Je me prostitue pour payer mes études

Je me prostitue pour payer mes études
À court d'argent, S. se prostitue depuis quelque temps pour rembourser ses dettes. Loin des clichés qu'on se fait de la prostitution, S. vous raconte comment elle vit cette situation.

Publié initialement le 19 octobre 2011

Oubliez vos préjugés concernant celles qui vendent leurs charmes, nous ne sommes pas toutes habillées à la Julia Roberts dans Pretty Woman, pas de bas résille, de cuir ou de perruque en ce qui me concerne. Si vous me croisiez dans la rue vous ne pourriez savoir ce que je fais parfois pendant mon temps libre. Je m’habille de façon normale, j’ai la main légère sur le maquillage. Et pourtant je couche avec des hommes pour de l’argent. Ça n’a jamais été ma vocation soyons d’accord, et même maintenant je ne raffole pas de ça. Comment en suis-je arrivée là alors me demanderez-vous ? En désespoir de cause.

Comment j’en suis arrivée là

Après avoir quitté la maison de mes parents pour m’installer en région parisienne, j’ai dû me rendre à l’évidence, ce n’était pas facile d’être indépendante. Les factures s’accumulaient, les rentrées d’argent étaient plus que rares, et les lettres de ma banque s’empilaient. Je n’osais même plus relever le courrier de peur d’en trouver d’autres dans la boîte aux lettres. Mes études ne me permettant pas d’avoir un travail, ma bourse était ce qui me permettait de survivre. Étant brouillée avec ma famille je ne pouvais compter que sur moi-même et je m’étais rendue à l’évidence : ça ne marchait pas.

Un jour, alors que je me promenais sur un site bien connu pour ses annonces en tout genre, je suis tombée sur celle d’un homme qui proposait de manière fort subtile « d’aider » une étudiante en échange de moments câlins. J’avais appris la veille que j’étais désormais interdit bancaire. J’ai répondu, nous avons organisé une rencontre trois jours plus tard dans un café. Le jour J j’ai bien failli tout annuler. J’étais plus angoissée que jamais, je me disais que si j’y allais je franchirais pour de bon le point de non retour. Un coup d’œil sur mon compte en banque et je me préparais pour le rendez-vous le plus stressant de ma vie. Ne sachant pas trop quel style adopter, je me suis contentée d’une jolie robe assez chic, de talons et d’un peu de maquillage.

prostitution Je me prostitue pour payer mes études

Premier contact

Je tremblais, et fumais comme un pompier. Je l’ai tout de suite reconnu en arrivant, même si nous n’avions échangé aucune photo. Il avait juste l’air timide et un peu méfiant que j’aurais sûrement eu si j’avais été à sa place. Je vous passe les détails, nous avons eu un bon contact. Il m’a demandé si j’étais libre le lendemain pour qu’il me rejoigne chez moi. J’ai inspiré un bon coup et j’ai dit oui. C’est comme ça que tout a commencé. Contrairement à ce que je croyais, Charles n’était pas un pervers aux fantasmes inavouables. C’était simplement un avocat prospère amoureux de son travail qui n’avait ni le temps ni l’envie de trouver quelqu’un. Il m’a souvent dit qu’au lieu d’aller dans un bar et de draguer une femme en lui payant verre sur verre dans l’espoir de finir la soirée au lit, il préférait de loin aider une demoiselle dans le besoin.

Notre « première fois » s’est bien passée, malgré mon appréhension. Il ne m’a rien demandé de bizarre, il ne m’a pas manqué de respect. Nous avons parlé avant et après, je lui ai proposé quelque chose à boire et à manger, comme je l’aurais fait avec un véritable copain. La seule différence c’est qu’à la fin il a sorti son portefeuille et a déposé quelques billets sur ma table de nuit. Il m’a embrassée tendrement et m’a dit à bientôt. Une fois la porte fermée je me suis précipitée sous la douche pour tout effacer, je me sentais sale. Ce soir là je me suis regardée dans le miroir et je me suis mise à pleurer, comment avais-je pu tomber aussi bas ? Et puis j’ai pensé à cette pile d’argent que je devais à ma banque et à des amis. Sur ma table de nuit reposaient plusieurs centaines d’euros.

