180 000 morsures de punaises de lit pour l’amour de la science

L'abnégation de cette scientifique frise la sainteté : elle sert de garde-manger à des punaises de lit pour le bien de la science. Explications garanties sans photos gores.

Il y a des gens qui sont vraiment investis dans leur rôle pour l’avancée du monde moderne. Au point qu’ils se jettent à corps perdu dans les plus incroyables des expériences. A l’instar des scientifiques ayant testé leurs vaccins et remèdes sur eux-mêmes, ou plus récemment le prix Nobel de médecine (2005), l’australien Barry Marshall qui a démontré la cause de la plupart des ulcères gastriques en se faisant un petit shot de bactéries Helicobacter pylori, et en se guérissant avec des antibiotiques.

Nobel-Prize

Tout ça mérite une jolie médaille.

Regine Gries est une biologiste canadienne qui pourrait sans aucun doute obtenir un prix Nobel pour son abnégation et son sacrifice : elle s’est laissée mordre par des punaises de lit afin d’élucider le mystère de leur regroupement et des désagréments sanitaires que cela accompagne (l’idée est la réalisation d’un insecticide). Elle est immunisée contre la morsure de ces bestioles particulièrement urticantes qui se nourrissent de sang humain, et qui, bonne nouvelle, se remettent à nous coloniser depuis quelques années après une éradication quasi-complète.

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La team de choc anti-punaises du Simon Fraser Institute. 

Attirées par les literies des humains, les punaises produisent des phéromones qui indiquent les endroits où se nourrir à leurs congénères : on passe d’un seul de ces petits insectes à l’invasion. Les scientifiques qui se penchent sur le sujet recherchent la composition de ces phéromones afin de les reproduire et de préparer des pièges efficaces contre ces punaises de lit, qui créent des réactions allergiques graves chez certaines personnes.

Coup de bol (ou pas…) pour Regine Gries : comme elle est immunisée contre ces morsures qui ne lui font pas d’effet, elle a prêté sa peau qui a servi à nourrir le punaises, comme on le lit sur le blog Passeur de Sciences hébergé sur LeMonde.fr :

« […] ce qui consistait (nourrir les punaises) à se faire mordre quelques fois par mois par chacune de ses petites protégées. Au total, pendant cinq ans de travaux, Regine Gries a subi plus de 180 000 morsures de punaises ! […] cette dame est immunisée contre ces morsures. Celles-ci ne provoquent pas chez elle ces larges boutons rouges caractéristiques avec les irrépressibles démangeaisons qui les accompagnent. »

La bonne nouvelle, c’est que les phéromones émises par les punaises ont pu être identifiées et qu’elles ne coûtent pas très cher à synthétiser ni à fabriquer en série. Des pièges pourront donc être commercialisés ! Cependant, pour la scientifique/garde-manger des punaises, tout n’est pas fini. Toujours sur Passeur de Sciences, on lit :

« Il reste en effet plusieurs tests à effectuer pour la mise au point des pièges avant leur commercialisation. D’ici là, la chercheuse doit continuer de nourrir sa colonie… « Je ne suis pas spécialement ravie », a-t-elle reconnu, mais sachant à quel point cette technologie rendra service à quantité de personnes, cela en vaut la peine ». »

RESPECT.

Pour aller plus loin…

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