#PayeTaPlainte, 500 témoignages de victimes pour alerter les pouvoirs publics

Les plaintes pour violences sexuelles, encore trop souvent mal reçues par les forces de police ou de gendarmerie, sont au cœur d'une action regroupant des centaines de témoignages de victimes.

#PayeTaPlainte, 500 témoignages de victimes pour alerter les pouvoirs publics

Le Groupe F est un mouvement féministe, lancé par Caroline de Haas au premier trimestre 2018, et voulu comme la « première agence non gouvernementale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles ».

La première action du Groupe F a été un appel à témoignage concernant les personnes ayant porté plainte (ou essayé de porter plainte) après avoir été victimes de violences sexuelles (viol, agression, harcèlement à caractère sexuel).

Cette action a été menée en collaboration avec #PayeTaPolice, l’un des projets du réseau #PayeTaShnek, qui collecte ce type de témoignages depuis près de 2 ans.

En 10 jours, 500 récits ont été envoyés et analysés par le Groupe F et #PayeTaPolice.

À présent regroupés sur la même page, ils font état de nombreux problèmes au niveau de la prise en charge de ces victimes.

Les chiffres des violences sexuelles

  • 84 000 femmes sont victimes de viol et de tentatives de viol au cours d’une année
  • Dans 91% des cas, l’agresseur est connu de la victime
  • 225 000 femmes sont victimes de violences sexuelles et/ou physiques au sein de leur couple chaque année
  • 1 million de femmes sont victimes de harcèlement et atteintes sexuelles dans l’espace public (sur un an)

Source des chiffres

Les victimes de violences sexuelles ayant voulu porter plainte témoignent

Le Groupe F a regroupé ces témoignages sous le hashtag #PayeTaPlainte — dans la lignée de #PayeTaShnek, #PayeTaBulle et consorts, qui dénonçaient le sexisme, le harcèlement de rue, etc.

Les centaines de témoignages, émanant de femmes et d’hommes, sont classés par type de réponse. Parmi les sous-groupes : Culpabilisation de la victimeMoqueries, remarques ou comportements sexistes

Mais aussi Bienveillance de l’équipe — car parfois, ça se passe bien, et heureusement.

Le Groupe F a également dressé une carte de France des témoignages. Elle montre que le problème n’est pas limité à des zones géographiques : les victimes se situent un peu partout sur le territoire.

À noter également : ces témoignages sont récents, 70% portent sur des faits ayant eu lieu il y a moins de 5 ans.

Améliorer l’accueil des victimes de violences sexuelles

À lire ces centaines de témoignages, on pourrait se dire qu’il ne sert à rien de porter plainte. C’est déjà difficile, souvent, pour la victime, alors si en plus « ça ne mène à rien »…

Mais la partie Bienveillance de l’équipe qui clôt l’enquête rassure.

De plus, les gens ont davantage tendance à rapporter une mauvaise expérience qu’un récit positif, si j’en crois mes années à recevoir des témoignages pour madmoiZelle par exemple.

Le travail accompli par le Groupe F est très important : ces paroles sont précieuses, et permettent de faire état d’un problème d’ampleur, qu’il est urgent d’adresser.

À lire aussi : Quand tu veux verbaliser le harcèlement de rue, mais que la police fait parfois partie du problème

Fin 2017, les chefs de la police et de la gendarmerie étaient intervenus à l’Assemblée Nationale. Je vous relayais leurs propos sur madmoiZelle :

Tous deux n’y vont pas par quatre chemins : « Mal accueillir une victime de viol n’est pas acceptable ». Mais ils ne se voilent pas la face sur le fait que dans leurs secteurs respectifs, « il y a encore de la marge ».

En cause, ils l’admettent, « parfois un manque d’empathie, parfois un manque de formation, parfois un manque de professionnalisme ».

En parallèle des évolutions mises en place au sein des forces de l’ordre, le Groupe F ne compte pas rester les bras croisés.

Le mouvement a également sollicité sur Twitter le président de la République, Emmanuel Macron, et le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Pour diffuser le message, vous pouvez aussi contacter les parlementaires par mail.

Je vous tiendrai bien sûr au courant des potentielles réactions des pouvoirs publics.

En attendant, je vous renvoie vers notre article Agression sexuelle et dépôt de plainte : les conseils d’un policier, dans lequel un agent des forces de l’ordre adresse le problème des victimes pas toujours bien reçues.

À lire aussi : J’ai porté plainte contre mon meilleur ami pour agression sexuelle

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
  • Calli
    Calli, Le 10 mai 2018 à 18h03

    Je connais une psy qui travaille à mi-temps pour la police, pour accueillir les victimes de violences potentiellement traumatiques, mais aussi pour former les policiers à leur prise en charge.
    Je trouve cette initiative géniale. Mais je préfère pas imaginer le chantier !

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