De fil en aiguille…

Nous nous sommes vus une fois toutes les deux semaines pendant un an et demi. Entre temps j’ai élargi ma « clientèle » avec un médecin et un chef d’entreprise. Tout comme avec Charles, nous nous sommes vus en terrain neutre avant de convenir d’un rendez-vous. En quelques mois j’ai remboursé mes dettes et mis de l’argent de côté.

Au fil du temps mon appréhension s’est peu à peu estompée. Ne restait qu’une certaine déception pour ne pas dire dégoût de moi-même. J’étais le genre de fille qui avait attendu patiemment la « bonne personne » pour perdre ma virginité, celle qui se sentait incapable de coucher avec quelqu’un juste pour une nuit. Et pourtant j’étais devenue une prostituée. Aucun de mes « clients » ne m’a jamais appelé ainsi, ils m’ont toujours traitée avec déférence, c’est d’ailleurs pourquoi j’ai autant de mal à les qualifier de « clients ». Si le passage à l’acte est toujours un peu difficile pour moi, j’apprécie néanmoins nos conversations. Aucun d’entre eux n’est marié, bien que je ne puisse en être parfaitement sûre j’en conviens, alors ils me parlent de leur travail, de leurs passions, de leur avenir.

J’ai parfois l’impression d’être leur thérapeute, parfois leur amie. Nous ne passons pas notre temps au lit, loin de là. Ils m’emmènent au cinéma, au restaurant, faire du shopping et je suis même partie en voyage avec l’un d’eux en juillet. Il arrive que parfois un de ces hommes me demande quelque chose qui me déconcerte un peu. Cependant je les connais assez bien pour pouvoir me permettre soit de refuser, soit d’en parler ouvertement. Je n’ai évidemment eu aucune relation depuis ma rencontre avec Charles. Je ne souhaite faire de mal à personne et déteste l’infidélité. Pour le moment ça ne me manque pas, j’ai ce qu’il me faut en matière de tendresse et d’affection, malgré ce qu’on pourrait croire.

Je n’essaye pas de faire l’apologie de la prostitution, je ne suis pas fière de ce que je fais, c’est d’ailleurs pourquoi personne dans mon entourage n’est au courant. Certaines personnes pensent qu’on a toujours le choix, et c’est peut-être vrai, mais lorsque je me suis mise à faire ça, à donner mon corps à de quasi-inconnus pour de l’argent, ça m’a semblé être la seule solution.

Je ne souhaite pas débattre de ce genre de pratiques, je ne l’ai jamais fait et ne souhaite pas commencer. Ce qui est sûr c’est que je serais bien la dernière à juger les personnes qui ont recours au commerce du sexe. On fait ce qu’on peut pour vivre. Beaucoup me diront qu’elles ne s’abaisseraient jamais à descendre aussi bas, et j’espère bien pour elles qu’elles n’auront en effet jamais à le faire. Mais quand je vois le taux de chômage en France, la progression du seuil de pauvreté, tous ces étudiants qui doivent batailler pour ne pas être trop dans le rouge à la fin du mois ainsi que tous les autres qui galèrent, je me dis que finalement on n’est jamais sûr de rien.

Illustrations de Timtimsia

____

Mise à jour par Sophie-Pierre Pernaut, le 7 septembre 2012

En publiant cet article, nous voulions sauter sur l’occasion de présenter la prostitution d’un avis on ne peut plus subjectif : celui d’une étudiante qui se fait payer pour avoir des relations sexuelles dans le but de payer ses études. Nous avions la chance d’avoir un témoignage à la fois profond, fluide et sans pathos qui permet de décrire un métier loin des clichés à la sauce 90 minutes enquêtes ou Enquête Exclusive.

À la suite de sa publication, ce témoignage a vivement fait réagir et on compte à ce jour 297 commentaires sous cet article. Mais il a surtout amené à un débat très enrichissant, que je vais essayer de résumer dans cette synthèse.

Se prostituer : une option de facilité ?

