunes à Saint-Tropez.

Surtout, comment oublier cette chanson sirupeuse qui sent bon l’été, la peau mordue par le soleil et les cheveux joliment abîmés par le sel ? (En vrai, moi ils ont juste l’air abîmés tout court, mais dans certains magazines ils disent que ça fait look « surfeuse californienne » si on en prend soin alors bon, je mets mon discours au diapason.)

« Sous le soleil, bleu marine et blue,
Ébloui pareil.
Jusqu’à en oublier tout.
Fermez les yeux, c’est le même bleu dans le coeur et sous le soleil. »

Si, à ce stade de l’épisode, t’as toujours pas compris que le code couleur était le bleu (un « bleu ébloui pareil jusqu’à en oublier tout », semble-t-il, et je suis à peu près sûre que ça signifie quelque chose et que c’est recevable en terme de syntaxe quelque part dans le monde), on ne peut malheureusement rien pour toi.

L’ascenseur social

Un truc qui m’impressionnait à l’époque où je regardais la série, c’est qu’à Saint-Tropez, a priori, tout est possible en terme de carrière. Soit c’est ça, soit on y trouve un micro-climat, un petit truc particulier dans l’air qui fait qu’on y est forcément doué pour tout type de métier. Bien pratique.

Ainsi, le personnage de Marion, interprété par Manuela Lopez (qui était aussi l’un des personnages principaux d’Hélène et les Garçons) (fais pas style t’es trop jeune pour connaître : y a des rediffusions tout le temps sur la TNT, je suis même sûre que c’est pour ça que ces chaînes supplémentaires ont été créées) enchaîne plusieurs carrières qui n’ont pas forcément grand chose en commun… mais après tout, pourquoi pas.

Elle est ainsi tour à tour :

  • Cambrioleuse
  • Serveuse
  • Pompiste
  • Escort-girl
  • Chanteuse
  • Vendeuse dans une galerie d’art
  • Vedette d’une comédie musicale
  • Doublure fesse de Mickey à Disneyland.

On peut aussi noter le parcours incroyable (mais tout à fait banal à Saint-Trop’) de Benjamin, tantôt mécanicien tantôt aviateur, tantôt agent de styliste tantôt co-propriétaire d’un bar tantôt dompteur de fleurs séchées. Tu m’étonnes que j’ai cru pendant un temps que je pourrais être à la fois coiffeuse, éleveuse de pandas, astronome, comédienne et reporter de guerre !

Un personnage de Sous le Soleil en milieu naturel.

Sous le Soleil, c’est vraiment une série qui te fait comprendre que la vie est un champ des possibles qui n’a pour limite que l’horizon éternel de tes ambitions.

Et puis après, t’entends parler de Bourdieu et du déterminisme. Alors t’as les boules et tu préfères retourner à la théorie de Sous le Soleil qui est un peu plus sexy, faut bien se l’avouer.

Piscine creusée pour tous

À cause de Sous le Soleil, je me souviens avoir mis beaucoup trop de temps à comprendre pourquoi mes parents me disaient que « non, avoir une piscine creusée dans le jardin n’est pas dans nos projets parce que ça coûte un peu cher ». Dans la série, quelle que soit la situation professionnelle, tout le monde en a une. Une grande et profonde piscine creusée, avec une vue sur la mer et les montagnes, sans même un seul insecte mort qui flotte à la surface (comme il y en a pourtant dans toutes les piscines sur Terre).

Dans le monde de Sous le Soleil, une piscine creusée, c’est comme une chaussette trouée perdue dans le placard, qu’on n’ose pas jeter mais qu’on retire chaque fois qu’on l’enfile parce que c’est pas agréable d’avoir juste l’orteil qui dépasse : tout le monde en a une.

Recycler des acteurs, c’est easy peasy

Parfois, les scénaristes s’emportent un peu et décident de mettre fin à la vie d’un de leurs personnages. On pourrait croire qu’à partir de ce moment-là, c’est foutu. Même si on regrette, comment pourrait-on justifier son retour à l’écran ? Ça n’aurait aucun sens. On ne peut faire ça aux fidèles téléspectateurs.

