Pourquoi le sexe donne du plaisir, au fait ?

Queen Camille n'était pas très attentive en cours de biologie. Mais comprendre les raisons physiques du plaisir sexuel, ça l'intéresse. Que se passe-t-il dans notre corps qui rend cette belle activité si plaisante ?

Pourquoi le sexe donne du plaisir, au fait ?

La nature est bien foutue.

Elle a pensé à rendre agréables les actions indispensables à la survie de l’espèce : manger, boire, dormir et se reproduire, pardi.

La récompense pour notre bonne conduite ? Le plaisir !

Mais comment le sexe nous apporte-t-il du kif ?

Que se passe-t-il dans notre corps et dans notre cerveau qui produit cette sensation de bien-être et d’euphorie ?

J’ai découvert récemment l’existence d’un nerf sans qui le cul serait bien peu de choses.

Le nerf pudendal, la source du plaisir

Le nerf pudendal était auparavant appelé « nerf honteux ».

C’est un long nerf qui permet à l’appareil génital d’envoyer des messages au cerveau.

Il se divise en trois branches.

Chez les personnes à vulves, le nerf pudendal comprend une branche dans l’anus (aucun rapport avec ceci), une dans le périnée et une autre dans le clitoris.

Chez les personnes à pénis, il se termine également dans l’anus, le périnée, et dans le pénis.

À lire aussi : Sexe et cerveau : pourquoi s’attache-t-on aux gens qu’on nique ?

Dans cet article, la sexologue américaine Laura McGuire explique que ce nerf ne se concentre donc pas dans le vagin.

« La plupart des terminaisons du nerf pudendal sont concentrées au niveau du clitoris.

C’est pour cela que les personnes à vulves ont souvent du mal à atteindre l’orgasme par la seule pénétration vaginale, et c’est pourquoi le clitoris est considéré comme la centrale électrique du plaisir féminin. »

Le clitoris est effectivement la partie du corps humain la plus innervée, avec plus de 8000 terminaisons.


C’est énorme

Trois autres autoroutes de l’info relient l’appareil génital au cerveau :

  • le nerf vague qui transmet depuis le col de l’utérus, l’utérus et le vagin
  • le nerf hypogastrique depuis l’utérus et le col
  • le nerf pelvien qui envoie ses messages depuis le vagin et le col de l’utérus chez les femmes, et le rectum chez tout le monde

Sans ces nerfs qui transmettent des impulsions à la moelle épinière et au cerveau, jouir serait impossible.

Les effets de l’orgasme sur le cerveau

Je vous racontais récemment comment le sexe nous transforme en junkie de l’amour à coup de dopamine et d’oxytocine.

Eh bien, c’est grâce notamment au nerf pudendal que notre cerveau est bombardé de ces hormones du bonheur et de l’attachement, quand plaisir il y a !

Le sexe utilise donc des hormones typiques des circuits de récompense du cerveau.


C’est ma récompense !

Une autre sexologue, Lawrence Siegel, a une théorie plutôt inattendue sur le sujet.

Si notre cerveau se laisse inonder d’hormones du plaisir, ce serait parce qu’il assimile l’excitation sexuelle à un danger.

Elle explique :

« Il semblerait que le cerveau confonde l’excitation sexuelle avec un traumatisme.

Quand quelqu’un est excité, son rythme cardiaque accélère, la température du corps s’élève et les muscles se tendent, ce qui se passe également quand quelqu’un est en danger.

À mesure que cela augmente, le cerveau regarde la situation et se dit « Oh, oh tu es en difficulté ». Un orgasme est une décharge massive de produits chimiques du bien-être, qui vous laisse dans un état de conscience méditatif. »

Toujours prêt à rendre service, ce cerveau.


De rien, ça fait plaisir

Mais alors, comment l’asexualité est-elle possible ?

L’asexualité se définit de manière large par le fait de ne pas ressentir de désir ou d’attirance sexuelle.

Cette particularité qui toucherait 1% de la population serait-elle liée à une défaillance du système de récompense ?

Laura McGuire rappelle que les asexuels ne choisissent pas de l’être, pas plus qu’on ne choisit son orientation sexuelle par exemple.

Même si les causes de l’asexualité restent assez floues, il n’y aurait pas de différences physiques entre les personnes asexuelles et les autres, affirme Lawrence Siegel.

« Il est faux de dire que les gens qui s’identifient comme asexuels ne ressentent pas de plaisir. Ils n’ont juste pas envie de sexe. »

Toute personne qui possède un nerf pudendal pourrait donc expérimenter la libération de dopamine et d’ocytocine pendant le sexe. Mais d’après le Dr Siegel, tout le monde ne vivrait pas cette expérience de la même manière.

La nature est bien faite, mais l’être humain est complexe…

À lire aussi : Que faire si une capote est coincée dans ton vagin ?

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Commentaires
  • Naty-chan
    Naty-chan, Le 27 mai 2018 à 22h26

    Intéressant cet article.

    @Alaiis Je n'enseigne qu'en collège, mais il me semble que le plaisir est abordé dans certains programmes au lycée depuis quelques années...
    Et perso avec mes collégiens on ne parle pas que de reproduction hein ;)

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