Je me prostitue pour payer mes études

Pondu par Une madmoiZelle le 21 août 2012     

À court d’argent, S. se prostitue depuis quelque temps pour rembourser ses dettes. Loin des clichés qu’on se fait de la prostitution, S. vous raconte comment elle vit cette situation.

Publié initialement le 19 octobre 2011

Oubliez vos préjugés concernant celles qui vendent leurs charmes, nous ne sommes pas toutes habillées à la Julia Roberts dans Pretty Woman, pas de bas résille, de cuir ou de perruque en ce qui me concerne. Si vous me croisiez dans la rue vous ne pourriez savoir ce que je fais parfois pendant mon temps libre. Je m’habille de façon normale, j’ai la main légère sur le maquillage. Et pourtant je couche avec des hommes pour de l’argent. Ça n’a jamais été ma vocation soyons d’accord, et même maintenant je ne raffole pas de ça. Comment en suis-je arrivée là alors me demanderez-vous ? En désespoir de cause.

Comment j’en suis arrivée là

Après avoir quitté la maison de mes parents pour m’installer en région parisienne, j’ai dû me rendre à l’évidence, ce n’était pas facile d’être indépendante. Les factures s’accumulaient, les rentrées d’argent étaient plus que rares, et les lettres de ma banque s’empilaient. Je n’osais même plus relever le courrier de peur d’en trouver d’autres dans la boîte aux lettres. Mes études ne me permettant pas d’avoir un travail, ma bourse était ce qui me permettait de survivre. Étant brouillée avec ma famille je ne pouvais compter que sur moi-même et je m’étais rendue à l’évidence : ça ne marchait pas.

Un jour, alors que je me promenais sur un site bien connu pour ses annonces en tout genre, je suis tombée sur celle d’un homme qui proposait de manière fort subtile « d’aider » une étudiante en échange de moments câlins. J’avais appris la veille que j’étais désormais interdit bancaire. J’ai répondu, nous avons organisé une rencontre trois jours plus tard dans un café. Le jour J j’ai bien failli tout annuler. J’étais plus angoissée que jamais, je me disais que si j’y allais je franchirais pour de bon le point de non retour. Un coup d’œil sur mon compte en banque et je me préparais pour le rendez-vous le plus stressant de ma vie. Ne sachant pas trop quel style adopter, je me suis contentée d’une jolie robe assez chic, de talons et d’un peu de maquillage.

Je me prostitue pour payer mes études prostitution

Premier contact

Je tremblais, et fumais comme un pompier. Je l’ai tout de suite reconnu en arrivant, même si nous n’avions échangé aucune photo. Il avait juste l’air timide et un peu méfiant que j’aurais sûrement eu si j’avais été à sa place. Je vous passe les détails, nous avons eu un bon contact. Il m’a demandé si j’étais libre le lendemain pour qu’il me rejoigne chez moi. J’ai inspiré un bon coup et j’ai dit oui. C’est comme ça que tout a commencé. Contrairement à ce que je croyais, Charles n’était pas un pervers aux fantasmes inavouables. C’était simplement un avocat prospère amoureux de son travail qui n’avait ni le temps ni l’envie de trouver quelqu’un. Il m’a souvent dit qu’au lieu d’aller dans un bar et de draguer une femme en lui payant verre sur verre dans l’espoir de finir la soirée au lit, il préférait de loin aider une demoiselle dans le besoin.

Notre « première fois » s’est bien passée, malgré mon appréhension. Il ne m’a rien demandé de bizarre, il ne m’a pas manqué de respect. Nous avons parlé avant et après, je lui ai proposé quelque chose à boire et à manger, comme je l’aurais fait avec un véritable copain. La seule différence c’est qu’à la fin il a sorti son portefeuille et a déposé quelques billets sur ma table de nuit. Il m’a embrassée tendrement et m’a dit à bientôt. Une fois la porte fermée je me suis précipitée sous la douche pour tout effacer, je me sentais sale. Ce soir là je me suis regardée dans le miroir et je me suis mise à pleurer, comment avais-je pu tomber aussi bas ? Et puis j’ai pensé à cette pile d’argent que je devais à ma banque et à des amis. Sur ma table de nuit reposaient plusieurs centaines d’euros.

