Ça s’est passé aux JO – Polémiques, cafouillages et dopage

Chaque jour, Flo va revenir sur un fait marquant des Jeux Olympiques de Londres, en vous proposant la mise en avant d’un sport, d’un athlète ou d’un médaillé. Aujourd’hui, faisons un point sur les polémiques qui ont émaillé ces Jeux Olympiques.

Ça s’est passé aux JO – Polémiques, cafouillages et dopage

À deux jours de la fin de ces Jeux Olympiques de Londres 2012, revenons sur certaines polémiques sportives (et uniquement sportives, pour débattre sur les polémiques à plus grande échelle autour des JO, rendez-vous ici) qui ont secoué certaines épreuves et certains athlètes.

Cafouillage d’arbitrage et décisions douteuses

Deux exemples 100% français pour illustrer ce chapitre sur les fautes d’arbitrage. Commençons par celui qui a été le plus flagrant et qui a soulevé le plus d’indignation ces derniers jours : les défaites de Nordine Oubaali et Alexis Vastine.

Coup sur coup dans leurs catégories respectives, les deux Français sont éliminés suite à des décisions arbitrales très douteuses, alors qu’objectivement, ils dominaient très clairement leurs adversaires. Pour Vastine, c’est déjà la deuxième fois : à Pékin en 2008, une décision arbitrale non justifiée l’avait déjà exclu du tournoi. Quatre ans plus tard, effondré, en larmes, le public sifflant copieusement les arbitres, Vastine n’y croit pas. Plus tard, il déclarera ne pas avoir la force de continuer jusque Rio 2016 et être tellement déçu par les magouilles de son sport qu’il pense à tout arrêter.

En ce qui concerne Oubaali, son adversaire est Irlandais et le public soutient ouvertement ce dernier. Les arbitres ont donné les derniers points gagnants à l’Irlandais sur une action que beaucoup jurent ne même pas voir sur les images de la rencontre… Selon certains, une décision visant donc à favoriser clairement un anglophone au profit du Français. La Fédération française portera des réclamations pour ces deux matchs, mais elles seront refusées.

Un cas de cafouillage d’arbitrage : lors d’un quart de finale de lutte gréco-romaine, le français Mélonin Noumonvi est donné gagnant, puis quelques secondes plus tard, perdant. En effet, il réussit à arracher son concurrent à la dernière seconde du combat, et si les juges autour du tapis valident clairement son action, l’arbitre de la rencontre décide contre toute attente de le déclarer perdant, argumentant que la prise est réalisée après le temps réglementaire. Les Français réclament l’arbitrage vidéo, mais rien à faire ; Noumonvi, en rage, envoie une chaise valser avant de quitter la salle.

Tricherie et petits arrangements, quand la simple tactique de jeu va trop loin

C’est LA polémique de ces Jeux Olympiques : où s’arrête la tactique et où commence la tricherie ? Une question épineuse avec quatre exemples assez flagrants…

L’algérien Taoufik Makhloufi a disputé la demi-finale du 1500m dimanche dernier, terminant avec une légère blessure au genou. Voulant se préserver pour sa finale, il décide de ne pas disputer le 800m du lendemain, mais sa fédération « oublie de le désinscrire »… Il se voit donc dans l’obligation de disputer la course, mais témoigne son mécontentement en ne courant que quelques mètres, avant de faire demi-tour. La Fédération Internationale d’Athlétisme décide alors de l’exclure du tournoi pour non combativité, à moins qu’il soit en mesure de présenter un certificat médical, chose qu’il parvient à faire et dans lequel on peut lire « il souffrait d’une blessure douloureuse qui toutefois, avec un traitement approprié, pourrait lui permettre de courir 24 heures plus tard ». Réintégré, il court alors la finale du 1 500m le mardi suivant, écrasant tous ses adversaires et remportant haut la main la médaille d’or. Une histoire à la fois cocasse et trouble, qui a connu plusieurs versions où règne toujours une certaine méfiance…

La semaine dernière, lors du tournoi de double au badminton, 8 joueuses (une paire chinoise, une paire indonésienne et deux paires coréennes) ont délibérément perdu leurs matchs dans le but de rencontrer au tour suivant des adversaires « moins fortes ». Tactique flagrante pour les juges et le public : multiples services dans le filet, volant qui tombe systématiquement en dehors du terrain ; à ce niveau international, la supercherie est grotesque. La sanction tombe : elles sont exclues des Jeux Olympiques.

