Rougir au fond, c’est pas pire — La leçon de la semaine, par Sophie Riche

Sophie Riche rougit facilement, mais elle a appris avec le temps à de mieux en mieux le vivre, diminuant ainsi la fréquence de ce phénomène.

Rougir au fond, c’est pas pire — La leçon de la semaine, par Sophie Riche

Je suis timide. On croirait pas forcément, comme ça, parce que déjà, je fais des efforts pour que ça ne soit pas trop gênant dans ma vie, et puis parce que je le cache sous un mélange de blagues ratées et de phrases random prononcées un poil trop fort. Parfois, quand l’envie de parler n’est pas au rendez-vous, je me contente de ne rien dire, mais comme j’ai une bitchy resting face, on pense que je fais la gueule. Du coup, les gens savent pas forcément que je suis timide.

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Timide et émotive, pour être exacte. Résultat, comme bon nombre de personnes qui cumulent ces deux caractéristiques, je rougis avec une facilité déconcertante.

À lire aussi : Rougir, ce phénomène incontrôlable (et exaspérant)

Certains jours, je suis à l’aise presque tout le temps. Je ris, je souris, je parle, je papote, je fais des blagues sans que mes joues ne se teintent d’un léger rose ou d’un fuchsia saturé. Et puis y a d’autres jours, je sais pas bien pourquoi, où un rien me fait rosir. Parfois, il suffit que je repense à un moment où j’ai rougi, que je bafouille, que je me demande si j’ai bien mis du déo, ou que mon ventre fasse un léger bruit…

Du coup, on va pas se mentir, c’est relou.

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Mais avec le temps, j’ai appris à contrôler mes rougissements inopinés du visage. Et je vais pas te laisser à baigner dans ton urine sans venir changer ta couche de l’astuce, ça non ! Je vole à ta rescousse, et plutôt deux fois qu’une Je vole à ta rescousse et plutôt deux fois qu’une*.

* J’adore l’humour.

Respirer

Quand on sent le rouge nous monter aux joues parce qu’on vient de faire tomber un truc ou de se tordre la cheville alors qu’on marchait avec assurance dans la rue, on a grosso modo trois options :

  • le désespoir, façon « keskonvapouvoarférdemoi »
  • le rire, façon « hahahahassanarivkamoi »
  • la respiration contrôlée

Prendre une bonne inspiration et se concentrer sur l’expiration (par le nez ou par la bouche), sur l’air qui s’échappe de nos poumons, puis recommencer jusqu’à ce qu’on soit apaisé•e est une bonne façon de faire ralentir son rythme cardiaque ET de penser à autre chose qu’à ces joues qui rosissent.

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Ça aide donc à reprendre une teinte de peau habituelle ! Même si tu as fait tomber le contenu d’un verre plein de vin rouge dans la chaussure d’une dame que tu ne connais pas dans un restaurant bondé, oui**.

**Anecdote véridique m’étant arrivée pas plus tard que le mois dernier.

Se poser les bonnes questions

Autre façon de gérer un peu mieux le rougissement, voire d’empêcher son arrivée : se poser des questions qui aideront à remettre un peu d’ordre dans son esprit (esprit qui craint tellement le rougissement qu’il est certainement en train de tourner sur lui-même en secouant les bras dans tous les sens).

  • Qu’est-ce qui me fait rougir ? Le regard des autres.
  • Suis-je sûre que les autres sont en train de me regarder ? Non.
  • Est-ce que j’oserais relever la tête pour voir si les autres me regardent ? Allez.
  • Alors ? Ah ouais ils s’en foutent.
  • Du coup ? Bah ça va, ouais.

Banco ! Ça va mieux, hein ?

Prendre du recul

C’est presque une question de bon sens, en fait, mais ça m’a pris des années : prendre du recul sur la situation, ça aide pas mal à ne pas se retrouver rouge comme une paire de fesses qui a eu froid toute la journée dans un jean trop fin et que du coup on a posée trop longtemps sur un radiateur. Enfin, comme un truc rouge, quoi.