De fil en aiguille…

Nous nous sommes vus une fois toutes les deux semaines pendant un an et demi. Entre temps j’ai élargi ma « clientèle » avec un médecin et un chef d’entreprise. Tout comme avec Charles, nous nous sommes vus en terrain neutre avant de convenir d’un rendez-vous. En quelques mois j’ai remboursé mes dettes et mis de l’argent de côté.

Au fil du temps mon appréhension s’est peu à peu estompée. Ne restait qu’une certaine déception pour ne pas dire dégoût de moi-même. J’étais le genre de fille qui avait attendu patiemment la « bonne personne » pour perdre ma virginité, celle qui se sentait incapable de coucher avec quelqu’un juste pour une nuit. Et pourtant j’étais devenue une prostituée. Aucun de mes « clients » ne m’a jamais appelé ainsi, ils m’ont toujours traitée avec déférence, c’est d’ailleurs pourquoi j’ai autant de mal à les qualifier de « clients ». Si le passage à l’acte est toujours un peu difficile pour moi, j’apprécie néanmoins nos conversations. Aucun d’entre eux n’est marié, bien que je ne puisse en être parfaitement sûre j’en conviens, alors ils me parlent de leur travail, de leurs passions, de leur avenir.

J’ai parfois l’impression d’être leur thérapeute, parfois leur amie. Nous ne passons pas notre temps au lit, loin de là. Ils m’emmènent au cinéma, au restaurant, faire du shopping et je suis même partie en voyage avec l’un d’eux en juillet. Il arrive que parfois un de ces hommes me demande quelque chose qui me déconcerte un peu. Cependant je les connais assez bien pour pouvoir me permettre soit de refuser, soit d’en parler ouvertement. Je n’ai évidemment eu aucune relation depuis ma rencontre avec Charles. Je ne souhaite faire de mal à personne et déteste l’infidélité. Pour le moment ça ne me manque pas, j’ai ce qu’il me faut en matière de tendresse et d’affection, malgré ce qu’on pourrait croire.

Je n’essaye pas de faire l’apologie de la prostitution, je ne suis pas fière de ce que je fais, c’est d’ailleurs pourquoi personne dans mon entourage n’est au courant. Certaines personnes pensent qu’on a toujours le choix, et c’est peut-être vrai, mais lorsque je me suis mise à faire ça, à donner mon corps à de quasi-inconnus pour de l’argent, ça m’a semblé être la seule solution.

Je ne souhaite pas débattre de ce genre de pratiques, je ne l’ai jamais fait et ne souhaite pas commencer. Ce qui est sûr c’est que je serais bien la dernière à juger les personnes qui ont recours au commerce du sexe. On fait ce qu’on peut pour vivre. Beaucoup me diront qu’elles ne s’abaisseraient jamais à descendre aussi bas, et j’espère bien pour elles qu’elles n’auront en effet jamais à le faire. Mais quand je vois le taux de chômage en France, la progression du seuil de pauvreté, tous ces étudiants qui doivent batailler pour ne pas être trop dans le rouge à la fin du mois ainsi que tous les autres qui galèrent, je me dis que finalement on n’est jamais sûr de rien.

Illustrations de Timtimsia

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Mise à jour par Sophie-Pierre Pernaut, le 7 septembre 2012

En publiant cet article, nous voulions sauter sur l’occasion de présenter la prostitution d’un avis on ne peut plus subjectif : celui d’une étudiante qui se fait payer pour avoir des relations sexuelles dans le but de payer ses études. Nous avions la chance d’avoir un témoignage à la fois profond, fluide et sans pathos qui permet de décrire un métier loin des clichés à la sauce 90 minutes enquêtes ou Enquête Exclusive.

