Deux séries britanniques arrêtées trop tôt (et c’est bien dommage)

La télévision britannique regorge de perles méconnues, mais certaines, faute de succès, ont une trop courte carrière. Voici deux séries so British... et so finished !

Deux séries britanniques arrêtées trop tôt (et c’est bien dommage)

L’univers des séries est impitoyable. Les postulats audacieux peinent à convaincre les investisseurs, ce qui donne l’impression qu’on nous vomit les mêmes idées à la gueule depuis 50 ans, la concurrence est rude, et dès que les audiences sont jugées insuffisantes, on annule ! C’est ce qui empêche la naissance de perles potentielles.

Retour sur deux séries britanniques arrêtées bien trop tôt, et très chères à mon cœur.

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Dirk Gently, le fils d’H2G2 et de Sherlock

Tout le monde connaît H2G2, le Guide du Voyageur Galactique de Douglas Adams… mais saviez-vous que le dernier tome inachevé de cette série était aussi un volume potentiel de Dirk Gently, détective holistique ?

Cette série de livres, beaucoup moins connue que sa grande sœur, ne compte que deux tomes traduits en Français : Un cheval dans la salle de bain et Beau comme un aéroport. Ce sont des bijoux absolus d’humour so British, d’absurdité logique et de science-fiction ; personnellement, je les préfère même à H2G2 !

L’histoire du premier tome, inspirée des scripts de Douglas Adams pour les épisodes de Doctor Who The City of Death et Shada (qui ne furent jamais diffusés), met en scène l’excentrique Dirk Gently. Dans la lignée d’autres truculents personnages littéraires British, il est à la fois insupportable et adorable. Sans gêne, insouciant en dépit du bon sens, négligé et crasseux, usant de techniques discutables pour ses enquêtes basées sur l’inter-connectivité de toutes choses, il parvient toujours à ses fins avec un temps d’avance sur tout le monde. Pourtant, on ne sait jamais vraiment si son succès est dû à son génie ou simplement à sa chance…

Bref, c’est un grand personnage iconique et charismatique !

Quand j’ai appris qu’une série basée sur ces livres allait être crée par Howard Overman (le mec derrière Misfits, rien que ça), j’ai sauté de joie. Puis le pilote est sorti, et… j’ai un peu déchanté.

La série Sherlock venait de sortir, rencontrant un grand succès, et Dirk Gently lui ressemblait beaucoup. Certaines scènes semblaient carrément copiées-collées et les deux séries arboraient les mêmes couleurs froides, le même montage tentant de suivre le fil de pensée des génies en action, et les mêmes personnages iconiques : Stephen Mangan, un acteur que j’adore mais que je n’aurais jamais imaginé jouer le bedonnant Dirk Gently, campait un genre de Sherlock surexcité, et un personnage secondaire du premier roman avait été changé en simili-Watson.

En plus, on avait supprimé les éléments les plus estampillés « science-fiction » du roman d’origine, comme le moine électronique qui explique le cheval dans la salle de bains (je ne vous en dis pas plus : lisez ce livre !).

Sherlock et Dirk Gently

Petit air de famille, non ?

Bref, j’étais déçue. Le résultat était complètement bordélique : trop timbré pour être un bon show policier, mais pas assez pour rendre acceptable son côté barré comme dans les livres qui cumulent fantômes, robots et dieux nordiques.

Cela dit, trois épisodes sont ensuite sortis, et vous savez quoi ? Ils regorgeaient de bonnes idées. Les scénarios originaux gardaient le concept du détective holistique et le fait de baser une enquête sur l’inter-connectivité de toutes choses rendait le tout extrêmement inventif et imprévisible. On commençait aussi à créer un petit univers délicieusement bordélique et attachant autour de Dirk, avec des catchphrases annonçant les personnages comme l’inspecteur Gilks (« What a pleasant and unexpected surprise ! »), des gags vraiment hilarants et un réel approfondissement des personnages et de leurs liens.

Certes, la bromance entre Gently qui est FAIT pour travailler tout seul parce qu’il est insupportable, et Richard Macduff, son simili-Watson, était un peu précipitée, mais sur les derniers épisodes, je commençais à y croire.

Et c’est à ce moment là que la série a été annulée. Évidemment !

Si je reste amoureuse de cette série inachevée, c’est pour son immense potentiel. C’était bien réalisé, bien construit, parfois maladroit et définitivement précipité pour les personnages, mais après tout, je peux en dire autant des dernières saisons de Doctor Who… Ça ne méritait pas d’être annulé pour autant !

Eternal Law : des anges avocats et une romance kitsch

Cette série est si peu connue, a eu si peu de succès, qu’il était plus facile de trouver un épisode entier qu’une bande-annonce !

