Six sagas littéraires à commencer d’urgence

Pour oublier l’ambiance nulle des longues journées grises et froides, la rédac’ vous propose quelques bonnes séries de bouquins dans lesquelles se plonger...

Six sagas littéraires à commencer d’urgence

Novembre. La fin de l’automne. Pas tout à fait encore l’hiver. Il fait froid froid, mais aucune lumière de fête n’illumine encore les rues. Les arbres perdent leurs couleurs sans vraiment lâcher tout leur feuillage. L’année se termine, mais sans vacances à l’horizon, et vous continuez à vous rendre au boulot/en cours dans le vent et la pluie. Amertume. Fatigue. Désespoir.

Bon d’accord, j’en rajoute. Mais il n’empêche que novembre est un mois de transition nul que personne (ou presque) ne kiffe. Faut-il se laisser abattre pour autant ? Que nenni, mon ami•e ! Plus que jamais, il faut prendre soin de sa petite personne.

Alors dégainez le chocolat chaud, les marshmallows, les grosses chaussettes moches et les couvertures douillettes. En attendant l’heure de la raclette, vous allez pouvoir ignorer le monde qui vous entoure en vous perdant dans des piles de bouquins. Parce que les séries de livres, voyez-vous, les bonnes séries, c’est long… mais on aimerait qu’elles ne se terminent jamais !

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De Cape et de Crocs, par A. Ayroles et J. Masbou

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Pour changer un peu, LadyDandy vous parle d’une bande dessinée franco-belge que vous ne connaissez peut-être pas encore. Il y a de fortes chances pour que vous en avaliez d’une traite les onze tomes, parce que cette petite série, entre la fantasy et la parodie, a peut-être l’air d’être légère et gentillette, mais elle est loin d’être bête, et c’est un vrai plaisir à lire ! Mais LadyDandy vous explique ça bien mieux que moi.

De Cape et de Crocs est une série de BD par Alain Ayroles (scénario) et Jean-Luc Masbou (dessin) publiée entre 1995 et 2012. L’histoire est déjà terminée, ce qui permet d’éviter toute attente monstrueuse et frustrante avec le format franco-belge qui donne des tomes de moins de 50 pages. Alors n’attendez plus, car la série vaut sacrément le coup !

On y suit les aventures d’un loup et d’un renard anthropomorphes et chevaleresques, Don Lope de Villalobos Y Sangrin et Armand Raynal de Maupertuis. Fins rhéteurs et fins bretteurs, les deux compères traversent les océans et vont jusqu’à la lune pour les beaux yeux d’une dame en émoi ou le plaisir viril de se mesurer à l’épée à une série d’adversaires cocasses.

Un jeune premier sacrément idiot, un méchant balafré diabolique, des extraterrestres poudrés et emperruqués, un vieux grigou avare, un janissaire, un lapin dont on se demande ce qu’il fait dans cette galère, des pirates qui philosophent, Cyrano lui-même et des demoiselles en détresse plus ou moins farouches (qui font un peu tapisserie, il faut l’admettre) constituent le reste des personnages souvent attachants et toujours drôles qu’on retrouve au fil des tomes.

C’est cliché, mais c’est bien joué et on passe franchement un bon moment entre private jokes pour hypokhâgneux et jeux de mots tellement idiots qu’ils en deviennent vraiment drôles. Les pages foisonnent de détails, aussi bien dans le texte que dans les dessins, et l’ensemble a un indéniable goût de reviens-y. De Cape et de Crocs, ce n’est pas révolutionnaire, mais qu’est-ce que c’est bon !

The Walking Dead, par R. Kirkman et T. Moore/C. Adlard

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« Oui alors, The Walking Dead, j’ai tous les épisodes sur mon ordinateur en DVD, hein », vous apprêtez-vous à me lancer d’un air de défi. Mais avez-vous lu la série de comics qui l’a inspirée ? Ah ben oui, c’est une sélection de livres, ici, dites ! Or Mymy, son but, c’est de vous parler du « comics qui te fera voir d’un autre oeil les zombies (et la série TV) ». Paf, là. Et elle a beaucoup de choses à vous dire, alors je lui laisse la parole tout de suite.

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The Walking Dead, par Robert Kirkman (au scénario) et Tony Moore/Charlie Adlard (au dessin), est un comics datant déjà de 2003 (2007 en version française). Comme vous le savez probablement, il raconte l’histoire de Rick, émergeant du coma pour se retrouver dans un monde infesté de zombies, prêt à tout pour retrouver puis protéger sa famille et son petit groupe de survivants.

