Aucune bête aussi féroce (Edward Bunker)
1973, Etats-Unis
Les romans d’Edward Bunker ont ceci d’exceptionnel qu’ils ne sont pas écrits par quelqu’un qui est étranger à ce dont il parle. Plus précisément si l’Américain écrit des romans policiers, c’est parce que le milieu des bandits, du vol et des prisons, il les connaît bien. Depuis sa jeunesse déjà, il a fréquenté des maisons de redressement en tout genre, pour finir par atterrir avant vingt ans au pénitencier de Saint-Quentin. Des années plus tard, toujours en prison, il se décide à écrire : c’est là qu’il rédige son premier roman, Aucune bête aussi féroce.
Bien que certains passages semblent inspirés par son expérience, le roman de Bunker est fictionnel (à la différence de son autobiographie, L’éducation d’un malfrat). On cueille le personnage principal à sa sortie de prison, alors qu’il a décidé de devenir un bon petit citoyen. Mais avec son responsable de conditionnelle les ennuis commencent déjà et, d’embûche en embûche, le revoilà en cavale, récidiviste.
Ce roman n’est pas l’histoire d’un rachat : au contraire, il tire les ficelles du système punitif des Etats-Unis pour montrer que ce personnage n’est au fond que le produit de la société. Et même ce parti pris mis à part, c’est un roman poignant et d’une intelligence qui fait valser n’importe quelle idée reçue sur voleurs et malfrats.
Adapté au cinéma par Ulu Grosbard : Le récidiviste, avec Dustin Hoffman.
Les exclus (Elfriede Jelinek)
1989, Allemagne
C’est à partir d’un fait divers qu’Elfriede Jelinek a écrit ce roman : celui d’un jeune garçon ayant tué toute sa famille.
Jelinek ne cherche pas en fabriquant une fiction aboutissant à ce massacre à expliquer le meurtre du jeune homme. Mais la démarche est intéressante : elle dresse le portrait de quatre adolescents qui se croisent, tiraillés par des aspirations contradictoires et incompatibles les unes avec les autres.
Comme à son habitude, la romancière écrit avec une force saisissante le parcours de ces quatre jeunes exclus et parfois extrêmes.
Un doux parfum de mort (Guillermo Arriaga)
1994, Mexique
Un doux parfum de mort est un roman policier à la structure peu commune, faite assez souvent de flash-back comme les films dont Arriaga est le scénariste (Amours chiennes, 21 grammes, Trois enterrements). Si le roman n’a pas la force sans doute donnée à deux de ces films par la réalisation de son acolyte lui aussi Mexicain, A. Gonzalez Iñarritu, il est pourtant assez original.
Dans un petit village du Mexique, le cadavre d’une jeune fille est retrouvé et plutôt que de se focaliser à proprement parler sur l’habituelle enquête policière, le roman s’intéresse aux différentes réactions des villageois à ce crime : désir de vengeance, fuite, accusations erronées. Point de punition ici, de communes errances policières en quête de justice, mais les divers choix que font les habitants face à cette situation hors normes.











Le 08/07/2007 Ã 16h48
Interessante séléction. Je vais rajouter Aucune bête assez féroce d'Edward Bunker à ma longue liste de livre à lire.