Les fêtes de fin d’année vues par… la psychologie

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Les chercheur•ses s'intéressent aussi aux fêtes de fin d'année d'un point de vue psychologique. Justine vous partage trois études à ce propos.

Les fêtes de fin d’année vues par… la psychologie

La période de Noël intéresse aussi les chercheur•ses : modes de consommation différents, omniprésence des décorations d’une célébration religieuse dans les lieux publics… Voici trois études en psychologie s’appuyant sur les fêtes de fin d’année.

Pour des festivités heureuses, zappons l’aspect consommation

Les festivités de fin d’année nous poussent souvent à claquer notre livret A pour offrir de jolies choses à nos proches — mais en fait, notre bien-être pourrait être heurté par cet aspect des festivités.

Les chercheurs Tim Kasser et Kennon M. Sheldon ont essayé de trouver ce qui nous rendait vraiment heureux•se pendant la période des fêtes. Les scientifiques ont cuisiné 117 personnes sur le sujet — à propos de leur satisfaction, leurs émotions, leur stress, leurs expériences, leurs dépenses, leur mode de consommation…

Selon les chercheurs, nous serions plus heureux•ses pendant ces fêtes si :

  • nous accordons davantage d’importance aux expériences familiales et religieuses (plutôt qu’aux cadeaux),
  • et si nous essayons d’adopter une consommation consciente des enjeux de l’environnement.

En fin de compte, centrer notre attention sur l’aspect matérialiste des fêtes pourrait nous rendre moins heureux•ses

À lire aussi : Pourquoi je préfère fêter Noël entre amis, plutôt qu’en famille

Si nous cédons aux sirènes de la consommation, attention à nos choix de cadeaux

Est-ce vraiment l’intention qui compte ? Jeff Galak, Elanor Williams et Julian Givi émettent des doutes : pour les chercheur•ses, nous serions plus satisfait•es lorsque nous recevons des cadeaux qui correspondent à nos besoins à long terme.

Il vaut mieux acheter un cadeau dont la personne a envie plutôt que de vouloir lui en mettre plein les mirettes.

Lorsque nous achetons des cadeaux à nos proches, nous anticipons le moment où ceux-ci ouvriront les paquets, nous voulons leur en mettre plein les mirettes… Ce serait une erreur : les cadeaux que l’on apprécie le plus seraient ceux qui correspondraient à nos envies à long terme.

Admettons par exemple que votre sœur ait écrit une liste de ses envies, mais que, pour vous, ces cadeaux ne sont pas très « wahou » — vous êtes tenté•es de lui offrir quelque chose d’autre, avec les meilleures intentions du monde…

Ce qui risque d’être un raté : si votre sœur a pris le temps d’écrire une liste, c’est probablement qu’elle souhaite vraiment recevoir ces cadeaux-là.

Depuis des années, à chaque fête, mon père affirme qu’il veut une peau de chamois. De mon côté, je trouve que ce serait un cadeau un peu pourrave — et je lui achète toujours autre chose.

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C’est une démarche étrange : ce que je veux, c’est lui faire plaisir, alors, s’il veut vraiment une peau de chamois, pourquoi opter pour autre chose ?

En somme, pour offrir un peu de joie à notre entourage, les scientifiques nous conseillent d’essayer de percevoir combien le cadeau pourrait avoir de la valeur pour celui ou celle qui le reçoit, plutôt que de choisir quelque chose qui nous satisfait nous-même !

À lire aussi : Petites astuces psychologiques pour acheter le bon cadeau

Une période compliquée pour les personnes qui ne fêtent pas Noël

Cette recherche rappelle que les fêtes de Noël ne concernent pas tout le monde — et suggère que, peut-être, le battage médiatique autour des festivités et l’omniprésence des décorations peuvent heurter celles et ceux qui ne célèbrent pas cette fête.

Les décorations de Noël peuvent créer un sentiment d’exclusion.