À la lecture de ce témoignage, certaines lectrices ont eu l’impression que son auteure essayait de décrire la prostitution de manière détendue, comme si à trop vouloir sortir des clichés, elle présentait son job comme quelque chose de léger et de facile :

“Ça [la prostitution] apparait à mon avis un peu trop comme la solution de facilité. J’ai envie de demander à cette demoiselle si elle n’aurait pas pu essayer un autre job. Serveuse, équipière chez McDo, vendeuse, ouvrière à l’usine, un autre travail, quoi. Il y’a toujours une solution, et ça parait presque normal pour elle d’avoir un jour décidé de se prostituer. […] J’ai le sentiment qu’en lisant ce témoignage, des jeunes femmes pourraient se dire « tiens, si moi non plus je n’ai pas d’argent, je vais faire ça, ça a l’air cool, on va au cinéma et on fait du shopping ». Oui bah non. Il ne faut pas que ça soit aussi facile de vendre son corps, il ne faut pas croire que c’est aussi sympa, aussi « friendly » d’être payée en échange de rapports sexuels. S. a eu de la chance, mais combien d’étudiantes à sa place sont tombées, elles, sur des salauds complets, sur des hommes dépourvus de respect qui voulaient seulement tirer leur coup ? Pourquoi est-ce qu’on ne leur demande pas leur avis, à elles ? Pourquoi est-ce qu’on ne leur demande pas si elles le vivent aussi bien, d’être prostituées et étudiantes à la fois ? J’ai tendance à parier que leur discours ne serait pas tout à fait le même.”

Mais d’autres lectrices ont tenu à rappeler que l’auteure du témoignage ne s’est pas un jour dit “je préfère être payée pour avoir des relations plutôt que faire des frites chez McDo” : elle n’avait pas réellement eu le choix – ou elle n’a pas eu l’impression de l’avoir et s’est sentie dans une impasse quand elle s’est retrouvée en interdit bancaire, en rupture avec sa famille, avec un loyer à payer en région parisienne et un projet de vie qui nécessitait qu’elle continue ses études :

“Comme l’a dit l’auteure de l’article, ses études ne lui laissaient pas le temps d’avoir un boulot à côté, c’est bien pour cela qu’elle s’est retrouvée dans cette situation…”

Cependant, une autre madmoiZelle, qui a elle aussi connu de gros déboires financiers, a tenu à émettre une interrogation :

“Pour m’être retrouvée dans une très grande précarité au moment de mes études supérieures, j’ai du mal avec l’argument des études qui ne laissent pas le temps de travailler. Je ne connais pas d’études qui ne te laissent aucun jour de libre dans la semaine. En ce qui me concerne, je travaillais 10h non stop tous les samedis à côté des cours. C’est pas le paradis, et c’est dur de gérer les devoirs à rendre etc. mais c’est faisable, et il me semble que beaucoup le font.
J’ai donc (sur)vécu avec l’argent de ce job, ma bourse et un petit prêt étudiant pris auprès de ma banque puisque, comme la madmoiZelle, j’étais en rupture familiale. Le tout en vivant à Paris, ville la plus chère de France. Alors oui, c’est très dur : souvent on galère à manger, à payer son loyer, à payer son transport… Mais c’est faisable, et encore une fois, beaucoup de jeunes le font et y survivent.”

Précarité > prostitution ?

Et c’est là que l’on comprend toute la subjectivité de la chose : nous ne sommes pas à égalité face à la prostitution. Certains préféreront galérer pendant de longues années d’études plutôt que d’avoir l’impression de vendre leur corps, et pour d’autres, ce sera l’inverse. Ces derniers réussissent à surpasser la honte, l’impression d’être sale, le côté dégradant de la prostitution. Pour beaucoup, cela ne veut pas dire que ces sentiments n’existent pas, bien sûr ; c’est juste que l’envie de se sortir de la précarité est, pour eux, plus forte. Cette différence dans le traitement de la prostitution est d’ailleurs parfaitement résumée par le commentaire de cette lectrice, répondant justement à la précédente :

“Je n’ai pas vécu cette situation, mais j’imagine que pour certaines personnes, il est plus difficile de vivre dans la précarité que de se prostituer.
Nous avons tous des sensibilités différentes, et certains ne « supporteront » pas cette vie que tu évoque, mais pourront « passer outre » la prostitution.”

