Votre rentrée scolaire la plus marquante

Ça y est, la période tant redoutée est arrivée : C'EST LA RENTRÉE. Retour sur les rentrées les plus marquantes des membres de la rédac... et les vôtres.

Pour fêter cette merveilleuse semaine de rentrée, nous avons décidé de revenir sur nos rentrées les plus marquantes, et nous vous invitons ensuite à en faire de même dans le topic de réactions, histoire qu’on se marre un peu. Que votre rentrée la plus marquante ait été flippante, merveilleuse, terrifiante, angoissante, traumatisante, la plus belle de toutes (n’essayez pas de nous faire croire que ça existe, je ne vous croirai pas), racontez-nous tout.

Annelise

Ma pire rentrée est celle de la khâgne. La prépa est un univers étrange où tu sais que c’est bien pour toi d’y aller (ou pas hein, personnellement j’ai encore quelques doutes), mais en même temps tu ne peux t’empêcher de te demander pourquoi tu t’infliges ça.

Je suis rentrée en hypokhâgne avec plein d’espoirs (apprendre des trucs intéressants, rencontrer des gens biens), et j’ai terminé l’année à peu près aussi vaillante qu’une serpillère pour aire d’autoroute, ma motivation partie très loin et ma vivacité d’esprit encore plus. Non pas que j’avais passé l’année à cravacher (je ne suis pas trop une bosseuse), mais disons que j’ai très mal vécu autant de brimades, le fait de ne voir l’extérieur de l’internat que deux fois par semaine (une fois pour y entrer le lundi, la deuxième fois pour en sortir le vendredi), et surtout : la coloc d’internat qui ronflait comme une malade, et qui m’empêchait de dormir plus de deux heures par nuit.
Pour couronner le tout, pendant mes vacances d’été, j’avais rencontré l’amûûûûûr, le vrai, celui qui me disait que je valais mieux qu’un formatage ENS.

Je suis donc rentrée très exactement 7 jours après avoir laissé mon mec sur un quai de gare à Paris alors que je rentrais à Reims, le moral très très bas, avant de voir qu’on m’avait remis dans la chambre de ma fameuse coloc à poumons de camion routier, et que les profs n’avaient qu’un mot à la bouche : concours, concours, ENS, ENS, arrêtez de vivre.
J’ai craqué, j’ai appelé ma mère en pleurs en disant que je voulais abandonner et si possible ne rien faire de ma vie à part me rouler sous ma couette en attendant la mort.
J’ai finalement tenu toute l’année en décidant dès la première semaine de ne strictement rien faire et de dormir en cours, puis je suis enfin sortie de cet affreux système. Deux ans après, j’ai encore des séquelles post-prépa et j’ai validé ma maîtrise en me faisant une promesse : plus jamais je ne m’infligerai un truc qui me prend autant les tripes de dégoût. Ça ne mène pas plus loin que les autres chemins.

Jack Parker

Ma pire rentrée, c’était celle de la sixième. Avant ça, tout allait bien pour moi : j’étais surdouée (ouais, c’était il y a bien longtemps), entourée de milliers d’amis, tout le monde m’aimait bien et j’aimais le monde en retour, j’étais pleine d’espoir et de confiance en moi, bref, le bonheur. Et puis je suis passée en sixième.

Lors de la répartition des classes, j’ai vu tous mes amis partir en 6ème A, premier coup dur, mais surmontable. Et quand ils ont commencé à remplir la 6ème B, les parents ont compris qu’un truc ne tournait pas rond. La 6ème A était entièrement blanche, et la 6ème B était multicolore. Tous les Mamadou, Safiatou, Sabri, Malika, et autres Jamal étaient envoyés directement en 6ème B. Les parents, pas cons, se sont empressés de demander des explications. On leur a répondu que les élèves étaient classés par niveau. Sauf que dès les premières notes, tout le monde a bien compris que ça n’avait aucun sens… De mon côté, je sentais bien que certains profs avaient du mal avec nous. On les exaspérait, ils nous rappelaient sans cesse que la 6ème A était une classe exemplaire et qu’on était la pire, oui, la piiiiiiire classe de toute leur carrière. Ils prenaient plaisir à écorcher nos noms, trop exotiques pour être respectés, et à ricaner lorsqu’ils en découvraient des gratinés. Je me souviens même avoir eu droit à un « ah bon ? c’est un prénom ça ? haha bah dis donc, ça manque pas d’imagination chez vous ». Oui, c’est un prénom. Un vieux prénom, celui de mon arrière grand-mère, à la signification très forte et aux racines profondes, vieux con.

