Rachida Dati ou le piège du micro-cravate

Rachida Dati, son Stilnox à elle, c’est l’hémicycle du Parlement européen, un bon moyen de roupiller. Exilée depuis plusieurs mois à Strasbourg, la femme pressée de l’UMP a fait preuve de négligence. Alors qu’une équipe d’M6 la suivait dans ses nouvelles fonctions de député européenne, l’ancienne garde des sceaux s’est oubliée. Durant le tournage, elle […]

Rachida Dati ou le piège du micro-cravate

Rachida Dati, son Stilnox à elle, c’est l’hémicycle du Parlement européen, un bon moyen de roupiller. Exilée depuis plusieurs mois à Strasbourg, la femme pressée de l’UMP a fait preuve de négligence.

Alors qu’une équipe d’M6 la suivait dans ses nouvelles fonctions de député européenne, l’ancienne garde des sceaux s’est oubliée. Durant le tournage, elle s’est éloignée de la presse afin de prendre une amie au téléphone et mener une conversation privée.

Propos intimes que l’inconséquente Dati a prononcés dans un micro-cravate, qui avait les oreilles grand ouvertes. La conversation a été conservée par l’équipe de télévision et diffusée dans un reportage de 66 minutes, dimanche 13 décembre. « Je suis dans l’hémicycle du parlement de Strasbourg. Je n’en peux plus, je n’en peux plus ! Je pense qu’il va y avoir un drame avant que je finisse mon mandat. Je suis obligée de rester là, de faire la maligne, parce qu’il y a juste un peu de presse et d’autre part il y a l’élection de Barroso. (…) Oui oui, il va être réélu, mais si tu veux, quand t’es a Strasbourg, on voit si tu votes ou pas. Sinon ca veut dire que t’es pas là ».

Oups, la boulette… L’Europe la barbe et en plus elle n’a pas le droit de sécher.

Depuis, c’est le buzz. Une fois de plus Dati offre du pain béni à ses détracteurs, de même qu’aux psychologues de comptoir. Oublier la présence du micro-cravate : ne s’agit-il pas là d’un véritable acte manqué ?
Dati ne voulait pas du Parlement européen, il a presque fallu la tirer par les cheveux pour l’emmener à Strasbourg. Maire du VIIème arrondissement, son truc à elle, c’est la mairie de Paris. Elle y pense chaque matin, en faisant son brushing. Depuis les élections européennes de juin 2009, elle s’appliquait pourtant à afficher un sourire de rigueur, figé et officiel. Depuis dimanche elle est la risée de ses accusateurs et Daniel Cohn-Bendit, chef de file d’Europe Ecologie, se frotte les mains. «Je vous avais dit qu’elle ne supporterait pas, qu’elle rentrerait. Je vous avais dit que j’offrirai une bouteille de champagne si elle est là dans un an», exulte-t-il sur le plateau d’i-Télé.

Clique pour écouter l'interview audio sur Europe1

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La jeune maman contre-attaque mollement. Au micro d’Europe 1, elle se dit d’abord victime de misogynie : « On n’aurait pas fait ça à un homme » puis avance des arguments logistiques : « C’est aussi une organisation pour une femme d’avoir son activité familiale et son activité professionnelle. Vous savez, j’arrivais, donc il est normal de prendre ses marques ». Les mauvaises langues souligneront que l’élection de Barroso n’est intervenue qu’en septembre, soit plus de trois mois après les élections européennes.

L’ancienne femme forte de Sarkozy s’était déjà illustrée sur la toile lors de la campagne européenne. Interrogée sur les compétences de l’Union par les jeunes militants UMP, Dati s’était fendue d’une réponse copieusement jemenfoutiste : « L’Europe s’occupe de ce qu’on lui donne à s’occuper avec les personnes qui peuvent porter ces affaires à s’occuper ». Elle en avait perdu son latin et la toile s’était bien marrée.

Discréditée en tant que Garde de Sceaux, punie par Nicolas Sarkozy et envoyée au confins du Royaume, Rachida Dati peut-elle définitivement tomber en disgrâce après ce nouveau faux-pas? Quoi qu’il en soit, elle vérifiera désormais ses nœuds de cravate.

Les murs ont des oreilles, les cravates aussi.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • AnonymousUser
    AnonymousUser, Le 20 décembre 2009 à 21h41

    Je trouve son excuse absolument affligeante. C'est déjà arrivé à des hommes politiques, encore heureux, et je ne saisis même pas ce que ça pourrait bien avoir à faire avec le fait qu'elle soit une femme. En fait je ne vois aucune raison de la plaindre. C'était une conversation privée, mais des journalistes y ont eu accès : est-ce que le boulot de journaliste aujourd'hui devrait s'arrêter à la version officielle ? Je ne dis pas qu'il faut que les journalistes aillent fouiller la vie privée de nos politiciens comme des rats, mais quand on y a accès, directement, est-ce que ce ne serait pas malhonnête de taire le désintérêt de Rachida Dati pour son poste ? Quand on sait ce que coûte un député européen, la responsabilité qu'il a, je ne saisis pas comment on pourrait passer ce genre de propos sous silence. Si un journaliste était allé l'espionner pendant qu'elle téléphonait ça aurait été différent, mais là elle avait un micro, c'est sa bourde et sa responsabilité, et je ne vois aucune raison d'être complaisant ou de le taire. Après le désintérêt de Rachida Dati pour son poste n'est pas un scoop, mais je trouve ces propos assez éclairants et inquiétants pour ne pas être tus.

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