L’auteure du témoignage ne trouve pas son métier “cool” ou largement envisageable. Elle ne le conseille pas. Elle conclut d’ailleurs son texte par ces quelques phrases :

“Beaucoup me diront qu’elles ne s’abaisseraient jamais à descendre aussi bas, et j’espère bien pour elles qu’elles n’auront en effet jamais à le faire. Mais quand je vois le taux de chômage en France, la progression du seuil de pauvreté, tous ces étudiants qui doivent batailler pour ne pas être trop dans le rouge à la fin du mois ainsi que tous les autres qui galèrent, je me dis que finalement on n’est jamais sûr de rien.”

Ce qui ne l’empêche pas de se rendre compte de la chance qu’elle a dans son “malheur” comme le résume cette lectrice :

“Même si la démarche initiale de ces hommes est détestable, ils la traitent manifestement avec un minimum de respect et ce ne sont pas de gros pervers tordus. Je trouve ça bien aussi qu’entre eux ça ne se résume pas juste à l’acte, tiens voilà ton fric et basta. Ils ont plus de considération que ça envers elle.
Donc au final, même si la demoiselle n’est pas fière de ce qu’elle fait, je trouve qu’elle peut tout de même être fière de ne pas être tombée dans une situation bien pire encore.”

Oui, on peut le dire en plissant les yeux : la lectrice qui nous a fait cadeau de ce témoignage a “beaucoup de chance” dans son “malheur” si on compare sa situation à celle de bon nombre de prostituées. Elle est à son compte, ce qui est rare. Elle choisit ses clients, les rencontre avant de passer à l’acte, ce qui est rare aussi. Des clients la traitent avec respect. Dans son témoignage, elle laisse entendre qu’elle aurait préféré ne pas avoir besoin de recourir à la prostitution, mais elle assume de l’avoir fait et essaie de vivre son job de la manière la plus sereine possible… Mais il ne faut pas oublier que la prostitution est un métier dangereux, et qu’il n’est pas à prendre à la légère. S. a “eu de la chance”, mais c’est rarement aussi détendu, comme l’a rappelé cette lectrice :

“Cependant je voudrais souligner un point primordial de la prostitution chez les étudiantes, ça reste tout de même très dangereux et on ne le dit pas assez il me semble ici. En effet si S. a eu la chance de tomber sur des hommes doux qui cherchaient uniquement à combler un manque d’affection, que se passera-t-il le jour où elle sera confronter à quelqu’un de réellement mal intentionné ?”

Mauvaise rencontre, risque de se faire entraîner dans un réseau, possibilité de se faire violenter… Se prostituer n’est pas quelque chose d’anecdotique. Ce n’est pas un métier comme un autre. Comme dit plus haut, , mais une chose est sûre : la prostitution n’est pas à prendre à la légère. Si la prostitution fait autant débat, dans les commentaires sous cet article comme dans la vie, c’est bel et bien pour une raison : nous n’avons pas toutes la même façon d’envisager la prostitution, nous n’avons pas toutes le même rapport au corps et à l’idée du respect de soi.

Tous les articles J'ai testé pour vous , Moi, moi et moi , Sexe , Témoignages , Vis ta vie
Les autres papiers parlant de Prostituée , Prostitution
ça vous a plu ?
partagez !
Big up
L'actu de mad
gratuitement dans vos mails !
a lire également
Plus d'infos ici
Viens apporter ta pierre aux 270 commentaires !

