Autant être claire dès le début : il est reconnu presque unanimement que ne pas aimer L'Ecume des jours est un vrai blasphème et surtout que c'est ne rien comprendre à la Littérature avec une majuscule. Il FAUT aimer ce bouquin.
L'Ecume des jours, chef-d'oeuvre du grand monsieur Boris Vian, l'une des plus belles histoires d'amours de la littérature. L'action se passe on ne sait pas trop quand ni comment. Colin est amoureux de Chloé, Chick est amoureux d'Alise. Quatre grands adolescents
qui évoluent dans un monde un peu étrange. Ils jouent du pianocktail, se marient, collectionnent les oeuvres d'un certain Jean-Sol Partre, vont à la patinoire, vivent avec des souris dans un appartement qui change de forme selon leur humeur, sont heureux.
L'auteur a résumé ce conte de fées moderne en disant que ce n'est rien d'autre qu'"un homme qui aime une femme, elle tombe malade, elle meurt". Et en effet, Chloé est malade, elle a un nénuphar qui lui pousse dans la poitrine. Et Colin est triste de voir sa Chloé qui dépérit.
Sur fond de néologismes et de jeux de mots complètement extraordinaires, on sourit, comme ça bêtement. La magie de cet univers qui est un peu communicative, l'amour entre ces personnages qui transparaît, tout sauf sirupeux, à travers les pages. Oui, ce bouquin est un peu puéril, entre les souris qui se frottent les moustaches et les remèdes floraux. Il y a un tel charme à cette histoire qu'on oublie tout le reste. Une plongée dans un univers un peu absurde, un peu impossible. Et la beauté, surtout.