Cette rentrée a signé la fin de mon innocence, et le début de ma période de détresse – autant vous dire que je n’en garde pas un souvenir agréable.

Flo

Ma rentrée la plus marquante est probablement celle de mon redoublement. Sauf que ce redoublement n’avait rien de conventionnel puisque j’ai redoublé ma terminale littéraire alors que… j’avais obtenu mon baccalauréat littéraire en poche 2 mois avant.

Suite à une année où j’ai pas vraiment bossé et où j’avais la tête ailleurs, j’ai été refusée dans toutes les écoles et facs (à l’époque les facs d’arts plastiques étaient soumises à un test d’entrée) où j’avais postulé. La faute à des résultats moyens, des dossiers à remplir où mes profs m’avaient démonté et une motivation moyenne. Total après mon bac obtenu à l’arrache : rien. J’ai donc choisi de redoubler pour me constituer un dossier un peu plus présentable.

Le sentiment très désagréable de se faire observer comme une bête de foire a pris forme en ce premier jour de septembre 2005. On commence la matinée par la présentation des redoublantes : BINGO. Déjà que les filles de cette classe avait déjà quelques a priori sur moi depuis l’année d’avant, je les sens bien contentes de mon sort après le récit de ma triste aventure. Même le professeur principal me regarde avec les gros yeux.

Je sens que l’année va être longue, et l’unique envie qui me traverse l’esprit est de courir rejoindre mes amis à Lille, où ils se sont tous expatriés pour poursuivre leurs études. Vaste sentiment d’abandon, de faire du sur-place et de perte de temps = journée de rentrée aussi longue qu’un film d’auteur slovaque sous-titré en chinois. Surtout quand j’ai compris qu’on allait se reposer sur moi et mes comparses redoublantes pour expliquer les méandres du baccalauréat et que quelques jours plus tard, on allait me forcer à me présenter comme déléguée de classe parce que j’ai déjà mon bac et que je suis peut-être la clé de la réussite.

Finalement l’année a été moins chaotique que prévu, j’ai fini par tisser des liens avec ces demoiselles venues d’un autre monde et je les ai tous coiffés au poteau parce que j’ai fini première de la classe avec mon (deuxième) bac décroché à 14,13 de moyenne (j’ai donc deux bacs oui, aidez-moi à définir le degré de coolitude de la chose) !

Emilie

Ma rentrée la plus marquante a aussi été la plus flippante. Droite dans mes bottes ma scolarité s’est toujours déroulée sans encombres. Je savais ce que je valais, je savais où aller et je n’avais jamais eu à me remettre en question. J’étais en filière littéraire, je boulottais les classiques comme des bibles, je me destinais à une vie de dissertations et de chercheur torturé. Jusqu’au jour où je suis arrivée en hypokhâgne : la classe prépa m’a tuER.

Grand bordel dans ma vie et dans ma tête, burn-out complet, cerveau saturé. Au bout d’un an j’ai envoyé péter la prépa pour me demander ce que je voulais vraiment. J’ai envoyé au trou huit ans de littérature, de grec et de latin (et là t’as les boules parce que tu re-penses à toutes ces heures supplémentaires où toi tu as dû rester jusque 18h quand tous tes potes se cassaient eux à 16h). Et je m’en suis allée, fleur au fusil, tenter un BTS Design de Mode.

Je me suis donc retrouvée un jeudi matin devant les portes d’une Mise à Niveau en Arts Appliqués (MANAA) complètement pétrifiée, à me demander si ce n’était pas la ré-orientation la plus suicidaire du monde. Aucun cursus artistique préalable, aucunes techniques et en guise de motivation, juste un pauvre : « J’aime bien dessiner ».

Cette rentrée a marqué un virage à 360° dans ma vie (sortez les violons, merde). Il était plus probable que je finisse sous les ponts ou danseuse de nuit au Macumba plutôt que d’être là, à vous parler de mode chaque jour que le Dieu-Chat fait sur madmoiZelle. Comme quoi.