Lire l'intégralité des 270 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)

  • Imposteuse
    Imposteuse, Le jeudi 6 novembre 2014 à 14h43

    Oui mon message était haineux : j'ai de la haine et j'en ai toujours eu envers cette société malade ; envers le consumérisme des années 70 qui s'est progressivement muté en une réelle RELIGION du confort matériel. Regardez certains de nos ancêtres, regardez leur indépendance, leur mobilité, leur adaptabilité. Et regardez nous, complétement aliénés, prisonniers de nos factures, loyer, charges et surtout de nos faux besoins créés par la société de consommation.
    Quand on prend du recul, et qu'on arrive à se détacher de tout ça, on comprend l'absurdité de la chose, perdre sa dignité pour gagner de l'argent... Je vais souvent en teuf, j'ai des amis "punk à chien" qui vivent dans leur camtar. Si un jour j'ai de graves problèmes d'argent, à choisir je fais comme eux. On dira ce qu'on voudra, ces gens qui vivent en marge sont les plus indépendants et, du reste, leur dignité est intacte.
    Mais bon j'ai bien compris que nous n'avons pas les mêmes priorités!
    Bref mon message n'était en rien irrespectueux. J'use et abuse des sarcasmes mais ce n'est pas de l'irrespect.
    Je pense qu'en vérité je respecte bien plus l'auteure qu'elle-même ne se respecte (-> je sens bien en l'écrivant que cette phrase risque de ne pas passer haha). Ce que je veux dire c'est que je respecte le corps humain, et notamment le principe de son indisponibilité ; en m'insurgeant contre ce que fait l'auteure, je m'insurge contre ce qu'elle fait à son corps, ce qui signifie que j'aspire au respect de SON corps (ainsi que celui de tous les autres êtres vivants).
    C'est le genre de valeur transmise par l'éducation, mais la tendance actuelle est de se retourner contre, voire de cracher sur, ces valeurs ancestrales.

    (Voilà c'était mon opinion, si je suis ban, je l'aurais au moins donné, dans mon dernier souffle!)

  • Imposteuse
    Imposteuse, Le jeudi 6 novembre 2014 à 15h11

    Au sujet de la précarité, moi ce que je regrette c'est que dans les pays occidentaux plus personne n'arrive à supporter un peu de pauvreté. Entendons-nous bien, je rejette la misère et il y a une réelle distinction entre pauvreté et misère. Ce qui les différencie c'est la capacité de pourvoir aux besoins essentiels, par exemple, le pauvre ne meurt pas de faim ; le miséreux, si.
    Les étudiants profitent du savoir que leur apporte la société, mais ils n'apportent pas encore leur pierre à l'édifice (sauf exception genre en médecine). De ce fait il est normal qu'ils n'aient pas un excellent train de vie. Mais si certains sont pauvres, aucun n'est miséreux!
    Au final, on devrait plus être choqués du fait qu'ils claquent leur tune en restau, pinte, bouteille de sky, entrée en boîte, voire en md et coke, et c'est une réalité, je ne connais aucun étudiant qui ne fait pas de folie le weekend et je suis moi-même dans ce cas. En contrepartie, j'accepte de vivre dans un grenier de 15m² non-isolé et de manger des pâtes tous les jours. Or je pense qu'affronter un train de vie un peu austère quelques années de sa vie, ce n'est pas un mal ; faut se montrer courageux, surtout quand on sait que ce n'est pas définitif.

  • Dovara
    Dovara, Le jeudi 6 novembre 2014 à 18h29

    @Imposteuse

    Imposteuse
    Je pense qu'en vérité je respecte bien plus l'auteure qu'elle-même ne se respecte (-> je sens bien en l'écrivant que cette phrase risque de ne pas passer haha). Ce que je veux dire c'est que je respecte le corps humain, et notamment le principe de son indisponibilité ; en m'insurgeant contre ce que fait l'auteure, je m'insurge contre ce qu'elle fait à son corps, ce qui signifie que j'aspire au respect de SON corps (ainsi que celui de tous les autres êtres vivants).
    C'est le genre de valeur transmise par l'éducation, mais la tendance actuelle est de se retourner contre, voire de cracher sur, ces valeurs ancestrales.

    (Voilà c'était mon opinion, si je suis ban, je l'aurais au moins donné, dans mon dernier souffle!)
    Si tu respectes vraiment l'auteure, tu respecterais son choix. C'est son corps, c'est son choix. Tu n'as rien à dire là-dessus et surtout pas à coup de sarcasme et à coup de "c'était mieux avant". Tu ne la connais pas, tu n'as pas à te poser là, condescendante, en disant ce qui est bon pour elle ou pas.

