Pourquoi j’ai raconté mon histoire sur madmoiZelle – Carnet de rupture #8

Livrer ses états d'âme sur Internet, et parfois même une part de soi dont elle n'était pas fière : Audrey revient sur l'expérience des Carnets de Rupture, et ce qu'elle en retire.

Pourquoi j’ai raconté mon histoire sur madmoiZelle – Carnet de rupture #8
Le Carnet de RuptureDans Carnet de Rupture, Audrey, une lectrice de madmoiZelle, raconte la fin de son histoire d’amour, à cœur ouvert.

Une histoire d’amour, mais aussi d’infidélité, et de reconstruction.

Après 2 mois post-rupture, et 8 leçons que j’en ai tirées, voici le huitième épisode de cette série, à lire sur madmoiZelle.

Toutes les semaines, ma guerre contre moi-même a été publiée ici et je craignais toujours un peu sa réception par les lectrices de madmoiZelle.

Il n’est pas dans mes habitudes de dévoiler mes états d’âme au grand public mais j’avais la sensation que raconter mon histoire lui donnerait du sens et la mettrait en perspective, que les leçons que j’en tirais pourraient être utiles au plus grand nombre.

En écrivant sur les travers de ma relation longue, je voulais inciter à communiquer « pour de vrai » en couple.

En parlant de ma confrontation avec « l’autre fille », je voulais dire qu’on a le droit d’être en colère.

En dévoilant les manques dans mon éducation sexuelle, je voulais encourager à se poser des questions sur ses envies.

En décrivant la place qu’ont eu mes amis dans ma guérison, je voulais montrer qu’on n’était jamais vraiment isolée.

En racontant où j’en étais deux mois après le séisme, je voulais prouver que malgré la peine et malgré ce qu’on croit, on survit.

Une mise à nu commentée et débattue… sans moi

Loin de moi l’idée de faire de ces carnets un guide de la rupture. Je voulais simplement écrire aux meufs blessées : tu n’es pas seule et ne t’en fais pas, ça va aller.

Voir mes choix commentés, jugés et débattus n’a pas été une mince affaire. Mais j’avais besoin de lire les commentaires parce qu’au fond, je voulais savoir « si j’avais bien fait tout comme il fallait » (coucou le syndrome de la bonne élève) et si d’autres lectrices avaient traversé les mêmes affres que moi.

J’ai été soulagée de lire les témoignages de femmes trompées, je n’étais donc pas la seule, j’ai été enthousiaste à l’idée que des lectrices se mettent à questionner les fondements de leur couple, elles pourraient éviter le pire, j’ai été touchée de lire dans les commentaires que j’avais parfois mal agi.

En vous exposant mon histoire, j’espérais vous éviter de traverser les mêmes épreuves, voire peut-être vous amener à vous poser des questions que j’aurais aimé me poser plus tôt.

Nous avons le droit de ne pas être parfaites

Je ne m’attendais pas à recevoir des jugements parfois agressifs et je me suis rappelé que c’était le lot des femmes qui se dévoilent sur internet.

Des lectrices m’ont reproché d’avoir exprimé mes sentiments, de ne pas m’être laissé faire, elles m’ont nié le droit d’être en colère et de demander d’être respectée.

On m’a enjoint à tendre l’autre joue alors que le magazine nous incite à désobéir, à arrêter d’être gentilles et de se faire marcher dessus, on m’a dicté ce que j’aurais dû ressentir, dû faire.

Des commentatrices ont shamé mon attitude alors que j’écrivais que je n’en étais pas fière et alors que la colère que j’ai renvoyé à l’autre fille n’était qu’un résidu, en comparaison avec la colère que j’ai balancé à mon ex compagnon, décrite dans le premier Carnet.

On m’a reproché de ne pas avoir écouté les envies de mon ex, de ne pas avoir vu son mal-être, alors que lui-même ne les exprimait pas et me mentait lorsque je tentais de creuser.

J’ai préféré avoir honte que vous mentir

Mais dans les Carnets, je ne voulais pas mentir ou enrober la vérité, alors j’ai tenu bon. J’aurais pu me donner le beau rôle, celui larmoyant de la meuf blessée qui n’a rien demandé et qui subit tout.

