Les puzzles, ce complot éhonté

Les puzzles ne sont pas les innocents jeux de patience que l'on imagine. Ils ne sont pas les amis des dimanches pluvieux ou des grands-parents fatigués. Oh que non.

Les puzzles, ce complot éhonté
C’est la journée mondiale des puzzles ! L’occasion de (re)découvrir cet article.

– Article initialement publié le 29 septembre 2013.

Aujourd’hui, je ne peux me taire davantage. Aujourd’hui, mon cœur qui souffre ne peut plus garder sous silence ce mal-être, aujourd’hui j’ose : je vais vous parler… des PUZZLES.

Tintintiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin (musique angoissante) (c’est pour faire monter le suspens qui est déjà, je le vois dans vos petits yeux, à son comble) (mate la mise en scène de malade, on m’appelle la Peter Jackson des temps modernes) (Peter, si tu me lis, saches que je t’ai déifié) (revenons à nos ovins).

Je vais donc aborder ce sujet douloureux dans un élan de courage sans précédent, car l’humanité ne peut continuer ainsi, et je me porte donc volontaire pour être la voix de mes camarades (je m’appelle Itineris, vous avez deux nouveaux messages, etc.)

Les puzzles donc, ces vils personnages. Oui, vils. Ils ne peuvent être qualifiés qu’ainsi car ils accumulent avec une rage destructrice des actes barbares pour nuire à l’humanité et la réduire à néant. Rien de moins.

Le tueur de la saga Saw s’appelle Jigsaw (puzzle) et son emblème est une pièce de puzzle. Coïncidence ? Je ne crois pas. (Bon, ok, ça veut aussi dire « scie sauteuse », OK.)

Les images des puzzles

Déjà, c’est quoi ces illustrations ?? Des chats, des bateaux, des chevaux, des montagnes, des couchers de soleil, tiens des chiots, encore des chats, ah non c’est des chatons, oh et puis des chatons avec des chiots… JE NE CONNAIS RIEN DE PLUS MIÈVRE QUE LES IMAGES DE PUZZLES (et pourtant, Dieu sait que je suis gnan-gnan).

J’sais pas, mais vous avez remarqué qu’on ne voit jamais des images de bélugas, ou de Full Metal Jacket ? C’est bien dommage en plus, parce que je suis sûre que cela offrirait des possibilités de casse-têtes fichtrement diaboliques (cette pièce blanche correspond-elle au béluga ou à la banquise ? Combien y a-t-il de soldats camouflés dans cette image ?).

C’est de toute beauté.

Non, les puzzles cherchent à nous rendre niais-es, à nous faire perdre tout sens commun par le biais d’un attendrissement félidé ou canidé ou équidé ou paysagidé afin de prendre le pouvoir et faire régner sur terre le chaos et la destruction.

Ne tombons pas dans ce piège ignominieux, et résistons à l’appel du chaton qui trottine.

Je… dois… résister…

Les images des puzzles (part. 2)

Et puis d’ailleurs, qu’elles soient choupi ou mignonnes, ces images dont nous venons de parler sont toujours INFAISABLES ! Comment voulez-vous que je distingue si cette pièce représentant une pilosité féline correspond à la tête, aux petites-papattes-du-chaton-tout-mimi-gouzi-gouzi, ou à son c… oude ?!

C’est donc doublement infâme, parce que ça nous fait baver gazouiller de mignonnitude en nous frustrant par la même occasion puisque ça va prendre trois semaines pour finir ce foutu puzzle de 200 pièces, en plus c’est pas possible y a marqué « à partir de 10 ans », je suis quand même pas infirme à ce point, Micheeeeeellle viens m’aider !

Voilà, donc c’est méchant. Faites des trucs plus humains, les puzzles, sérieux.

C’EST PAS COMME ÇA QU’ON FAIT ENFIN JOSÉ.

Le nombre de pièces des puzzles

Et puis, tiens, parlons-en, de ces 200 pièces. Est-ce que je suis la seule à ne pas trouver un seul niveau qui corresponde à ma capacité de concentration ?

Parce que soit je prends un 100 pièces (par exemple, un chaton sur un oreiller, au hasard), et je le finis en une semaine heure, et je crie donc au scandale parce que j’ai payé 14,99€ pour bien peu de divertissement en fin de compte, SOIT je prends, genre, 500 pièces (un cheval au galop dans un champ, au pif), et j’y arrive pas, parce que c’est trop dur en plus ce sabot je sais pas si c’est de la patte avant ou arrière, alors ça m’prend la tête, et puis ce brin d’herbe je le fous où PUTAIN, et donc je le termine deux ans plus tard au mieux, jamais au pire.

José a abandonné la lutte.

Donc c’est soit une arnaque, soit…une arnaque. Et encore, j’vous ai pas parlé des 1000, 2000, 5000, et 10 000 pièces (qui, je pose la question, QUI peut avoir la patience pour 10 000 ? QUI ?? Moi, toute ma vie entière ne me suffirait pas à poser juste les quatre coins. Alors, je demande : QUI ?).

Les pièces en elles-mêmes

Et ça ne s’arrête pas là ! Oh non, ce serait trop simple !

Les pièces, je parle de la forme là, t’sais, les concavités et convexités sur support cartonné, eh ben ELLES SE RESSEMBLENT TOUTES. C’est TOUJOURS la même forme, comment voulez-vous que je fasse la différence ?!