    Je ne discuterais pas sur tes autres propos qui sont basé sur des généralités. Tu peux avoir ton opinion, mais tu n'as pas à brandir en tant que vérité générale. Les années étudiantes sont pour beaucoup un moment de socialisation, c'est là que l'on se fait des potes pour la vie et pour certains , ça passe par des sorties, souvent organisé par l'école ou juste par une bande de pote. Il y en a qui sortent en boite, il y en a qui fument (joint ou cigarette), il y en a qui boivent alors qu'ils ont pas beaucoup de thune, c'est comme ça et tu n'as pas à les juger sur leurs méthodes.

  • AngeWinnie
    AngeWinnie, Le jeudi 6 novembre 2014 à 19h17

    Lithiium
    Par contre, il serait temps justement, que l’opinion public calqué sur l'étroitesse d'esprit de Mme Bernadette Chirac (elle même qui a fait fermer les maisons closes) change, afin d'offrir un cadre de travail plus contrôlé: si on légalise, on offre une protection judiciaire (une prostituée qui porte plainte contre violences subies par un client, ca ne court pas les rues), une couverture et un suivi médical, un endroit surveillé chaud...
    Car, même si cette mademoizelle ne souhaite pas faire "carrière" entant que prostituée, certaines le font et PAR CHOIX, par envie (ne nous voilons pas la face ce n'est pas la majorité non plus, mais une grande partie des prostituées dans les pays qui l'a légalise, le font par choix délibéré. je pense en particulier aux témoignages de prostituées de Genève et Amsterdam), il est donc nécessaire de leur garantir un minimum de droit.
    Légaliser la prostitution n'aide en rien les prostituées. Du moins, pas la majorité.
    C'est évident que les femmes qui vivent relativement bien la prostitution vont être plus portées à raconter leur expérience au public et ce sont elles qui sont mises en avant, et pourtant on sait toutes qu'elles ne représentent qu'une toute petite partie de ces femmes. Beaucoup de prostituées le deviennent par choix, oui, ça ne veut en aucun cas dire qu'elles le font par envie et qu'elles ne se sentent pas sales, malheureuses et/ou violées à chaque fois. Et apparemment, en faisant un peu de recherches, on se rend compte que la légalisation de cette activité ne convient pas à toutes celles qui la pratiquent.

    J'ai du mal à comprendre comment on peut parler de la prostitution si légèrement, comme si c'était un travail comme un autre, quand on sait à quel point c'est dangereux et à quel point c'est un calvaire pour des milliers de femmes partout dans le monde, et ce, que ce soit légalisé ou pas.

  • Freakycat
    Freakycat, Le vendredi 7 novembre 2014 à 14h30

    Je tenais simplement à souligner la remarque très pertinente d'une mademoiselle ( que je n'arrive pas à retrouver ) : Beaucoup d'étudiants sont dans la précarité et malgré leurs études difficiles, ils travaillent. D'ailleurs la Mairie de Paris est une mine d'or pour ça. ( pour les personnes qui pensent que MCDO est l'unique solution ).En effet. C'est tout à fait vrai. L'hypothèse que je peux émettre c'est qu 'il est plus difficile physiquement de faire une boulot à côté et de travailler pendant des heures entières en plus de notre fatigue; dans ce cas la prostitution ( bien qu'elle soit très difficile à vivre psychologiquement, là n'est pas la question ) est une solution plus "facile" car elle ne nécessite pas des heures de travail.
    Cependant je pense qu'il est très important de parler du fait qu'il s'agit bien là d'exploiter son corps. Travail qui va à l'encontre du respect de sa propre personne. Je pense que la prostitution n'arrange rien à la situation de S. Certes financièrement elle a pu payer ses dettes. Et c'est un soulagement. Cependant, elle vivra toute sa vie avec ça. Ce qui peut lui infliger des conséquences sur sa santé psychologique. Dans ces cas-là elle ne ferait qu'empirer sa situation d'abord financièrement puis mentalement. Un véritable cercle vicieux. Et puis j'ai peur qu'elle se dise un jour où elle retomberai dans des problèmes financiers "Qu'après tout, elle l'a déjà fait, pourquoi ne pas recommencer ? ". > Je précise que je n'insinue pas que ce prostituer c'est cool.

