Autant être franche dès le début, si Le vent se lève n'avait pas obtenu la Palme d'or au dernier festival de Cannes, je n'aurais jamais été voir ce film. Et je partais pleine de préjugés intelligents, comme "ouais la guerre pour l'indépendance de l'Irlande c'est inintéressant et compliqué".
Erreur, et il est fort dommage de rater un bon film pour des bêtises pareilles. Dès le début du film, nous voici plongés quelque part en Irlande, dans le quotidien d'une poignée de jeunes gens qui se battent contre l'armée anglaise. Durant toute la première moitié, ils combattent. Plans, stratégies, guet-apens, échecs ou réussites, emprisonnements, fusillades hâtives, tortures, en 1920 il ne fait pas bon vivre.
Le personnage de Damien, interprété par Cilian Murphy, déjà vu et aperçu dans La jeune fille à la perle de Peter Webber ou Batman Begins de Christopher Nolan, est la figure centrale du film. Il renonce à sa carrière toute tracée de médecin par, ce qu'on appellerait aujourd'hui patriotisme, mais le film ne tombe pas dans les clichés. Même si Ken Loach nous montre les Irlandais, il les présente parfois aussi cruels que les Britanniques.
C'est ainsi que se présente la seconde moitié du film, où les combats ont cessé par un traité. Le fameux adage sur les ennemis s'alliant contre un adversaire commun et retrouvant leur conflit une fois l'adversaire disparu se révèle alors vrai, et les Irlandais oublient leur fraternité. Là le film peut se montrer long, les personnages parlementent énormément, mais la fin, sans la révèler, rattrape cette petite heure à attendre la montée progressive du suspens, et ne déçoit pas.