À la suite de sa publication, ce témoignage a vivement fait réagir et on compte à ce jour 297 commentaires sous cet article. Mais il a surtout amené à un débat très enrichissant, que je vais essayer de résumer dans cette synthèse.

Se prostituer : une option de facilité ?

À la lecture de ce témoignage, certaines lectrices ont eu l’impression que son auteure essayait de décrire la prostitution de manière détendue, comme si à trop vouloir sortir des clichés, elle présentait son job comme quelque chose de léger et de facile :

“Ça [la prostitution] apparait à mon avis un peu trop comme la solution de facilité. J’ai envie de demander à cette demoiselle si elle n’aurait pas pu essayer un autre job. Serveuse, équipière chez McDo, vendeuse, ouvrière à l’usine, un autre travail, quoi. Il y’a toujours une solution, et ça parait presque normal pour elle d’avoir un jour décidé de se prostituer. [...] J’ai le sentiment qu’en lisant ce témoignage, des jeunes femmes pourraient se dire « tiens, si moi non plus je n’ai pas d’argent, je vais faire ça, ça a l’air cool, on va au cinéma et on fait du shopping ». Oui bah non. Il ne faut pas que ça soit aussi facile de vendre son corps, il ne faut pas croire que c’est aussi sympa, aussi « friendly » d’être payée en échange de rapports sexuels. S. a eu de la chance, mais combien d’étudiantes à sa place sont tombées, elles, sur des salauds complets, sur des hommes dépourvus de respect qui voulaient seulement tirer leur coup ? Pourquoi est-ce qu’on ne leur demande pas leur avis, à elles ? Pourquoi est-ce qu’on ne leur demande pas si elles le vivent aussi bien, d’être prostituées et étudiantes à la fois ? J’ai tendance à parier que leur discours ne serait pas tout à fait le même.”

Mais d’autres lectrices ont tenu à rappeler que l’auteure du témoignage ne s’est pas un jour dit “je préfère être payée pour avoir des relations plutôt que faire des frites chez McDo” : elle n’avait pas réellement eu le choix – ou elle n’a pas eu l’impression de l’avoir et s’est sentie dans une impasse quand elle s’est retrouvée en interdit bancaire, en rupture avec sa famille, avec un loyer à payer en région parisienne et un projet de vie qui nécessitait qu’elle continue ses études :

“Comme l’a dit l’auteure de l’article, ses études ne lui laissaient pas le temps d’avoir un boulot à côté, c’est bien pour cela qu’elle s’est retrouvée dans cette situation…”

Cependant, une autre madmoiZelle, qui a elle aussi connu de gros déboires financiers, a tenu à émettre une interrogation :

“Pour m’être retrouvée dans une très grande précarité au moment de mes études supérieures, j’ai du mal avec l’argument des études qui ne laissent pas le temps de travailler. Je ne connais pas d’études qui ne te laissent aucun jour de libre dans la semaine. En ce qui me concerne, je travaillais 10h non stop tous les samedis à côté des cours. C’est pas le paradis, et c’est dur de gérer les devoirs à rendre etc. mais c’est faisable, et il me semble que beaucoup le font.
J’ai donc (sur)vécu avec l’argent de ce job, ma bourse et un petit prêt étudiant pris auprès de ma banque puisque, comme la madmoiZelle, j’étais en rupture familiale. Le tout en vivant à Paris, ville la plus chère de France. Alors oui, c’est très dur : souvent on galère à manger, à payer son loyer, à payer son transport… Mais c’est faisable, et encore une fois, beaucoup de jeunes le font et y survivent.”

Précarité > prostitution ?

