Retour sur le phénomène Tecktonik

Y’a ceux qui disent que ce mouvement d’expression corporelle ne durera qu’une saison, et d’autres qui pelotent l’idée que la nouvelle guinche électro sera à la hauteur de la révolution Hip-Hop. En tous les cas, tous s’accordent sur un fait : là, en ce moment, le raz de marée Tecktonik est incontestable. Alors ça vaut […]

Retour sur le phénomène Tecktonik

Y’a ceux qui disent que ce mouvement d’expression corporelle ne durera qu’une saison, et d’autres qui pelotent l’idée que la nouvelle guinche électro sera à la hauteur de la révolution Hip-Hop. En tous les cas, tous s’accordent sur un fait : là, en ce moment, le raz de marée Tecktonik est incontestable.

Alors ça vaut le coup de s’y pencher. Zou, chaussez vos lunettes et procédez comme suit :

  • Empruntez un peu de pas au mouvement Voguing, cette danse electrisée conçue par et pour la communauté gay en Europe, avec un nid en Belgique.
  • Calez quelques phases Hip-Hop, précisément en locking (des mouvemants de bras géométriques, qu’on appelle aussi passe-passe, si mes souvenirs sont bons), aussi un peu de popping, cette technique bien reconnaissable des danseurs à « l’ancienne », qui contractent leurs muscles sur le beat.
  • Secouez tout ça, inspirez-vous des divers courants de danse electro et voilà, ça y est.

Tu penses pouvoir te lancer. Mais malheureuse ! Il te reste à te looker avant de post-smurfler ! Le style des danseurs de ce courant évoluera, mais pour cette saison, voilà ce que ça raconte :

  • Du slim, du slim et encore du slim
  • Des t-shirts bariolés, genre back in the 80’s à peu près.
  • Pour la coupe, tu peux te faire plaisir, la seule consigne étant que cela soit structuré ! Pas de laisser aller, cette année, la coupe Tecktonik est travaillée, l’équivalent capillaire du chignon de Béatrice-Marie de la Richechoise du tronc. C’est donc assez naturellement que les danseurs optent pour la coupe mullet.
  • A ses petons on chausse du souple, de la Van’s, de la converse, faut que ça glisse en tout cas.

Il y a quelques temps, Kennedy, danseuse de tecktonik, nous avait fait une petite démo, en plus de nous raconter son rapport aux fringues. Clique sur la photo pour accéder à la vidéo.

Des soirées jusqu’au phénomène qu’on connaît

Alexandre Barouzdin et Cyril Blanc flairent l’arrivée d’un phénomène et, en avisés qu’ils sont, en font une marque déposée, qui a d’ailleurs largement contribué à la propagation « du virus ».
Précurseurs, ils baptisent des « soirées Tecktonik », créent une marque de boissons énergetiques et une autre de fringues, celle avec le fameux sigle « aigle + étoile » = controverse… Sans eux, on ne dirait pas Tecktonik, mais « dans du gel » ou « danse electro ». Enfin bref, on dirait autre chose quoi.

La suite, si on ne la connaît pas ça veut dire qu’on n’a pas la télé, ni la radio, qu’on ne sort jamais et qu’on ne veut vraiment rien savoir. La suite, c’est cet engouement soudain et assez impressionnant pour un post-nouveau style de rassemblement piqué gentiment aux grands frères les danseurs de Hip-Hop, à l’exception près que les jeunes ne cherchent pas de sol lisse pour faire des tours sur la tête, mais des miroirs ou des vitres devant lesquels ils peuvent… se mirer… en l’occurrence. (Eh oui, tourner sur la tête ça fait un trou dans le cheveu et ça, c’est vraiment bad pour le style !).

Morale de l’histoire : Nous sommes peut être à l’aube d’une nouvelle génération de danseurs qui, forts de ce qui s’est déjà fait, créent une nouvelle dynamique, un style, une manière de danser. Cela rassemble tous les âges, même les plus jeunes (Le ptit Tchadow qu’on voit sur la vidéo qui suit, avec ses 10 piges, peut encore se permettre le luxe d’avoir toutes ses bougies sur un gâteau !), de tous bords (ça veut dire les pauvres aussi, mais les riches aussi. Mais normalement on dit juste « de tous bords ») et de toutes origines (ça veut dire que personne ne regarde l’autre de travers, sauf s’il danse mal ;-) ).

 

Au final, je me dis qu’il faut laisser une chance au mouvement, et qu’on se fout de savoir si ça va durer/ça va pas durer. On verra bien, en attendant les jeunes s’amusent et ils s’occupent sainement. Quant au « profit que génère l’opération marketing inhérente au phénomène » ? Franchement, cet argent est mieux dans des sappes et du jus de mangue au ginseng que dans le trafic d’ecxtasy ou autre merdes en cacheton vendus « en kit » pour « ceux qui veulent s’amuser ».

Longue vie !

(Et avec tout ça, nous les vieilles, on a de plus en plus de mal à trouver des boîtes où aller maigrir sur reggaeton !!!)

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Version.Originale
    Version.Originale, Le 20 février 2008 à 20h57

    Gabriel O'Bryen
    Je trouve aussi la tektonik passablement ridicule... Appeler ça de la danse me sidère. Ils ne produisent en effet aucun effort physique et n'importe quel gus qui veut être "in" peut du jour au lendemain se mettre à remuer les bras n'importe comment et dire "moi aussi je sais le faire..."
    Je pense qu'au bout d'un moment ça doit muscler qqchose quand même.. :P



    Personellement, je n'ai aucun avis sur ce 'mouvement', je n'ai rien contre mais je n'irai pas danser ça dans la rue. Cependant je respecte ceux qui la dansent car ça doit pas être simple non plus.

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