    Je tiens également à dire que ce qui me dérange c'est de penser la prostitution comme un métier comme un autre. Je ne sais pas si c'est ce qu'insinue l'auteure, je ne crois pas qu'elle le dise mais peut être que certains commentaires défendront ce point. Si toutes les personnes en précarité devaient se prostituer à cause d'une situation précaire, alors il y en aurait une banalisation. Non la prostitution n'est pas un métier comme un autre.

  • Puc
    Puc, Le vendredi 7 novembre 2014 à 16h34

    @freakycat
    Je ne crois pas qu'il s'agisse de dire que la prostitution est un métier comme un autre, ou de rendre la prostitution cool et sexy, c'est juste la solution qu'elle a trouvé et je trouve déplacé de juger ce choix pour la simple et bonne raison que l'on ne connait rien à sa vie.
    En effet il y a d'autres solutions mais peut-être en a t-elle envisagé beaucoup avant de choisir la prostitution. Et peut-être qu'elle le regrettera un jour, mais peut-être que non, encore une fois nous ne sommes pas dans sa tête, pas dans sa vie.
    Dans leurs commentaires, certaines se permettent de lui en mettre plein la tête, en comparant leurs situations avec la sienne mais il ne faut pas oublier que chaque situation est unique et arrêter de se dire : "à sa place je ferai comme ça".
    Personnellement, même si je condamne la prostitution et que je trouve dommage qu'elle soit obligée d'en passer par là, mais je n'oublie pas que chacun fait comme il peut avec ce qu'il a et je trouve courageux le fait qu'elle assume son choix.

  • Freakycat
    Freakycat, Le vendredi 7 novembre 2014 à 17h31

    @puc Est ce que c'est moi qui suis parano ou tu me dis bien que mon "jugement" est déplacé ? Pourquoi faut-il toujours que les gens pensent que je juge ? Je ne juge rien, je ne fais que donner mon opinion.je n'ai pas non plus débattue sur le fait que la prostitution n'était pas un métier comme un autre. Je l'ai seulement dit, mais je n'ai pas développé mon idée car ce débat n'a pas lieu d'être à ce moment.
    "En effet il y a d'autres solutions mais peut-être en a t-elle envisagé beaucoup avant de choisir la prostitution"> C'est justement ce que j'insinuais quand je donnais l'hypothèse que la prostitution était plus "simple" car elle nécessite moins d'investissement et d'heures.

    En fait il y a quelque chose que je ne comprends pas. A quoi ça sert de nous faire part de son expérience si on ne peut pas émettre la moindre opinion dessus ? Et j'espère qu'on ne viendra pas me dire que cet article a été écrit dans le but de me faire "changer d'avis" sur la prostitution car je trouverais ça grotesque, choquant et totalement déplacé. Evidement que les gens vont commenter en essayant de réfléchir à ce qu'ils auraient pu faire à sa place. C'est même logique. Je ne dis pas qu'ils ont raison.
    Justement, "le chacun fait comme il peut" > Et bien on pense qu'elle aurait pu faire autrement. par exemple, si son appartement à Paris lui revenait trop cher ( ce qui est un luxe quand on est étudiant de vivre sur Paris ) pourquoi n'a-t-elle pas chercher un logement moins cher et en banlieue ? Nous ne savons rien de sa vie certes, mais il y a certains points que les mademoizelles n'arrivent pas à comprendre et c'est compréhensible.
    Je trouve que tu te méprends sur un point > Elle n'assume pas son choix. Au contraire. C'est clairement ce qu'elle dit dans l'article. Elle l'a fait parce qu'elle dit qu'elle n'a pas eu le choix. Et elle dit d'autant plus qu'elle se trouvait sale. C'est là où il y a urgence dans situation : Elle n'aime pas ce qu'elle a fait, elle ne l'assume pas car au fond elle sait que ce n'est pas normal.