Déjà que je sais toujours pas où mettre ce sabot de malheur, mais en plus je pourrais le caser n’importe où (dans le ciel par exemple !) puisque la pièce ressemble à toutes les autres, donc à rien !

Ça m’rend folle ça aussi.

DES. PIÈCES. COURBES. 

Le comportement du puzzleur

D’ailleurs, tout le monde devient fou au contact d’un puzzle, c’est dire s’ils sont perfides. Tout être humain normalement constitué qui se lance le défi de faire un puzzle adopte soudainement un comportement foncièrement étrange. Il ou elle…

  • se met à trier tel un petit écureuil les couleurs dans des petits réceptacles prévus à cet effet (souvent des boîtes d’œufs ou de faisselle vides, histoire d’alléger son karma écolo)
  • devient plutôt tendu-e (« NON, ne t’approche pas, j’étais tranquille là, tu veux pas plutôt aller vo…mais qu’est-ce que tu tiens dans ta main OH MON DIEU REPOSE CETTE PIÈCE IMMÉDIATEMENT C’EST MON PUZZLE PAS LE TIEN NE TOUCHE PAS NON JE NE SUIS PAS ENERVÉ-E JE SUIS TRÈS CALME JE NE CRIE PAS MAIS REPOSE CETTE PIÈCE »)
  • condamne une pièce dont l’accès devient plus sécurisé que la Maison Blanche parce que faut pas déranger sinon, c’est très grave (cf. point précédent)
  • est capable de ne plus manger ni dormir, ni rien, tant qu’il ou elle n’a pas placé cette foutue pièce mais t’inquiète j’vais la trouver, regarde on dirait un bout de coquelicot donc ça doit être là, ah bah non tiens alors c’est peut-être un coléoptère ou un hydroglisseur, attend me stresse pas ok ?!

Pour savoir si l’individu a rempli son objectif, rien de plus simple : munissez-vous d’un tympan, et attendez qu’il soit percé par le cri strident de victoire que poussera l’intéressé-e au moment de l’accomplissement de sa quête ultime : placer ladite foutue pièce. Voilà. Rien de plus simple j’vous dis.

La dernière image connue de Marcel Junior : il a dérangé un puzzle avant de disparaître mystérieusement.

Donc, les puzzles, c’est un peu la cause principale des pétages de câbles humains dans un domicile, en fait (après le lave-vaisselle pas vidé et la diffusion du Plus Grand Cabaret du Monde le samedi soir)… C’est dangereux.

Les puzzles : le coup de grâce

J’arrive au dernier point, le pire de tous, celui qui me donne des sueurs froides rien que d’y songer, le cauchemar suprême des puzzles, j’ai nommé …. (roulements de tambours, toi-même tu sais Peter) la pièce manquante.

Oui, tu la connais toi aussi, cette pièce qui se fait la malle inéluctablement avant que tu aies fini d’assembler ses comparses au prix de tant d’efforts fébriles. Je ne connais pas un puzzle qui n’ait pas sournoisement fait disparaître une de ses pièces, dans un élan de sadisme sans précédent.

Tu le ne sais pas encore, mais tu ne me finiras JAMAIS, humain.

Cette pièce (nous la nommerons l’Élue) est choisie parmi une foule de candidates qui ne demandent qu’à prendre leur indépendance. L’Élue, donc, prend un jour ses cliques et ses claques, fait un bisou à tout le monde, met son baluchon sur l’épaule, et puis s’en va, souvent sans se retourner.

Elle échouera derrière un canapé ou sous un tapis, au milieu quelques pelotes de poussières, prenant un repos bien mérité et coulant des jours paisibles, jusqu’à être dévorée malencontreusement par un aspirateur zélé (ce qui est une bien triste fin en soi).

Cette pièce, c’est vraiment ce qui m’achève dans ma quête puzzlesque (si quelqu’un parvient à prononcer ce mot correctement en un seul essai, il aura mon admiration la plus totale pour la journée).

LIBERTÉÉÉÉÉÉÉÉ !

Voilà les torts et travers de ces infâmes comploteurs que sont les puzzles… Ne nous laissons pas faire ! Rebellons-nous mes frères et mes soeurs ! Ne nous taisons plus ! Ils n’auront pas notre peau !

— Ovation générale, cris de joies, épées levées, le peuple est en liesse, clap, clap, clap

Si tu souhaites toi aussi te joindre à cet épique combat (à côté duquel celui du Gouffre de Helm n’arrive pas à la rotule), laisse un commentaire ! Mobilisons-nous ensemble ! Tu peux aussi nous raconter ton passé puzzlesque ou même ta dernière tentative de cuisiner une quenelle aux myrtilles. C’est toi qui vois après tout.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 35 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Sighel
    Sighel, Le 1 février 2016 à 10h38

    Rhaaa les puzzles l'amour de ma vie ! Plus jeune, j'en ai fait de super canons qui représentaient des châteaux avec des illusions d'optique (style le plafond d'un endroit devient la cour de l'étage supérieur), j'y passais des heures, c'était génial ^^ Je m'y suis remise en octobre avec un puzzle de 1000 pièces, qui lui représentait une foule de Minions ... J'ai passé un mois et demi à trier le jaune/le bleu/les yeux/les cheveux/les bouches et à m'arracher mes cheveux à moi, mais ça y est, il est fini, collé sur une plaque de contreplaqué et accroché chez nous !

Lire l'intégralité des 35 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)