Ma rupture a laissé s’exprimer une part de moi que je renie, une part intolérante, violente, vengeresse, bien loin de la rationalité et la bienveillance qui me caractérisent d’ordinaire.

La vérité des ruptures dans la vraie vie, c’est que c’est sale, gluant, honteux.

La vérité des ruptures, c’est qu’on n’est pas dans une comédie romantique dans laquelle il y a les gentils et les méchants, les bourreaux et les victimes.

La vérité des ruptures, c’est que c’est long, gris et rarement net.

La vérité des ruptures c’est qu’on est tous et toutes paumées, et quand on est la personne blessée : on fait ce qu’on peut.

Depuis le début de l’apocalypse, je fais ce que je peux et l’écrire ici aura exorcisé pas mal de démons. Je ne remercierais jamais assez la rédac de m’avoir fait confiance alors que j’écrivais ces articles au fil de l’eau.

Bienvenue au club des meufs blessées

Mais surtout, je ne vous remercierais jamais assez vous, pour vos retours et votre soutien.

Les commentaires et les témoignages de certaines lectrices qui avouaient se reconnaitre dans mon histoire m’ont profondément touchée. Bienvenue au club des meufs blessées, prenez un badge, et vous allez voir, ça va aller.

À travers mon récit, certaines se sont rendu compte qu’elles avaient le droit d’être plus exigeantes, d’autres qu’elles devaient lever le voile sur des zones grises dans leur couple, quelques unes ont fini par mettre un terme à des relations qui ne leur apportaient plus grand chose.

Je crois que c’est en racontant nos histoires, en partageant nos expériences, en communiquant nos émotions et nos sentiments que nous rendons nos choix de vie plus conscients… et nos vies plus épanouies.

J’espère revenir dans quelques mois raconter qui je suis devenue, mais pour le moment, je ne peux présager de rien.

Depuis que je vis dans le présent, demain est incertain. Mais depuis quelques temps, je n’en ai plus peur.

Une madmoiZelle

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Commentaires

skippy01

Nous avons le droit de ne pas être parfaites

Je ne m’attendais pas à recevoir des jugements parfois agressifs et je me suis rappelé que c’était le lot des femmes qui se dévoilent sur internet.
Des lectrices m’ont reproché d’avoir exprimé mes sentiments, de ne pas m’être laissé faire, elles m’ont nié le droit d’être en colère et de demander d’être respectée.
On m’a enjoint à tendre l’autre joue alors que le magazine nous incite à désobéir, à arrêter d’être gentilles et de se faire marcher dessus, on m’a dicté ce que j’aurais dû ressentir, dû faire.
Des commentatrices ont shamé mon attitude alors que j’écrivais que je n’en étais pas fière et alors que la colère que j’ai renvoyé à l’autre fille n’était qu’un résidu, en comparaison avec la colère que j’ai balancé à mon ex compagnon, décrite dans le premier Carnet.
On m’a reproché de ne pas avoir écouté les envies de mon ex, de ne pas avoir vu son mal-être, alors que lui-même ne les exprimait pas et me mentait lorsque je tentais de creuser.
Ce paragraphe me gêne un peu. Apparemment, ça la dérange de recevoir des jugements négatifs, qu'elle assimile à de la «violence», une «négation de son droit d'être en colère» et «une conséquence de son statut de femme».
1) Si on a peur des jugements négatifs, ben on ne s'exprime pas, voilà tout. On ne peut raisonnablement pas s'attendre à ce que le monde entier cautionne notre attitude.
2) Quand bien même c'eût été un homme, il n'y aurait pas eu moins de critiques pour autant.
3) L'injonction à arrêter d'être gentille n'est pas une incitation au manque de respect et là, elle confond allègrement les deux.
4) D'un côté, elle dit qu'elle n'est pas fière, mais de l'autre, elle se trouve des excuses et des justifications pour un comportement qui n'en mérite pas vraiment.
5) Peut-on tout excuser au nom du droit à l'imperfection ? C'est un peu facile comme excuse passe-partout.

Bref, qu'elle ait voulu ne pas édulcorer la chose, c'est un choix et je le respecte. Par contre, le syndrome de Caliméro en réponse aux critiques, un peu moins.
 

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