Pourquoi trompons-nous nos partenaires ?

Par  |  | 164 Commentaires

Pourquoi certaines personnes trompent leur partenaire ? Justine vous partage les résultats d'une étude scientifique portant sur l'infidélité des jeunes.

Pourquoi trompons-nous nos partenaires ?

Le sujet du jour est complexe et peut être douloureux : l’infidélité. Avez-vous déjà été infidèle à l’un•e de vos partenaires ? Si c’est le cas, pourquoi ? Avez-vous des explications particulières ?

L’infidélité a souvent été étudiée par les spécialistes en sciences humaines.

Des chercheurs et chercheuses suggèrent par exemple que plus nous sommes en « détresse psychologique », plus nous aurions de probabilités de tromper nos partenaires (pour en savoir plus, c’est ici).

D’autres soulignent qu’il n’existe pas qu’une forme d’infidélité (et qu’on peut « tromper » son partenaire physiquement ou romantiquement…).

Des chercheurs se questionnent sur l’infidélité des jeunes

Cette année, trois chercheur•ses (Jerika C. Norona, Spencer B. Olmstead et Deborah P. Welsh) se sont intéressé•es à l’infidélité des « jeunes adultes ». Ils ont voulu comprendre les raisons qui poussaient les vingtenaires à tromper leurs partenaires…

À cet âge particulier, où nous grandissons encore, dans lequel nous essayons de trouver qui nous sommes, comment vit-on l’infidélité ?

Les scientifiques ont interrogé 104 personnes hétérosexuelles « infidèles » (ou, en tout cas, qui ont déclaré avoir avoir trompé leur partenaire dans les six derniers mois – que cette infidélité soit physique ou émotionnelle), d’un âge moyen de 22 ans.

Au préalable, avant de débuter l’expérience, les chercheur•ses proposent aux participant•es de lire un petit texte : celui-ci rappelle à quel point le fait de tromper son partenaire est commun. Avec cette lecture, l’objectif est de mettre à l’aise les volontaires afin qu’ils puissent se confier.

infidélité

Après cette introduction, les scientifiques demandent aux volontaires de raconter leurs expériences romantiques passées et actuelles, d’évaluer leur attachement à leurs partenaires et d’expliquer les « raisons » de leur infidélité.

Les résultats de la recherche, publiés dans le Journal of Sex Research, indiquent que la majorité des participant•es expliquent leur infidélité par une relation de couple qui ne les satisfait plus.

Pour certains, leur besoin « d’interdépendance » ne serait plus comblé (une mauvaise communication de couple, la disparition de la « magie », une absence d’intimité…) et d’autres, à l’inverse, signalent un besoin d’établir une « indépendance ».

Si ces deux idées sont majoritaires, 40% des réponses restantes invoquent d’autres raisons à l’infidélité. Parmi celles-ci, on retrouve la consommation d’alcool, la recherche de quelque chose d’excitant (d’un frisson…), une attraction purement physique, un attrait de la « nouveauté »…

À lire aussi : Génération Mad #51 — L’infidélité et toi

Les différents types de relation au centre de l’expérience

Les chercheur•ses ont poussé plus loin leurs investigations : le style d’attachement de la relation joue-t-il un rôle dans la propension à tromper ses partenaires ?

Selon leurs analyses, deux types d’attachement pourraient être particulièrement liés à l’infidélité :

  • Les personnes qui évitent d’être trop proches, ou trop intimes (et qui ont un style d’attachement « évitant ») auraient plus tendance à considérer que leurs besoins ne sont pas comblés dans la relation (et auraient donc plus tendance à tromper),
  • Et celles et ceux qui ont tendance à s’inquiéter de perdre la proximité avec leur partenaires auraient également tendance à « pousser » leurs partenaires à se sentir étouffés.

