Si toute condition humaine n'est pas renfermée dans ces pages, du moins est-il certain qu'elle ne cesse pas d'y être en question, et si tragiquement, si profondément, que le livre se trouve encore accordé par ses accents aux peines les plus lourdes et aux plus grandes souffrances. C'est un sûr gage de son exceptionnelle valeur. Jean Guéhenno. 
Voici ce qui figure sur la quatrième de couverture de La Condition humaine en Folio. Pas un simple résumé, non, car il serait difficile de résumer cette œuvre profonde, grandiose, magistrale.
Le contexte n'est pas facile à saisir. Shanghai, 1927. Une insurrection communiste. Les Rouges du Kominterm, les Bleus du Kuomintang, les Blancs, les consortiums étrangers. Je te conseille vivement une édition plutôt scolaire, aux thématiques et dossiers toujours intéressants.
Les protagonistes ? Un industriel français au bord de la ruine, une Madame de Merteuil, un mythomane adepte de la commedia dell'arte, un professeur marxiste intoxiqué à l'opium, son fils la figure du héros, sa femme, un Russe, un Belge, un terroriste… Les nationalités se mêlent, les visages se confondent. En fin de compte peu importe leur âge, leur sexe. Ce sont des Hommes.
Car Malraux s'attelle, dans ce qu'on pourrait appeler son chef-d'œuvre (Prix Goncourt 1933) à décrire cette condition humaine qui nous oppresse toutes. Comment vivre en respectant sa dignité, en apprivoisant la souffrance, la mort, l'amour, la liberté, la vie tout simplement.
Mon livre préféré. Un de ces opus qui changent le lecteur à jamais. Après avoir lu La Condition Humaine on n'est plus la même personne, et ces phrases aux allures de maximes universelles deviennent lancinantes… En veux-tu en voilà :
- On ne possède d'un être que ce qu'on change en lui
- Reconnaître la liberté d'un être c'est lui donner raison contre sa propre souffrance
- Accepter d'entraîner l'être qu'on aime dans la mort est peut-être la forme la plus totale de l'amour, celle qui ne peut pas être dépassée
- La pire souffrance est dans la solitude qui l'accompagne
- On ne connaît jamais un être, mais on cesse de sentir parfois qu'on l'ignore
- Il est beau de mourir de sa mort, d'une mort qui ressemble à sa vie. Et mourir est passivité mais se tuer est acte.