C’est une des rares sagas comics à m’avoir accrochée dès le début, et c’est un plaisir sans cesse renouvelé d’acheter un nouveau tome deux fois par an, et de le dévorer juste après avoir relu le précédent pour me rafraîchir la mémoire. La narration est intelligente, les personnages attachants, les dessins sont de toute bôté et on oscille toujours entre espoir et souffrance, entre épisodes triviaux du quotidien et menace omniprésente. Kirkman n’hésite pas à faire mourir ses personnages, car la « vraie » vie (avec des zombies), ce n’est pas très rigolo : préparez-vous donc à un rollercoaster émotionnel n’ayant rien à envier à certains chapitres de Game of Thrones

Je n’ai personnellement pas pu accrocher à la série télé, et je pense que c’est clairement parce que j’ai lu le comics. Même si Kirkman est producteur exécutif du show (il a donc son mot à dire sur l’intrigue), même si Frank Darabont (qui a adapté de nombreux Stephen King et que j’aime d’amour) était aux commandes pendant les premières saisons, il m’était impossible de ne pas remarquer que les changements radicaux dans l’intrigue, que je saluais au départ puisqu’ils me permettaient d’être surprise, ne valaient pas l’histoire que j’avais lue. Trop d’absurdités, trop de drama et des personnages uni-dimensionnels m’ont dégoûtée : les humains, dans le comics, sont complexes, réalistes, parfois lâches, parfois héroïques… Et Carl ne passe pas tout son foutu temps à se barrer sans rien dire à personne !

(Bon, après, j’avoue, la série a inventé le personnage de Daryl Dixon, donc tout n’est pas à jeter.)

En résumé, si la série vous plaît, le comics vous plaira. Si la série ne vous plaît pas, le comics peut carrément vous réconcilier avec Robert Kirkman. Et même si vous en avez marre des zombies, jetez un oeil à The Walking Dead, car les « morts qui marchent » ne sont pas toujours ceux qu’on croit…

Le Livre des Étoiles, par Erik L’Homme

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Lysanthius, développeuse Web, fait partie de ces petites mains de la rédac’, discrètes mais indispensables, qui ont travaillé sur le nouveau site madmoiZelle. On lui doit beaucoup d’améliorations, mais aussi la caution fantasy de cette sélection, et ça fait beaucoup de mots en -tion pour une seule phrase.

Bref, elle a choisi de nous parler d’un grand classique de la fantasy, jeunesse, certes, mais qui lui laisse un très bon souvenir encore aujourd’hui : la trilogie du Livre des Étoiles d’Erik L’Homme, parue entre 2001 et 2003. Alors pour une petite série légère mais captivante à lire au coin du feu, suivez le guide !

L’histoire est celle de Guillemot, qui vit au Pays d’Ys, sorte de monde médiévo-fantastique relié à la fois au « Monde Certain » (qui est le nôtre), et au dangereux « Monde Incertain » (avec plein de monstres flippants). Tout commence lorsque Guillemot s’éveille à ses pouvoirs d’une part, et qu’une de ses pires ennemies, Agathe de Balangru, se fait enlever par des monstres du Monde Incertain de l’autre.

Guillemot, apprenant que c’est lui qui aurait dû être enlevé, décide de partir à la recherche d’Agathe avec ses amis, prêts à affronter les pires créatures dans le Monde Incertain…

J’ai souvenir d’un univers très riche qui dispose de son propre alphabet et d’une vraie mythologie. Certaines trouveront ça peut-être trop « jeunesse » (ok, Guillemot a 12 ans mais il est COOL) mais j’avais adoré cette série, alors ça ne devait pas être si nunuche !

Les chroniques de San Francisco, par A. Maupin

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Je peux vous dire qu’Hawley a hésité entre BEAUCOUP de séries avant de jeter son dévolu sur celle-ci. Heureusement, j’avais banni d’office toute tentative de parler (encore) de L’Assassin Royal pour cette sélection, et malgré les nombreux « oooh » frustrés que j’ai pu recevoir en retour, votre OrchestreuZ a au moins pu exclure cette option parmi une multitude d’autres.

Ainsi, voilà : Les Chroniques de San Francisco (Tales of the City), décrites avec amour par Hawley. Je vous mets au défi de ne pas vous précipiter chez votre libraire préféré après ça.

