Les pires petites vexations de l’existence

Le monde est bien joli mais parfois, il n'est aussi que frustration. Voici quelques-unes des pires vexations de l'existence.

Les pires petites vexations de l’existence

Parfois, on peut pas faire autrement, on est vexé-e. On sait que l’autre ne fait pas exprès, que le sentiment qu’on ressent ne vient pas toujours de quelqu’un qui nous veut du mal. Plus on a confiance en soi, moins souvent on est vexé-e, mais dans tous les cas, difficile de ne pas en vouloir à la personne qui a prononcé LA phrase malheureuse.

Quand on repense à ces instants-là, on arbore parfois une légère grimace de honte, un petit rictus assez disgracieux mais qui vient du coeur (ce qui me fait dire que la vexation, c’est finalement un peu comme une démangeaison anale). Personnellement, les gens qui m’ont vexée (et le jour où ils l’ont fait) restent un souvenir désagréable qui me poursuit encore des années après. J’ai choisi, de la petite enfance à l’âge adulte, de revenir sur les pires vexations que la Terre peut porter.

« Arrête de faire ton intéressant-e »

Quand j’étais petite, j’étais un peu un mélange d’attention whore, de timidité maladive et d’admiration du monde des adultes (si j’avais su, les déclarations d’impôts, le casse-tête des RTT, tout ça, j’aurais bien fermé ma mouille). Du coup, quand une nouvelle personne de plus de 15 ans rentrait dans mon cercle, je n’osais pas lui adresser la parole mais je faisais tout pour qu’elle me trouve drôle et intelligente. Je surjouais, je brassais de l’air en cherchant un truc hyper pertinent à dire, je parlais fort… Je faisais, littéralement, mon intéressante.

Qu’il y a-t-il de plus vexant que d’entendre un adulte nous dire d’un air sec alors qu’on fanfaronne « c’est pas parce qu’il y a quelqu’un que tu connais pas que tu dois faire ton intéressante » ? Ça donnait le sentiment d’être pris en flagrant délit, et c’était humiliant. Un adulte sous-entendait à un autre adulte (que je voyais forcément comme un complice en matière d’autorité) ce que je transmettais dans mon attitude : je voulais simplement qu’on m’admire un peu, puisque j’admirais tellement les autres.

C’était d’autant plus vexant que ça arrivait bien souvent : entre les parents qui élargissent leur cercle d’amis, les serveurs au restaurant, les stagiaires qui viennent voir à quoi ressemblent les cours ou encore les assistants en langue, les occasions d’entendre cette phrase étaient multiples.

  • Que répondre à cette vexation ? 

Nous n’avons plus l’âge d’entendre cette phrase et c’est bien dommage, parce qu’on aurait pu retourner la situation en faisant croire au nouveau venu que le coupable disait des horreurs sur lui. Du genre « c’est quoi un herpès ? Parce que machin il dit que vous en avez mais j’sais pas ce que c’est, ça a l’air bien ».

C’est ce genre de prises de conscience qui me donne envie d’avoir 7 ans à nouveau.

« Ah mais je m’en fiche moi, je l’ai déjà, mon diplôme »

Petit running gag cher au coeur de quelques professeurs dans le monde, le fameux « Ah mais je m’en fiche moi, je l’ai déjà, mon brevet/bac/licence/master » a su me contrarier tout au long de ma scolarité. Il arrivait souvent en plein cours, quand l’enseignant-e essayait de nous motiver alors qu’on avait envie de déconner et de glander en regardant le plafond, en imaginant la texture des fesses de Romain ou Cathy sous nos mains.

Moi cette phrase, elle me faisait l’effet d’un « HAHA vous devez encore étudier plein de trucs, même des matières que vous aimez pas, alors que moi je suis tranquille, TRANQUILLE VOUS M’ENTENDEZ et en plus je précise bien que je me fous de vos gueules ». Genre avec la voix de Nelson dans Les Simpson :

À l’époque, pour moi, c’était comme si le/la supérieur-e d’un-e stagiaire lui disait « EH MAIS MOI J’M’EN FICHE HEIN JE LES TOUCHE DÉJÀ MES DOUZE K PAR SEMAINE HEIN » parce qu’il/elle a oublié la touillette dans le café. Ça se fait pas, quoi.

