Le soleil, ses bienfaits et ses risques : témoignages, conseils et prévention

Dans le cadre de la Journée nationale de prévention et de dépistage des cancers de la peau, madmoiZelle revient sur les bienfaits et les risques du soleil pour la santé.

Le soleil, ses bienfaits et ses risques : témoignages, conseils et prévention

— Publié le 28 mai 2015

Aujourd’hui, le jeudi 28 mai, c’est la Journée nationale de prévention et de dépistage des cancers de la peau, organisée depuis dix-sept ans par le Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues. En France, plus de onze mille nouveaux cas de mélanome sont diagnostiqués tous les ans, pour environ deux cent mille cas à l’échelle mondiale. C’est le 9e cancer le plus répandu en Europe mais, lorsqu’il est pris à temps, il peut être guéri dans 90% des cas.

Dans le cadre de cette grande journée d’information et de sensibilisation, nous vous avons proposé de participer à la réalisation d’une enquête sur le rapport au soleil en témoignant sur votre idée de l’astre du jour (passion poésie), le regard des autres, vos habitudes d’exposition et sur ce qu’on vous a appris, chez vous ou dans le système scolaire, sur les risques des UV pour la santé.

Le soleil, un facteur de beauté… et de honte

Alors qu’on le fuit comme la peste jusqu’au début du XXème siècle (la blancheur était alors signe d’aisance financière et de rang social élevé), le soleil, et surtout le phénomène de coloration de la peau qu’il entraîne, devient synonyme de bonne santé dans les années 1930, et carrément un gage de beauté et de réussite à partir des années 60. Chaque après-midi passé au soleil devient alors une course au bronzage et la peau couleur pain d’épices est vantée par tous les médias pour ses effets bénéfiques sur le moral et sur la santé (on estime que l’exposition au soleil peut procurer de 80% à 90% de la vitamine D requise pour l’absorption et la réabsorption par les reins du calcium et du phosphore).

Les premières lampes à bronzer apparaissent dans les années 1970, tout comme la démocratisation des voyages sous les Tropiques grâce à une baisse des prix du transport aérien. On revient de plus en plus bronzé de ses jours de congés et le bronzage est élevé au rang de normalité.

A contrario, la peau blanche devient un signe de fatigue et même de maladie. Un teint jugé trop pâle pour la saison est même souvent victime de moqueries, comme le racontent ces lectrices :

« Lorsque j’étais au collège, j’ai écopé du surnom « croque-mort ». Un jour, lors d’une sortie scolaire, un professeur m’a carrément dit que je devrais aller plus souvent à la plage, et ce devant tout le monde ! »

– Marie

« Ma grand-mère, brûlée par le soleil, me disait souvent : « regarde tes cousins, ils sont tout bronzés et en pleine santé. Toi par contre, tu as l’air malade ! »

– Emma

Ces remarques désobligeantes et ces petit sobriquets doux comme des aiguilles ont souvent un effet dévastateur sur l’estime personnelle des vacancières au teint pâle, qui vont parfois jusqu’à avoir honte de leur peau :

« Lors de vacances en Corse, mes amis et moi avons croisé des gens qui nous ont demandé si cela faisait longtemps que nous étions sur l’île. En regardant ma peau blanche, l’une de ces personne s’est exclamée : « À mon avis, ils viennent juste d’arriver, regarde comme elle est pâle »… J’avais 16 ans, j’étais en pleine construction de mon estime personnelle et, tout d’un coup, je me suis sentie toute nulle par rapport aux autres. »

– Claire R.

« Quand j’avais 15 ans, j’étais assez complexée par ma peau blanche qui refusait de dorer. Je m’exposais au soleil, généralement sans protection, et j’étais presque contente de prendre des coups de soleil car je savais que ma peau prendrait une couleur un peu plus foncée une fois qu’ils seraient guéris ! Les gens autour de moi participaient à ce complexe, et je ne parle même pas des images véhiculées par les médias… »

– Alexia C.

Pour rappel, la couleur de la peau est déterminée par la présence plus ou moins importante dans l’épiderme d’un pigment appelé mélanine. Plus ce pigment est présent dans la peau, plus elle paraît foncée. La quantité de mélanine est déterminée génétiquement mais aussi de façon héréditaire. Enfin, l’environnement dans lequel tu vis peut aussi avoir une incidence sur la couleur de ta peau.

