Quatre leçons que je tiens de mon père — La leçon de la semaine, par Sophie Riche

C'est bientôt la fête des pères, et à cette occasion, Sophie Riche te parle de quatre leçons chouettes et précieuses que lui a transmises le sien.

Quatre leçons que je tiens de mon père — La leçon de la semaine, par Sophie Riche

J’ai beaucoup, beaucoup de chance : j’ai des parents super chouettes. Ils m’ont élevée dans l’amour, les blagues et la gentillesse, m’ont transmis de sacrées valeurs et ont contribué à faire de moi la personne épanouie que je suis aujourd’hui.

J’aime énormément mes parents qui sont drôlement super et qui m’ont appris tellement de choses, mais c’est la fête des pères, alors je vais plutôt recenser quatre précieuses leçons que je tiens de mon super papa.

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S’adapter à ses interlocuteur•trices

C’est peut-être l’un des enseignements qui m’est le plus précieux dans ma vie quotidienne. Je suis pas la personne la plus à l’aise en société, bien au contraire.

Je suis souvent gênée, parfois gênante et un peu timide, rosissant des joues de façon aléatoire, parlant trop fort et postillonnant plus que de raison. Clairement pas ma spécialité, même si, écoute, j’ai mon style.

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Un•e de mes interlocuteur•trices après que je lui ai postillonné dans l’œil.

Mais la petite leçon qui m’aide de ouf, c’est celle que m’a donnée mon père en me conseillant de m’adapter aux gens avec qui j’interagis. Par exemple, si je rencontre des personnes qui sont peu renseignées sur un domaine que je maîtrise, il m’a conseillé de ne pas rester avec mes mots savants, parce que ça les mettrait mal à l’aise et qu’ils auraient l’impression que je les prends de haut.

Du coup, c’est devenu un réflexe pour moi de jauger l’humeur et l’aisance de mon interlocuteur•trice pour ne pas trop le/la bousculer (exemple hardcore : si la personne à qui je parle vient de faire un bruit de pet sans faire exprès et semble très mal à l’aise, je vais pas crier « EH T’AS PÉTÉ MDR »).

C’est devenu un réflexe pour moi de jauger l’humeur et l’aisance de mon interlocuteur•trice pour ne pas trop le/la bousculer.

Si la personne que je viens de rencontrer est d’humeur rigolarde, bah je vais être un peu moins sur mes gardes. Si, au contraire, l’individu auquel je m’adresse a l’air nerveux et mal à l’aise, je vais y aller mollo et essayer de le mettre en confiance, et si c’est de pire en pire, je vais en revanche trouver la première excuse pour m’éloigner et le laisser tranquille (« Y a Jean-Mi qui montre la photo de ses chiens allez j’y vais salut »/« Il faut que j’aille aux toilettes », etc.).

C’est un conseil qui a ses dérives pour moi qui le suis parfois un peu trop : par exemple, quand quelqu’un fait une blague qui fait un bide, j’ai tendance à me forcer à rire et à rebondir dessus, quitte à moi-même faire un bide bien plus grand, et au final, c’est moi qui suis mal à l’aise.

Mais cet enseignement a bien plus d’avantages que d’inconvénients.

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Ne pas piquer les merguez

Écoute, c’est l’été, c’est la saison des barbecues, alors je me permets de transmettre cette leçon que m’a donnée mon Papa : ON NE PIQUE PAS LES MERGUEZ.

Si on pique les merguez, la graisse tombe sur les braises qui s’enflamment et tu te retrouves avec des merguez toutes sèches et cramées, ce qui n’est vraiment pas super, en termes de goût et de moelleux.

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Au cas où tu n’aurais pas compris : ON NE PIQUE PAS LES MERGUEZ.

Et si tu désires des merguez sans graisse, franchement pardon hein, je déteste juger, mais pour quoi faire ? J’ai tendance à penser, « Autant pas manger de merguez », mais je peux me tromper. Enfin je sais pas.

J’ai l’impression que l’un des plus grands intérêts des merguez, en plus de leur saveur épicée, c’est leur jus gras, mais je fais peut-être fausse route.

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Moi quand je suis encore de bonne humeur parce que je n’ai pas remarqué que quelqu’un avait piqué les merguez.

