Les soirées mondaines : petit guide de survie

Cool, vous êtes invité-e à une soirée ! À vous les petits fours et la vodka à l’oeil ! Mais attention : ce n’est pas une soirée entre potes. Vernissage, avant-première… Comment tirer le meilleur d’une soirée mondaine sans (trop) passer pour un-e malotru-e ?

Les soirées mondaines : petit guide de survie

Publié initialement le 30 avril 2014

Vous viviez tranquillement votre petite vie d’asocial-e qui s’enfile des chips en slip devant le 53648ème épisode de Doctor Who, lorsque soudain, c’est le drame : on parvient à vous joindre dans votre cave pour vous inviter à une soirée. Le vernissage de l’exposition des sculptures en savon de Tatie Paupiette.

Vous avez beau vous demander comment votre vie sociale a pu vous rattraper, vous pouvez difficilement provoquer un incident diplomatique. Tatie Paupiette vous accordera à peine un regard pendant la soirée, mais si vous n’êtes pas là, la malédiction sera sur votre descendance jusqu’à la 327ème génération. Bah, au fond c’est pas si terrible, quelques heures à se remplir la panse à l’oeil grâce à l’open bar. Il suffira de prendre une douche.

INCONSCIENT-E QUE VOUS ÊTES. Faut-il donc que vous ayez passé trop de temps en slip pour que les dangers potentiels de la situation vous échappent ! Se remplir la panse à l’oeil ? Mais mes enfants, c’est la guerre, la bouffe en soirée. La Guerre.

Et une guerre que vous devez gagner sans passer pour le/la pique-assiette de service.

Étape #1 : le buffet

L’erreur fatale serait d’oublier que vous n’êtes pas le ou la seul-e à ne venir que pour la bouffe. Du coup, la règle tacite qui veut qu’on arrive toujours une ou deux heures après l’heure annoncée en soirée, il va falloir y faire une entorse. Parce que vous pouvez avoir décroché le gros lot et être invité-e à Buckingham Palace pour les 25 ans du caniche de la Reine d’Angleterre, ce ne sera jamais buffet à volonté ad eternam.

Arriver une fois que les tables ont déjà été rasées, ça vous dit ? Non, c’est bien ce que je pensais. Alors arrivez à l’heure.

Voilà, vous y êtes. Vous avez brandi votre petit carton d’invitation, ou décliné votre identité, avec la fierté un peu ambiguë du nouveau VIP qui n’en revient pas de ne pas s’être fait jeter dehors, et vous êtes enfin dans la place. Il est temps de commencer à parler avec des gens que vous ne connaissez pas (ou que vous aviez oublié que vous connaissiez).

Eh non, vous ne pouvez pas vous précipiter directement sur le buffet. Ce serait certes moins hypocrite, mais il y a un minimum de standing à conserver, ma bonne dame. On a dit soirée mondaine, mon kiki : coupettes de champomy à l’alcool et petit doigt levé ! L’approche du buffet doit donc s’opérer avec stratégie et subtilité, de manière à avoir l’air d’arriver devant les mini-sandwichs et le sauciflard tout à fait par hasard.

Chère amie, vous ici, mais quelle merveilleuse surprise ! Avez-vous vu les petits-fours ?

Vous allez donc de groupes d’individus en groupes d’individus, en vous rapprochant de préférence de ceux qui ont déjà quelque chose à manger dans les mains. Comme un jeu de piste, oui, où on dirait que vous seriez un ninja. Jusqu’au moment où…

« Oh mais par dieu, qu’est-ce ? Mais quel hasard, du saucisson ! Et moi qui pensais me retourner vers ma tendre amie Marie-Chantal… Ah, il serait bien malvenu de ma part à présent de ne pas goûter. »

Vous ne convaincrez certainement pas le ou la serveur-se présent-e, qui vous a vu venir à des kilomètres et vous offrira le même regard blasé qu’il ou elle aura offert à la cinquantaine d’andouilles avant vous, mais la bienséance aura été respectée. Un bon point pour vous.

Étape #2 : l’open bar

Il conviendra par la suite, une fois tous les amuse-gueules goûtés (et re-goûtés parce que vous n’aviez pas bien senti la saveur de piment d’espelette, ce dont le serveur se fout toujours avec la même énergie), de rester près du lieu stratégique. Pourquoi ? Parce que LES NOUVEAUX PETITS FOURS, pardi.

Les bleus et les âmes pures encore étrangères à l’opportunisme culinaire des soirées ne le savent peut-être pas, mais souvent, tout évènement mondain connaît quelques premières heures de faste avant de sombrer dans le désespoir du buffet plein de miettes et de cure-dents. C’est alors qu’on ramène de nouveaux petits fours sur les tables.

Aucun être vivant sur Terre, pas même la tendre gazelle qui passe devant une lionne, ne se sent aussi épié et en proie à un danger mortel que le serveur qui apporte un nouveau plateau de petits fours sur le buffet. C’est d’ailleurs une tâche que ne remplit que le serveur expérimenté, qui a appris à maîtriser l’Art du Timing des Petits Fours. Qui a appris quand jeter le plateau en pâture et filer sans demander son reste, quoi.

