Salma Hayek parle de Weinstein, « son monstre » à elle aussi

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Salma Hayek a pris la parole contre Harvey Weinstein, co-producteur du film Frida, et l'accuse de harcèlement répété... jusqu'aux menaces de mort.

Salma Hayek parle de Weinstein, « son monstre » à elle aussi

Depuis que les premiers témoignages accusant Harvey Weinstein de harcèlement sexuel, d’agressions sexuelles et de viols ont été exposés au grand jour, l’affaire ne cesse de prendre de l’ampleur et les personnalités de raconter leurs histoires.

Après Asia Argento, Uma Thurman, Jessica Chastain, Natalie Portman et bien d’autres, c’est Salma Hayek qui a récemment pris la parole.

Elle a elle aussi été victime des griffes du producteur américain, et se confie dans sa récente interview pour le New York Times.

« Harvey Weinstein est mon monstre à moi aussi »

L’histoire remonterait au début des années 2000, alors qu’elle signait avec lui pour le film Frida, racontant la vie de Frida Kahlo, sorti en 2002.

Pendant le tournage, Weinstein lui demandait régulièrement de le regarder prendre des douches, de la regarder, d’entrer dans sa chambre la nuit, de se faire masser nue par un de ses amis, de lui faire une fellation…

Devant l’enchaînement de ses oppositions, Harvey Weinstein se montrait de plus en plus odieux et n’a cessé de la rabaisser, lui balançant qu’elle « n’était personne » et que le rôle de Frida irait à une autre actrice.

Elle rapporte :

« Non, non, non, non, non… Et à chaque refus, la colère machiavélique d’Harvey. »

« Je vais te tuer », Weinstein à Salma Hayek

C’est entre autres le type de menaces que Weinstein aurait lâchées pendant ses démarches de harcèlement.

L’actrice tenait énormément au rôle de Frida Kahlo, une artiste qu’elle admirait, elle était donc coproductrice et détentrice des droits du script.

Après les nombreux chantages du producteur, elle raconte avoir dû aller jusqu’à saisir des avocats pour récupérer le contrôle de la production et garder le rôle-titre.

C’est finalement elle qui a pu interpréter la peintre mexicaine, mais elle dépeint l’agressivité et les remarques ignobles dont elle a été victime :

« Il m’a dit que la seule chose que j’avais pour moi, c’était mon sex-appeal, et qu’il était absent du film ».

Entre autres violences, Weinstein a été jusqu’à menacer de mort Salma Hayek.

« Il a prononcé ces mots effrayants : « Je vais te tuer, ne pense pas que je n’en suis pas capable ». »

« J’étais une chose : juste un corps »

Weinstein aurait poussé la violence jusqu’à imposer à Hayek de tourner une scène de sexe avec une autre femme. Une scène filmée nues..

Trop attachée au projet, l’actrice a accepté mais explique avoir été malade au moment du tournage. Malade de subir ça, malade de voir son consentement bafoué, malade de Weinstein et de son emprise toxique.

Harvey Weinstein « répond » à Salma Hayek

À cette interview, Harvey Weinstein a répondu. Ou plutôt, son porte-parole, comme l’indique Deadline.

« M. Weinstein ne se souvient pas d’avoir fait pression sur Salma pour qu’elle réalise une scène de sexe gratuite avec une autre actrice féminine. Il n’était pas là pour le tournage.

Cependant, cela faisait partie de l’histoire, comme Frida Kahlo était bisexuelle. Mais la scène de sexe la plus importante dans le film est celle entre Mme Hayek et Geoffrey Rush. »

Quant aux autres allégations, sa réponse est :

« Les accusations de nature sexuelle ne sont pas justes et d’autres personnes ayant assisté aux évènements les relatent différemment. »

Salma Hayek, survivante marquée par Weinstein

Aujourd’hui, l’actrice raconte le trauma qu’a engendré cette expérience et explique au New York Times :

« Je me suis autopersuadée que c’était fini et que j’avais survécu.

J’ai esquivé la responsabilité de témoigner, avec l’excuse que suffisamment de gens avaient déjà fait la lumière sur mon monstre.

Je n’estimais pas ma voix importante et je ne pensais pas que cela ferait une différence. […]

Peut-être s’agit-il d’une conséquence des nombreuses fois où on m’a dit, enfin surtout Harvey, que je n’étais personne. »

À lire aussi : Pourquoi les femmes victimes de violences conjugales ne portent-elles pas plainte ?

Dénoncer les agresseurs, une démarche importante

Le soutien et la prise de parole sont essentiels pour aider les victimes à dire « Me too » (« Moi aussi »).

À la manière de l’effet papillon, plus les témoignages sont écoutés, plus les gens se sentent aptes à faire entendre leur voix.

Dans l’horreur de la situation, je trouve une lueur d’espoir, celle que les choses continuent d’évoluer et que nous assistons à un tournant…

La culpabilité n’est plus placée du mauvais côté et la volonté de se serrer les coudes est bien présente chez les victimes.

J’ai envie de croire à des suites plus positives encore, mais pour cela, il faut continuer de se battre et de dévoiler ses histoires.

À lire aussi : L’affaire Harvey Weinstein, vers la fin de l’impunité des agresseurs sexuels ?

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Tifaine P


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Commentaires
  • BulleColoree
    BulleColoree, Le 14 décembre 2017 à 19h11

    Ah la la, j'ai ce film dans ma (trop) long liste de film a voir maintenant je ne sais plus ... je dois pas le voir car il a été produit dans des conditions immondes ou alors le voir car c'est quand même un projet au quel tenait salma hayek:hesite:

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