Sagan
La mode est aux « biopics », à ces films racontant (de manière très franco française) les gloires et déboires de nos héros. Après La môme et en attendant Coluche, c’est Françoise Sagan qui en fait les frais.
Mais par où commencer ?
Françoise Sagan reste à part dans notre patrimoine littéraire. Véritable égérie il y a quelques dizaines d’années, qui peut citer aujourd’hui deux ou trois de ses titres ? A part Bonjour Tristesse, bien sûr, dont chaque jeune fille normalement constituée devrait pouvoir réciter l’incipit : « Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse ». Le reste de ses romans ne se trouve guère que chez les bouquinistes. Ce livre, écrit à dix-huit ans, raconte comment une jeune fille de bonne famille découvre l’amour sur la Côte d’Azur (dit comme ça, on croirait du Lolita Pille. Je vous rassure, c’est beaucoup mieux).
Outre Bonjour Tristesse, Françoise Sagan se trouve être dans l’inconscient collectif l’incarnation de l’artiste maudit. D’abord il y a le succès, les belles voitures, la fortune qui arrive d’un coup, les amours débridées : comme Colette avant elle, elle scandalise l’opinion bien-pensante à cause de ses histoires avec des femmes. Et puis il y a l’accident de voiture, la cocaïne, les parasites, les dettes qui s’accumulent, les mariages malheureux, l’incident en Colombie, une mort solitaire après une descente aux Enfers aussi longue qu’a été éclatante la célébrité.

Entre fiction et réalité
Ne serait-ce que dans les grandes lignes, cette biographie ressemble déjà à un film à succès. Sagan est morte en 2004, le film n’aura pas mis trop de temps à se faire. A vrai dire, initialement, Sagan n’est pas un film, mais un téléfilm qui sera diffusé sur France Télévisions à la rentrée 08, dans une version allongée d’une heure.
Mais parlons du film donc. On ne peut que louer Sylvie Testud, dont ce rôle est probablement le meilleur de sa carrière. Elle ne joue pas, elle est. Elle est la jeune fille brune au visage de souris et aux intonations de voix un peu prétentieuses. Elle est la femme entre bébé et mariages ratés. Elle est la vieille dame usée, abandonnée de tous sauf de sa fidèle garde-malade, mais dont la voix a gardé ces pointes de prétention.
A côté de Sylvie Testud, il y a un casting très hétéroclite mais qui fonctionne quand même : Pierre Palmade fait des blagues stupides, Lionel Abelanski fait l’amoureux éconduit tout en nuances, Denis Podalydès est son mari un temps, Jeanne Balibar est l’amante mannequin, Arielle Dombasle la vieille rombière. En fait, Sylvie Testud les éclipse complètement, il n’y a souvent qu’elle sur l’écran.
Et il y a la « petite musique » aussi. Des dizaines de phrases, de la main même de Sagan, sont données en voix off tout le long du film. J’ai regretté de ne pas savoir écrire dans le noir pour toutes les noter.
Le film a donc trois points extrêmement positifs, l’actrice, les petites phases, et surtout son personnage fascinant. Mais la réalisation reste enfermée dans le carcan de la télé. Les scènes s’enchaînent sans lien, l’image est un peu vieillotte, on se croirait justement dans un téléfilm de France 3. L’autre défaut majeur étant Arielle Dombasle, qui est tout sauf une bonne actrice. Tant pis, le film vaut quand même la peine.
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j' aime beaucoup Silvye Testud et le film m' interesse beaucoup. Avant, je vais lire "Bonjour Tristesse" qui m'interesse autant.
Moi j'ai adoré ! Le jeux d'actrice de Sylvie Testud est brillant et le film est bien réalisé. Ca donne envie de lire Sagan, je vais d'ailleurs me précipiter sur son premier livre "Bonjour tristesse".
Je l'attendais avec impatience depuis longtemps, j'avais vraiment très hate de pouvoir aller le voir. J'attendais surement trop de ce film, je l'imaginais être génial. C'est surement pour ça que j'ai été décu. J'ai trouvé ca fade, superciel et sans aucune profondeur, tout parait survolé, c'est plat et sans aucun relief, à la limite de l'ennuyant. Au final j'ai aimé, un peu, mais j'ai été terriblement décu surtout.
Très bon article Alecto ! Parfaite critique ciné, pas de concurrence entre nous puisque, comme à mon habitude, j'ai essentiellement jeté mon point de vue personnel !