C’est NOS bouteilles, c’est nous qu’on les a trouvées !

Le moment où on fait tourner les petits fours, c’est aussi le moment où il faut se préoccuper de l’état de l’open bar. C’est le signe d’une soirée événementielle réussie, mais tout comme le buffet, l’open bar n’est pas éternel. Ne serait-ce que parce que ça coûte un rein d’hydrater une foule de pique-assiettes qui ont très à coeur d’investir le concept de l’alcool gratuit pour toute la semaine.

D’ailleurs, pour des raisons de budget, l’open bar va se diviser en deux catégories : le champagne, le vrai whisky, la vodka chère d’un côté… et la bière aromatisée, le rosé pamplemousse et le red bull de l’autre. Devinez quelle catégorie va s’écouler la première ?

Voilà pourquoi, si on ne veut pas finir la tête dans les toilettes à force de mélanges douteux, il faut bien calculer ses allées et venues à l’open bar.

Étape #3 : les toilettes et autres repose-fessiers

Tiens, parlons-en, des WC en soirée. Tout cet alcool, fatalement, il vous faut bien l’évacuer à un moment ou un autre. Sauf que vous ne pouvez pas abandonner votre position tant qu’il reste de l’alcool de luxe et/ou des petits fours au chèvre frais. D’autant que le serveur n’a pas voulu cracher le morceau, et que vous ne savez toujours pas où le traiteur a planqué ses réserves.

Si vous êtes venu-e seul-e, vous risquez de regretter votre manque de sociabilité en regardant les gens travailler ensemble : l’un garde la place pendant que l’autre va soulager sa vessie, et on inverse. Au royaume du « qui va tirer la chasse perd sa place », l’avantage du nombre est donc non négligeable.

Votre seule solution est d’attendre d’en être réduit-e au rosé pamplemousse pour enfin pouvoir lâcher l’affaire sans perdre grand-chose. Le problème étant que c’est également la solution d’au moins 50% de la population de la soirée. La dernière goutte de champagne tombe, et soudain, c’est comme un signal silencieux qui retentit et se perd en écho jusqu’aux sombres parois de nos vessies. Trente personnes se dirigent en même temps vers les petits coins. À vous d’être le ou la plus rapide.

Si vous croyez qu’elles vont lâcher les chaises comme ça, vous croyez au Père Noël.

D’autant qu’une fois la question de la vidange réglée, toute l’excitation et la vigilance du début de soirée retombent d’un coup, et vous iriez bien vous asseoir. Sauf que les repose-fessiers en soirée, quand il y en a, c’est quelques chaises ou fauteuils qu’on ne peut plus imaginer vides tant il y a toujours du monde dessus. Comme s’ils avaient été livrés avec les chaises.

Les chaises musicales ou Game of Thrones, c’est vous qui voyez. Mais si vous voulez poser vos fesses à un moment de la soirée, il va vous falloir rivaliser de vitesse, de fourberie et de force brute à la fois. Et surtout, n’oubliez pas : l’avenir appartient à ceux qui ne se lèvent pas.

Étape finale : quand partir ?

Voilà, vous êtes repu-e et vous avez envie de vomir en regardant le fond de rhum qui reste dans la bouteille abandonnée que vous venez de trouver. Vous ne savez plus trop quel était le thème de la soirée, mais vous supposez que ça vous reviendra demain, quand votre teint sera moins verdâtre et qu’on vous demandera un feedback quelconque.

Mais alors, à présent, que faire ? Partir ? Les soirées mondaines et événementielles, ce n’est pas comme les soirées entre potes (ou les soirées des potes de potes) : on s’attend à ce que vous partiez avant le matin. De préférence même avant minuit. Donc, oui, partir, ce serait une bonne idée.

Il est temps, je crois.

Ah mais voilà, vous n’avez pas envie d’aller vous coucher. Vous êtes un individu contrariant qui confond le regain d’énergie avec le trop-plein d’alcool, et maintenant que vous êtes dehors à minuit, vous voulez que la fête continue. La FÊTE, le rythme of the night, TOUT. Vous êtes fatiguant-e.

Soit ! Continuez la fête, impudent-e que vous êtes ! Investissez donc le monde joyeux de la contre-soirée et de ses nombreuses promesses dans le cas de la soirée vernissage, et suivez les gens qui vont continuer à s’hydrater ailleurs puisque de toute façon on les fiche dehors.

Ah mais vous ne connaissez personne ? Bah, aucune importance, il suffit de viser quelques points stratégiques pendant la soirée pour se faire des ami-e-s d’un soir, et ce, que vous fumiez ou non : le balcon, le jardin, le bas de l’immeuble, n’importe quel coin fumeur disponible, et/ou la cuisine.

De toute façon, une fois les buffets vides, c’est là qu’il y aura tout le monde.

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  • MsOriginalDoll
    MsOriginalDoll, Le 1 janvier 2015 à 13h45

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