Les plus gros mensonges auxquels j’ai cru

Mentir, c'est pas super bien. Mais croire à certains mensonges gros comme des triples hamburgers, c'est peut-être pire.

Les plus gros mensonges auxquels j’ai cru

Je suis parfois, comme tout être humain, un individu crédule. C’est embêtant. Mais je relativise en me disant que je suis toujours plus critique que je ne l’étais enfant.

Oh, rassure-toi, il n’y aura aucune mention des enfants qui naissent dans un torchon transporté par une cigogne. Tout simplement parce que mes parents n’ont jamais vraiment menti à ce sujet. Non, ils ont été très honnêtes, en prenant le temps d’expliquer la chose étape par étape, en s’adaptant à mon âge, évidemment. Car même si c’est cool de ne pas prendre son enfant pour un con, c’est pas pour autant qu’on va montrer des photos d’épisiotomie à une gamine de 3 ans sous prétexte que « bah quoi ? c’est ce qu’elle risque, si ça se trouve ! ».

Du coup, avant que je sois en âge de connaître le principe de coït, ma mère m’a dit « c’est quand deux personnes s’aiment très fort »*. Alors comme j’en savais pas plus, j’ai cru pendant longtemps que tout ça se passait par le nombril. Tout ça parce qu’une fois, j’avais vu un film où une dame et un monsieur faisaient des préliminaires tout nus en utilisant de la bouffe, dont des petits pois, et qu’un petit pois atterrissait dans le nombril de la dame et que son ventre gonflait (non pas parce qu’il y avait un foetus dedans, mais parce qu’elle respirait fort, rapport à l’excitation, tout ça).

Heureusement que j’ai fini par apprendre que les voies étaient toutes autres parce qu’il aurait pu m’arriver des bricoles une fois mon passe pour la fornication en poche.

*Il suffit de moins que ça, et c’est bien pour cette raison que je prends la pilule.

Oh mais dites, j’ai drôlement digressé, j’étais à deux doigts de rebondir sur la première fois que j’ai gagné aux Dames. Revenons donc au coeur de mon sujet : les plus gros mensonges auxquels j’ai cru. Précisons que les adultes ne voulaient pas toujours m’induire en erreur : j’étais simplement un peu trop naïve pour ne pas être premier degré…

Quand je pense à l’enfant que j’étais, je m’imagine avec cette expression oculaire.

« Pleure, tu pisseras moins »

Quand j’étais petite, je pleurais tout le temps. Je n’étais pourtant pas une enfant de type « emo », telle une mini-Nicola Sirkis avec moins de gel dans les cheveux (je piquais juste le spray coiffant de ma mère pour dompter ma tignasse rousse au sébum facile) : c’est juste que j’ai toujours été maladroite, et que je me cassais tout le temps la gueule.

La plus fréquente des réactions enfantines suite à une chute étant de pleurer, devine ce que je faisais ? Je pleurais. Et après m’avoir consolée et avoir vérifié que je n’étais pas blessée, on me disait quelques fois : « pleure, tu pisseras moins ».

Le seul but de cette injonction était, j’imagine, de me faire rire ou relativiser : oui, j’avais un peu mal au genou mais au moins je zapperai l’obligation d’aller uriner, et on sait toutes comme c’est pénible de :

  • se rendre jusqu’aux toilettes
  • baisser pantalon et culotte
  • faire son affaire
  • s’essuyer
  • essuyer la lunette parce qu’on est trop pressées d’aller jouer
  • remettre culotte et pantalon.

Du coup, partisane du moindre effort, j’étais plutôt contente. Bah laisse-moi te dire que cette règle scientifique n’a jamais fonctionné : j’avais beau pleurer, j’allais toujours autant aux toilettes, puisqu’il n’y a aucun rapport entre les larmes et l’urine (et si c’était le cas, laisse-moi te dire que je plaindrais les gens qui me font la bise quand je suis triste).