Que tu sois née avec un teint d’albâtre ou d’ébène, que tu bronzes ou brûles en cinq minutes, tu n’y peux absolument rien, et à moins de te lancer dans des procédures fortement déconseillées (cabines UV, produits blanchissants…), tu ne pourras jamais rien y changer ! Il est donc grand temps d’arrêter de regarder sur la serviette de plage de ta voisine pour plutôt niquer tes complexes !

La prévention, la première réponse contre le cancer

Les parents, au premier plan de la sensibilisation

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Dans les familles, la prévention concerne surtout les enfants en bas âge. Dès l’adolescence, les jeunes gèrent eux-mêmes leur protection aux UV (même si les petites remarques de papa ou maman ne sont jamais loin !) et, une fois arrivés à l’âge adulte, ils gardent assez souvent les bonnes habitudes prises plus jeunes ou prennent conscience du danger qu’ils ont pu courir petits.

« Ma maman travaillait dans le domaine médical alors elle a toujours fait de la prévention auprès de mon frère et moi, quand nous étions petits. À la plage, c’était chapeau, crème solaire et t-shirt même pour se baigner ! »

– Caroline

« J’ai toujours protégé ma peau claire, et ce grâce à mes parents : il était toujours hors de question de mettre le nez à la plage sans crème solaire ! S’ensuivaient alors ces grands moment d’humiliation à base de tartinage d’indice 50 sur tout le corps, jusqu’à ce que mon frère et moi ressemblions à des petits bonhommes Michelin bien blancs… Heureusement, ces bonnes habitudes me sont restées et je n’oublie jamais de bien me protéger avant de prendre le soleil. »

– Louisa

« Ma mère a toujours fait très attention de bien nous protéger, mon frère et moi, quand on était petits. Mais avec l’âge, il m’arrivait de m’exposer au soleil avec mes copines pour bronzer et, ne les voyant pas mettre de crème solaire, je n’en mettais pas non plus. »

– Alexia C

« J’ai grandi dans le sud de la France, où le bronzage est un critère de beauté très important et où les gens sont plus portés graisse à traire que crème solaire. Petite, je ne faisais pas spécialement attention à me protéger du soleil (malgré mon teint d’endive), tout simplement car je ne voyais personne le faire autour de moi. »

– Alexia B.

« Mes parents ayant l’habitude de se faire griller au soleil, j’ai fini par apprendre à gérer ma sensibilité au soleil toute seule. À part insister sur le fait de mettre de la crème solaire à la plage, ils ne me couraient pas après toutes les heures avec une bouteille d’indice 50… »

– Jeanne

À lire pour aller plus loin :

Peau claire, peau mate, peau noire… une prévention différente ?

La prévention est aussi une histoire de carnation. En effet, les peaux claires (phototypes 1 à  3) sont beaucoup plus sensibilisées aux méfaits du soleil que les peaux mates, pour la simple raison qu’elles brûlent facilement. La crème solaire est alors plus considérée comme une barrière contre les douloureux coups de soleil que comme une protection contre le mélanome. Les enfants à la peau laiteuse sont aussi beaucoup plus surveillés et mis en garde que leurs copains à la peau foncée.

« Ma mère, rousse, m’a vite appris à me badigeonner d’indice 50. J’ai donc vite eu le réflexe de me protéger chaque fois que le soleil pointe le bout de son nez. »

– Gwendoline

« Le soleil et moi, ça commence toute petite, avec ma mère : « Amélie, viens que je te mette de la crème ! », « as-tu mis de la crème solaire ? », « en as-tu remis ? », « tu devrais mettre un chapeau », « t’as pris un coup de soleil : je t’avais bien dit de mettre de la crème ! ». J’étais blonde presque translucide et blanche comme une statut de plâtre. »

– Amélie

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Les peaux mates et surtout les peaux noires (phototypes 4 à 6), parce qu’elles sont moins sujettes aux coups de chaud, ont la réputation d’être plus résistantes aux rayons du soleil. Si la mélanine est effectivement un bouclier naturel contre les UV, elle ne suffit pas à protéger la peau d’un cancer car un peu plus de 15% des ultraviolets parviennent dans tous les cas à atteindre les couches profondes de l’épiderme. Il est donc important de protéger sa peau, même si elle bronze facilement et qu’on pense ne pas en avoir besoin ! En réalité, avoir un phototype élevé est faussement rassurant.

« J’ai toujours eu la peau mate, du coup j’ai souvent évité de mettre de la crème solaire, ou alors juste les trois premiers jours, quelques pschitts de SPF 20 et basta ! »

– Victoria

« Je suis métisse et, jusqu’à mes 25 ans, chaque jour était une course au rayon de soleil. Mes parents ne m’ont jamais sensibilisé aux dangers des UV et j’ai toujours pensé que la crème solaire n’avait qu’un seul but : celui de m’empêcher de brunir ! Je n’avais pas non plus peur des coups de soleil, pour moi ils étaient la preuve que le bronzage n’était pas loin ! »

– Christelle

Le bruit court aussi qu’une peau hâlée serait moins vulnérable au soleil qu’une peau « blanche »… Le bronzage étant une barrière naturelle fabriquée par la peau pour se protéger du soleil, ce n’est pas tout à fait faux. Mais cette barrière est superficielle et ne filtre qu’une partie des UV.

Une peau bronzée est moins sensible aux coups de soleil mais n’est absolument pas protégée contre le risque de cancer ! Il est dont très important de continuer à appliquer sa crème solaire jusqu’à la fin des vacances.

La crème solaire, pour un bronzage harmonieux en toute sécurité

De nombreux clichés sur la crème solaire ont la vie dure : non, elle ne rend pas tout•e blanc•he (en tout cas plus aujourd’hui !) et non elle n’empêche pas de bronzer ! Cette fameuse crème solaire, qui existe aujourd’hui sous toutes les formes, du gel hyper frais à l’huile satinée, sert à protéger la peau des UVA (accélérant le vieillissement de la peau), des UVB (causant aussi bien des coups de soleil que des cancers de la peau) et des infrarouges (émettant des radicaux libres qui chauffent et endommagent la peau). Avec les vêtements, elle est ta meilleure alliée contre les coups de soleil.

Pour les expositions occasionnelles, le moment où tu dois appliquer ta crème solaire dépend du type de filtres UV qu’elle contient (chimiques ou minéraux). Elle doit ensuite être réappliquée toutes les deux heures et après chaque contact avec de l’eau. Les crèmes solaires contenant des filtres chimiques commencent à agir environ trente minutes après leur application sur la peau alors que les crèmes contenant des filtres minéraux agissent immédiatement.

Si appliquer de la crème solaire tous les jours sur ton bidon ne sert pas à grand-chose, surtout si tu n’es pas adepte du crop top, ton visage peut grandement bénéficier d’un filtre solaire tout le long de l’année. Un écran de ville (c’est le petit nom de ce type de produits, plus légers que les crèmes solaires basiques) appliqué quotidiennement après la crème de jour évitera la formation de taches et le vieillissement prématuré de la peau. De plus en plus de marques commencent aussi à sortir des produits (brume, poudre minérale…) que tu peux appliquer par-dessus ton maquillage pour protéger ta peau tout le long de la journée. Pratique quand on a appliqué son écran de ville à 8h du matin et qu’on part prendre des verres en terrasse à 18h !

À lire aussi : La crème solaire : petit guide pratique

Capital soleil, grains de beauté et mélanome

Le capital soleil : quand il n’y en a plus… bah il n’y en a plus

Le capital soleil correspond à la quantité totale de rayons du soleil que chaque individu peut recevoir tout au long de sa vie sans risque de développer un cancer. Une fois ce capital grillé (beau jeu de mot), il devient dangereux et inconsidéré de s’exposer au soleil sans protection. Il n’y a pas de façon précise de déterminer le capital soleil de chacun (il dépend du phototype et des caractéristiques propres de chaque épiderme), mais dis-toi que si tu ne peux pas sortir dehors sans cramer, ou que tu as déjà été brûlée au deuxième degré, tu ne dois plus avoir beaucoup de marge…

« J’ai vécu 10 ans sur l’île de la Réunion, quand j’étais enfant. Je suis naturellement très pâle et ai donc de base une sensibilité certaine aux rayons du soleil. Ayant vécu sous un soleil estival les trois quarts de l’année, où je passais mon temps à barboter dans l’Océan Indien sans protection solaire, j’ai cramé mon capital soleil. Les séances de bronzette, c’est terminé pour moi !