Michael Schmitt, chercheur en psychologie sociale, a mené une étude sur l’impact d’une décoration de Noël sur le moral d’étudiant•es. Sans avertir les participant•es que l’étude portait sur ce sujet, le chercheur a proposé aux étudiant•es de remplir un questionnaire sur leur humeur, leur état émotionnel…

Certain•es remplissent le questionnaire dans une pièce où est placé un petit sapin de Noël, et d’autres dans une salle neutre.

Face au petit sapin de Noël, les personnes qui ne célèbrent pas cette fête auraient déclaré moins de confiance en eux et moins de sentiments positifs que les autres. Dans la pièce neutre, où il n’y avait aucune décoration spécifique, ce n’était pas le cas.

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Pour Michael Schmitt, les résultats, publiés dans le Journal of Experimental Social Psychology, pourraient indiquer que la seule présence du sapin crée un sentiment d’exclusion — quelle que soit la raison pour laquelle les personnes ne célèbrent pas Noël.

Le psychologue ajoute une information particulièrement intéressante : après la passation des questionnaires, l’équipe de recherche expliquait à tou•tes les participant•es le véritable objectif de l’étude, et demandait à chacun•e combien ils pensaient avoir été affecté•es par la présence du sapin.

L’impact du sapin de Noël est subtil et peut-être inconscient.

Le chercheur n’a pas relevé de différences entre celles et ceux qui célébraient Noël et les personnes qui ne le célébraient pas : tou•tes pensaient que les décorations de Noël les rendaient plus heureux.

En d’autres termes, l’impact du sapin de Noël est subtil — et peut-être inconscient.

À lire aussi : Psycho – Nostalgie et fêtes de fin d’année

Bien sûr, l’auteur souligne qu’il ne propose pas d’annuler Noël — mais il conseille deux choses, pour prendre en compte l’exclusion que peut créer l’omniprésence de Noël :

  • Réfléchir à une manière de réduire les décorations et mentions de la fête dans les lieux publics,
  • Ou accorder une place plus grande aux célébrations d’autres religions

Michael Schmitt explique que, face aux résultats de son étude, les réactions peuvent être vives — mais pour le chercheur, si nous avons à cœur d’organiser une société dans laquelle chacun•e se sent inclus•e et respecté•e, nous pouvons faire de petits changements pour contribuer à créer un climat multiculturel et inclusif.

Sur ce, je vous souhaite de joyeuses fêtes !

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Voici le dernier commentaire
  • Nyxi
    Nyxi, Le 13 décembre 2016 à 18h44

    @Mrs Sulu, @Polgara la Sorcière : Pour ma part, je pense que l'augmentation de suicide en période de fête (je sais pas si les études stat existent et disent que c'est un fait mais ça m'étonnerais pas) est multifactoriel. Outre la baisse de luminosité de novembre/décembre, la période des fêtes, quand on est déjà pas top niveau moral, c'est pire. Je suis hospitalisé en psy depuis 6 mois, pour bon nombre de mes camarades de clinique (et moi) la période des fêtes, c'est une vraie épreuve parce que les gens autours sont tous joyeux toussa et nous non, ça renvoie au décalage qu'on peut déjà sentir et puis "faut faire un effort pour pas casser l'ambiance", ça épuise, l'appréhension des repas de familles toussa. Bref, je dirais que la période des fêtes de part sa connotation culturelle de fête joyeuse, festive et familiale peut jouer en elle-même sur le moral des personnes qui vont déjà pas bien.

    Sinon, la phrase sur la religion dans l'article je l'ai interprété un peu différemment, j'ai l'impression : je ne l'ai pas interprété comme une "recommandation" de se tourner vers la religion mais comme une observation : "si on est croyant, la période des fêtes à une symbolique "en elle-même" et les cadeaux, ça vient en second. Ce qui me parait logique, je suis personnellement pas croyante donc Noël ça à toujours été d'abord une occasion d'avoir des cadeaux (surtout enfant/ado) ensuite le repas en famille. Maintenant que je suis adulte, les cadeaux... je cherche quoi mettre sur ma liste. Et en soit, le 24 décembre/25 décembre, ça n'a aucune signification, c'est un jour comme un autre donc bon toute ces réjouissances autour de cette fête... ça me dépasse :ninja: