Trois scènes cultes qui m’ont « gâché » le film

Certaines scènes cultes ont gâché le plaisir cinématographique de Sophie-Pierre Pernaut. Elle vous raconte.

Trois scènes cultes qui m’ont « gâché » le film

Parfois, tu t’installes peinarde devant un film pour te détendre. Que tu te mettes à le vénérer ou pas, tu en tires généralement une impression générale. Mais parfois, il peut arriver que l’on soit surpris — ce qui est tout à fait normal puisqu’une oeuvre cinématographique qui n’étonne pas n’a pas toujours grand intérêt, mais quand même.

Quand on ne s’attend pas à quelque chose, c’est à double tranchant : soit ça renforce notre amour pour le film, soit ça le gâche un peu. Et par « gâcher », je ne parle pas forcément de quelque chose de négatif, puisque j’aime tous les films mentionnés ci-dessous, à l’exception de celui du milieu. Mais au lieu d’essayer de clarifier une phrase bien alambiquée, voyons plutôt l’idée en action avec trois scènes cultes qui m’ont « gâché » le film.

La scène de sexe dans Titanic

La méthode du vol sur un bateau > le GHB. De loin.

Remettons bien les choses dans leur contexte : quand j’ai vu Titanic pour la première fois, je n’avais pas encore 8 ans et je suis allée le voir avec mes parents après avoir fait la queue pendant une heure ou deux. J’étais installée entre eux deux, au cinéma, et j’étais bien.

J’ouvrais les yeux grands comme des fesses et je m’imaginais vivre une telle histoire d’amour quand je serai grande. Oui, je m’imaginais sans mal passer ma vie sur un grand paquebot, à attendre qu’un Leonardo ne vienne à ma rencontre et me sorte de mon quotidien triste pour me faire vivre une folle passion — avant de mourir tragiquement.

Mais une scène est venue soudainement frapper à la porte de ma tranquillité d’esprit pour lui faire une béquille dans les tibias. Cette scène, c’est évidemment la scène de sexe. À 7 ans, j’étais entre mes deux parents en train de voir pour la première fois deux personnes toutes nues qui font des mouvements de va-et-vient, et c’était à peu près le truc le plus gênant que j’avais vécu jusque là.

Mon cerveau tournait à vide, et je me demandais si je devais me cacher les yeux ou faire celle qui n’a pas compris que Jack et Rose copulent. J’ai donc passé le reste du film à angoisser à l’idée qu’une autre image de ce style ne vienne perturber ce moment en famille. Et ce moment détente fut gâché à jamais.

La phase scato de Mes meilleures amies

Quand je dis que j’ai pas aimé Mes meilleures amies, c’est pas des paroles en l’air : elles sont carrément enterrées dans le sol, d’ailleurs. J’ai vraiment détesté. On m’avait parlé d’un feel good movie, j’ai été profondément déprimée par les doutes de l’héroïne, jouée par Kristen Wiig.

Mais surtout, on m’avait dit qu’il était drôle, et j’avoue n’avoir souri que pour le playback de Maya Rudolph à la toute fin. Le point culminant d’angoisse a tout de même été la scène de l’essayage de robes. Suite à une erreur commise par le personnage d’Annie (qui ne fait que des conneries parce qu’elle est pauvre — hashtag ohlol), tout le monde finit par être malade comme tout, avec beaucoup trop de bruits d’intestins qui fêteraient la paix retrouvée entre le colon et le rectum.

Notons que la première à être malade est la grosse beauf qui fait un peu flipper, parce qu’elle s’est fait péter le bide à la viande. J’ai du mal à ne pas y voir de grossophobie, mais là n’est pas le propos.

De la sueur, des ventres grognons, de l’humour beauf… Jusque là j’avais toujours cru que j’aimais profondément tous les humours scato : en fait, je n’aime que celui sans bruitage. L’humour scato subtil, quoi, si on peut dire.

Avant cette scène, je vivais plutôt bien le film. J’étais un peu saoulée, mais ça allait. Après cette scène, je l’ai profondément subi. Comme un rendez-vous chez le dentiste couplé avec un frottis chez le gynéco, sauf qu’en pire.

La main sur la portière dans Sur la route de Madison

ATTENTION ALERTE SPOILER : si tu n’as jamais vu le meilleur film de Clint Eastwood (à mes yeux), tu ferais mieux d’éviter de lire ceci, parce que je raconte plus ou moins complètement la fin.

 « Mais où est-ce qu’il a bien pu me mettre la brosse à dos ? », se demande Francesca.

J’ai regardé pour la première fois Sur la route de Madison quand j’étais en terminale, en bossant sur une dissertation ou autre truc pénible. Bêtement, je ne connaissais pas l’issue du film et je pensais que tout se passerait bien pour tout le monde dans le meilleur des univers. Que Francesca et Robert s’aimeraient pour toujours et qu’ils feraient plein de petits-enfants ensemble, puisque leur âge ne leur permet probablement pas d’avoir des enfants directement (oh !).

Alors quand la scène de la portière a commencé, j’ai clairement cru que le personnage de Meryl Streep allait faire un speech touchant à son époux légitime avant de courir sous la pluie pour retrouver Clint. Et puis au fil des secondes, la réalité s’est offerte à moi : Francesca n’allait pas sortir de la voiture. Elle allait reprendre sa vie comme avant et vivre dans l’amour tendre, mais surtout tiède.

Vraiment, je le regardais comme une comédie romantique un peu dramatique avec deux acteurs mythiques aux corps de moins en moins sculptés. Résultat j’ai finalement compris qu’il s’agissait d’un vrai drame dans lequel une femme ne fuit pas, par dévotion pour sa famille, et d’une réflexion larmoyante sur le libre-arbitre. Évidemment, j’ai passé une grosse partie dans la nuit à pleurer comme un enfant à qui on pique sa glace. Super, la comédie romantique. SU-PER. 

Et toi, quelles sont les scènes de films qui t’ont gâché ton plaisir ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Loulou33
    Loulou33, Le 8 août 2013 à 11h21

    @loulou33 : moi en CM2, ils avaient passé jurassic park en classe pour nous faire plaisir. J'ai pas pu regarder le film, il me faisait trop peur, je me suis caché les yeux... Donc déjà jurassic park à cette age c'est limite! Du coup on peut penser que si on supporte jurrasic park, on supporte la violence... (mais je parle pas pour les scènes de sekse). Sinon c'était pas interdit au moins de 10 ou 12 ans le film s'il était si violent ? ou déconseillé ?
    Tu sais c'était il y a 18/19 ans (outch!!!!!), j'étais avec ma mère, il me semble que peut être la guichetière a prévenu ma mère, mais pas d'interdiction.
    C'était peut être moins strict à l'époque..
    Et je viens de regarder sur allo ciné pas de restriction d'âge... Pourtant entre les scènes de sexes et de tuerie.. Et de décapitation...

    Il faudrait que je le revois avec un œil neuf adulte.

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