Quand on lit des shôjo, nous, les filles, on finit forcément par être lassées de voir toujours les mêmes histoires, toujours les mêmes personnages, toujours les mêmes situations. L’héroïne cruche à souhait, son petit ami au physique avantageux, en plus premier de la classe et avec un job qui paye bien, la méchante jalouse qui tente de détruire le couple parfait, tout ça, on en a marre ! Alors on se met à la recherche de la petite perle qui va enfin sortir du lot. Et j’ai trouvé un spécimen.
Hot Gimmick, de Miki Aihara, c’est l’histoire de Hatsumi Narita, une jeune lycéenne qui vit avec ses parents et ses frères et sœurs dans une shataku, qui est une maison réservée aux employés de la même entreprise. Autant dire que ce n’est pas facile de vivre tous les jours avec Mme Tachibana, la femme du supérieur de son père, comme voisine. Un seul faux pas et M. Narita pourrait se retrouver licencié. D’autant plus qu’Hatsumi a une peur irraisonnée de Ryôki Tachibana, le fils du patron, qui la traite comme une véritable esclave et lui fait subir un chantage monstrueux.
C’est comme ça que commence notre histoire. Et même si les situations et les personnages ne sortent pas des sentiers battus au début du manga, la suite réserve des surprises agréables et rend Hot Gimmick vraiment différent des autres shôjo. Bien sûr, on ressort les personnages clichés : l’héroïne cruche, le beau gosse de service, le gros méchant et le grand frère protecteur. Mais sous ces airs communs, ce manga, de par bien des choses que je me garderai de révéler, surpasse de loin les autres shôjo de ma bibliothèque.
Les héros ne manquent pas d’évoluer, de s’étoffer au fur et à mesure des tomes, l’intrigue se fait de plus en plus passionnante et le suspense à la fin de chaque volume nous met au supplice.
En plus de tous ces atouts, ce manga aborde des thèmes clés de la société japonaise, à savoir cette famille que devient l’entreprise dans la vie d’un Japonais, mais aussi le sacro-saint foyer nippon où le paraître domine toute autre valeur. Un petit plus là où dans la majorité des manga, les héros sont des adolescents qui semblent ne pas avoir de parents. On est bien loin de Vidéo Girl Ai où le héros de 16 ans vivait dans un appartement immense avec un père toujours absent, ce qui lui laissait une liberté totale.
L’art de l’hypocrisie est déployé tout au long des volumes pour une intrigue générale différente et haletante.
Côté crayon, Miki Aihara a su développer son style. Bien particulier, je l’accorde, mais on s’y fait très bien. Et ça fait plaisir, pour une fois, de trouver une héroïne, même cruche, qui n’a pas la plus grosse poitrine, qui n’est pas maigre comme un fil de fer, qui n’est pas la plus jolie du lycée, qui n’est pas la plus intelligente de la classe et qui n'est pas parfaitement permanentée au réveil.
Hot Gimmick, c’est le shôjo du moment !