Tout à l’heure encore, j’en ai fait l’expérience. J’étais au rayon avec tous les gadgets du Citadium (si jamais tu ne connais pas, c’est un grand magasin type Galeries Lafayette avec plein de marques différentes, mais version un peu street), et j’ai fait tomber tout un portant de petites guirlandes lumineuses (Josie Situassion-Jénente est invitée dans 100% des moments de ma vie) (comme ça, j’suis jamais seule, c’est sympa).

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Moi quand je m’aère l’esprit alors que je rougis.

J’aurais pu rougir. Peut-être ai-je un peu rosi, en ramassant ce que j’avais fait tomber. Mais je me suis rappelé à quel point cet évènement n’avait aucune incidence : personne n’a été blessé, rien n’a été cassé, et le portant était si bancal que ça avait dû arriver plusieurs fois rien qu’aujourd’hui.

Surtout, tous les regards n’étaient pas tournés vers moi. Et même si des gens s’étaient moqués… Bah ça aurait pas été grave ! Si les gens ont envie de se marrer, pourquoi pas, mais n’oublie jamais que tout le monde oublie ce genre d’évènement dans les dix minutes qui suivent. Ça aide à dédramatiser, j’trouve.

Y a pas mort d’homme + ma bourde a le droit à l’oubli : combo gagnant de la prise de recul sur l’évènement qui peut faire rougir.

Accepter qu’on ne peut pas toujours tout contrôler

Certaines personnes maîtrisent presque tous les éléments de leur vie, ou essaient, en tout cas. On les appelle communément des control freaks. Je ne les juge en aucun cas — je les admire presque un peu, fascinée, tant je suis leur opposée !

À lire aussi : Vis ma vie de control freak

Enfin, l’opposée... Je contrôle tout de même mes émotions fortes, et presque toujours mes pets. C’est pas mal.

Mais je ne contrôle pas toujours la réaction de mon épiderme les jours où j’ai les hormones qui jouent au con (syndrome pré-menstruel, mon amour), quand j’ai trop chaud (j’ai toujours trop chaud), ou quand je suis tout simplement mal lunée, comme dirait l’autre. Dans ces moments, la couleur de mes joues peut partir dans tous les sens, parce que je suis tout simplement plus vulnérable.

Le truc, c’est que c’est pas grave, de rougir. Ça peut être gênant, mais désacraliser le truc, ça aide vraiment à ne pas rajouter à un rougissement naturel celui de la honte de rougir, soit le cercle vicieux de la joue qui chauffe.

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En plus le rose, c’est très joli.

Le pire qui peut vous arriver dans ces moments-là, c’est que quelqu’un vous dise « eh, tu rougis » (franchement, c’est pas atroce, comme épreuve, même si ça peut être un peu relou).

Alors je claque la bise sur tes joues émotionnées ou pas, et je me permets de te rappeler que moins on voit un désagrément comme un truc grave, mieux on le vit, et moins il revient nous emmerder.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Ayudeme
    Ayudeme, Le 1 mars 2016 à 15h15

    @mido personnellement je me contente d'un regard "merci captain obvious", mais je tenterai volontiers ta technique "je pense fort fort à Manuel Valls" et je te dirai les réactions :yawn:

    @sweetestel j'ai aussi des exemples assez formidables de "ben tu fais la geule?" Durant à peu près toute mon adolescence (je crois que les gens se vexaient en pensant que je les aimais pas, alors que ben non, j'ai juste rien à apporter au débat/à la conversation / je suis plutôt quelqu'un qui est facilement dans la lune, voilà c'est tout. Il y a eu un type qui a vraiment été un champion pendant la seule colo que j'ai faite. Attention racontage de life.

    Spoiler: le mono super de la colo géniale

    Et je trouve que ce gif résume bien mon état d'esprit maintenant quand on me dit que je fais la tronche :rire:Voir la pièce jointe 71609

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