Et c’est là que l’on comprend toute la subjectivité de la chose : nous ne sommes pas à égalité face à la prostitution. Certains préféreront galérer pendant de longues années d’études plutôt que d’avoir l’impression de vendre leur corps, et pour d’autres, ce sera l’inverse. Ces derniers réussissent à surpasser la honte, l’impression d’être sale, le côté dégradant de la prostitution. Pour beaucoup, cela ne veut pas dire que ces sentiments n’existent pas, bien sûr ; c’est juste que l’envie de se sortir de la précarité est, pour eux, plus forte. Cette différence dans le traitement de la prostitution est d’ailleurs parfaitement résumée par le commentaire de cette lectrice, répondant justement à la précédente :

“Je n’ai pas vécu cette situation, mais j’imagine que pour certaines personnes, il est plus difficile de vivre dans la précarité que de se prostituer.
Nous avons tous des sensibilités différentes, et certains ne « supporteront » pas cette vie que tu évoque, mais pourront « passer outre » la prostitution.”

L’auteure du témoignage ne trouve pas son métier “cool” ou largement envisageable. Elle ne le conseille pas. Elle conclut d’ailleurs son texte par ces quelques phrases :

“Beaucoup me diront qu’elles ne s’abaisseraient jamais à descendre aussi bas, et j’espère bien pour elles qu’elles n’auront en effet jamais à le faire. Mais quand je vois le taux de chômage en France, la progression du seuil de pauvreté, tous ces étudiants qui doivent batailler pour ne pas être trop dans le rouge à la fin du mois ainsi que tous les autres qui galèrent, je me dis que finalement on n’est jamais sûr de rien.”

Ce qui ne l’empêche pas de se rendre compte de la chance qu’elle a dans son “malheur” comme le résume cette lectrice :

“Même si la démarche initiale de ces hommes est détestable, ils la traitent manifestement avec un minimum de respect et ce ne sont pas de gros pervers tordus. Je trouve ça bien aussi qu’entre eux ça ne se résume pas juste à l’acte, tiens voilà ton fric et basta. Ils ont plus de considération que ça envers elle.
Donc au final, même si la demoiselle n’est pas fière de ce qu’elle fait, je trouve qu’elle peut tout de même être fière de ne pas être tombée dans une situation bien pire encore.”

Oui, on peut le dire en plissant les yeux : la lectrice qui nous a fait cadeau de ce témoignage a “beaucoup de chance” dans son “malheur” si on compare sa situation à celle de bon nombre de prostituées. Elle est à son compte, ce qui est rare. Elle choisit ses clients, les rencontre avant de passer à l’acte, ce qui est rare aussi. Des clients la traitent avec respect. Dans son témoignage, elle laisse entendre qu’elle aurait préféré ne pas avoir besoin de recourir à la prostitution, mais elle assume de l’avoir fait et essaie de vivre son job de la manière la plus sereine possible… Mais il ne faut pas oublier que la prostitution est un métier dangereux, et qu’il n’est pas à prendre à la légère. S. a “eu de la chance”, mais c’est rarement aussi détendu, comme l’a rappelé cette lectrice :

“Cependant je voudrais souligner un point primordial de la prostitution chez les étudiantes, ça reste tout de même très dangereux et on ne le dit pas assez il me semble ici. En effet si S. a eu la chance de tomber sur des hommes doux qui cherchaient uniquement à combler un manque d’affection, que se passera-t-il le jour où elle sera confronter à quelqu’un de réellement mal intentionné ?”

Mauvaise rencontre, risque de se faire entraîner dans un réseau, possibilité de se faire violenter… Se prostituer n’est pas quelque chose d’anecdotique. Ce n’est pas un métier comme un autre. Comme dit plus haut, , mais une chose est sûre : la prostitution n’est pas à prendre à la légère. Si la prostitution fait autant débat, dans les commentaires sous cet article comme dans la vie, c’est bel et bien pour une raison : nous n’avons pas toutes la même façon d’envisager la prostitution, nous n’avons pas toutes le même rapport au corps et à l’idée du respect de soi.