« Quand il y a du tonnerre, c’est Jésus qui a des gaz »

Je ne pense pas que ce soit un truc sorti de la bouche d’un-e membre de ma famille : il n’y a pas des masses de croyants chez les -Pierre Pernaut. Mais je me souviens qu’un jour, j’étais toute petite, et l’orage a commencé à gronder. J’ai jamais eu peur du tonnerre, ça m’embêtait juste de pas pouvoir regarder la télé vu qu’il fallait débrancher l’antenne. N’empêche que ça m’interloquait, ce phénomène naturel, alors j’ai demandé à l’adulte présent ce que c’était.

Et je me suis vue répondre « C’est Jésus qui a des gaz ». Bon déjà, ce n’est pas tellement vrai, mais ce mensonge me posait problème pour deux raisons :

  • si le grondement du tonnerre est un pet venant de quelqu’un, qu’est-ce qu’il pouvait bien foutre pour qu’il y ait des éclairs ?
  • comme j’étais encore trop petite et pas vraiment calée niveau religion, j’ai dit « C’est qui, Jésus ? ».

Excusez-moi mais ça aurait été beaucoup plus rapide de m’expliquer la cause du tonnerre que de me résumer la Bible. C’est un peu comme si, quand j’avais demandé « tiens, pourquoi il pleut ? », on m’avait répondu « parce que les nuages se font des faciales ». C’est compliqué après.

« Si tu louches et qu’il y a du vent, tu resteras coincée »

Globalement, un enfant reproduit tout ce qu’on fait devant lui. Quand j’avais aperçu par mégarde des gens avoir des rapports sexuels dans la télé (un dimanche après-midi, sur TF1 : Les Dessous de Palm Beach, toi-même tu sais), je faisais des partouzes avec mes peluches. Quand j’entendais un juron, je le répétais en boucle pendant une semaine. Quand j’ai vu pour la première fois quelqu’un conduire une voiture j’ai… Ah non. Non.

Donc quand j’ai vu quelqu’un loucher à la télé, j’ai voulu le refaire, plein de fois. Et souvent, on m’a dit « Arrête, tu vas rester coincée s’il y a du vent ».

Billy Bob l’oppossum était un sacré chenapan en ce jour de tempête de l’hiver 1765.

À ce jour, je n’ai toujours pas compris d’où vient cette idée reçue, mais moi, j’y croyais. Ce qui me soulage un peu, c’est de voir qu’en 2009, des gens y croyaient encore.

« Je t’ai volé ton nez ! »

Un des jeux préférés de mon papy quand j’étais petite, c’était de me « voler mon nez » : il coinçait légèrement mon nez entre son index et son majeur, le lâchait rapidement et glissait le bout de son pouce là où il y avait mon tarin quelques secondes plus tôt, en disant « J’t’ai volé ton nez ». Je paniquais, parce que je croyais que c’était vrai (me juge pas, je savais pas que c’était censé être douloureux, de se faire arracher le nez).

Le problème c’est que je croyais TOUT LE TEMPS que c’était vrai. Il avait beau m’avoir fait la blague la veille en m’expliquant qu’il plaisantait, le lendemain, je re-paniquais quelques secondes. Tu m’étonnes, qu’il aimait ce jeu : avec une gosse qui oublie d’un jour à l’autre le ressort humoristique de la chose, c’est stimulant.

Comment un individu, même de 5 ou 6 ans, peut croire, À CHAQUE FOIS, qu’on lui a volé son nez alors qu’on lui explique À CHAQUE FOIS que ce n’est pas le bout de son nez qu’elle voit dans les mains de son aïeul mais le pouce dudit aïeul ? COMMENT ?

Rassure-moi, je t’en prie, dis-moi que toi aussi, tu y croyais à chaque fois.  

Allez, steuplé.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • KBi
    KBi, Le 17 mai 2014 à 10h14

    Mon père nous a fait croire qu'en Italie il y avait des champs de spageti, je les imaginais bien onduler sous le vent comme le blé. Je me souviens plus si j'y ai cru, je me souviens juste m'etre dit que c'etait bizarre parce que quand on regarde les ingredients sur le paquet, il y avait écrit farine de blé. Mon frère y a cru par contre!

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