Réussir ses premières semaines en entreprise

Tu commences un stage, un apprentissage, un poste en entreprise. Comment faire pour que cette expérience se déroule au mieux ?

Après t’avoir donné quelques trucs à savoir avant de mettre les pied dans le monde professionnel, entrons un peu plus dans le détail : que faire dans les premières semaines de ta vie en entreprise pour démarrer sur de bonnes bases ?

1 – Se présenter 

Et oui. Ca peut paraître évident mais… C’est extrêmement important pour que tu ne sois pas simplement une silhouette qu’on croise à la machine à café et qu’on voit disparaître quelques mois plus tard. Se présenter, c’est savoir dire ce qu’on a fait en quelques mots (son cursus ou ses expériences etc.) mais aussi qui on est : ce qu’on aime, ce qu’on aime pas etc. Bref, un petit portrait.

2 — Observer et écouter

Avant de pouvoir trouver ta place, avant de proposer des changements ou des idées, prends le temps de repérer ton environnement : l’essentiel à ce stade est de cerner en gros le contexte factuel dans lequel tu évolues (les missions de chacun, l’activité de l’entreprise etc. etc.), mais aussi et surtout le contexte émotionnel dans lequel tu débarques :

Si tu remplaces quelqu’un, comment était cette personne ? Etait-ce une perle après laquelle il est difficile de passer ? A-t-elle plutôt laissé un mauvais souvenir qui au début, risque de rendre tout le monde un peu méfiant à ton égard ? Que suscite ton arrivée (jalousie ? attentes ? etc.) Souvent, pas besoin de mener une enquête pour le savoir : suffit d’écouter et on cerne le contexte dans lequel on va évoluer. C’est important parce que ça peut te permettre de comprendre l’attitude qu’auront tes « collègues » et tes supérieurs à ton égard au moins les premiers temps. Donc, de ne pas être surpris. Donc également, d’agir en conséquence.

Exemple : Le/la stagiaire qui t’a précédé était négligeant, perpétuellement en retard, pas pro du tout et pas très zélé non plus ? Pas étonnant qu’on hésite un peu à te confier des responsabilités, au moins au début. Il va te falloir montrer qu’on peut compter sur toi et pour rassurer un peu ceux qui ont été échaudés par l’expérience précédente.

De la même façon, essaie de comprendre comment fonctionne ton/ta responsable et quelles sont ses attentes à la fois officielles et non-dites. Exemple : certains attendent peut-être de toi que tu ailles au-delà de la mission qu’on t’a fixée, d’autres au contraire pourraient le voir d’un mauvais oeil. Faire ce travail de repérage te permettra d’y voir plus clair et de t’adapter plus vite. Bien sûr, c’est un exercice plutôt délicat, car le non-dit, par définition, ne te sera pas livré avec ta convention de stage. Alors pour bien comprendre dans quel contexte humain tu évolues, et donc ne pas faire n’importe quoi, pas de secret : il faut observer, il faut écouter, il faut parler avec le plus grand nombre possible. (voir En entreprise, chacun a son importance)

3 — Savoir amener ses propositions judicieusement

Tu as repéré le contexte, tu sais où tu mets les pieds, tu sais ce qu’on attend de toi… Et en plus, tu as des choses à proposer. Parfait. Mais là encore, ça ne va pas se faire n’importe comment. Si tu as des suggestions, des idées pour améliorer une situation, des propositions à faire sur tel ou tel point, sache que la façon dont tu vas les amener va déterminer le fait qu’elles soient acceptées ou non. On en a parlé en détail dans un article précédent (voir Attention à l’effet rentre dans le tas et Ce ne sont pas toujours les compétences qui comptent le plus), mais ça mérite d’être répété.

D’abord, ne tombe jamais dans le jugement de valeur. Fais attention qu’en proposant un changement, tu ne pointes pas du doigt telle ou telle personne, ou telle ou telle façon de faire. On le fait parfois sans même s’en rendre compte, et c’est le meilleur moyen de braquer tout le monde.

Exemple : tu as l’idée de proposer une revue de presse par mail, alors que jusqu’à présent, tout circulait sur papier. Imagine un peu ce que pourra ressentir la personne qui s’en chargeait, si tu sous-entends qu’avant toi, tout était archaïque et inefficace ?