Almira Gush

C’est la rentrée. J’ai pas envie d’y aller. J’ai une boule au ventre. C’est bête parce que j’adore l’école. C’est pas l’école le problème, c’est les autres. Je serais avec les mêmes qu’en 6ème. Et déjà, ils ne m’aimaient pas. D’autant que pendant l’été, j’ai changé de lunettes. Et on m’a posé un faux palais en ferraille. On va se foutre de moi comme jamais, je le sais. Je vais en prendre plein la tête. La suite sur son blog !

Voilà, nous nous sommes toutes mises à nu pour vos beaux yeux, à votre tour maintenant.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Aleson
    Aleson, Le 11 septembre 2014 à 18h48

    Mes rentrées marquantes ? Les trois pires qui me viennent directement à l'esprit ...

    Ma rentrée de CM2 : J'ai fais tout mon parcours de primaire dans une petite école (Maximum 20 élèves par classe), je connaissais tout le monde (les profs, les élèves, même les dames de l'administration !), mais cette année et cette rentrée fût très dure car j'ai eu des gros (très très très gros) soucis de santé et je n'ai fait que la moitié de mon CM1, mais malgré tout j'avais des notes très hautes (et ouai maggle, même à l'hosto avec des atèles aux doigts je bossais sec) donc ils m'ont fait passer en m'expliquant que si j'y arrivais, bah tant mieux, sinon tant pis je redoublerais. Et comme les enfants sont cruels, je me suis retrouvée seule car j'étais "la petite handicapée", la "chouchoute" et la "tête en l'air" de service. Donc ma rentrée ... C'était pas le paradis : entre le stress de me planter (peut-être), les élèves qui se moquaient de moi, et ma dégaine d'enfant des années 90's (Combo pull moche + jogging + coupe au carré, yay) fait que je préférais lire des livres planquées dans un coin de la cour plutôt que d'essayer de me faire des potes. Moralité j'étais une des meilleures de ma classe, j'ai eu deux amis avec qui j'ai traîné mes pattes quelques années et j'en suis sortie vivante :)

    Ma rentrée de Sixième : Là c'est juste une anecdote qui fait que je redoutais de retourner en cours après la rentrée; pendant les vacances mes parents m'avaient acheté une jolie jupe noir avec des motifs écossais (Cœur géant dans ma face) qui arrivait environs au niveau des genoux (Vous sentez venir le truc ?). J'ai décidé de la mettre pour ma rentrée, avec une jolie chemise blanche, toute pimpante. Sauf que dès que j'ai été appelé, que je me suis mise en rang avec les autres (Un peu stressée mais sans plus), mes parents ont été convoqués par la directrice ... Parce que ma tenue était "inapproprié" pour une enfant de mon âge. Mon père l'a regardé comme si elle perdait la boule, ma mère a répliqué que ma jupe était jolie ET décente, mais elle n'a rien voulu savoir et après ça, j'ai pas remis de jupe pendant très très longtemps. La haine.

    Mon redoublement en L1 : Bon déjà, ça partait très mal, je redoublais une année (pour moi cela signifiait un échec assez cuisant, je n'avais rien contre les redoublants mais avec mon passif je me détestais presque d'être obligée de redoubler), une première année en Licence d'Art du spectacle spé. cinéma. Ma première année reste une expérience très désagréable, mais je voulais me prouver que j'étais capable de réussir ... Sauf que j'ai fais ma rentrée avec quasiment que des nouvelles têtes (hormis deux potes), que j'ai été très vite fichée comme "La nana malade mais pas vraiment MDR" *sigh*, et comme une redoublante dont même les profs ne voulaient plus. Du coup j'entendais les rires, les blabla dans mon dos, et j'ai fais ma pré-rentrée et ma rentrée en serrant les dents très fort et en essayant de ne pas y penser.
    Moralité, les profs m'ont encore plus démontés avec un sourire sadiques, les élèves se sont ligués pour me passer aucun(s) cour(s) quand j'étais absente, et même me donner de faux horaires pour les contrôles et examens. J'ai quitté la fac vers le mois de mars, après une opération (light mais la phase de rétablissement a prit plus de temps que prévu) en claquant la porte aux nez de tout ces vilains pas beaux. Aujourd'hui je suis en L2 de Lettres et j'ai ENFIN un parcours qui me plaît :3

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