Pour Jerika C. Norona, il est possible que les vingtenaires trompent leurs partenaires parce qu’ils se construisent, parce qu’ils tentent de comprendre quels sont leurs désirs, leurs objectifs… et, en même temps, comment fonctionne une relation amoureuse, comment un•e partenaire peut être traité•e…

En fin de compte, aujourd’hui, la vingtaine est un âge d’exploration et d’expérimentation : « commettre » une infidélité pourrait être une manière de trouver qui nous sommes, de comprendre nos besoins…

Dit de cette manière, tromper deviendrait presque un truc OK – le problème… ce sont les conséquences et les blessures qui peuvent apparaître, pour les trompeurs… et les trompé•es.

Pour les auteur•es de l’étude, la solution réside dans l’éducation de chacun•e : le savoir, c’est le pouvoir, disait Lord Baelish (bah quoi ?).

En sachant que nous sommes dans une période d’expérimentation, que nous sommes en train de devenir « nous », peut-être que nous pouvons prendre nos décisions en toute conscience… et décider quel type de relation nous souhaitons avoir – couple exclusif, libre, polyamour

Pour aller plus loin :

À lire aussi : La fidélité, un concept compliqué depuis l’Antiquité

7 surprises culinaires personnalisées par la rédac
18.90€ + 4€ de livraison

Voici le dernier commentaire
  • Maud Kennedy
    Maud Kennedy, Le 20 août 2017 à 19h33

    Il n'est en aucun cas question que du mensonge dans une infidélité. Ce n'est pas le seul aspect. Pour parler d'infidélité,il faut que les partenaires soient dans une relation exclusive sinon,ce n'est pas une infidélité. Ca veut dire que c'est aussi une trahison. La personne qui trompe trahit son/sa partenaire et les règles du couple,qu'elles soient implicites ou explicites d'ailleurs.
    Prévenir rapidement son/sa partenaire enlève le côté dissimulation (si c'est vraiment rapide) mais pas la trahison. Quant au mensonge,je dirais que ça dépend du "type" d'infidélité. Quand ce n'était pas prévu et que la personne le dit tout de suite après,effectivement il n'y a pas mensonge. Mais si c'était programmé ou si c'est une infidélité qui dure,ça n'enlève pas l'aspect mensonge. A partir du moment où quelqu'un dit "je rentrerai plus tard ce soir,je vais à la salle de sport,j'ai une réunion" (oui,c'est cliché,c'est fait exprès),c'est un mensonge clair et net. Si la personne prétend être allé-e en cours,au sport ou avoir bossé jusqu'à telle heure pour couvrir son infidélité,c'est aussi un mensonge.

    Clematis
    Si ton amie se fait agresser, tu n'es pas atteint.e directement. Ton amie l'est, l'agresseur sera jugé pour ses actes envers ton amie, pas pour le préjudice qu'il t'a causé et ta tristesse n'entrera pas en ligne de compte
    Non on n'est pas atteint-e directement mais ce que je voulais dire,c'est que ça n'empêche pas que la majorité des gens condamne les agressions,même sans être atteint-e directement.
    C'est peut-être aussi pour cette raison que la justice juge au nom du peuple et non pas au nom de la victime http://www.justice.gouv.fr/organisation-de-la-justice-10031/les-fondements-et-principes-10032/
    Clematis
    Mais quand il s'agit de déterminer si une action relève du Bien ou du Mal, si une société doit la condamner moralement et/ou juridiquement, il faut pouvoir mettre de côté les jugements emprunts d'émotions qui ne peuvent que nous empêcher d'être justes et objectifs.
    Déterminer qu'une action relève du bien ou du mal est un jugement en soi. A partir du moment où une action sort du cadre pénal,le jugement porté ne peut pas être juste ou objectif puisque basé sur des émotions et opinions. Il fut une époque où la morale réprouvait les relations entre personnes du même sexe ou entre personnes qui n'avaient pas la même couleur de peau.
    On n'aura jamais tou-te-s le même point de vue sur ce qui est moral ou pas. L'infidélité ne fait pas exception. D'ailleurs,ça a évolué aussi:les couples dit "ouverts" "libres" ou "non exclusifs" ,c'est quelque chose de relativement récent. Ca a sans doute toujours existé mais c'était caché,j'ai l'impression.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!