Rentrée 2015 : le gouvernement prend des mesures pour aider les étudiants

Les étudiant•e•s français•e•s seront bientôt de retour en amphi. Voici ce qui devrait changer à la rentrée 2015, grâce aux nouvelles mesures prises par le gouvernement, des inscriptions aux stages en passant par le logement.

Rentrée 2015 : le gouvernement prend des mesures pour aider les étudiants

Ça y est, tu viens de rentrer dans le grand bain des études supérieures, ou tu y retournes d’ici une quinzaine de jours ? Je ne t’apprendrai donc rien en te disant que faire des études, ça coûte de l’argent. Et à vrai dire, ça revient même de plus en plus cher. D’après une enquête réalisée par l’Unef, le coût de la vie étudiante en 2015-2016 va encore augmenter de 1,1%, « un chiffre cinq fois supérieur à l’inflation ».

Les transports, les loyers (pas toujours encadrés), les frais de sécurité sociale et de restauration universitaire en hausse, l’augmentation des prix EDF… autant de charges qui pèsent sur le porte-feuille de celles et ceux qui entament ou poursuivent des études supérieures.

Le taux d’inflation pour l’ensemble des ménages est lui de 0,2%, estime le gouvernement, qui précise :

« L’inflation ressentie par les étudiants est directement liée à leur profil de consommation. S’il est ainsi difficile d’établir un coût moyen de la vie étudiante, il est possible de calculer pour plusieurs profils étudiants un indice des prix « personnalisé » tenant compte de leur structure de consommation (sous l’hypothèse que les étudiants consacrent en moyenne 20% de leur budget à l’alimentation, 4% à la santé, 9% aux biens durables de loisir, aux communications et aux services culturels, sportifs et récréatifs). »

L’inflation ressentie par les étudiant•e•s pourrait donc être inférieure comme supérieure à celle de l’ensemble des ménages, mais une chose est sûre, elle est bien là. L’État a donc lancé ou renforcé ses mesures destinées à aider les jeunes qui poursuivent des études dans le supérieur. Voilà, en quelques points, ce qui se trame pour cette rentrée 2015.

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Les inscriptions dans le supérieur

Commençons par le commencement, à savoir les inscriptions. Le 6 juillet dernier, la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a annoncé le gel des frais d’inscription dans le supérieur pour la rentrée 2015. Tu t’en doutes, cela ne signifie pas que ces derniers demanderont d’envoyer ton RIB au Pôle Nord, mais qu’ils ne vont pas augmenter par rapport à la rentrée 2014. Il t’en coûtera donc toujours 184€ pour intégrer une licence, 256€ pour un master, 610€ pour un diplôme d’ingénieur et 391€ pour un doctorat.

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Cela ne signifie pas que les frais que tu engages pour suivre des études n’augmenteront pas : ce gel n’englobe pas celui des frais de la Sécurité sociale étudiante, que les étudiants non-boursiers doivent payer, ni celui des tarifs de restauration étudiante. L’Unef estime que le coût de la Sécurité sociale étudiante augmente en effet de 0,9% en 2015 par rapport à 2014, et que la restauration universitaire voit son prix se hausser d’1,6%.

Les bourses

Le montant des bourses attribuées sur critères sociaux sera, d’après le gouvernement, actualisé en fonction de l’inflation constatée. Il a déjà été revu à la hausse le 15 juillet dernier, même si l’augmentation reste faible pour l’instant :

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Les plafonds de ressources utilisés pour l’attribution des bourses, eux n’ont pas changé. Le site du Centre national des oeuvres universitaires et scolaires indique :

« Les ressources prises en compte sont dans la majorité des cas le revenu fiscal figurant sur l’avis d’imposition de la famille, auquel s’ajoutent, le cas échéant, les revenus perçus à l’étranger. Les ressources prises en compte sont celles de 2013 pour l’année universitaire 2015-2016,  avec certaines exceptions, ainsi que les charges de l’étudiant et de sa famille. »

À noter que si tu souhaites te tenir au courant des différentes bourses auxquelles tu peux prétendre (je te conseille fort de le faire, on n’a jamais trop d’argent en étant étudiant), tu peux aussi consulter le site European Funding Guide, qui répertorie toutes les aides publiques et privées pour les étudiant•e•s européen•ne•s. Et la bonne nouvelle, c’est qu’elles ne sont pas toutes attribuées sous conditions de ressources !

Les stages

Être stagiaire, c’est toujours être précaire, mais heureusement les choses commencent à évoluer un peu. La rémunération des stagiaires a été revue à la hausse encore une fois : depuis le 1er septembre 2015, pour tous les stages conventionnés de deux mois et plus, le taux-horaire passe de 3,30 à 3,60€, soit 554,40€ par mois, au lieu de 508,20€ précédemment.

Des tickets restaurant sont aussi prévus pour les stagiaires qui se trouvent dans une entreprise n’ayant pas de cantine (et dont les salariés eux-mêmes reçoivent des tickets restaurant, évidemment). Malheureusement, pour les stages plus courts, la gratification reste une option au bon vouloir de l’employeur… Et la durée maximale des stages reste bien sûr limitée à six mois.

