Comment bien saboter sa productivité en 24 heures

La productivité est une chose merveilleuse, mais il fait lui donner un bon terreau pour qu'elle puisse pousser. Voici quelques petits conseils à ne surtout pas suivre.

Comment bien saboter sa productivité en 24 heures

Il y a trois moments dans l’année où on se surprend souvent à vouloir prendre de bonnes résolutions :

  1. Le nouvel an
  2. Notre anniversaire
  3. La rentrée

Et même si « la rentrée », ça finit par plus vouloir dire grand-chose une fois qu’on rentre dans la vraie-vie-active-des-adultes, il y a toujours cette espèce de valeur symbolique de la renaissance dans le mois de septembre qui nous pousse à reprendre notre vie en main.

Cette année, pour moi, le plan était simple : après un an sans vacances ni week-end au soleil, j’allais me prendre dix jours de glande au bord de la piscine et revenir avec plein d’idées fraîches et la patate nécessaire pour m’attaquer à mes nouveaux projets. Et comme la vie est une chienne et qu’elle aime bien se foutre de ma gueule, elle m’a fait tomber malade PILE dans ma semaine de vacances — une angine qui m’a encore plus fracassée que la Grippe A, tant qu’à faire.

Du coup, je ne me suis absolument pas reposée, parce qu’être malade c’est épuisant, et j’ai pas du tout eu le temps de réfléchir à mon avenir parce que sinon ce serait trop FACILE. Il a donc fallu enchaîner directement après ma guérison, sans transition.

J’ai donc décidé de prendre quelques bonnes résolutions et de mieux m’organiser pour bosser afin de me faciliter la vie et de donner un petit air exotique à ma reprise.

C’était sans compter sur ma flemme et mon bordélisme désormais légendaires, qui sont encore une fois intervenus pour foutre la merde dans mon organisation. Si, comme moi, vous souhaitez vivre une vie pleine de rebondissements, de crises d’angoisse et de colère contre vous-même, suivez donc mes conseils pour une rentrée réussie !

Étape 1 — Les préparatifs de la veille

S’il y a bien un jour propice aux prises de décision radicales, c’est le dimanche. Le dimanche, tout pue, mais tout est aussi plein d’espoir : peut-être que cette semaine à venir sera la bonne, peut-être que nous sommes en train de vivre un moment historique, une sorte de pré-renaissance.

Du coup, on fait des plans sur la comète, on range un peu son bordel, on sort ses carnets et on s’étale sur son lit pour préparer sa super semaine de productivité incroyable et de conquête du monde.

NB : Si vous avez loupé le coche du dimanche, c’est pas bien dramatique : n’importe quel jour peut faire l’affaire, c’est moins symbolique mais quand on veut changer de vie, ça ne compte pas vraiment. L’important, c’est de se lancer.

À 23h maximum, on remballe tout, on range tout bien pour le lendemain et on se met sous la couette, parce que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, et que si on s’offre une belle nuit de sommeil, on sera fraîches au réveil et des oiseaux viendront nous aider à enfiler nos vêtements et un écureuil nous fera du café et tout ira bien.

Oui mais voilà, quand on a l’habitude de se coucher à 6 heures du matin et de glander au lit jusqu’à 15 heures, pas évident de s’endormir aussi tôt. Alors on se met un épisode de Dexter pour se détendre. Puis un épisode de True Blood. Puis six épisodes de Regular Show.

Bientôt, il est deux heures du matin et on compte les heures qui nous séparent du réveil matinal qu’on a prévu et on se recouche. Mais… tiens… qu’est-ce donc que ça ? Une chanson qui ne veut pas sortir de votre tête ? Vite, attrapez votre casque et lancez-la à fond, une bonne fois pour toutes, histoire de vous en débarrasser.

Quand soudain, il est 5 heures du matin, parce que vous avez décidé d’écouter l’intégrale de Skid Row, parce que c’était IMPORTANT. Du coup, vous décidez de vous lever à 10 heures, parce que 5 heures de sommeil c’est largement suffisant, et ça vous laissera tout le temps de faire ce que vous avez à faire. Au pire ça vous mettra un peu la pression, et c’est pas plus mal.

Étape 2 — On joue à chat avec son réveil

9h30, le réveil préventif sonne : il vous prévient que c’est bientôt la fin et que la prochaine fois que vous l’entendrez, ça signifiera qu’il faudra sortir votre couenne du lit. Vous avez du ciment sous les paupières, du crumble mouillé aux coins des lèvres et au moins autant envie de vous lever que de vous pendre avec du fil barbelé.

10h, c’est l’heure, on se bouge, on sort son bras de sous la couette… et on appuie sur snooze. Ça va, c’est pas neuf minutes de plus ou de moins qui vont changer quoi que ce soit à votre petite révolution. Et puis merde, on peut pas commencer une nouvelle vie avec la gueule dans la pâté et une humeur de chien, j’suis désolée mais y a un moment où faut savoir se préserver aussi hein.