Ces expositions ont également abîmé ma peau. Ça ne se voit pas au premier abord mais je sais que plus tard je vais payer mes barbotages en culotte courte par des ridules prématurées et des taches. Avec ça, j’ai plus de chances que la moyenne d’attraper un cancer de la peau, donc mes grains de beauté sont passés en revue tous les ans ! »

– Morgane

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On estime que 80% des dommages provoqués par le soleil se produisent avant 18 ans et, malgré de nombreuses campagnes d’informations, le message semble avoir du mal à passer. Ainsi, selon une étude intitulée Connaissances, attitudes et comportements vis-à-vis des risques liés à l’exposition des ultraviolets, réalisée en janvier 2004, 44 % des personnes interrogées pensent que les coups de soleil de l’enfance sont sans gravité s’ils sont bien soignés et 22 % estiment que les coups de soleil de l’enfance préparent la peau en la rendant moins vulnérable… C’est évidement faux, et plutôt risqué !

Certaines lectrices sont d’ailleurs étonnées et même scandalisées du peu de prévention dans le système scolaire :

« Il y a vraiment des collèges et lycées qui évoquent les risques du soleil ? J’ai fait des études scientifiques donc je sais depuis l’âge de 15 ans environ ce que sont les UV, mais aucune prévention n’a jamais été faite ! »

– Lauraine

« Je trouve ça complètement fou que dans une région aussi ensoleillée que PACA on n’ait jamais eu de prévention sur les dangers du soleil à l’école. En plus, on nous laissait jouer dans la cour aux heures les plus chaudes de la journée sans la moindre protection, de quoi flinguer notre capital soleil à vie ! »

– Alexia B

Le mélanome : qui est-il ? D’où vient-il ? Quels sont ses réseaux ?

Il existe deux grandes familles de tumeurs malignes de la peau : les carcinomes et les mélanomes. Si ces derniers représentent une minorité des cancers de la peau (environ 10%), ce sont les plus dangereux. Le mélanome est une maladie des cellules de la peau. Il se développe à partir d’une cellule initialement normale qui se transforme et se multiplie pour former une tumeur maligne.

Lorsque des cellules cancéreuses apparaissent, elles sont d’abord peu nombreuses et limitées à la surface de la peau. Si le mélanome est détecté et enlevé à ce stade, il n’y a pas de risque d’évolution métastatique. Mais si aucun traitement n’est effectué, dans la majorité des cas la tumeur se développe d’abord horizontalement puis progresse en profondeur à travers la peau. Des cellules cancéreuses peuvent ensuite s’en détacher et emprunter les vaisseaux sanguins ou les vaisseaux lymphatiques pour aller envahir d’autres parties du corps où elles vont former des métastases. Et là… c’est la merde.

Un mélanome cutané se manifeste par une petite tache pigmentée ressemblant à un grain de beauté normal et se modifiant rapidement. Le plus souvent, cette tache est apparue récemment. Plus rarement, elle correspond à un nævus (l’autre petit nom des grains de beauté) existant qui est en train de dégénérer.

Afin de permettre à tout le monde de pouvoir observer ses grains de beauté, les dermatologues ont mis au point L’ABCDE du mélanome, un guide très simple pour permettre de s’auto-examiner et de reconnaître les signes précoces du mélanome.

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Source

Le skin check-up, un rendez-vous pour la vie

Si tout le monde peut être concerné par le mélanome, certaines personnes sont quand même considérées comme plus « à risques », comme celles ayant été exposées au soleil pendant l’enfance, les phototypes 1 et 2, et les peaux criblées de grains de beauté. En réalisant un check-up complet chez le dermato, au moins une fois par an, on peut éviter beaucoup des nombreux désagréments et aussi le pire.

« C’est vraiment important de dire aux madmoiZelles que la consultation dermato est le seul moyen de dépister ce cancer ! Et surtout, qu’elles veillent bien à ce que le médecin vérifie aussi le cuir chevelu ! »

– Nana

En plus d’une visite chez le dermato, tu peux aussi penser à vérifier la peau et les grains de beauté des personnes que tu aimes, comme l’encourage La Roche-Posay dans sa dernière campagne de sensibilisation, Devenez Skin Checker !

À lire aussi : Aidez à prévenir le cancer de la peau avec La Roche-Posay

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  • _Plume
    _Plume, Le 19 juillet 2016 à 12h39

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