Décrire les Chroniques de San Francisco est un exploit en soi. Roman-feuilleton commencé par Armistead Maupin à la fin des années 60, il était publié à raison d’un demi-chapitre par semaine dans le San Francisco Chronicle puis fut adapté en romans. Parce que bon. C’est foutument bien.

Armistead Maupin est un auteur qui a vécu à San Francisco pendant ses années folles : pour les gays des années 1970, c’était un peu La Mecque. Son premier roman raconte donc l’histoire d’un homosexuel à San Francisco. Mais aussi d’une hétéro. Et d’un hétéro. Et d’une personne trans. Et d’une bisexuelle. Et…

Bon, vous l’aurez compris, l’orientation/l’identité sexuelle des personnages n’est qu’une information parmi tant d’autres, et des personnages, il y en a des tas. Lire Les Chroniques, c’est se plonger dans un vrai feuilleton. Les rebondissements sont invraisemblables : il y a du thriller, du policier, de l’action, de l’humour, de l’amour, du social… Et les personnages sont terriblement réalistes. Passé le premier roman, si vous avez aimé Michael Tolliver et ses amis, vous les retrouverez avec une passion terrible dans les livres suivants. Et il y en a neuf en tout, le dernier étant sorti cette année et pas encore traduit !

C’est la série que je conseille à tous mes potes « qui-ont-un-peu-des-propos-homophobes-des-fois», parce que tu en sors avec la tête rincée et des préjugés défoncés à coups de hache, sans être culpabilisé-e. Tu apprends dans le feu de l’action ou presque, et tu ris tellement que ça passe comme une lettre à la Poste (j’ai voulu faire une blague avec du lubrifiant mais je me suis dit que… bon).

En plus d’être attachante et drôle, cette saga est résolument réaliste. Des années 60 à aujourd’hui, ce sont les mêmes personnages qui vieillissent, voient le monde changer et eux avec… Ou pas, justement. Je considère Michael comme ces personnages dont vous savez qu’ils sont irréels, mais qui sont tout de même vos meilleurs amis, et ont un peu de vous, et vous un peu d’eux. Vous apprendrez tout de la vie à San Francisco à l’époque, des modes, des moeurs, et ce côté mi-divertissement mi-documentaire est terriblement addictif. On hurle de rire, on tremble, et bon sang qu’est-ce qu’on peut chialer aussi !

Les Chroniques de San Francisco, c’est LA saga que je me refais quand je veux retrouver des amis, et je ne connais personne qui ait lu ces livres et ne les considère pas comme sa deuxième maison. Alors si vous n’avez pas encore tenté l’expérience, jetez-vous dessus : les planches branlantes de l’escalier de Barbary Lane et sa logeuse en kimono n’attendent que vous.

The Sandman, par Neil Gaiman

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C’est à moi. Voilà plusieurs sélections que j’essaie de placer cette série de romans graphiques que j’aime d’un amour vivant (même si ce n’est pas la première fois que je parle du travail de mon cher Neil Gaiman) : j’ai nommé Sandman, une série qui n’en finit jamais et c’est tant mieux.

Bon, en vrai elle se termine à peu près, si on ne compte pas les hors-séries qui continuent de sortir ou les interminables nouvelles éditions. Neil Gaiman a écrit cette série entre 1989 et 1996, et confié le dessin de chaque chapitre à un artiste différent, ce qui rend l’oeuvre encore plus riche et éclectique qu’elle ne l’était déjà. Allez, il est temps de passer en auto-citation.

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Avec Sandman, ou « marchand de sable », Neil Gaiman s’éclate à faire ce qu’il fait de mieux : tisser d’innombrables histoires ensemble pour n’en faire qu’une seule grande toile. En partant des Éternels, ces personnifications du Rêve, de la Mort, de la Destruction, du Destin, du Désespoir, du Désir et du Délire qui existent depuis toujours, mille histoires en des temps, des dimensions et des mythologies différentes s’entrecroisent et se rejoignent.

Le fil conducteur, c’est Morpheus, le Seigneur des Rêves. Ce personnage incroyablement complexe est connu sous divers noms et visages, et il est celui qui donne aux romans cette touche onirique si particulière. Tout commence avec lui, lorsqu’il se fait emprisonner pendant 70 ans par des fanatiques… sept décennies pendant lesquelles le monde était dépourvu de rêves. Lorsqu’il s’échappe commence une étrange quête personnelle, où il doit réparer les torts causés par son absence, revenir sur son passé, son royaume, et surtout sur lui-même.