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  1. elrewinelrewin

    Le 20 octobre 2013 à 17:09

    Posté par armanilla
    Mais non, tu lui proposes carrément d'arrêter ses études, de vivre toute sa vie sans possibilité de grimper les échelons parce que comme ça l'honneur est sauf. Elle sera pauvre mais au moins son vagin sera pur.







    je ne vois pas le rapport avec la pureté?
    mais peut etre que tu sous entends que je suis puritaine, malheureusement ça ne marche pas
    plus une société est puritaine plus la prostitution y est forte!

    et toi tu lui proposes quoi? de se prostituer pour de l'argent?
    si tu navais pas le cerveau ramollit par les betises qu'on nous inculque depuis l'enfance

    tu verrais dans les agissements de l'auteur une raison de te revolter pour pas que nous les femmes ayons a en venir là

    ça ça serait intelligent, constructif au lieu de ça tu me parles m'emphatie de grimper les echelons sociales a n'importe quelle prix

    personnelemnt je preferais etre pauvre et digne, qu'etre riche et pute

    ce que m'inspire ce temoignage c'est de la colère et de la revolte pas contre l'auteur mais contre cette société

    le jour ou tu auras une conscience politique plus elevée que le ras du sol on en reparle!

    Mon cerveau ainsi que ma conscience politique vont très bien, merci bien.

    Ce que je te reproche, c'est d'être campée sur tes idées sans aucune considération pour la réalité des choses. "personnelemnt je preferais etre pauvre et digne, qu'etre riche et pute". Mais as-tu une fois dans ta vie expérimenté la pauvreté, la vraie ? Celle qui le soir t'empêche de dormir, couplée à la faim qui te tord le ventre parce que tu n'avais pas assez d'argent pour t'acheter à manger ? La peur constante de finir à la rue parce que tu ne peux plus payer les factures ? La jeune fille dit carrément qu'elle en avait peur d'ouvrir sa boîte aux lettres. C'est bien joli d'avoir des valeurs, mais face à la réalité ça ne pèse pas beaucoup de poids. Et comprends-moi bien (je précise hein), les valeurs sont essentielles au monde et à la communauté et au monde. Simplement, il faut savoir appréhender la réalité des choses aussi, et que parfois tu as le choix entre les trahir et survivre ou les suivre et finir dans la misère la plus totale, voire mourir (si tu connais la série Game of Thrones, l'exemple de Ned Stark en est une très bonne illustration).
    De plus, tu as clairement manqué mon propos. Je ne fais absolument pas l'apologie de la prostitution. Je t'ai même dit ce que j'en pensais à plusieurs reprises dans mon précédent commentaire. Tu crois que ça me fait plaisir à moi que les femmes en soient réduites à vendre leur corps pour pouvoir survivre, tandis qu'un homme trouvera toujours d'autres solutions ? Non. Je trouve ça révoltant. Mais là encore, la réalité pointe le bout de son nez. Et la réalité est que les femmes ont beaucoup moins de choix que les hommes. Et je trouve triste qu'encore une fois, tu te retournes, à travers ton "mépris et compassion gênée" contre celle qui se prostitue, parce qu'au moment où elle a fait ce choix elle était désespérée et que c'était le seul moyen qu'elle a trouvé pour s'en sortir. Ton commentaire ne m'a absolument pas fait sentir que tu reprochais à la société cette institution, mais bien à la jeune fille d'avoir fait ce choix. Evidemment que ça me débecte que les femmes doivent en arriver là. Evidemment que je rêve d'une société où les femmes auront droit à autant de choix que les hommes. Je prie pour ça, je l'espère de toute mon âme, et j'essaye de faire en sorte que ça arrive dans ma vie de tous les jours. Mais blâmer la femme et non pas la société pour un vice qui lui a été imposé, ce n'est pas la solution. Çà ne fait qu'entretenir l'idée que les femmes sont responsables des merdes qui leur tombent dessus (mais je suppose que tu ne voulais pas dire ça n'est-ce pas ?)

