Sexuality (Sébastien Tellier)

Après deux premiers albums, L’incroyable Vérité (2001), et Politics (2004), la sortie de Sexuality a fini de nous faire comprendre que Sébastien Tellier aime s’attaquer aux gros dossiers. Voici là quelque chose de bien singulier, la sexualité. Et qui, associé à la musique le devient encore plus : s’il m’est souvent arrivé de ressentir un […]

Sexuality (Sébastien Tellier)

Après deux premiers albums, L’incroyable Vérité (2001), et Politics (2004), la sortie de Sexuality a fini de nous faire comprendre que Sébastien Tellier aime s’attaquer aux gros dossiers.

Voici là quelque chose de bien singulier, la sexualité.

Et qui, associé à la musique le devient encore plus : s’il m’est souvent arrivé de ressentir un émoi particulier à l’écoute de certains arrangements musicaux, je n’ai retrouvé que peu de personnes qui berçaient les mêmes émotions que moi au contact de ces morceaux que j’écoute avec le ventre. La sexualité de la musique… Quoi de plus subjectif ? Rien de plus personnel :

– Comment ça tu n’es pas sexuellement excitée, toi, lorsque tu écoutes Windowlicker d’Aphex Twin ?

– Euh … Ben non… Moi ça me donne plutôt soif, envie de boire, de racheter du coca light et du jus de pamplemousse rose s’il y en a plus. Mais, tiens il reste des donuts, enfin s’tuveux. (expression gênée)

Si certains trouveront ce denier album de Tellier chaud comme une fraise tombée d’une coupe de Pommery directement dans la bouche rouge d’Estella Warren, ou gracieux comme un trait de lait oublié de façon faussement négligée sur la lèvre de Kate Moss, d’autres n’y décèleront qu’une bande originale de plus pour une soirée wine and food décalée entre amis, ou, tout au plus, un truc funky pour se rendre à la plage en vespa (Divine.)

Même si un morceau nous procurera une émotion toujours plus ou moins similaire à l’écoute (à moins de circonstances particulièrement influentes) personne n’est jamais à l’abris d’un dérapage libidineux.

C’est ça qui est bien aussi, la sexualité peut-être imprévisible, et polyglotte (Manty)

Sexuality a été co-produit avec Guy-Man des Daft, ce qui lui offre une certaine musicalité et a poli sa french touch.

Le titre de l’album pourrait être pointé comme un diadème pompeux, mais cet écueil sera évité grâce à la légèreté et la maladresse touchante de certains morceaux qui flirtent avec le second degré, comme Roche, et ses paroles toute en candeur (je rêve de toi et moi la main dans la main / amoureuse de Sébastien / je sens la chaleur de l’été), ou Pomme, morceau à la ringardise furtive qui met en musique des paroles nonchalantes entremêlées de gémissements de jouissance féminine.

Sexual Sportswear, morceau de nappes, nous donne envie soit d’introspection nocturne, soit de nous habiller en Le Coq Sportif vintage pour remater un DVD d’Orange Mécanique, avec les chaussettes.

Mais les romantiques comme moi se souviendront surtout des envolées pianistiques en toute retenue de L’Amour et La Violence, une chanson (d’amour, une vraie) enrobée d’une mélopée inclassable dans son genre, belle et triste comme une rupture consommée entre deux amants illégitimes, un pluvieux dimanche de novembre dans Central Park.

C’en est assez, allez donc écouter Sexuality, sur votre vespa, dans votre lit, au bureau, en buvant du Martini… et érotisez votre vie.

Ah et, la prochaine fois, je vous expliquerais dans quels albums se trouve ma sexualité à moi. Eh eh. (Ou pas.)

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Gemma
    Gemma, Le 5 août 2009 à 23h52

    MOI JE L AIME Sebastien. Et cet album est incroyable, surtout Divine sur lequel je me trémousse tout le temps ou encore Pomme (euh, là c'est plutôt délicat de se trémousser hystériquement)
    Bref j'aime, j'adore, j'adule Tellier, à fond les bananes.:heartbeat:

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