Cette série date de 2012, mais semble avoir une vingtaine d’années de retard, vu son sujet. En effet, la grande vague des anges dans la pop-culture a eu lieu dans les années 90 : les vampires, loups-garous et consorts avaient remplacé les êtres ailés dans les cœurs des spectateurs depuis dix ans au moment de la diffusion d’Eternal Law. C’est peut-être pour ça que le show a eu tant de mal à trouver son public et s’est achevé après seulement une saison de six épisodes.

Pourtant, cette petite série qu’on doit à Matthew Graham et Ashley Pharoa, créateurs de Life on Mars, Ashes to Ashes et ayant aussi travaillé sur Doctor Who, n’est pas dénuée d’intérêt, loin de là. Certes, le concept des anges qui descendent sur Terre pour aider et réconforter les humains n’a rien de nouveau et peut même sembler un peu bébête… Bon, ok, le pitch est carrément bébête en fait. Ce n’est clairement pas l’intérêt premier de la série !

On suit donc les pas de Zak, un vieil ange grognon, et Tom, un jeune ange innocent qui fait ses premiers pas sur terre. Ils arrivent dans la ville de York et y prennent l’habit d’avocats pour aider les humains avec l’interdiction d’interférer… ils ont en effet un don de persuasion mais doivent résister à la tentation de l’utiliser (c’est carrément débile, mais c’est le dessein de Dieu, je suppose).

Seulement, Hannah English, ancien amour de Zak, arrive en ville. Or, Dieu déteste quand ses anges l’abandonnent pour devenir humains, et si Zak fait ce choix, il laissera tout simplement tomber l’humanité. Zak parviendra-t-il à résister à la tentatiooooon ?

Ça semble carrément idiot comme histoire. On se croirait dans Twilight on justifie une romance mièvre par une histoire fantastique qui en devient ridicule. Néanmoins, la série a quand même de très bons points ! Passé le fil conducteur médiocre, on a des intrigues plutôt intéressantes, qui ne donnent pas de réponse définitive mais nous questionnent sur des questions ambiguës : la question du libre arbitre, le suicide…

Tobias Menzies et Sam West

Mes sales captures d’écrans leur rendent un piètre hommage, mais les ailes faites à la main sont absolument magnifiques.

Les personnages sont également très attachants, et absolument pas monolithiques, avec des dialogues malins et bien écrits. Zak l’ange grognon est une fée du foyer très « maternelle », et malgré son statut de vétéran, c’est le plus rebelle des deux anges, le plus humain. Tom, le jeune inexpérimenté, a du mal à se faire à la souffrance et aux paradoxes de l’humanité. Mrs Sheringham, leur logeuse, a, sous des dehors maternels, un passé sombre plein de regrets.

Il y a aussi Richard Pembroke l’ange déchu, joué par Tobias Menzies (vu récemment dans le très sympa Outlander) qui prend vraiment plaisir à jouer un méchant très méchant, cabotine comme pas permis et brise le quatrième mur pour fixer son regard démoniaque sur le spectateur qu’il prend à témoin. Enfin, il y a Hannah et… on n’a pas vraiment eu le temps de s’y attacher ; elle avait même des côtés très irritants ! Mais ça reste supportable.

Avec tout ça, on a, semble-t-il, la recette d’une série sympa-sans-plus, mais ce qui m’a vraiment fait tomber amoureuse d’Eternal Law, c’est son lieu de tournage : la ville de York. Ils ont vraiment tiré le meilleur parti de cette cité médiévale, qui est un personnage à part entière. On voit le marché, la place de la cathédrale, les petites ruelles, les vieilles maisons… Même l’intérieur du « Beffroi », l’endroit où vivent les anges, est un petit cocon chaleureux, et le tout contribue à créer une ambiance unique et vraiment attachante.

J’aurais vraiment aimé en profiter plus longtemps, et j’aimerais aussi partager cette série avec des non-anglophones. Allez, les distributeurs ! C’est inachevé mais ça vaut le détour !

Et vous alors ? Quelles sont les séries parties trop tôt que vous pleurez encore ? Des séries British trop peu connues à conseiller ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • NanaCoubo
    NanaCoubo, Le 26 août 2015 à 23h50

    Je viens de finir Jounal Secret d'une call girl avec Billie Piper (Rose dans Dr Who) et j'ai adoré ! Et justement, elle s'est finie trop tôt à mon goût... Les épisodes (surtout avec la pote de Belle et son mec) étaient géniaux et pleins d'humour british comme je l'aime. J'adore les monologue qui on du sens de la part de Belle/Hannah. Mais la fin j'ai été déçue pourtant c'était une très bonne série.

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