Bien recevoir

Parmi les nombreuses choses que j’admire chez mes parents, il y a leur façon de recevoir les gens chez eux. Je pense pas que ce soit possible d’être mal à l’aise dans la maison où j’ai grandi.

L’autre jour, j’étais à un cours de théâtre et on nous a demandé de faire un exercice : nous imaginer dans la chambre de notre enfance et essayer de voir, sentir et toucher le plus de choses possibles.

J’ai toujours admiré cette façon de faire attention à cuisiner des choses que leurs invité•es aiment, et à ne pas leur préparer le même plat de façon trop rapprochée, à discuter et faire des blagues et s’assurer que personne ne manque de rien.

Bah moi, figure-toi qu’instantanément, je me suis retrouvée dans ma chambre lumineuse, avec la pluie tombant dehors (j’ai grandi en Picardie, je te rappelle, alors la pluie c’est obligé) et le bruit de mes parents en arrière-plan en train de cuisiner pour leurs copains qui venaient le soir (et les odeurs qui allaient avec) (c’était un cassoulet).

J’veux dire, dès que je pense à mon enfance, bim, je me retrouve direct dans cet état d’esprit, c’est dire si c’est quelque chose qui m’a marquée avec bonheur.

J’ai toujours admiré cette façon de faire attention à cuisiner des choses que leurs invité•es aiment, et à ne pas leur préparer le même plat de façon trop rapprochée, à discuter et faire des blagues et s’assurer que personne ne manque de rien.

Aujourd’hui, j’essaie de les imiter, mais pas avec le même don : j’adore organiser des apéros et recevoir des gens même si, là où mes parents organisent tout naturellement et comme il faut, je mets de l’essuie-tout en guise de serviettes et ne pense jamais à remettre une serviette sèche pour s’essuyer les mains après avoir uriné (après les avoir lavées après avoir uriné, plutôt).

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Comment j’imagine mon père quand je lui dis que j’ai raté mon couscous au téléphone (en vrai c’est faux, déjà parce que j’ai fait qu’une fois un couscous et qu’il était très bon).

On est tou•tes le/la con•ne de quelqu’un

Souvent, je me suis mise à critiquer un peu trop d’autres gens que je trouvais sacrément zozos, quand j’étais au collège ou au lycée.

Souvent aussi, je m’étonnais, attristée, de ne pas être aimée par certain•es de mes camarades ou des profs qui, clairement, pouvaient pas me piffrer. Pour me faire relativiser, mon père me disait alors de temps en temps cette phrase très simple et très vraie :

« On est tou•tes le/la con•ne de quelqu’un. »

L’alternative à « On ne peut pas plaire à tout le monde »Et c’est très vrai ! Le savoir, en être conscient•e, permet de souffler un peu sur la pression sociale qu’on se met.

Les commentaires positifs et les encouragements ont plus de valeur que tout le reste.

Il y aura toujours des gens pour nous penser stupide ou désagréable ou pour ne pas nous aimer pour des raisons diverses, autant ne pas se faire souffrir avec ça. Autant rester soi-même et ne pas se formaliser quand, alors qu’on n’a rien fait de mal, des gens font preuve de mépris voire d’animosité à notre égard.

Maintenant que j’y pense, cette phrase-leçon de vie est probablement la raison pour laquelle je hausse les épaules en rigolant quand on me parle des commentaires haineux que j’ai pu recevoir sur certaines vidéos ou sous certains de mes articles : ils ont moins de valeur que les commentaires positifs et les encouragements, parce que je vais tout de même pas m’attarder sur les gens qui ne m’aiment pas et me le font savoir sans d’autres arguments que des insultes.

Eh oh. Y a pas marqué « jambon ».

saucisson
« Saucisson », à la limite, ok.

Voilà, donc, quatre leçons précieuses qui rendent ma vie plus douce et que je tiens de mon fantastique papa, parmi des milliers d’autres.

Et toi, quels sont les enseignements que tu tiens de ton super père ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mad Gwendo
    Mad Gwendo, Le 18 juin 2016 à 22h13

    Une chose que m'a appris mon papa c'est de profiter et arrêter de s'apitoyer sur son sort. Si tu veux faire quelque chose, fais le n'attends pas.
    Il m'a également donné un peu le goût de voyager depuis ce petit road trip que nous deux. <3

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