Dans les salles depuis le 30 avril
De Jean Becker
Avec Albert Dupontel, Marie-Josée Croze, Pierre Vaneck
De prime abord, un film dont on n'a pas beaucoup entendu parlé et qui ne paye pas de mine. Il suffit de voir l'affiche, pas très attirante, qui te fait penser que ce film, il est plutôt fait pour ton père, ta grand-mère, ou pour tous les aficionados de Chasse et Pêche (sûrement l'effet je me ballade en k-way marron dans la nature...) Tout faux ! On devrait attaquer en justice le graphiste pour "affiche mensongère" : ce film est loin d'être chiant, il est absolument splendide.
Du rire...
L'histoire est la suivante : Antoine Méliot (interprété par Albert Dupontel) a la quarantaine, une femme (Marie-Josée Croze), deux enfants, un job bien payé, une maison avec jardin, bref le package du type bien installé dans la vie avec a priori aucune raison de se plaindre. Et puis bam, double bam, le type explose (c'est une métaphore ma jolie, je veux bien que le film ne soit pas ce dont il a l'air, mais quand même) ! Et c'est là où ça devient drôle, chacun des moments où le type fout sa vie bien rangée en l'air vaut le détour. Antoine Méliot assassine avec ses mots, et c'est tellement bon que 1/ tu es morte de rire dans ton siège 2/ tu aimerais vraiment pouvoir faire tout comme lui. Tout le monde y passe : son client au travail, ses amis (je te conseille cet extrait-là), sa femme, et même ses enfants "c'est très gentil, mais dans bon anniversaire, y'a deux n à anniversaire".
... aux larmes
Antoine Méliot plaque tout et part en Irlande pour une deuxième partie du film très émouvante. Là-bas, il rejoint son père qu'il n'a pas vu depuis des années et qui vit un peu comme un ermite : une petite baraque perdue dans la pampa, un chien, une partie de pêche quotidienne, une vie simple quoi. Les retrouvailles seront émouvantes, mais pas pour les seules raisons que tu crois... Je ne t'en dis pas plus, pour te laisser le suspens (et l'angoisse, aussi) de cette deuxième partie du film qui contraste totalement avec la première. Pas d'ambiance plombée, tout est subtil, et les émotions te viennent naturellement, sans que le réalisateur en fasse des tonnes. Résultat, à la fin tu pleures presque à coup sûr, et comme dirait ma chérie, tu n'as que deux solutions : soit sécher tes larmes et sortir vite fait de la salle quand tu entends le générique de fin (la solution que j'ai adopté), soit laisser les larmes couler et croiser les doigts pour que les spots ne se rallument pas tout de suite...
Albert Dupontel absolument remarquable : un rôle césarisable ?

J'ouvre les paris : Albert Dupontel sera nommé aux Césars 2009 pour ce film (oui, le mot césarisable, ça voulait dire ça : possiblement nommé aux Césars). Il excelle dans ce film, on dirait qu'il est en totale osmose avec ce personnage, si bien qu'après avoir vu le film, je n'image personne d'autre dans son rôle. Mon petit doigt me dit que c'est ça, un bon casting. Sa performance dans le film est absolument remarquable, il nous ballade où il veut : dans ses accès de colère tout comme dans ses moments de bonheur simple. Juste remarquable.
Ce film est donc loin d'être chiant (oui, je l'ai déjà dit, mais avec une affiche pareille, je me dois bien de le répéter deux fois, non ?) car il te prend dès le début par le revers de la chemise, te soulève de sorte que tes pieds touchent plus terre et te dit : là, tu ris ; là, tu t'inquiètes ; là, tu pleures. Et toi tu t'exécutes, parce qu'il vraiment balèze, ce film.