Ensuite, ne te braque pas si tu sens que tes propositions soulèvent quelques inquiétudes, voire quelques oppositions  : c’est tout à fait normal. C’est ce qu’on appelle la résistance au changement. Sache que quand les gens ont l’habitude de fonctionner d’une certaine façon, ils rechignent à accepter qu’on change quoi que ce soit à leur manière de faire, même quand c’est pour le mieux. Donc vas-y en douceur, par petites touches, en mettant bien en avant ce que les gens vont gagner/et ou ne pas perdre en changeant, et sans te braquer sous prétexte qu’on n’accueille pas à bras ouvert toutes tes suggestions…

4 — Définir des indicateurs de performance

Il arrive parfois qu’on fasse son boulot, qu’on pense le faire bien, et qu’on s’aperçoive au bout d’un certain temps, sur une remarque de son responsable ou de ses collègues, que ça n’est pas vraiment ça qu’on attendait de nous. Résultat : on a le sentiment d’une injustice (je comprends pas… J’ai pourtant fait mon boulot, moi !), on passe pour une fille un peu à côté de la plaque, on risque même le conflit avec ses responsables (mais elle fait quoi, celle-là ?) et la confiance en soi en prend un coup.

Or, souvent, ce genre de situation n’est pas due à un manque de compétence de ta part, ou à un accès de sadisme de la part de ton boss, mais plutôt à un beau flou artistique. Ton supérieur attendait de toi que tu remplisses tel et tel objectifs et avait en tête différents critères de réussite. Toi, tu avais aussi identifié des objectifs et des critères à remplir. Ca tombe bien. Seulement, comme tout ça n’était pas défini clairement, vous n’aviez pas vraiment les mêmes. Vous n’étiez pas sur la même longueur d’onde. Résultat : pas mal de décalage à l’arrivée.

Si vous aviez défini ensemble dès le départ vos objectifs et comment évaluer s’ils sont atteints, le quiproquo ne serait pas venu troubler vos relations. D’où l’importance de bien définir ce qu’on appelle des indicateurs de performance, c’est-à-dire les faits, chiffres ou événements qui vont prouver que tu ou que vous avez atteints vos objectifs. C’est le meilleur moyen de poser les bases d’une relation saine, mais aussi d’évaluer plus tard ta progression personnelle.

5 — Proposer de faire un point régulier à préparer soi-même

Ce qui nous amène au point suivant : l’importance de faire régulièrement le point sur tes objectifs, sur ta progression, sur ce qu’il reste à améliorer dans ta façon de travailler, ou au contraire sur ce qui te manques ou te gêns dans ta mission (ex : ton responsable te demande souvent de faire certaines tâches sans trop t’expliquer à quoi elles vont servir et ça te pose problème ? Explique-lui que tu aurais besoin de remettre les choses dans leur contexte pour mieux avancer.)

Par conséquent, si ce n’est pas déjà prévu, demande à ton responsable des entretiens-bilans régulièrement. Et dans tous les cas, propose de les préparer toi-même, histoire de ne pas surcharger son agenda et risquer que l’entretien passe à la trappe, faute de temps pour le préparer.

Ces bilans vous permettront à toi et à ton boss, de procéder à des ajustements, de mieux vous comprendre, de mieux vous connaître et de résoudre les éventuels problèmes avant qu’ils ne deviennent pesants.

6 — Toujours faire en sorte que chacun y gagne plutôt que de vouloir avoir raison

On en a déjà parlé ici (Voir Vous avez dit gagnant-gagnant) , l’important c’est que chacun (toi, ton supérieur, l’entreprise etc.) tire quelque chose de positif de vos démarches, d’une décision etc. L’essentiel n’est donc pas de pouvoir dire « Ha, j’avais raison ! » ou « Ca, je l’avais dit » mais bien de pouvoir dire « Là, on s’en sort bien ». Je m’explique. Imaginons que tu planches avec d’autres sur un projet important. Imaginons que tu aies une idée en tête, mais que tout dans ta proposition, ne plaise pas à tout le monde. Est-ce qu’il vaut mieux qu’une partie de ce que tu as avancé passe, et que le résultat soit bénéfique à tous, ou que tu te braques et que rien n’avance du tout ?

Voilà pour les conseils pour assurer tes premiers jours / premières semaines en entreprise. Et toi, as-tu vécu quelques-unes des situations décrites ? Si tu as des expériences ou des anecdotes à partager, n’hésite pas à le faire sur le sujet de réaction !

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