  • Puc
    Puc, Le vendredi 7 novembre 2014 à 18h12

    @freakycat Alors non je ne te dis pas que ton jugement est déplacé. Je t'ai inclue, à tort visiblement, dans la foule de jugement négatifs à l'encontre de cette fille dont nous ne savons rien.
    Et moi aussi il y a quelque chose que je ne comprends pas : pourquoi donner son opinion si c'est pour monter au créneau direct quand quelqu'un d'autre essaie d'en débattre ?
    Tu donnes ton avis et je te donne le mien. Pas besoin de voir là un jugement de ma part sur un supposé jugement de ta part parce qu'après on ne s'en sort plus.
    Chacun son avis mais je crois qu'on peut toujours discuter calmement. Par exemple, moi j'ai compris de l'article qu'elle assumait ses choix (ce qui ne veut pas dire qu'elle ne les regrette pas) et toi tu as compris le contraire, discutons en. Je crois que c'est le but quand on publie un témoignage : permettre une discussion.
    Tu trouves que c'est la solution la plus simple, je trouve que c'est une des solutions les plus simples mais peut-être qu'ELLE trouve que c'est une solution difficile, encore une fois, à part elle personne n'en sait rien.
    Et je précise encore une fois pour que ce soit bien clair : quand je dis qu'elle assume, je ne veux en aucun cas dire qu'elle aime se prostituer.
    Tu as donné ton avis et j'ai rebondi dessus car je le trouvais justement écrit de manière calme et constructive. Si j'avais voulu être insultante, je me serais défoulée sur les auteures de commentaires beaucoup plus déplacés que le tien (jugement totalement subjectif de ma part)

  • Freakycat
    Freakycat, Le vendredi 7 novembre 2014 à 18h57

    @puc Je vois, je te pries de m'excuser si j'ai pu te paraître agressive ( ce n'était pas du ton le ton de ma réponse ). On s'est mal comprises puisqu'en effet tu ne précisais pas à qui était destiné le "jugement déplacé".
    Je pense justement qu'il y a une certaine détresse dans son article c'est pour ça que je pense qu'elle aura des effets sur sa psychologie. Il peut arriver qu'on en ai pas conscience sur le moment. Je trouve que se prostituer "parce qu'on a pas le choix" et parce qu'on est en danger financier c'est une grande misère ( et notamment sexuelle ).
    Je pense que toutes personnes se respectent un minimum, et qu'elle regrette d'infliger ça à elle et à son corps. Voilà pourquoi je pense qu'au lieu de l'aider dans le bon sens, ça ne fait que l'entraîner dans une spirale négative et c'est ce qui me fait peur.
    J'ai peur pour elle car c'est un "métier" où on risque tout, on subit sa condition plus qu'on la choisie, et à son âge c'est vraiment triste.
    Ca me rend triste car elle n'aura pas de bons souvenirs de cette période qui es censé être la plus épanouissante de sa vie....

  • Ellias
    Ellias, Le mercredi 19 novembre 2014 à 14h29

    Voilà plusieurs fois que je lis cet article...... Sachez avant tout que la demoiselle qui témoigne a tout mon respect et mon estime. En revanche, je suis outrée..... Je suis absolument opposée à toute forme de prostitution qui est selon moi la représentation de l'ultime barbarie humaine. Je m'insurge non contre cette jeune femme, et non plus contre les femmes et hommes qui se prostituent, mais contre ce système immoral, immonde, repoussant qui pousse certaines personnes à vendre leur corps pour subvenir à leur besoins, dans un pays soit disant civilisé comme la France. Je m'insurge contre les immondes gros porcs qui pensent qu'il est normal de payer pour avoir des relations sexuelles, ces "clients", cette lie de la société qu'on devrait éliminer. Ça me dégoûte et ça me dégouttera toujours de voir qu'il y a des hommes pour qui se "vider" est plus important que la dignité et le respect de l'humanité. De plus c'est toujours la prostituée qui subit, dans tous les cas. C'est toujours elle (ou lui) la "pute", et jamais les ordures qui vont les voir, qui eux s'en sortent toujours la tête haute, parce qu'après tout c'est "normal" pour les hommes d'avoir ce genre de besoin..... désolée pour le caractère excessif de ma réaction mais la prostitution doit disparaître

Lire l'intégralité des 270 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)