S’il n’est pas le protagoniste principal de chaque épisode, il en est systématiquement la trame. Sur un fond d’éclectisme mythologique, la spécialité de Neil Gaiman, les contes se suivent, indépendants et pourtant liés, sans que le ton ne soit jamais tout à fait le même. Avec cette série, vous avez toutes les chances de rire, pleurer, flipper, et réfléchir profondément en une seule soirée. Profond, vivant et philosophique sur les bords, The Sandman fait partie de mes plus gros coups de coeur littéraires, à lire et à relire sur toute l’année !

Divergent, par Veronica Roth

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Lady Dylan a choisi de revenir sur une série dont on entend beaucoup parler en ce moment, en raison de son adaptation sur grand écran, avec Shailene Woodley dans le rôle principal. Moins connus que Hunger Games, ces romans sont dans la même veine, avec une héroïne forte plongée dans un univers dystopique, et pour laquelle on craint à chaque page ! Mais Divergent vaut le coup pour des raisons qui lui sont propres…

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Divergent, c’est le roman pour ados que je n’ai pas lu quand j’étais ado parce qu’il a été publié en 2011, et que son auteure a seulement trois ans de plus que moi (pour le « qu’est-ce que je fais de ma vie », c’est maintenant). Il s’agit d’une dystopie dans un monde dont les habitants sont séparés en factions, chacune représentant un trait de caractère qu’ils tentent d’incarner : Altruiste, Audacieux, Érudit, Sincère et Fraternel.

Béatrice est née Altruiste mais elle vient d’avoir seize ans et va donc pouvoir choisir sa propre faction. Si elle quitte celle dans laquelle elle est née, elle sera séparée de sa famille, mais elle ne sait pas si elle est capable de suffisamment s’effacer pour être heureuse parmi les Altruistes (je trouve le nom de cette faction plus parlant en anglais : « Abnegation »). Et comme souvent dans les dystopies, cette petite histoire personnelle va permettre d’évoquer des enjeux plus grands.

J’ai été particulièrement heureuse d’avoir une héroïne explicitement décrite comme « pas jolie », sans scène de relooking où on s’aperçoit qu’en fait elle peut l’être, et avec des personnages qui l’apprécient (même au niveau amoureux) pour des qualités qui ne sont pas traditionnellement féminines.

On m’a conseillé Divergent quand j’ai dit que je venais de dévorer Hunger Games, et les deux trilogies ont la même qualité de « page-turners », ces romans qui te donnent envie de continuer page après page, chapitre après chapitre sans jamais t’arrêter. Ce résultat est obtenu à la fois grâce au fond (beaucoup d’action, empathie avec les personnages, suspense) et à la forme : le style est extrêmement fluide. Personnellement, je l’ai lu en anglais et ça peut être une bonne option si vous débutez dans la lecture « courante », mais je pense que le style est aussi léger en français.

Ce n’est pas une grande série foisonnante comme L’assassin royal ou Le Trône de Fer (que je vous conseille aussi fortement mais bon, celui-ci commence à être un tout petit peu connu) mais une lecture facile et attachante pour vous tenir chaud cet hiver quand vous aurez la flemme de tout. Toi-même tu sais.

Absolument, nous-mêmes nous savons ! Nous savons qu’il est plus que temps de déposer des piles de bouquins tout autour du fauteuil le plus moelleux, et de lâcher prise avec délectation pour nous plonger dans des histoires aussi folles qu’interminables ! En ce qui me concerne, j’ai tout ce qu’il me faut pour partir vivre en ermite sous une couverture jusqu’à la fin de l’hiver.

Et toi, quelle série conseillerais-tu aux madmoiZelles pour passer l’hiver ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Zutto
    Zutto, Le 3 octobre 2015 à 17h10

    Quelle purge Divergente ! C'est affreux. Les deux premiers tomes m'ont plu mais le troisième on dirait une dispute de couple sous fond de guerre mondiale. Je galère tellement à finir ce bouquin. Le seul truc qui me fait tenir, c'est la fin qu'on m'a spoilé et qui risque de me plaire. XD
    Je vous conseille activement de lire la saga Legend de Marie Lu (encore une dystopie pour ado je sais), mais sérieux ces livres roxx du poney.

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