Eh bien comme beaucoup avant eux, et beaucoup après, ceux de Sous le Soleil ont trouvé la parade : la fausse mort. Grégory, un marin, avait disparu en mer et est revenu la bouche en coeur dix ans plus tard. L’acteur interprétant un des ex de Caroline est revenu quelques saisons après sa mort dramatique, sous les traits d’un sosie parfait. La nature est bien faite. J’espère n’avoir aucun sosie aussi réussi quelque part dans le monde : si ça se trouve elle me piquerait mon job, mon appartement et ma collection de capsules de champagne, et je serais super vénère.

Caroline, un des personnages principaux, avait été assassinée hors-champ à la fin de la série. Mais quelques années plus tard, une suite, Sous le Soleil de Saint-Tropez (sur TMC), a été signée. Du coup, il a bien fallu la faire revenir, et alors laisse-moi te dire que ça a été une mince affaire : Caroline, que tout le monde pense morte, avait en réalité était envoyée en Amérique du Sud par la police pour la protéger d’un laboratoire pharmaceutique véreux ! Une protection tout à fait relative puisqu’elle a été piégée et envoyée en prison pour trafic de drogues. Ça, c’est vraiment pas de chance.

Finalement, ça vaut peut-être pas le coup d’avoir une piscine, toutes ces emmerdes.

Comment je me sens après avoir regardé un épisode entier.

Et toi, ça t’a marquée, Sous le Soleil ? Toi aussi, tu regardes les rediffusion comme on dégusterait le bonbon de trop ? T’as aussi pensé que Louis Lacroix devait être un peu magicien pour se taper tout le monde dans la série ? Et l’accent de Jessica, j’ai été la seule à tout faire pour avoir le même ou ça va ?

(Je dis ça mais sinon, tu peux aussi regarder d’autres genres de séries françaises…)

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Magik
    Magik, Le 19 novembre 2016 à 14h55

    Non mais là, je suis actuellement en train de regarder les films en streaming et c'est dingue comment tout ce qui me paraissait normal à l'époque me frappe en pleine figure aujourd'hui !

    Les 3 héroïnes qui ont des enfants : ok mais.... ils sont où ??? (je vois bien le scénariste faire "Bon, on n'a plus de fric !" Réponse : "Ben... on a qu'à se débarrasser des gosses !" . Du coup, y en a 1 qui va dans une école de surdoués, l'autre qui va faire du tennis de compét et le dernier qui va rejoindre Jessica aux Etats-Unis.
    Et oui, l 'ascenseur social est truqué : je suis désolée mais Jessica, une princesse avec des robes asymétriques qui montrent à la fois son nombril et son dos (au passage, j'adore ses robes), eu ... on en parle ? Jessica de toute façon, c'est l'intouchable, celle qui jouait le mieux et la plus polyvalente, les 2 autres, elles étaient juste canons.

    Mais ce qui m'a le plus choqué, c'est le nombre de nanas qui sous prétexte d'un chagrin d'amour/de se prendre un stop par un mec, ben ... les poursuivaient pour harcèlement sexuel/tentative de viol !!!
    Si j'avais dû procéder comme ça à chaque fois qu'un mec m'a mis un vent, je serais riche mais la plus grande des garces !

    Et oui, Saint Tropez, c'est vendeur, ça doit vendre du rêve alors oui on sort les maillots de bain, on tourne que quand il fait beau, on habite des maisons avec piscine quand on fait une colloc étdiante et qu'on travaille comme serveuse parce-qu'il faut bien justifier son crédit à la banque non ? ... En même temps, vous imaginez un peu cette série en Islande où il fait nuit 6 mois/an ? C'est quand même beaucoup plus sexy un "On va à la plage ?" que "On retourne à l'igloo" ?

    J'aurais d'autrs choses à dire mais ce serait plus un post mais un véritable article :)

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