    Et puis, où est-ce que j'ai dit qu'elle vendait son corps pour gravir les échelons sociaux ? J'ai dit que les études étaient son moyen de sortie de la prostitution. Si elle les arrête, comment pourras-t-elle jamais espérer une vie un peu meilleure que celle qu'elle a là maintenant ? Je pense être dans le juste quand je dis qu'elle ne planifie pas de se prostituer toute sa vie. Cette fille essaye de s'en sortir en gardant tout ce auquel elle tient, c'est-à-dire la promesse d'un avenir meilleur, au sacrifice de ses valeurs, de sa dignité et de son honneur. Alors non, je ne trouve pas que ce soit peu cher payé et qu'elle ait choisi "la solution de facilité".

    Enfin, je te ferais remarquer que mes propos sont argumentés et ne sont basés que sur tes propos et ce qui en transpire. A aucun moment je ne t'attaque personnellement. Alors t'es priée de te calmer, t'es gentille.
  2. secretsdefillesssecretsdefilless

    Le 20 octobre 2013 à 17:09

    Je ne commente jamais les articles mais pour une fois je vais me permettre de dire quelques mots… Ce qui m'inspire le plus de dégout ici ce n'est absolument pas ce que fait l'auteure dans sa vie, mais plutôt certains des commentaires que j'ai lu. Je souhaite à toutes les personnes qui se permettent de juger de se retrouver dans la même situation et à cet instant là de réfléchir aux beaux discours qu'elles ont tenus.
    Certaines ont proposées des  ''solutions'' mais il semble évident qu'aucune n'a vraiment été confronté à ce genre de décision.

    Personnellement JE travaille à Mcdo et très clairement je me tue au travail pour une misère et rentre souvent chez moi en me sentant sale, rabaissée et moins que rien, face aux remarques et insultes auxquelles ont est très souvent confronté.
    Où est la différence ? Expliquez moi car je ne vois pas pourquoi il faudrait dire que ce quelle fait est mal, je ne vois pas en quoi elle sacrifie son honneur… Sérieusement vous pensez que votre honneur est sain et sauf lorsque l'on doit nettoyer la merde que les gens laissent et tout ça sous leur regard rabaissant ?
    Allons sortez un peu de chez vous, allez voir à quoi ressemble la vraie vie : c'est une adulte qui a pris une décision et qui l'assume !
    Son témoignage m'inspire du respect elle se prostitue, oui et alors, en quoi est-ce pire qu'autre chose ? Certaines filles couchent à droite et à gauche, elle elle fait en sorte que ça lui permette de vivre décemment. Elle est pour moi bien plus respectable que n'importe quelle petite prétentieuse qui vie grâce à l'argent de papa et maman !
  3. ArmanillaArmanilla

    Le 20 octobre 2013 à 18:42

    Personnellement JE travaille à Mcdo et très clairement je me tue au travail pour une misère et rentre souvent chez moi en me sentant sale, rabaissée et moins que rien, face aux remarques et insultes auxquelles ont est très souvent confronté.
    Où est la différence ? Expliquez moi car je ne vois pas pourquoi il faudrait dire que ce quelle fait est mal, je ne vois pas en quoi elle sacrifie son honneur… Sérieusement vous pensez que votre honneur est sain et sauf lorsque l'on doit nettoyer la merde que les gens laissent et tout ça sous leur regard rabaissant ?






    Et bien nous y sommes, quelles différence entre bosser à mc do et se prostituer c'est la meme chose pardi
    !
    que des femmes reprennent l'argumentaire des lobby pro prostitution ( essentiellement composés d'hommes étrangement)

    voilà qui me laisse sans voix…

    en passant les femmes bossent a mc do et dans tous les jobs de merde pour justement ne pas avoir a tomber dans la prostitution et pas l'inverse


    en ce sens on se revolte moins contre ces jobs parce qu'on se dit mais il y a pire je pourrais etre amené a me prostituer


    si je vais au bout de mon raisonnement, je dirais meme que la menace constante de la prostitution tire la condition sociale des femmes vers le bas!
  4. ArmanillaArmanilla

    Le 20 octobre 2013 à 18:48

    en me relisant je me rends compte que j'ai été maladroite

    mais pour faire court, en lisant les messages postés ici j'ai eu la désagréable impression que certaines euphémisaientla gravité de la chose.