L’important c’est quand même le moral, dans l’histoire. Personne n’a jamais changé le monde avec des idées noires et des cernes de 6 mètres de profondeur, votre glorieux destin peut bien attendre neuf putain de minutes.

10h09 : vous n’êtes pas encore prêt-e-s et ça ne servirait à rien de se forcer, c’est contre-productif et très mauvais pour vos chakras, on rempile pour neuf minutes.

10h18 : non mais là j’veux dire, ce serait COMPLÈTEMENT ridicule de se lever à 10h18, ça n’a aucun sens comme horaire. 10h30 ouais, là ok, c’est plus classe.

10h30 : d’un autre côté, le temps que vous sortiez enfin de votre torpeur, puis de votre lit, puis que vous prépariez votre petit dej’ et que vous vous mettiez au boulot, il sera midi, et ce sera l’heure de manger alors bon, foutu pour foutu, la journée peut tout aussi bien commencer à 14 heures hein.

Étape 3 — Passage du lit au bureau

Lorsqu’enfin vous parvenez à vous extirper de votre lit douillet, après avoir fini collée contre le mur du fond pour fuir les rayons du soleil qui se font de plus en plus envahissants, il est temps de passer à l’action.

Idéalement, vous devriez commencer par une bonne douche, histoire de vous rafraîchir, après quoi vous devriez enfiler des vêtements propres, vous préparer un super brunch équilibré avant de vous assoir à votre bureau pour vous mettre au boulot.

Entre-temps, vous aurez évidemment débarrassé et lavé toute votre vaisselle, nettoyé le plan de travail de la cuisine, lancé une machine et passé un petit coup d’aspirateur pour faire bien.

Mais en vrai, vous vous êtes contentée d’aller pisser, de vous préparer un thé ou un café à la va-vite en rinçant une des nombreuses tasses sales qui gisent dans votre cuisine et vous vous êtes assise devant votre ordinateur, toujours aussi encroûtée, dans un pyjama qui pue le sommeil.

Étape 4 — L’organisation

Normalement, vous devriez au moins avoir un coin travail un minimum organisé. Un bureau un peu propre et dégagé, avec uniquement le strict nécessaire à portée de main, et qui du coup donne très envie de s’y mettre. Quand tout le matos est bien diposé, que tout est propre et bien organisé, prêt à être utilisé, ça motive forcément.

En réalité, ça fait un moment que vous vous dites qu’il faudrait vous y mettre, mais votre bureau ressemble plus à un squat de clodos qu’à un lieu de travail. Le mien, par exemple, ressemble plus souvent à ça :

Du coup, vous abandonnez l’idée de tout ranger maintenant parce que ça prendrait trop de temps et qu’avec ces conneries il est déjà 15 heures et que vous avez déjà assez déconné comme ça, merde. Il est temps de s’y mettre pour de bon. Mais comme le bureau est inaccessible, vous êtes obligée de bosser au lit parce que vous n’avez pas le choix. C’est pas votre faute.

Sauf que du coup, votre lit ressemble à ça :

Et que c’est pas forcément beaucoup mieux pour vous y retrouver.

Étape 5 — Procrastination !

Et comme vous n’avez pas des masses d’inspiration (parce que vous êtes fatiguée, pas motivée, et que la vie c’est relou) vous décidez de vous promener un peu. D’abord sur Tumblr, puis sur Reddit, puis sur Twitter, puis sur les 84 785 autres sites qui veulent bien vous accueillir. Peut-être que vous y trouverez un peu d’inspiration. Ça se tente, au point où vous en êtes.

Mais votre vrai problème, là, tout de suite, c’est la lourdeur de vos paupières. Vos oreillers vous offrent le confort dont votre nuque a tant besoin, vous avez fini par vous glisser sous la couette même si vous n’aviez pas froid, parce que c’est plus confortable comme ça, et vous vous êtes affaissée au fil du temps. Vous êtes désormais allongée, avec les jambes relevée et votre ordinateur calé sur vos cuisses, avec l’écran qui vous chatouille le front.

Si vous n’étiez pas aussi fatiguée, peut-être que vous pourriez… que vous pourriez… pourrefdsjkkfdcxnwpffhfhfdlssssssssssssssssssssssssssssssss…

Étape 6 — OH MINCE IL EST 20 HEURES

Eh ben voilà, bravo, c’est gagné, vous avez dormi quatre heures et vous n’avez absolument rien branlé de la journée, vous avez gagné le droit de vous flageller toute la soirée en vous promettant que demain, demain ça changera, demain tout va changer, demain, tout ça, ce sera TERMINÉ.

Bon courage.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Freyga
    Freyga, Le 23 février 2014 à 15h39

    c'est article c'est exactement moi, jamais organisé, complètement bordélique ayant tendance a tout remettre a plus tard. :happy:
    L’intégral de Skid Row toute la nuit ça me rappelle des souvenirs.

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