Quatre moments de solitude qu’on a tous connus

Les moments de solitude, ça arrive à tout le monde, même aux meilleur•e•s d'entre nous. Retour sur quelques uns d'entre eux, pour enfin relativiser.

Quatre moments de solitude qu’on a tous connus

Un moment de solitude, c’est l’expression qu’on utilise pour décrire une situation où l’on se sent particulièrement seul•e, souvent à cause de la gêne occasionnée par l’expérience. Des moments accompagnés parfois d’une honte si cuisante qu’on pourrait se faire réchauffer de la soupe sur le front. Tu sais, cette bouffée de chaleur qui prend à la gorge et qui t’électrise l’échine, d’un coup…

Les moments de solitude, je vais te dire : on en fait tout un foin sur le coup et en fait, on les oublie fissa. Mais c’est quand même un mauvais moment à passer, alors par solidarité et par amour de la dédramatisation, j’ai eu envie de revenir tel l’oignon dans la poêle sur quelques-uns d’entre eux.

Quand tu crois que quelqu’un te parle alors que non

Loin de moi l’envie de jeter l’opprobre sur le progrès. Le truc, c’est que je pardonnerai jamais vraiment aux gens qui ont inventé le micro sur les écouteurs.

Parce que c’est la foire à la saucisse (c’est faux, et si seulement) aux situations gênantes. Quand les gens tiennent leur téléphone à la main, le collent sur leur oreille et parlent dedans, tu peux facilement remarquer qu’ils ne s’adressent pas à toi. En revanche, quand ils ont la tête haute, les yeux rivés vers l’horizon, qu’ils parlent très fort, parfois carrément en regardant les gens dans les yeux, l’acte de téléphoner est bien moins flagrant.

Exemple :

Une inconnue que je croise dans la rue, les yeux dans les miens — Non mais c’est pas possible…
Moi, me disant que si ça se trouve, on était dans la même classe en petite section de maternelle et me préparant à un moment d’émotion — Oui ?
L’inconnue, fronce des sourcils avec le regard qui crie « c’est qui cette boloss », dans son micro — Nan j’sais pas c’est une meuf qui me parle.

alyssa milanoUn téléphone à clapet rose, avec une antenne, ÇA, c’est flagrant.

Du coup, j’essaie de plus trop me faire couillonner, mais des fois, c’est fourbe.

Un inconnu à côté de moi dans le métro — S’il vous plait ?
Moi, dans ma tête — Ce n’est pas pour toi, ce n’est pas pour toi. Bien sûr qu’il est au téléphone.
L’inconnu, croisant mon regard — S’il vous plait ?
Moi, dans ma tête — Mais si ça se trouve il a vraiment besoin d’aide. Peut-être, si ça se trouve, qu’il s’adresse malgré tout à moi, peut-être que j’ai le pied sur son écharpe ou un truc du style.
L’inconnu, agacé — S’IL VOUS PLAIT ?
Moi — Oui ?
L’inconnu, me montrant ses écouteurs — Laissez-moi, vous voyez bien que je suis au téléphone, c’est déjà assez compliqué comme ça, le réseau coupe tout le temps.

20/20. Mon seum et moi faisons la roue et partons nous recoucher.

Le moment où quelqu’un referme la porte après avoir ouvert quand t’étais aux toilettes

lapin toilettes
Les portes de certaines toilettes ferment mal, c’est bien connu. On se sent en sécurité, parce qu’on a mis le loquet, et puis quelqu’un ouvre de l’extérieur alors qu’on est en train d’uriner et plus si affinités et on n’a même pas le temps de réaliser qu’en fait le loquet était cassé que déjà, la honte nous monte au cuir chevelu.

Le moment de solitude ultime, pour moi, c’est vraiment quand la personne qui a ouvert la porte, encore plus gênée que je ne le suis, la referme. Je me retrouve alors seule, les fesses en l’air, avec le truc que j’étais en train de faire à finir, tenant la poignée d’une main tremblante, avec un silence clairement gêné de l’autre côté de la cloison.