    J'aimerais un jour voir des femmes tenir des discours politisées

    au lieu d'en rester au niveau de la compassion, la compréhension et l'empathie
    cette situation devrait nous alarmer pour le bien de toutes
    sur ce, je me retire du débat.
  5. Harmonie-KHarmonie-K

    Le 21 octobre 2013 à 01:53

    Posté par launce-andrel
    Il me semble que justement, elle défend la suppression du "mademoiselle"(et disait les réflexions qu'elle s'était prise) et que l'autre madz défend le féminisme "traditionnel" (donc on s'en fout du mademoiselle).
    Enfin, c'est comme  ça que j'ai compris son post.

    T'as tout compris :)
  6. EukiEuki

    Le 21 octobre 2013 à 10:48

    @Armanilla : on peut avoir de l'empathie pour l'auteur de l'article et être révolté par la situation !
    Dans tes messages, tu n'exprimes pas de mépris envers la société, mais envers la Madz qui s'est prostituée.
    C'est ça qui me dérange !

    Tu aurais dit "je suis révoltée par cette situation, personne ne devrait en arriver à se prostituer pour poursuivre ses étude", j'aurais été complètement d'accord avec toi.
    Mais tu n'as pas jugé la société et la situation, tu as jugé l'auteur !
  7. HawleyHawley

    Le 21 octobre 2013 à 16:46

    @armanilla Tu as été très violente dans tes propos, insultante même. Je supprime le message où tu as été agressive, ce genre de comportement n'a pas sa place sur le forum. Néanmoins j'ai vu que tu t'étais excusée, donc merci pour ça.
  8. LithiiumLithiium

    Le 22 novembre 2013 à 14:46

    Entant que juriste prétentieuse qui ramène sa science, je rappelle le principe d'indisponibilité du corps humain qui interdit la commercialisation de sa personne Art 16 CC.

    Entant que femme dotée d'une conscience et d'une réflexion (je l'espère), je tiens tout d'abord à rappeler à ces mademoizelles qu'exprimer leur avis c'est bien certes, mais dans le respect d'autrui.

    En ce qui concerne ce principe d'indisponibilité du corps humain, je ne suis pas entière d'accord: le corps n'est PAS UN GRAAL SACRE qu'il faut préserver contre vents et marées! dans ce cas, on oublie les tatouages, la cigarette et même les teintures de cheveux, car tout ça altère le corps.
    Je pense en effet, que le corps d'une personne n'appartient qu'à elle seule, et non pas à la société qui par moral, impose le ppe d'indisponibilité du corps humain même avec le consentement de la dite personne.

    Chacun et chacune doit, à mon sens (encore une fois c'est mon avis subjectif), pouvoir disposer librement de son corps. Ainsi, s'il est moralement souvent contestable qu'une fille couche à droite et à gauche sans sentiments, cela l'est beaucoup moins pour un homme (vieux débat du don juan et de la "salope").
    En quoi cela serait il différent si en contre partie du plaisir qu'elle donne, et qu'elle peut aussi recevoir (attention, je ne généralise pas non plus. je me base sur les dires de l'auteur quand elle reçoit sa "dose d'affection") soit récompensé par de l'argent?

