Rounds (Four Tet)

Four Tet est un homme pas si connu que ça et qui pourtant fait une musique qui, une fois qu’on l’a découverte, fait qu’on s’étonne de ce peu de notoriété. Peut-être est-ce que Kieran Hebden, le jeune homme qui se cache derrière le nom de Four Tet qui ferait presque penser à un groupe, n’a […]

Four Tet est un homme pas si connu que ça et qui pourtant fait une musique qui, une fois qu’on l’a découverte, fait qu’on s’étonne de ce peu de notoriété. Peut-être est-ce que Kieran Hebden, le jeune homme qui se cache derrière le nom de Four Tet qui ferait presque penser à un groupe, n’a pas vraiment l’air intéressé par le côté promotion, star, gros hits et compagnie. Et d’ailleurs, c’est tant mieux. Il n’y a qu’à en juger par sa prestation à Paris en juin 2005 qui a suivi la sortie de son quatrième album. La salle choisie est toute petite et presque inconnue, le Point Ephémère, et l’attitude du jeune homme irréprochable : il se mêle à ceux qui sont venus l’écouter pendant la première partie et discute avec eux.

Revenons donc sur la carrière de Four Tet et plus précisément sa discographie : quatre albums, depuis 1999. Tous ayant, d’ailleurs, un joli titre : Dialogue, Pause, Rounds, puis Everything Ecstatic. Et toujours, de l’électro très agréable, pas du tout répétitive mais au contraire plutôt recherchée. On voit que Kieran Hebden a bien bossé avant chaque album, et le résultat vaut toujours le détour, qu’on soit à la recherche d’une musique reposante ou tout simplement de morceaux aussi jolis qu’hypnotiques.

Rounds est donc son troisième album, sorti en 2003 ; et c’est vraiment un petit bijoux d’électro, chacun des dix morceaux étant paisible et entraînant à la fois. Ce qu’on peut expliquer par le fait que chacun d’eux semble suivre toujours le même schéma. Enfin, le même schéma, dans l’idée seulement car fort heureusement on n’a pas un seul instant l’impression que Four Tet se répète. Un schéma particulier, donc, à savoir l’association d’en quelques sortes deux mélodies. Une mélodie légère qui rappelle le titre bien choisi tant on a l’impression que chaque note est provoquée par une petite bulle qui éclaterait. Et une autre mélodie, un peu plus lourde sans que ce soit vraiment un adjectif qui s’accorde avec la musique de cet album. Des sons métalliques, ou qui rappellent le bois. Et qui semblent tout à fait en accord avec la joliesse et la légèreté de l’autre aspect de ces morceaux.

Rounds démarre avec le morceau Hands dont les premiers sons sont semblables à des battements de cœur. A partir de ça et pour dix chansons, on prend nous aussi un peu vie, tant chacune – et surtout She Moves She– est envoûtante, prenante, et transporte dans un monde agréable, reposant, très joli : tout autant que la musique de Kieran Hebden.

Ce qui est réussi surtout dans cet album est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre. Ou plutôt, si : on croit le savoir. Et pourtant de nouvelles sonorités débarquent alors qu’on pensait que le morceau allait continuer comme il avait commencé, la mélodie s’accélère ou ralentit. Et c’est un plus qui rend cet album délicieux.

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