C’est intense, comme solitude.

Quand tu réalises APRÈS avoir fait coucou que tu ne connais pas cette personne

C’est du grand drame des myopes et des gens adeptes des conclusions hâtives que je m’apprête à te parler. Quand tu crois reconnaître quelqu’un dans la rue, à pied, à vélo ou en voiture et que tu fais un signe de la main… tout en réalisant, mais trop tard, qu’il ne s’agit pas de la bonne personne.

On peut alors avoir le réflexe, grillé comme un steak, de faire semblant d’avoir voulu faire autre chose avec notre main, comme nous gratter le dos ou mettre notre raie au milieu (la raie des cheveux, faut-il encore le préciser ?). Ce geste, alors qu’on sait que la personne qu’on a saluée par erreur n’était pas la bonne, ce geste cliché, maladroit, assorti au désarroi de la honte dans le regard, est en soi un énorme moment de solitude.

lionelNon.

Quand t’es invitée chez des potes qui jouent aux Sims

Ce moment de solitude, je le range dans la case « gêne longue durée couplée à un ennui profond ». Il ne provoque pas de frissons, ni de montée de sueurs, et il n’est certainement pas à mettre dans la même catégorie que les trois autres mentionnés ici.

Je dis « les Sims » parce que c’était mon cas à moi, mais ça peut marcher avec n’importe quel jeu vidéo addictif. C’est juste que je me souviens avoir connu une telle expérience à maintes reprises avec les Sims.

À lire aussi : Les pires bugs des Sims

Quand Les Sims est sorti en France, j’étais pré-adolescente et il n’était pas rare que je sois invitée à passer le mercredi après-midi chez une copine. À l’époque, tout le monde parlait de ce jeu. Tout le monde avait envie d’y jouer. Avant qu’il ne sorte, les gens allaient le commander. Et quand ils l’avaient enfin installé sur leur ordinateur, ils pouvaient y passer des heures sans jamais se lasser. Ils commençaient à 8h02, ils relevaient la tête c’était 2043, ils avaient eu leurs premières règles, terminé leurs études, repris quatre fois de la blanquette et n’avaient pas eu le temps de voir leurs neveux grandir. À peu près.

Du coup, quand j’arrivais chez mes potes détenteurs des Sims, très vite, ils me disaient un truc comme « Attends j’te montre ma maison » et ça se terminait quatre heures plus tard, quand mes parents venaient me chercher et que la nuit était tombée.

Pendant ces quatre heures, j’étais là, assise à côté de ma copine, crevant d’envie de lui prendre le clavier et la souris des mains et de jouer moi aussi, pendant que résonnait la musique mythique du jeu. L’ennui, la jalousie, l’agacement de se demander ce qu’on fout là était puissant.

Bonus malaise malaisant : quand l’un des parents du pote qui jouait à la console lui disait « laisse jouer ta copine, tu vois pas comme elle s’ennuie ? ». À l’ennui, la jalousie et l’agacement s’ajoutaient la honte et la peur que l’autre ne nous en veuille d’être ainsi arraché•e à la maison de sa famille Gronichon.

À lire aussi : Test — Quelle est ton aspiration Sims ?

Et toi, dis-nous, c’est quoi ton top 4 des moments de solitude ? (Ou même ton top 1 ou ton top 8, tu vois, je suis pas sectaire.)

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Muwglyk
    Muwglyk, Le 24 novembre 2015 à 19h41

    Mais OUUUUUI les sims, bordel. Je me souviendrais toujours de ces soirées passées chez ma meilleure amie de l'époque, à la regarder jouer et à me faire chier comme y a pas. Par contre le fait de dire bonjour à quelqu'un alors que c'est pas la personne qu'on pense, ça ne m'arrive pas étant donné que je suis myope et que je ne préfère pas tenter de dire bonjour tant que la personne n'est pas arrivée dans mon champ de vision (assez rétréci j'en conviens). :rire:

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