    Parce que coucher pour de l'argent c'est saaaaaaaaaaale et dégradant!
    Ah bon? Plus que de devoir nettoyer la merde des autres au Mcdo comme l'a bien souligné une mademoizelle?
    J'ai également pu expérimenter plusieurs jobs dont j'en suis sortie rabaissée constamment par les clients, leurs propos et leur attitude.
    A mon sens j'estime que même si mon travail de caissière est moralement plus acceptable, en pratique le comportement agressif et dégradant de manière quotidienne de certains clients m'affecte beaucoup plus, que la "honte" que je pourrais ressentir si je faisais ce travail qui n'est ni légal ni acceptable par la morale et la société, mais en pratique, je ne subirai pas aussi directement de telles situations où on te fait clairement comprendre que tu n'es que de la merde…
    (les clients de l'auteur étant toujours corrects avec elle selon ses dires)
    Cela relève donc plus d'un a priori de la société qui se permet de juger car elle a le soutient de la morale, plutôt qu'une remise en cause de chaque individu entant que client.

    Pour résumer mon point de vue: chacun est libre de disposer de son corps comme bon lui semble, même si je me mets mon prof de pénal, civil, libertés publiques… à dos.
    Personne n'est à même de juger personne s'il n'est pas lui même dans la même situation.

    Il serait temps de déculpabiliser le courage que certaines filles ont un jour eu pour choisir de s'en sortir même envers et contre tous et surtout l'opinion public.

    Par contre, il serait temps justement, que l’opinion public calqué sur l'étroitesse d'esprit de Mme Bernadette Chirac (elle même qui a fait fermer les maisons closes) change, afin d'offrir un cadre de travail plus contrôlé: si on légalise, on offre une protection judiciaire (une prostituée qui porte plainte contre violences subies par un client, ca ne court pas les rues), une couverture et un suivi médical, un endroit surveillé chaud…
    Car, même si cette mademoizelle ne souhaite pas faire "carrière" entant que prostituée, certaines le font et PAR CHOIX, par envie (ne nous voilons pas la face ce n'est pas la majorité non plus,  mais une grande partie des prostituées dans les pays qui l'a légalise, le font par choix délibéré. je pense en particulier aux témoignages de prostituées de Genève et Amsterdam), il est donc nécessaire de leur garantir un minimum de droit.
  9. Pitch belettePitch belette

    Le 06 janvier 2014 à 15:05

    Posté par lithiium
    Par contre, il serait temps justement, que l’opinion public calqué sur l'étroitesse d'esprit de Mme Bernadette Chirac (elle même qui a fait fermer les maisons closes)



    J'aimerais bien en savoir plus car je pensais que les maisons closes avaient été fermées en 1946 avec la loi Marthe Richard… ?

    Sinon je suis grandement d'accord. De plus, rien ne nous dit ici qu'elle n'a pas postulé pour macdo ou autres avant de se prostituer… Un peu facile de juger et dire qu'elle a choisit la solution de facilité.

    Enfin, il existe d'autres métiers basés sur l'image, l'utilisation du corps, mais la sacralisation de l'acte sexuel donne cette mauvaise à ce métier, je pense
  10. LithiiumLithiium

    Le 06 janvier 2014 à 22:56

    Posté par pitch-belette
    J'aimerais bien en savoir plus car je pensais que les maisons closes avaient été fermées en 1946 avec la loi Marthe Richard… ?

    Effectivement, j'ai un peu raccourcie la chose ^^. Officiellement, en matière de prostitution, la France est abolitionniste depuis l’après-guerre. Depuis 1946 en fait, et la promulgation de la loi "Marthe Richard", qui ordonnait la fermeture des maisons closes et introduisait le délit de racolage dans le code pénal. Puis, la présidence de Charles De Gaulle introduira le délit pour cohabitation avec une prostituée en 1958 et en 1960 la pénalisation du racolage passif.

    Il fut question d'un "début d'idée de projet de loi" d'ouvrir des centres qui permettraient aux prostituer d'avoir accès à un suivi médical et psychologique. Ce projet envisageait même la réouverture de "maisons closes" mais surveillées, une sorte d'établissement "public" ou privé de mission public, afin de bien réglementer les conditions de travail ( le but était de retomber dans un engrenage uniquement privé, soumis plus facilement aux dérives des macs)  Mais Mme Chirac s'est à l'époque très fermement opposée à ce projet qui n'a jamais vu le jour…
    voilaa =)

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