Raging Bull (Martin Scorcese)
Etats-Unis, 1981
On cueille Jake La Motta en plein succès : grand boxeur, reconnu comme tel et sûr de soi. Tout lui réussit, il lui manque seulement une femme à conquérir. Ce qui, malgré la cible choisie – une belle protégée de la mafia, forteresse intouchable – est vite accompli. Une demi-heure s’écoule et le beau boxeur connaît l’apogée de son existence. Grandeur…
… et décadence d’un jeune homme. Biopic du boxeur Jake La Motta, Raging Bull a cette originalité qu’il ne se concentre pas sur sa carrière sportive : les combats sont évoqués, montrés brièvement ; mais survolés seulement comme la caméra survole le ring. Le combat est plus intime : c’est celui d’une star exigeante, possessive, mégalo surtout, qui se laisse petit à petit vaincre par elle-même : par son poids, par la tourmente qui l’habite. Dur, Raging Bull est porté par le grand De Niro, d’une maîtrise d’exception. Il est envahi par un trouble étouffant qui donne lieu, par exemple, à une scène d’une incroyable sensualité entre Jake et sa nouvelle compagne.
Conte de fées à l’envers, fenêtre ouverte sur un corps violent, sur une âme inquiète et sombre, Raging Bull observe les corps s’agiter, se battre, lutter ; par là seulement passe la rage du protagoniste. Dans une grande tension, on observe sa descente aux enfers, jusqu’à la superposition finale de l’image du personnage à celle de la scène d’exposition, qui montrait le véritable Jake La Motta : usé, ravagé, un peu clown malgré lui. Mais sans que ce soit jamais drôle, au contraire : la distance entre l’humour supposé du boxeur et l’image d’autodestruction qui est livrée par le film fait souffler un vent d’angoisse sur Raging Bull.
Avec Robert De Niro, Cathy Moriarty
The Boxer (Jim Sheridan)
Irlande & Royaume-Uni, 1998
Les films de Jim Sheridan, réalisateur irlandais, ont deux constantes : les militants de l’Irlande du nord, qu’on trouve déjà dans son film Au nom du père, et l’acteur Daniel Day-Lewis. De nouveau, elles sont réunies dans The Boxer.
Ici, le réalisateur et scénariste ne s’intéresse pas à la lutte et à la naissance de la conscience politique comme il l’a fait par le passé. Il se concentre sur un personnage qui, jadis militant, est aujourd’hui un homme brisé. Désillusionné, il l’est car encore très jeune il semble avoir perdu sa force et sa détermination : condamné pour un crime dont il était innocent, il a passé plus d’une décennie en prison.
C’est quand il sort que nous le retrouvons, victime de son propre sacrifice, cassé. Il a perdu sa jeunesse, son temps, son ambition et la femme qu’il aime encore. A partir de là, la seule chose qui peut lui redonner vie est la boxe, bien qu’il ait perdu trop de temps en prison pour le sport. Sur le ring, dans cet espace qui se détache du monde, il va pouvoir s’animer de nouveau, sans toutefois tirer un trait sur les fantômes de Belfast.
Avec Daniel Day-Lewis, Emily Watson
Million Dollar Baby (Clint Eastwood)
Etats-Unis, 2005
Million Dollar Baby est le portrait d’une femme déterminée. Le propos du film, l’intérêt de l’intrigue qui y est développée est d’offrir cette image d’un personnage au caractère bien trempé, décidé dans ce qu’il fait, prêt à braver beaucoup d’obstacles pour parvenir à réaliser ses ambitions.
On l’a vu, cette détermination éblouissante qui pousse à avancer coûte que coûte, à lutter avant tout contre ce qui entrave la route de l’accomplissement de soi – sur quelque plan que ce soit – est souvent le fait de boxeur. L’originalité ici, la raison pour laquelle ce film n’est pas une énième répétition de ce motif est d’abord le fait d’avoir choisi un personnage de femme. Maggie Fitzgerald vient demander à Frankie Dunn, vieil entraîneur aigri et renfermé, de s’occuper de son entraînement. Elle essuie d’abord nombre de refus mais son fort caractère finit par faire plier le vieil homme. Ils commencent à s’entraîner en vue d’une compétition et petit à petit devienne presque complices.
Mais en fin de compte, bien que ce soit le portrait de cette femme qui tisse la toile de fond de Million Dollar Baby, ce personnage et cette intrigue vont permettre de projeter le film dans une autre sphère, plus strictement idéologique voire morale, bien au-delà des traditionnelles questions d’honneur. Pour le vieil homme délaissé par sa fille, la relation avec Maggie devient un moyen de se mouiller enfin, de prendre la vie à bras le corps, de prendre des décisions qui le sortent enfin de lui-même. Ayant pour scène principale un gymnase dont les murs sont tapissés de citations qui glorifient la volonté qui perdure face à toute épreuve, contre la défaite, Million Dollar Baby va finalement se poser, avec le personnage de Frankie Dunn, contre les conventions sociales, religieuses.
Avec Hilary Swank, Clint Eastwood, Morgan Freeman











Le 09/09/2008 Ã 10h47
Je ne suis pas fan de ce genre de films en général, par contre j'ai eu un vrai coup de coeur pour Million Dollar Baby.A voir absolument!
Le 09/09/2008 Ã 10h49
Maintenant, j'ai très envie de voir Rocky et de revoir Million Dollar Baby.Le 09/09/2008 à 16h59
Million Dollar Baby est un film tellement beau, la boxe y est montrée comme un art et le fond de ce film est bouleversant.Le 09/09/2008 à 19h01
Film français, mais magnifique, Scorpion, avec Clovis Cornillac.... Il joue son rôle extraordinairement bien!J'adore ce film... Et je vous le recommande... Sinon, je n'ai pas vu les films présentés, jpense que je vais aller m'en louer quelques uns...
Le 13/09/2008 Ã 14h00
J'pensais à Snatch aussi, de Guy Ritchie ..C'est pas un film anglosaxon (enfin il me semble pas) mais j'ai beaucoup aimé.
Surtout Mickey le manouche, joué par Brad Pitt. (non pas que j'sois en extase devant l'homme, mais le personnage a un caractère et un dégaine ->
Le 13/09/2008 Ã 19h26
Je conseil vraiment a toutes celles qui l'ont pas vu le film Million Dollar Baby il est vraiment magnifique, je suis pas du genre a être toute nunuche devant un film et là je vais vous avouer que j'ai pleuré devant ce film et pourtant je n'aime vraiment pas pleurer devant les films ^^. Je vous le conseil vivement.Le 15/09/2008 à 08h58
A voir absolument!
Bravo pour cet article chronologique et récapitulatif !
Le 17/09/2008 Ã 10h43
Et bien je vais regarder 'Nous avons gagné ce soir' que je n'ai jamais vu. Enfin, pour peu qu'il se trouve encore quelque part.Merci pour cette petite chronologie