Lors de la finale du deux de couple (poids légers) en aviron, à peine quelques mètres après le départ, les Anglais lèvent la main et s’arrêtent au milieu du plan d’eau, pour problème technique. Dix minutes plus tard, après avoir réparé une rame avec un simple tournevis et remplacé un siège, ils reprennent le départ avec les autres concurrents et finissent 2èmes de la course. Les Français portent réclamation, pensant que les Anglais s’était arrêtés 100m après le départ (le règlement autorise un arrêt avant 100m), mais elle est refusée. D’un point de vue technique, la vision du rameur anglais réparant sa rame avec un petit tournevis fait encore rire bon nombre de professionnels…

Toujours chez les Anglais, mais du côté du vélodrome cette fois-ci : le cycliste Philip Hindes prend le départ de la course de vitesse par équipe. Quelques tout petits mètres après le départ, on peut constater que sa roue avant vrille légèrement (ce qui engendre obligatoirement quelques millièmes de secondes en moins, en course de vitesse, rien n’est négligeable). Une seconde plus tard, l’Anglais finit par terre, stoppant par conséquent la course de son équipe et provoquant un nouveau départ. Naïveté ou envie de se tirer une balle dans le pied : après sa course, Hindes avoue tout simplement avoir fait exprès de tomber. « On en avait discuté avant et on avait dit qu’il fallait tomber si ça se présentait. Je l’ai fait exprès pour obtenir un autre départ« . Aucune poursuite n’a été engagée contre l’équipe, qui finit par gagner la médaille d’or…

Quelques cas de dopage

Le dispositif anti-dopage gigantesque qui a été mis en place en amont et pendant les Jeux Olympiques de Londres a visiblement bien fonctionné, puisque certains athlètes se sont fait prendre en flagrant délit de dopage. Le plus médiatisé, l’Italien Alex Schwazer, a été exclu des JO lundi dernier après un contrôle positif. Il n’était même pas encore arrivé sur le village olympique, puisque l’épreuve sur laquelle il était aligné, le 50km marche, est programmée pour samedi. Il est le champion olympique en titre de cette discipline et a reconnu ouvertement s’être dopé lors d’une conférence de presse suivant son exclusion officielle.

Deux Moldaves, Marina Marghieva et Natalia Artyk, spécialistes respectivement du lancer de marteau et du lancer de disque ont été aussi exclues, après que la contre-expertise de leurs analyses soit revenue positive. La rumeur veut qu’un dérivé de la testostérone ait été retrouvé dans ces analyses… Enfin, le judoka américain Nicholas Delpolo a été contrôlé positif au cannabis.

Plus « anecdotique », le cycliste belge Gijs Van Hoecke a été exclu du village olympique par sa fédération pour ivresse. Des photos de lui, ivre mort, tout slip dehors et soutenu par des compatriotes, ont circulé un peu partout dans la presse. Il avait déjà disputé l’épreuve sur laquelle il était aligné, l’omnium, ce qui engendre donc une simple exclusion du village olympique et un retour en Belgique, et non pas une exclusion des JO.

Les athlètes venus avec une autre idée derrière la tête

Dernière polémique en date : sept athlètes camerounais ont tout bonnement disparu du village olympique. 5 boxeurs, 1 nageur et 1 footballeuse se seraient donc échappés de Londres pour « raisons économiques », comprenez par là : pour fuir leur pays et s’exiler en Europe. Le Cameroun, pays pauvre où la jeunesse et le sport n’ont aucun avenir, connaît malheureusement à chaque Olympiade ce même problème. Les Fédérations sont à la recherche des 7 évadés, mais leurs visas dans le cadre les JO sont valides jusqu’en novembre, et leur permettent de naviguer dans tout l’espace Schengen…

Autant de polémiques qui entachent le bon déroulement et l’esprit de fair-play et d’honnêteté prônés par les valeurs des Jeux Olympiques. Malheureusement, les détracteurs de cette manifestation sportive ne retiendront que ces faits, au détriment des magnifiques images de respect, d’honneur et de dépassement de soi que nous ont offert les sportifs pendant plus de 15 jours (eh oui ça existe encore, il y en a eu, je vous le jure)… Si quelques cafards sont toujours là pour contredire les serments olympiques en allant à l’encontre des règles, plus de 10 500 autres athlètes ont ardemment défendu leur bout de gras et ont livré un magnifique spectacle. Alors, merci à eux !

Mahiedine Mekhissi (FR) et Ezekiel Kemboi (KEN), respectivement médaille d’argent et médaille d’or au 3000m steeple, nous ont offert une des plus jolies images de l’athlétisme pendant ces JO !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Poupettasse
    Poupettasse, Le 13 août 2012 à 19h49

    Kirkja;3459880
    Ce qui m'agace en fait, c'est que les instances sont à côté de la plaque. Elles sanctionnent trop durement certaines choses et a contrario, laissent passer des choses scandaleuses. Soit on sanctionne tout, soit rien (enfin à part les cas de dopage) mais pourquoi certains et pas d'autres ? C'est ça qui me révolte... (surtout que c'est toujours dans le même sens... grandes nations/grands sports épargnés, petites nations/petits sports punis)
    c'est un peu comme ce sportif (j'ai oublié le nom et la nationalité) qui a préféré sortir du village olympique pour passer une nuit avec sa femme et qui a été exclu des jeux. j'trouve ça un peu nase (surtout quand on sait que le village olympique a des airs de baisodrome ...)

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