Sentiment d’infériorité : l’injustice s’appelle Marion

(La pluie martèle les carreaux de la chambre. Sourcils froncés, Nusch regarde l’horizon par la fenêtre. Elle pense.) « Il n’y a d’injustice que la fatalité ! La fatalité a donné aux autres ce que je n’aurai jamais. Elle a généreusement offert à d’autres ce que moi, j’obtiendrai au prix de douloureux efforts. La perfectibilité […]

Sentiment d’infériorité : l’injustice s’appelle Marion

(La pluie martèle les carreaux de la chambre. Sourcils froncés, Nusch regarde l’horizon par la fenêtre. Elle pense.) « Il n’y a d’injustice que la fatalité ! La fatalité a donné aux autres ce que je n’aurai jamais. Elle a généreusement offert à d’autres ce que moi, j’obtiendrai au prix de douloureux efforts. La perfectibilité se paie. J’ai été victime d’une loterie tragique ! Fichtre ! … … … … et sinon, qu’est-ce qu’on mange ce soir ? ».

Trêve de plaisanteries Lectrice : l’injustice à un prénom et elle s’appelle Marion. Toi aussi tu en connais une et cela, même si ta Marion ne s’appelle pas vraiment Marion ! Tu me suis ? Si comme moi tu es une faiblarde, Marion gâche ta vie depuis que tes croutes d’yeux ont arrêté de te coller les mirettes.

Il y a bien longtemps de cela, (vent qui souffle dans les arbres), Marion a fait naître en toi un sentiment redoutable, que j’ai pris la liberté d’intituler (voix de bande-annonce américaine) « le Destructor ».

Après une incubation de 3 ans, « le Destructor » se métabolise en une ingérable et véritable névrose. Techniquement parlant, « le Destructor » est un outil-féminin-aliénant de-comparaison-instantanée-à-la-pointe-de-la-technologie. A l’approche d’une femelle, « le Destructor » calcule son potentiel de dangerosité :

(profondeur de bonnet ² + tour de taille / QI)

Fonction de l’outil : te faire sentir minable (en mode potiche vêtue d’une toile de tente, mais c’est comme tu veux) en moins de 3 secondes de temps.

Pour la petite histoire, Marion et moi, nous nous sommes rencontrées en maternelle, au détour d’un bac à sable. Morve au vent, j’avais d’abord jaugé cette divine créature d’un oeil méfiant. Méfiant, méfiant… si j’avais su qu’à douze ans, Marion me piquerait mon premier petit ami. En réalité, elle n’a pas eu à faire grand chose. J’étais une adolescente dans l’ingratitude de l’âge et elle, elle était sublime. Plouf, plouf… ça sera toi qui l’auras. J’en veux pas à Julien (le dit premier petit copain), il n’était qu’une inconsciente victime. Elle l’a dévoré tout cru. Marion faisait (et fait toujours d’ailleurs) de la danse et de la gym depuis plus de 10 ans, moi, j’ai arrêté le modern jazz la première année (ouais… j’ai pas supporté le costume d’indien pour le spectacle devant les parents et les copains).

Toute notre adolescence, elle avait l’aisance de la maman de Bambi (tu sais Lectrice, quand elle gambade heureuse et épanouie dans les herbes humides de la prairie) et moi, celle d’un manche à balais.

En terminale, Marion a décroché son bac scientifique avec une mention très bien. Moi, pendant un an, j’avais sué corps et âme pour orner mon bac littéraire d’une médiocre mention assez bien.

L’année suivante, elle a intégré la prépa d’une école d’ingénieurs réputée (école dans laquelle étudiait mon PA (comprendre Premier Amour) : l’insoutenable coïncidence qui fait s’allumer en lettre néons « DANGER » dans ton esprit). J’ai entamé une licence de langues étrangères et me suis perdue dans les méandres de mon indécision orientationnelle. Réussite contre foirage, de quoi faire tituber mon égo !

Lectrice, deux choses, si tu le veux bien :

  • Déjà, m’en veux pas si tu t’appelle Marion, je t’en conjure !
  • Je t’investis d’une mission ! Tu rédigeras dans le sujet de réaction de cet article en 800 mots (à peu près) un essai sur les thème suivants (au choix) : « Comment tordre le cou au sentiment d’infériorité ? » ou un « Ce que j’ai de plus que Marion » (Marion étant un terme générique pour les-catins-qui-ont-détruit-l’estime-que-tu-avais-de-toi, l’enjeu c’est que tu me parles de ta Marion à toi, of course).

On va s’en sortir, t’entends ?!

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lunaï
    Lunaï, Le 4 décembre 2009 à 23h32

    Pourquoi n'ais je pas vu cet article plus tot ?!
    Une Marion?mmmhh, juste une C. pour meilleure amis pendant 5ans. Juste une personne que tu ne peux plus voir et que, dans mon cas, t'aime d'autre part, terrible ! Et puis tu te dis des fois"mais non, je suis bien quand même aussi, elle est moins ci, moins ça !", mais enfait, raison ou pas ( ou pas?!) elle sort tout de même avec celui dont tu lui à rabaché les oreilles pendant 3ans ! Et comment pouvoir être Superieur alors qu'elle est là ? Si elle part trés loin?tant mieux, mais on est destiné à être inferieur à une Marion ? Merde alors, solution ! Bin vos ecrits c'est deja pas mal pour ca =) !
    Ma Marion, sa definition, c'est l'Exasperance même et l'ignorance en est un bon remede.

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