Je suis bien consciente que dans la plupart des cas, les profs en question ne se rendaient pas compte qu’on pouvait aussi mal prendre leur phrase. Avec le recul, je me dis qu’ils voulaient nous faire réagir parce qu’on était trop dissipés et qu’on semblait foutrement nonchalants vis-à-vis de notre avenir. Une façon de nous narguer gentiment en disant qu’eux travaillaient pour notre bien et que nous, on ne branlait rien.

Mais il n’y a pas de façon gentille de narguer des ados ou jeunes adultes, bien souvent sous pression dans leurs études, et qui aiment parfois à se répéter, dans leur grande naïveté, QU’EUX ILS SONT PAS PAYÉS POUR VENIR EN COURS AH OUAIS.

Que répondre à cette vexation ? 

  • Si tu as fini des études, rien. En même temps ce serait bizarre d’entendre cette phrase du coup.
  • Si tu n’aimes pas les heures de colle et que tu es encore en enseignement secondaire, prends sur toi. Cette phrase sera comme un gros tas de patates sur le dos de l’âne Cadichon. Désolée.

Les gens qui ne répondent pas à ton « bonjour »

Vous allez dire que c’est parce que je viens de province, mais quand je reconnais quelqu’un dans la rue, j’ai instinctivement envie de lui faire signe, par politesse. Ça fait de moi une sorte de Heidi aimable des temps modernes, mais qu’y puis-je ?

Toutefois, ce genre d’activité pose un dilemme : quand est-ce qu’on connaît suffisamment une personne pour la saluer dans la rue ?

Apparemment, voir une personne cinq fois en trois heures ne suffit pas, si j’en crois le gros vent que je me suis pris la semaine dernière en saluant la gérante du café situé juste à côté du bureau.

Et évidemment, quand on ne salue pas, l’autre le fait et on se résigne au sourire gêné. Génial.

Que répondre à cette vexation ?

Malheureusement, je ne vois pas d’autres remède que l’amputation.

Ceci expliquant sans doute cela.

La réponse pas du tout appropriée par SMS

Selon l’expression consacrée, « qui ne dit mot consent ». C’est toujours bon à savoir, mais parfois, ça pique quand même sérieusement l’amour-propre.

Parlons des nouveaux moyens de communication (« nouveaux » depuis 1975 mais qu’importe) que sont les SMS. Tout le monde ne les utilise pas de la même façon. Certains ont des complexes, d’autres sont très exubérants et n’ont aucun problème avec le fait de s’exprimer à l’écrit.

Je pense tout particulièrement à une bien triste anecdote relatée par une amie (promis, c’est vrai, c’est pas le coup du « c’est pas moi c’est une amie »).

Un jour qu’elle avait la culotte imbibée, elle a décidé d’envoyer un long, long texto plutôt équivoque à un garçon avec qui il lui arrivait de coucher. Un message qui dit en substance EH VIENS, ON VA NIQUER AU TÉLÉPHONE. La réponse ne s’est pas faite attendre : après tout, quel genre d’être humain ne répondrait pas dans la minute à ce genre de bouteilles à la mer de cyprine ? Sauf que la réponse n’était pas vraiment à la hauteur.

Cette réponse, c’était un simple « :) ».

Ça c’est moi quand on me répond « Ok. » quand je viens de faire une déclaration. Une variante.

Alors oui, bien sûr : on ne devrait pas se vexer pour ça. On ne peut pas forcer quelqu’un à avoir envie de niquer, ou de nous niquer, ou de nous aimer, et puis peut-être qu’il ou elle a une gastro et que la magie peut difficilement opérer. Mais même si on y est pour rien, c’est quand même un peu dur à avaler : on était à fond, et on s’écrase soudain sur le trottoir dur et congelé de la vie.

Que répondre à cette vexation ?

S’allonger sur le sol et regarder le ciel en pleurant. Car après tout, si « pleure tu pisseras moins » est un dicton vérifié, peut-être que « pleure, tu sècheras un peu de la culotte » marche aussi.

On sait pas.

Et toi, qu’est-ce qui te vexe le plus dans la vie ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Malone.
    Malone., Le 30 avril 2014 à 14h54

    "Grandis un peu"--> classique et déjà évoqué, mais néanmoins vexant et sa variante "t'es immature".

    Ummm. quoi d'autre ? Ah oui le "mais toi t'es pas une vraie fille" parce que je bosse dans un milieu masculin.

    Mais le truc qui me casse à chaque fois, c'est quand je me tape un délire et tout..et que personne ne me suit et me regarde bizarrement genre :hesite:.
    Et ça arrive souvent vu que je pense être d'une autre planète.

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