La Villette à Paris, paradis des joueurs de « Pokémon Go »

Par Lise F.

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Chaque grande ville a son spot privilégié pour chasser les Pokémons. Bordeaux a son jardin public, Lyon a son parc de la Tête d’or… et Paris a son parc de la Villette. Un mardi après-midi, Lise est allée y faire un tour pour rencontrer les joueur•ses de « Pokémon Go », l'application incontournable de Niantic Labs.

Une ambiance électrique

L’ambiance a changé à la Villette depuis la sortie de Pokémon Go. Les bandes de potes se font plus nombreuses et chacun•e a son smartphone allumé, branché à une batterie externe. Régulièrement, une multitude de gens se réunit à un endroit précis, au grand dam des passant•es qui peinent à comprendre cet engouement. Le but ? Attraper un Leviator, un Ronflex ou encore un Locklass, des Pokémons très rares et souvent très puissants.

Il paraît que le joueur moyen de Pokémon Go est une joueuse de 21 ans.

Je suis allée vérifier l’information en direct mais au milieu des aventurier•es de la réalité augmentée, on trouve assez peu de filles. En suivant une foule lancée à la poursuite d’un Draco, je tombe finalement sur Claire. Elle chasse les Pokémons avec sa grande sœur Marie.

Même si je n'ai pas joué aux jeux, Pokémon fait partie de mon enfance. Je regardais le dessin animé, j'ai même la cassette du premier film !

Claire a 23 ans. Comme pas mal de gens de son âge, elle a grandi avec l'univers de Pokémon, du dessin animé aux cartes à jouer arborant les couleurs de ces bestioles japonaises. Elle n’a jamais joué aux jeux de la franchise, mais elle a sauté sur Pokémon Go en voyant son frère s’éclater sur l'application.

Elle est niveau 13 et son meilleur Pokémon est un Scarabrute à 444 points de combat. Le Scarabrute, c’est un peu le joker du/de la joueur•se débutant•e : c’est un Pokémon assez fort à la capture, mais qui ne peut pas évoluer. Il se perdra donc bientôt dans les méandres de son équipe…

La sœur de Claire vient d’avoir une petite fille. À force de jouer en promenant son bébé, elle est déjà niveau 20 ! Pokémon Go, c’est une façon d’enjoliver leurs balades. Claire accompagnerait beaucoup moins sa sœur si elle n’avait pas un Pokédex à remplir ! Les deux frangines jouent tranquillement et font de belles prises sans se prendre la tête.

On n'est pas toujours là pour rigoler

D'autres joueur•ses cherchent plutôt la performance. Alizé est niveau 17 pour l'instant, et c'est une pure fan.

À 20 ans, Alizé est à fond dans l'univers de Pokémon. Elle a joué à tous les jeux depuis les versions sur Nintendo DS : pour elle, jouer à Pokémon Go, c'était une évidence. Habitant en banlieue, elle est venue au parc de la Villette exprès pour faire de belles prises.

Récemment, un député Les Républicains a proposé de réglementer l'utilisation de Pokémon Go, notamment dans des lieux tels que les cimetières. Pour Alizé, ça n'a pas vraiment de sens : c'est aux joueur•ses de se montrer respectueux•ses dans ce genre d'endroits. Mais s'il y a un Ronflex dans un cimetière, elle ira le chercher !

Je suis une acharnée : plus que dix bonbons Magicarpe et j'aurai un Leviator !

Au milieu d'un gros rassemblement causé par cinq modules leurres, ces items qui attirent les Pokémons alentour, je tombe sur Émeraude, Déborah et Cindy. Émeraude me montre fièrement son Aquali niveau 1043 : elle comptait s'acheter un smartphone à la fin de l'été, et elle a avancé cette dépense pour le jeu.


Rien qu'aujourd'hui, elles ont eu un Léviator et un Ronflex, deux Pokémons très rares. Même si elles sont parisiennes, les trois copines ne venaient jamais au parc de la Villette.

Quand je leur demande si elles ont fait des rencontres, elles sont intarissables. Les Pokémons rares sont souvent dans les parcs, ce qui leur permet de jouer dans des endroits agréables. Et quand un Dracolosse apparaît quelque part, tout le monde se prévient et court ensemble pour l'attraper.

Pas besoin d'avoir vingt ans pour traquer les Pokémons

Courir, c'est un peu ce que j'ai fait tout l'après-midi. Entre répondre à mes questions et attraper un Draco, les joueuses choisissent plutôt le Draco. En m'asseyant sur un banc, je rencontre Camille et Jane. Ces deux collégiennes de 14 ans profitent de leurs vacances pour arpenter les rues de Paris. Camille a acheté son nouveau smartphone la semaine dernière et elle est déjà niveau 21 !

Celles et ceux qui n'ont pas connu « Pokémon » quand ils/elles étaient petit•es ne peuvent pas trop comprendre. Nous, on a grandi avec cet univers.

Ces joueuses ne sont pas là pour rigoler : la veille, elles se sont installées au jardin d'acclimatation et ont squatté l'arène du coin. Ces points de ralliement virtuels permettent de combattre d'autres joueur•ses, tout•e seul•e ou même à plusieurs. Installées sur un banc, elles mettaient la misère à tou•tes les dresseur•ses qui tentaient de les défier.

Les deux amies sont formelles : si elles n'étaient pas dehors en train de jouer, elles seraient chez elles en train de dormir. Smartphone à la main, elles multiplient les kilomètres. Camille a même des plans de la ville dans son sac pour se repérer. Quant à Jane, elle s'est créé trois comptes pour jouer dans chacune des trois teams.

Un jeu fédérateur

Pas peu fière, j'attrape mon premier Minidraco pendant l'interview. Derrière moi, j'entends un garçon me féliciter : il s'appelle Antoine et lui aussi, il est venu exprès à la Villette pour chasser les Pokémons. Tout naturellement, il s'installe avec nous et les deux filles n'ont pas l'air spécialement surprises.

Des rencontres, elles en font tous les jours avec le jeu. Ça va des personnes qui s'assoient avec elles pour discuter, à celles qui leur sourient simplement d'un air complice.

Les gens trouvent ça bizarre mais en fait, c'est une passion qu'on partage, on rencontre vraiment plein de monde !

Comme elles, Antoine aime parcourir la ville à la recherche de Pokémons rares. Il nous conseille de nous rendre à Levallois-Perret en fin de journée : selon lui, c'est là-bas qu'on fait les meilleures prises.

Pas le temps de niaiser : il repart déjà à la poursuite d'un Carapuce, de l'autre côté d'un pont. Camille et Jane préfèrent rester là. Il y a des modules leurres partout et même les dresseur•ses ont besoin de souffler !

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