La Confession d'un masque raconte l'enfance et l'adolescence d'un jeune homme dans le Japon de la Seconde Guerre mondiale, et beaucoup s'accordent sur le côté autobiographique du récit.
Yukio Mishima, pseudonyme de Kimitake Hiraoka, est né en 1925 dans une famille paysanne. Sa grand-mère un peu trop autoritaire lui impose une solitude forcée : il n'a pas le droit de jouer avec les autres garçons, ou même de se tenir au soleil. Son père lui interdit, mais il écrit dès ses douze ans, au lycée et à l'université ensuite. Confession d'un masque est publié en 1948, et le succès est immédiat pour le jeune auteur âgé de seulement vingt-quatre ans. Homosexuel mais conventionnellement marié et père de deux enfants, il se donne la mort en public en 1970 pour une sombre raison politique.
Le livre s'ouvre sur un passage des Frères Karamazov de Dostoïevski, à propos de beauté et de honte. L'enfant qui je crois, ne précise jamais son prénom, vit dans un monde un peu imaginaire, comme tous les enfants, mais dans les contes de fées, ce sont les princes charmants et non les demoiselles en détresse qui le font rêver. Il décrit minutieusement cette attirance envers les éphèbes comme il les appelle, camarades de classe, nus de tableaux, à une époque où l'éducation sentimentale paraissait négligée.
Le personnage, dans sa quête pour affirmer et assumer sa sexualité, est plutôt attachant. Il va jusqu'à s'éprendre de la soeur d'un ami, pour finalement renoncer au mariage au dernier moment. Il est toujours partagé entre hésitations et souffrance, lui aussi étant à la recherche du bonheur, finalement.