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Le gouvernement estime que 350 000 étudiants universitaires en stage vont bénéficier de cette hausse de la rémunération.

Le logement étudiant

Pas la peine de te dessiner un mouton ni une maison : si tu cherches un appartement pour tes études, en particulier en région parisienne, tu sais que se mettre un toit sur la tête peut s’avérer être un parcours du combattant, surtout lorsqu’on a pas le dossier de la famille Rothschild. D’après les chiffres de mars 2015, sept jeunes sur dix sont concernés par cette galère.

Depuis la rentrée 2014, l’État a lancé la Caution locative étudiante (Clé) qui sert de caution aux étudiant•e•s qui ne disposent pas de garants suffisants pour pouvoir prétendre à une location. Bref, tu payes une cotisation, et c’est l’État qui devient ton garant, et donne une garantie au propriétaire en cas de loyer impayé ou de dégradations !

Mais pour pouvoir bénéficier de cette aide, il faut remplir quelques conditions : avoir moins de 28 ans au 1er septembre de la signature du bail, ou, si tu as plus de 28 ans, être doctorant•e ou post-doctorant•e de nationalité étrangère, se loger pour les études, être dans l’incapacité de présenter une caution, et avoir des revenus, qu’ils soient issus du travail ou d’une bourse. Attention, si tu envisages de t’installer en colocation, la Clé est personnelle, et chacun•e doit faire une demande individuelle. Si ton bail comporte une clause de solidarité, il y a aussi des restrictions.

Le montant des aides est enfin plafonné selon la région considérée.

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L’État a aussi prévu de construire 40 000 logements sociaux destinés aux étudiants d’ici la fin 2017. D’après lui, la moitié de ces logements devraient être livrés en décembre 2015, donc disponibles rapidement à la location. Reste à savoir si cette mesure sera suffisante… D’après Les Échos, la pénurie de logements étudiants en France est un problème réel, et qui ne date pas d’hier.

Le nombre d’étudiant•e•s augmente, en partie parce qu’avec la crise de 2007, nombreux•ses sont celles et ceux qui préfèrent continuer leurs études plutôt que de se lancer sur le marché du travail. Et l’offre de logements ne suit pas, car le marché, bien que plus rentable, est moins attractif.

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L’année de césure

Tu avais envie de prendre une année pour faire le tour du monde plutôt que d’user tes fonds de slip sur les bancs de la fac ? Ça tombe bien ! Depuis le 23 juillet 2015, l’année de césure, qui était jusque-là laissée au choix des élèves, est un droit. Elle est officiellement autorisée et reconnue comme faisant partie du cursus scolaire des étudiant•e•s.

Pendant la période de césure, ces dernier•e•s conservent leur statut étudiant et les droits qui y sont attachés. Pour en savoir plus, tu peux lire notre article sur le sujet ci-dessous !

À lire aussi : L’année de césure dans les études est officiellement autorisée !

La prime pour les étudiant•e•s qui travaillent

Malgré le cumul des aides et des bourses, les étudiant•e•s sont encore très nombreuses à travailler à côté de leur formation pour pouvoir s’en sortir et poursuivre leurs études. D’après France Inter, un étudiant sur deux a une activité rémunérée au cours de son année universitaire, et une grande majorité d’entre eux estiment que la conciliation des deux occupations représente un poids, qui a des conséquences sur le bon déroulement de leurs études.

Une nouvelle prime d’activité sera mise en place en janvier 2016, afin de compléter les revenus des travailleurs faiblement rémunérés. Et les étudiant•e•s qui bossent sont eux aussi inclus dans cette mesure ! Pour être éligible à cette aide si l’on fait des études, il faut exercer une activité rémunérée et avoir eu des revenus 0,78 fois supérieurs au SMIC sur les trois derniers mois, c’est-à-dire gagner déjà plus de 900€ nets par mois. Cette prime d’activité va remplacer la Prime pour l’emploi (PPE) et le Revenu social d’activité (RSA).

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Le gouvernement doit enfin annoncer, pour la rentrée, un plan de vie étudiante, « destiné à simplifier les démarches et à renforcer l’accès aux droits, à améliorer la santé et les conditions de vie, et à dynamiser la vie de campus et l’engagement des étudiants ».

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Livy.
    Livy., Le 9 septembre 2015 à 12h50

    Tu parles, ils font des changements qui concernent une petite minorité d'étudiants pour faire croire qu'ils font bouger les choses mais au final ça ne change rien pour nous!
    Comme le fait remarquer @elaphebolos pour le boulot, il faut pouvoir bosser plus de 25h par semaine en plus des cours..n

    Pour la bourse, je suis aussi passée d'un échelon 6 à un échelon 3... alors que les revenus de mon père on à peine augmenté (un échelon je comprendrais mais 3...), après je dépends de la bourse de la région mais les barèmes sont en gros les mêmes que pour le crous..

    Et pour les stages... depuis l'année dernière on a 7 Mois de stage à raison de 12 gardes de 12h par mois, plus les heures sup que l'école ne prend pas en compte... ca fait du 35h par semaine sans compter les heures sup, l'an dernier on gagnait 80€ par mois (non je n'ai pas oublié de 0) et cette année environ 200... on est loin de ce qui est annoncé!

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